CHAPITRE V
dans les catéchismes de première communion « leur perpétuel et indispensable aliment ». Ils étaient donc la huit jeunes prêtres, dévoués de cœur et d'âme à ces treize ou quatorze cents enfants et jeunes gens, en y comprenant les jeunes filles et les jeunes personnes qui suivaient leurs catéchismes, et dont ils s'appliquaient a faire de bons et solides chrétiens, de pieuses et ferventes chrétiennes. « Pour entretenir le zèle de ceux qui persévéraient, ramener ceux qui s'éloignaient, en attirer de nouveaux, c'étaient des soins infinis : lettres, visites, promenades, réunions, conseils, prêts de livres, récompenses, analyses, confessions, communions !. »
Ses catéchismes lui inspirèrent ses premières publications : bien modestes, mais bien utiles. La première, qu'il donna en juin 1830, peu de temps avant la révolution qui devait avoir pour lui les contre-coups que nous dirons, était purement et simplement un recueil des Évangiles pour tous les dimanches de Vannée, traduits et annotés. La seconde, qui parut l'année même où il fonda l'Académie de Saint-Hyacinthe, en 1831, était un Manuel des catéchismes, volume qui eut depuis des éditions innombrables, et qui est, aujourd'hui encore, une grande ressource, non seulement aux enfants, mais aussi aux catéchistes qui savent s'en servir. Ceux qui tiendraient à voir de près quelle était la tendre piété de l'abbé Dupanloup n'ont qu'à lire, à ce point de vue, les instructions mêlées par lui aux cantiques qui composent ce précieux volume.
D'un tel ministère, continué pendant dix années sur tant de jeunes enfants, devenus plus tard des pères et des mères de famille, et répandus dans tous les ran^s de la société, depuis les plus humbles jusqu'aux pluséminents, qui pourrait calculer la fécondité? M. Borderies lui avait dit: « Tous les biens de ma vie me sont venus de mes catéchismes ; tous les vôtres vous viendront de la aussi. » Il eut souvent l'occasion de vérifier cette parole, car il dut à ses catéchismes non seulement l'éclat rapide du