CHAPITRE VII
bien voulu remettre à ceux qui se distinguent par leur piélé et leur rédaction des instructions, M. l'abbé Dupanloup a prêché, et ses paroles, pleines d'entraînement, comme toujours, ont produit l'effet le plus heureux sur cet auditoire si consolant pour la religion l. » Mais cette sympathie si haute ne changeait rien aux dispositions inflexibles du curé : l'archevêque conseilla aux jeunes prêtres de tout souffrir et de se taire. Surent-ils se taire assez? Xon, peut-être, à en juger par une lettre attristée de Msr Gallard à l'abbé Dupanloup sur ces douloureux conflits. Le curé déclara qu'ils partiraient ou qu'il s'y briserait.
Dix mois entiers dura cette situation : « Il n'y a pas eu dans ces dix mois, dit l'abbé Dupanloup, un seul jour où je n'aie eu à souffrir 2... » M. Beuzelin alla même jusqu'à exclure de la paroisse de sa propre autorité un des catéchistes. (Juand celui-ci se présenta pour dire la messe, ordre fut donné par le curé de lui refuser des ornements. Le conflit arrivait donc à l'état le plus aigu, et, du reste, il avait franchi depuis longtemps les limites de la paroisse. Tout Paris s'en occupait. Il était en effet des plus graves. La question n'était plus seulement entre un curé et ses vicaires, et purement paroissiale: elle était entre un curé et l'archevêque ; il ne s'agissait plus seulement de savoir si le curé de la Madeleine, fùl-il dans son droit, n'était pas déplorablement dans son tort ; mais si, de plus, il lui était permis de braver l'autorité épiscopale, et d'exclure de sa paroisse des prêtres que l'archevêque y avait envoyés. En général, par esprit de corps et préventions assez répandues en ce temps-là contre les catéchismes, les cures de Paris étaient pour M. Beuzelin ; les sympathies, laïques pour l'abbé Dupanloup et ses collaborateurs. Bravé, désolé, l'archevêque a avoué que ces dix mois avaient été « l'époque la plus douloureuse de son épiscopat1 ». Mais prudent et mesuré, il cherchait un moven de sauvegarder, sans en