CHAPITRE XXI
la liberté religieuse, en'une brochure qui fut répandue à des milliers d'exemplaires. La théologie, l'histoire, la grande politique, l'éloquent écrivain planait sur ces sommets. Les racines dogmatiques de la souveraineté pontificale, l'historique de son établissement providentiel dans le monde; puis, toutes les raisons, religieuses et sociales de la maintenir; et ce que seraient Rome, l'Italie et l'Europe, sans le Pape, telles étaient les considérations qu'il développait, avec une hauteur de vues et un éclat de style tout à fait remarquables. Il aimait plus tard à se rappeler avec quelle joie d'àme, mêlée de préoccupations tristes, il écrivait ces articles pendant les longues soirées d'hiver, seul, dans sa petite chambre de la rue du Cloitre-Xotre- Dame. Il eut le bonheur d'apprendre que Pie IX les lisait à Gaëte. « L'Ami parvient exactement au Saint-Père, lui écrivait la princesse Borghèse, retirée là avec ses fils; il a fait lui-même à plusieurs personnes lecture des articles qui ont paru jusqu'ici; et il en fait faire la traduction. Et lorsque Scipion et Àrabelle1 ont été prendre congé, il leur a parlé de l'auteur des articles sur le Pape dans Y Ami, de manière à nous faire à tous bien plaisir. » Sur quoi l'abbé Dupanloup écrivait à M. du Boys : « On m'écrit de Gaëte que le Pape, le soir, lit Y Ami de la Religion aux Cardinaux qui se réunissent chez lui : c'est une grande consolation que d'en porter de loin quelqu'une à de telles douleurs. » Nous-mème, nous avons entendu dire au vieux Pape, bien des années après, en 1875, que ces articles furent pour lui dans son exil une vraie douceur. Aussi le remercia-t-il par un bref des plus flatteurs de ce puissant concours2; oui, puissant, car sa voix ne se perdait pas