‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 2)Chapitre 85 sur 326 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

où j'ai été le plus fidèle à mes exercices de piété ; où Dieu m'a donné de plus grandes lumières, et de plus grandes grâces per crucem ; ou bon gré mal gré j'ai pratiqué quelques vertus, où j'ai le plus prié.

» Néanmoins, tout en moi est bien faible, encore bien loin d'une vertu un peu solide : avec la grâce de Dieu, élevons, fortifions tout.

» Etablissons-nous bien, avant tout, dans la vie sainte, dans les vraies voies. Je suis piètre ; c'est d'une vie sacerdotale que je dois vivre.

» Régions bien deux choses : les exercices de piété, et le travail ; à travers les absorptions quotidiennes.

» Rien à ajouter aux exercices de piété, mais les amener à la perfection.

» Surtout ma messe et mon bréviaire.

» Voilà mes deux exercices de piété les plus graves, les plus sacrés, les plus utiles.

» Ils suffisent à ma sanctification la plus haute, la plus pure, la plus parfaite.

» Les dire dans la pensée de me nourrir de la manière la plus intime et la plus divine ; les dire très lentement ; ne jamais précipiter une parole. C'est un trésor céleste. Un prêtre qui posséderait a fond son missel et son bréviaire aurait une science divine très considérable. C'est une source abondante pour la prédication.

» C'est une absurdité et un grand désordre que de se priver de tous ces biens, et de manquer à un devoir si sacré, par une vaine précipitation.

» Mes exercices de piété doivent être inviolables ; protégés par des verrous, s'il le faut. C'est l'intérêt même de ceux a qui je ferme ma porte. Ils doivent être inviolables et tranquilles. Non in commotione Dominus. Tout cela fait dans le tumulte est sans grâce.

» Suspendre l'activité.

» Et toujours purifier mes intentions. En tout VOculns si mplex. »

Voici maintenant pour le travail. 11 en distingue de deux sortes : les lectures, et le travail de composition.

« Il est absurde de toujours donner sans jamais se

remplir. Donc avec la piété, l'étude. L'Ecriture sainte ; l'Histoire ecclésiastique : la Vie des Saints, des Pères; leurs plus beaux ouvrages : les grandes hérésies qui sont au fond l'histoire du dogme; les Ordres religieux.

» Voila les sources de ma prédication ; car elle va devenir une grande affaire.

» Revoir tout ce que j'ai l'ait jusqu'ici : tout mettre en ordre; dans les compositions nouvelles, aller au fond des choses ; et des âmes. »

Ces considérations étaient suivies d'une réglementation précise pour chaque heure de ces journées qui allaient ètie et plus que jamais si dévorées. Le coucher est fixé à neuf heures; le lever à cinq; deux heures de prière, j compris sa messe, commencent sa journée : quatre heures d'étude et de travail, deux le matin, deux le soir, sont déclarées le minimum indispensable. Si Ton demande quel était, dans cette vie si occupée, s<m secret pour n être pas absorbé, le voilà : c'était >a fidélité au règlement qu'il s'était prescrit ; fidélité qu'il savait garder par une volonté et des moyens énergiques, surtout le Clauso ostio. Il n était pas moins fidèle, par conscience, et parce que la santé est la première condition du travail, a son temps de récréation, c'est-à-dire de promenade, car l'exercice lui était absolument nécessaire, et pendant cette promenade il ne manquait pas de placer sa petite etchère visite au Saint-Sacrement.

La Providence, en mettant fin à un ministère qui restera son éternel honneur comme il fut toujours sa plus douce consolation, allait lui en ouvrir deux autres auxquels il se livra ave.' un très grand zèle pendant les deux ans qu'il lut premier vicaire de Saiut-Rocb : la prédication et la direction des âmes. Il était mûr pour ces deux ministères. Jusque-là, nous l'avons vu, tout entier à ses catéchismes, il s'était interdit toute autre prédication que ses prônes. M. le cure de Saint-Roch le fit prêcher le mirdi et le jeudi pendant le Carême de 1836, et tous les dimanches et tous les mercredis pendant le Carême de 1837. La reine Marie-Amélie venait assidu-

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