CHAPITRE VII
Ruine des catéchismes de la Madeleine
L'abbé Dupanloup vicaire à Saint-Roch
En l'année 1833, M. l'abbé Matthieu, curé de la Madeleine, étant devenu évêque, M?r deQuélen, bien que l'abbé Dupanloup n'eut encore que trente et un ans, n'avait pas hésité à le nommer à cette cure importante ; mais le irouvernement, non encore revenu de ses ombrages, refusa de ratifier ce choix. M^ de Quélen nomma alors premier vicaire l'abbé Dupanloup, et curé le cure de Saint- Eustache, M. Beuzelin. Ce prêtre, qui avait rempli d'abord des fonctions dans l'Université, était d'une tout autre école que ses prédécesseurs, MM. Matthieu, Gallard, Feutrier. Ceux-ci, élèves de Saint-Sulpice, avaient au plus haut degré le sens pastoral et catéchistique. 11 y avait sous ce rapport, il faut le dire, et quels que fussent d'ailleurs ses mérites, une lacune dans l'éducation ecclésiastique de M. Beuzeiin. Jaloux de son autorité, ce qui certes n'est pas un tort, rigide calculateur, qualité toutefo-s qui cesse d'en être une quand elle dépasse certaines bornes, et que devant toute œuvre utile elle dresse d'abord un chiffre, enfin, inflexible comme un roc, plein d'ailleurs de préventions contre les catéchismes, dont le développement extraordinaire à la Madeleine avait amené en effet des arrangements paroissiaux exceptionnels, et donnait à leur directeur une influence qui offusqua le nouveau curé, résolu, non pas d'y prendre la part qui lui revenait, et qu'on ne cherchait pas à lui disputer, mais d'en finir avec ce qu il appelait une paroisse dans une paroisse, helas ! que de fois les œuvres ont-elles rencontré ces ombrages !
tel était l'homme qui arrivait en l'année 1833 à la Madeleine.
D'abord, il dissimula, il observa ; puis.au bout de quelque temps, il se déclara, par des mesures qui sans doute étaient dans son droit, mais qui bouleversaient ces œuvres et les rendaient impossibles. Le 0 décembre, jour de irrande fête aux catéchismes, par simple voie d'affiche, il fit connaître ces mesures : l'abbé Dupanloup cessait d'être directeur des catéchismes: la Persévérance, l'Académie lui étaient retirées; le catéchisme de première communion seulement lui était maintenu. Ce fut parmi les enfants et dans toute la paroisse une explosion de douleur extraordinaire. L'archevêque intervint, et prit hautement les catéchismes sous sa protection1. On crut tout apaisé: mais cela dura peu. Lorsque, trois semaines après, la veille du jour de l'an, ces messieurs vinrent présenter à M. le curé leurs hommages, un langage sec et dur (it tout de suite évanouir leurs espérances.
Alors commença une série de vexations, ou, pour parler comme M?r de Quélen, de persécutions systématiques qui désolèrent ces jeunes prêtres. De toute manière cependant l'archevêque manifestait l'intérêt qu'il leur portait. Ainsi, organisant cette année-là, comme nous l'avons raconté, les Conférences de Noire-Dame, il fit l'honneur aux catéchistes de la Madeleine d'en prendre trois parmi eux pour cette œuvre : bien plus, le troisième dimanche de Carême, au sortir de la Conférence de .Notre-Dame, il vint présider à l'Assomption une séance de l'Académie de Saint-Hyacinthe, que Y Ami de la religion raconte ainsi : « La réunion était des plus nombreuses : les parents des jeunes académiciens s'étaient comme donné rendez-vous, pour ajouter à l'intérêt d'une cérémonie religieuse qui doit les toucherde si près. Il yaeuréceptiond'un grand nombrede candidats: plusieurs ont lu de petits discours qui ont vivement intéressé. M?1' l'archevêque a encouragé ces jeunes gens avec autant de grâce que d'onction. Avant la distribution de livres bien choisis, que M?r l'archevêque a