CHAPITRE XXII
L'abbé Dupanloup chanoine de Notre-Dame
(Suite)
Ministère de M. de Falloux
Nomination d'une grande commission pour préparer la loi sur la liberté
de l'enseignement
Gages immé diatement donnés au Pape. — Résistance à l'anarchie
L'expédition romaine
« M. de Falloux, disait un jour M. Thiers à l'abbé Dupanloup, est un homme d'Etat de pied en cap. » — « Quiconque n'a pas vu M. de Falloux à une table de Conseil, a dit de son côté un de ses collègues dans le ministère, M. de Tocqueville, ne sait pas ce que c'est que la puissance d'un homme. » Il n'était pas moins remarquable comme homme de tribune par sa présence d'esprit, son courage tranquille, ses vues élevées, le poids de sa parole. Le service que rendit l'abbé Dupanloup à l'Eglise et à la France, en décidant un tel homme à accepter le ministère dans les circonstances où l'on se trouvait, doit se mesurer aux services rendus par M. de Falloux. Voici comment en parlait, en 1855, le bénédictin depuis cardinal Pilra : « Il venait de se révéler à la France un homme d'Etat, porté au sommet des aflaires, non par le flot montant des événements, mais par une résistance héroïque aux passions qui menaçaient le monde ; debout et toujours droit au milieu des oscillations qui atteignaient les plus fermes courages et les plus intelligents ; soutenu tout à la fois de la confiance du chef de l'Etat, des vœux et des espérances de la religion : M. de Falloux était le représentant de la France catholique, spectacle nouveau qui consolait de tant d'autres choses inouïes. Du ministère de l'Instruction