Surtout après l'encyclique Immortale Dei
France, deux fois envahie par l'étranger, et par l'impiété, qui est aussi d'importation étrangère, il s'écriait : « Ah ! tant d'amour impuissant et vaincu î » c'était le cri de sa douleur, et non pas le désaveu de ses pensées, ni une défaillance de son courage.
Que dis-je? ce courage tout à coup grandit avec les nouveaux devoirs imposés à son amour de l'Eglise et à son amour de la France. Sur cette scène illustre il montra avec encore plus d'éclat quel Français il y avait dans cet évèque et quel évéque dans ce Français. Sans identifier la religion avec un parti, s'il soutient avec ardeur, comme député, une cause politique, c'est qu'il y voit, dans l'état présent des choses, une connexité avec la cause même de TEglise : et là encore, avec un oubli de lui-même absolu, il s'immole; là encore il est l'homme de la conciliation, de la concorde, de l'union de toutes les forces. Et, debout à la tribune toutes les fois que les intérêts religieux sont en jeu, il laisse sa trace dans toutes les lois qui nous sont favorables : l'aumônerie militaire, la liberté du dimanche pour les soldats, l'exemption du service militaire pour le clergé, la présence de droit du prêtre dans les conseils de bienfaisance, la présence des évêques dans le conseil supérieur de Tinstruction publique, surtout la grande loi sur l'enseignement supérieur. Quel homme politique a de plus beaux états de service?
Vous dites que ces conquêtes nous ont échappé. Et c'est à lui que vous en faites un reproche! Mais il n'était plus là pour les défendre! Et pour les défendre, quels accents il eût trouvés ! Mais non, tout ce qui a été gagné n'est pas perdu, et c'est encore à la loi de 1850, et à la loi d'enseignement supérieur, que nous devons ce qui nous reste d'enseignement chrétien libre sur cette terre de France. Et, enfin, ses écrits sont là, et, tout mort qu'il est, il parle et combat encore. Et son exemple aussi est là, animant aux luttes généreuses et les vieux combattants, et les jeunes générations que la Providence, il faut l'espérer, tient en réserve pour l'avenir. Est-il un homme, en ce siècle, duquel, si on en approche, émanent de plus nobles, et plus viriles, et plus fécondes leçons?
Non, il n'a pas cru à la défaite définitive : il a pleuré dans ses derniers jours devant des malheurs amenés peut-être par les fautes qu'il eût voulu prévenir, mais il n'a jamais su ce que c'était que désespérer ; « il n'avait pas le goût, comme il l'a dit lui-même, de la résignation dans l'impuissance ; » et il est mort en priant, en écrivant, en combattant pour toutes ses causes : qu'il servait- aussi par la dignité de la vie sacerdotale la plus pure et la splendeur du caractère.
A Lucerne, dans un rocher, on voit sculpté un lion superbe, mais blessé et mourant, sur un écusson qu'il protège encore. C'est la sublime image de l'héroïsme expirant. N'est-ce pas aussi ce vieil évêque d'Orléans, tombé dans la lutte et le labeur, après l'entier épuisement de ses forces, faisant jusqu'à la fin à l'Eglise et à la France un rempart de sa fidélité et de sa vaillance?
Œuvres pastorales de M?" Dupanloup.
Dans les éditions in-8^, nous avons donné la liste, année par année, des travaux de M?"" Dupanloup pour son diocèse. C'était une réponse j:)ar les faits à ceux qui, sans en rien savoir, prétendaient que M=^' Dupanloup, parce qu'il s'occupait beaucoup des questions d'intérêt général, songeait peu à son administration. Nous nous bornerons ici à présenter le tableau de ses principaux ouvrages.