‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 3 sur 326 · LETTRES. X · texte numérisé non relu

LETTRES. X

En voyant dans votre livre à quel degré de perfection était arrivé ce grand chrétien, non seulement j'ai été extrêmement ému, mais j'ai senti le désir, le besoin de l'imiter, du moins pendant les quelques années qui me restent encore à vivre. Quel bien immense je ferais dans mon diocèse si je parvenais à inculquer à mes prêtres la solide piété, l'esprit profondément chrétien, le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, toutes belles et fortes vertus, enfin, que M-1 Dupanloup savait communiquer à son clergé parce qu'il les'possédait lui-même!

Et l'œuvre si utile et si sainte du catéchisme et de la première communion, combien je serais heureux de l'établir à Capoue et de la voir adoptée partout, selon la méthode si intelligente de celui qui devait être un jour le grand évéque d'Orléans! Ce que vous dites de Saint-Sulpice m'a aussi beaucoup frappé. Quelle sagesse, quelle perfection dans la haute direction de cet incomparable institut! Combien les plus petits détails en sont intéressants et méritent d'être étudiés à fond! Le chapitre que vous consacrez h ce sujet est pour moi un véritable trésor. Je l'ai lu et relu avec la plus grande attention, tâchant de tout comprendre, de tout méditer et de tout retenir pour le plus grand bien de mon séminaire, où je me promets d'introduire, autant et aussitôt que possible, les exercices pratiqués par vos jeunes gens de Saint-Sulpice.

L'épisode de la conversion du prince de Talleyrand m'a de même exrèmem ont intéressé : qui n'admirerait la prudence, le tact exquis, le dévouement et le zélé éclairé dont l'abbé Dupanloup fit preuve dans une circonstance si délicate et si difficile ?

Quant à sa belle résistance lorsqu'il apprit qu'on voulait le nommer évêque d'Orléans, et à tous les détails que vous avez su réunir autour de ce fait, que vous en dirai-je? J'en ai été attendri jusqu'aux larmes.

La manière dont il s'est préparé à la consécration épiscopale est digne des premiers évêques de l'Eglise. J'ai lu plusieurs fois le chapitre où vous en parlez, m'arrètant de préférence aux saintes inspirations trouvées dans les notes qu'il n'écrivait que pour lui. Quel enseignement j'ai recueilli de ces aspirations sublimes! Aussi en ferai-je désormais la règle de ma vie épiscopale, tâchant surtout de m'appliquer, pour mon bien spirituel, ces paroles que je n'oublierai jamais : « Deus honor omnium dignitatuml Toute dignité où Dieu n'est pas est fausse et mensongère. Hélas! je redoute la dignité parce que je redoute de me rendre digne! 11 faut se rendre disrne! H faut

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