mars
i. Réponse de M. Chesnelong au discours prononcé par flf. de Falloux dans la réunion du 27 mai 1880.
commun avec mes ennemis de la veille, m'a valu la plus grande épreuve de ma vie politique. J'ai vu se dissoudre l'armée que j'avais, j'ose le dire, formée pendant vingt années de luttes... Je les ai vus se retourner contre moi au moment où je croyais qu'elle allait cesser; je les ai vus verser, comme ils le disent dans leurs journaux, des larmes sur ce qu'ils appellent mon suicide. Si jamais il a pu m'arriver, à mon insu, de méconnaître les lois de la justice vis-à-vis de mes adversaires d'autrefois, eh bien, j'expie cette faute ! Je sais désormais ce que c'est que d'être méconnu, non seulement par ses adversaires, mais par ses amis. Si au contraire je n'ai, comme je le crois en vérité, rien à expier en ce genre, j'accepte encore cette épreuve comme un dernier hommage et un dernier service à la cause de la liberté de l'Eglise. J'ai donné à cette cause ma vie, mon courage, vingt ans de persévérance et de dévouement. Je lui offre encore aujourd'hui, comme un dernier hommage, l'ingratitude, l'impopularité et l'injustice que cette loi m'a fait récolter. »
Une dépêche spéciale de la secrétairerie pontificale chargea le Nonce apostolique de témoigner à M. de Montalembert la satisfaction du Saint-Père pour la part qu'il avait prise à la loi de 1850. « Mais, ajoute son historien, le coup était porté: M. de Montalembert ne recouvra jamais dans sa plénitude le prestige qui l'avait entouré parmi les catholiques jusqu'à la présentation de la loi de 18501. » Eh bien, redisons-lui le mot qu'il appliquait à Pie IX : « Ne fait pas des ingrats qui veut î »
L'union fut donc brisée; mais par qui? L'histoire rectifiera ceux qui en accusent les auteurs de la loi de 1850. Fidèles à eux-mêmes et à leur drapeau, ceux-là sont toujours restés sur le terrain où ils avaient combattu et vaincu. Ils ne se sont pas « retirés, comme on l'a dit, du groupe dont ils faisaient la gloire pour former un parti » ; on s'est retiré d'eux: voilà la vérité. Nous ne faisons point ici de polémique, nous présentons les faits tels qu'ils