‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 298 sur 326 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

sont1. Mais, chose remarquable, quand, de nos jours, la loi de 1850 a été menacée, et qu'il a fallu la défendre, force a bien été de revenir, dans la presse et à la tribune, exactement sur le terrain où les auteurs de la loi s'étaient placés. Et, en effet, il n'y en avait point d'autre ; et il n'y eut point alors de divergence parmi les catholiques : tous, au moment de les perdre, en grande partie du moins, sentaient, avouaient les immenses bienfaits de la loi ; et l'épiscopat français rendit à cette occasion un solennel hommage aux hommes qui furent en 1849 abreuvés de tant d'outrages à cause de cette loi 2. Quant à l'abbé Dupanloup, il ne manqua jamais l'occasion de rendre justice à ceux qu'il avait eus pour alliés dans l'élaboration de

1. « La rupture était définitive. M. Veuillot se félicitait d'en avoir pris Y initiative. Il écrivait alors à un prélat de ses amis (M Rendu, évêque d'Annecy, 2 mars 1849) « qu'il fallait au plus vite diviser le parti catholique pour en sauver quelque chose... ». Ce qui blessait particulièrement le directeur de VUnivers, c'était de voir des catholiques donner la main à M. Thiers. Au lieu de se demander, en homme politique, pour qui était le principal profit d'une pareille alliance, le fougueux polémiste la condamnait comme une faiblesse ou une duperie; dans sa répulsion pour tous les compromis d'où était sortie la loi, le chef des intransigeants se vantait de s'être opposé à l'entrée au ministère de l'homme politique auquel, plus qu'à tout autre, les catholiques devaient la liberté de l'enseignement et la restauration du trône pontifical; lui disputant, pour le transférer au futur allié de Cavour, le mérite devant l'Eglise de l'expédition de Rome. » (M.Anatole Leroy-Reaulieu, les Catholiques libéraux.) — A l'appui de cette dernière assertion, cet écrivain cite les paroles suivantes de la même lettre : « Ce n'est pas M. de Falloux, comme on le pense, qui a rétabli le Pape; c'est le Président... »

2. « L'archevêque de Rennes, les évêques de Saint-Brieuc,de Vannes et de Quimper viennent de dire, dans leur éloquente pétition adressée au Sénat et à la Chambre des députés : « Au souffle de liberté sincère qui s'était répandu sur la France, sous l'initiative de l'illustre ministre qui présidait alors à l'instruction publique, les hommes les plus éminents de l'époque se mirent à l'œuvre, et c'est de leurs travaux parlementaires et extraparlementaires qu'est sortie la loi de 1850.

» La loi de 1850, nul ne peut le nier, fut une loi d'équité, d'apaisement et d'honorable transaction. »

» Le cardinal-archevêque de Paris et les évêques de la province disent pareillement, dans leur lettre adressée aux membres des deux Chambres : « La loi de 1850, complétée par celle de 1875, avait fait une

cette grande loi : « Jusqu'à mon dernier jour, s'écriait-il encore, en 1864, au Congrès de Malines, tant qu'il me restera une voix, je l'emploierai à dire ma reconnaissance pour ces hommes, et à protester contre l'ingratitude dont ils ont été payés depuis ! »

Pour couronner tous ces services, Dieu devait lui donner de concourir un jour à affranchir l'enseignement supérieur, après avoir si puissamment contribué à rendre libre l'enseignement secondaire. Ce sera là sa grande gloire comme évêque. En effet, tandis que, à travers les douleurs de son àme, l'abbé Dupanloup combattait ainsi pour la liberté de l'Eglise, soit au sein de la Commission, soit dans la presse, sa vie allait être tout à coup changée; la Providence allait lui ordonner d'être évêque.

œuvre de vraie liberté. En abolissant le monopole de l'Etal dans renseignement, elle n'avait établi de privilèges pour personne, etc... »

» Le cardinal-archevêque de Lyon et les évêques de la province : a ... Il s'agit de réagir contre les lois libérales de 1850 et de 1875, et d'anéantir par des moyens détournés la liberté d'enseignement, etc.. » (M. H. de Lacombe, les Débats de la grande Commission de 18-1 1.)

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