Ibid., t. CXL, p
vait dire qu'il était né journaliste, dans le sens élevé du mot; là, comme partout, il fut érninent : un grand nom, des relations immenses, des moyens d'informations nombreux et sûrs; une activité inimaginable; le courage, la prudence, l'habileté; l'habitude de prendre parles grands côtés les grandes questions; l'éclat du style, la vigueur polémique; tout ce qu'il faut, en un mot, pour être non pas seulement un rédacteur, mais un directeur de journal admirable, il l'avait. De beaux articles de lui-même sur l'éducation, puis sur la souveraineté pontificale, puis sur la loi de M. de Falloux, etc., d'éloquentes lettres de M. de Montalembert sur la situation politique, morale et religieuse de la France; une longue série d'articles du P. de Ravignan sur la liberté de l'Edise; sans compter tant d'autres travaux de sérieuse critique littéraire et philosophique, d'économie politique, de législation, eurent bientôt relevé le ton du journal au niveau des feuilles les plus considérables. Le temps trop court où l'abbé Dupanloup put s'occuper personnellement de Y Ami, quel qu'ait été l'éclat des dernières années, fut sans contredit la période la plus brillante de la longue existence de ce journal.
Mais que de labeurs lui coûtait cette œuvre !
« Je bénis Dieu, écrivait-il, du milieu de ce tourbillon, à son ami M. Albert du Boys, du repos si doux et si fortifiant que vous m'avez donné à Lacombe. C'est à ce séjour que j'attribue ma résistance actuelle à des travaux vraiment au-dessus de mes forces. »
Il venait en effet de passer quelque temps à Lacombe. Après les fatigues du carême, de ses prédications à Saint- Louis-d'Antin, de ses innombrables confessions, le voyant pris de névralgies continuelles qui lui rendaient tout travail impossible, M. le docteur Récamier lui avait fait un devoir absolu de s'éloigner de Paris. Il était donc parti, accompagné par M. de Montalembert jusqu'à la gare d'Orléans. Sa tristesse était profonde. Mais il avait du moins une compensation : il allait sur les sommets ; et : «L'espérance de la solitude, a-t-il écrit, et de la paix sur les mon-