CHAPITRE XXII
publique et des Cultes, son influence et ses conseils s'étendaient sur toutes les branches de l'administration du pays; et même, après qu'il se fut retiré des affaires publiques, on tint à honneur et même à devoir de continuer le bien qu'il avait commencé1... »
Trois mots résument ce court, mais fécond ministère : résistance à la démagogie, expédition de Rome loi de 1850.
La République n'avait pas négligé de s'occuper de l'enseignement, et un projet de loi sur cette grave question avait été déposé déjà par M. Carnot. Comme il en avait le droit, ainsi qu'il le maintint énergiquement à la tribune"2, M. de Falloux commença par mettre de coté ce projet de loi; et, le terrain ainsi déblayé, dès le 4 janvier (1840) il nommait deux commissions, qui se réunirent presque immédiatement en une seule, afin de préparer, à la fois, une loi sur renseignement primaire et sur 1 enseignement secondaire.
Et quatre jours après, le 8, le jeune ministre de l'Instruction publique et des Cultes écrivait au Saint-Père la lettre suivante :
« Très Saint-Père,
» Dans l'affliction profonde que j'ai éprouvée en me voyant chargé d'un fardeau au-dessus de mes forces, j'ai ressenti cependant une bien douce consolation : c'est l'espoir de rendre quelques services à l'Eglise et de rencontrer quelque occasion de montrer mon dévouement particulier à Votre Sainteté. Cette occasion, le malheur des temps ne l'a que trop fait naître !
» Celui qui aura l'honneur de déposer cette lettre aux pieds de Votre Sainteté lui dira mieux que personne les vœux et les pensées du gouvernement auquel j'appartiens. Il pourra ajouter devant Dieu que la présence de Votre Sainteté et les bénédictions qu'elle apporte achèveraient certainement ce que les intentions des hommes ont toujours d'incomplet.