‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 248 sur 259 · Nullus tecum comparandus. — Bref du 27 juin t · texte numérisé non relu

Nullus tecum comparandus. — Bref du 27 juin t

2. Diligentissimi excubitoris munere functus. — Bref du 21 décembre 1867.

son diocèse des grades théologiques; et si déjà on en voit poindre l'aurore dans nos Universités catholiques, c'est à lui surtout que l'Eglise le doit. Ce n'était pas non plus un penseur original, créateur de systèmes, semeur d'idées nouvelles. Il parlait au nom du sens commun et de cette philosophie éternelle qui a ses racines dans toute raison droite, et toute conscience honnête. A la façon de l'Evangile, il disait : « Jugez Tarbre par ses fruits. » Il a porté ainsi de rudes coups à toutes les écoles d'athéisme. >y'ul peut-être n'a établi avec plus d'éclat cette capitale vérité : la nécessité sociale de la religion :

Discite jiistitiam moniti, et non temnere divos.

Il eut là des intuitions qu'on pourrait dire prophétiques. On le raillait alors, on ne le raille plus aujourd'hui. Son illustre ami, M. de Falloux, faisait écho à ses avertissements obstinés, quand il prononçait, il y a quelques années, cette grande parole : (( France, lu seras chrétienne, ou tu ne seras plus ! »

Il repoussait aussi les incursions, signalant les entreprises, les propagandes antichrétiennes, avant que la foule les eût aperçues. Combien furent surpris quand il montra, au fond de tout ce qui arrive, la main de la Maçonnerie! Aujourd'hui, qui en doute? Et qui a fait tomber les premières et violentes clameurs soulevées par l'Encyclique et le Syïlabus? qui a mis en poussière toutes les fausses interprétations? qui a rendu, au même degré que lui, ce service à l'Eglise?

Ce fut là une importante victoire. Car, quelle était la question? La plus grave des temps modernes; on peut dire que la crise de ce siècle est là.

En effet, une radicale incompatibilité du christianisme était proclamée par le Souverain Pontife : mais avec quoi? Avec les institutions du monde moderne? Avec ses progrès véritables? ^'on ; avec ses erreurs. Ce fut la grande distinction, non pas imaginée, mais mise en lumière par l'évêque d'Orléans. Et qu'est-il arrivé? C'est que le modus Vivendi de l'Eglise avec nos sociétés, indiqué par lui dans

cet écrit, a reçu la 'solennelle approbation du Saint-Siège et de l'épiscopat. C'est là un fait indéniable.

Il ne s'est donc pas trompé, dans son amour pour son temps et son pays, dans ses efforts pour amener, comme il l'a dit, la conciliation, la pacilication, entre les choses compatibles avec l'Eglise, et l'Eglise elle-même. Grand but, que nous devons plus que jamais poursuivre ^ Car, c'est à cette altitude, à cette conduite, que nous avons dû notre popularité d'autrefois, et les seules conquêtes que nous ayons faites : et d'autre terrain pour la lutte avec les pouvoirs publics, aujourd'hui nous n'en avons pas.

Voilà pourquoi il combattit, non sans douleur, mais parce qu'il le fallait bien, ceux qui, parmi nous, c'était sa conviction, confondant les questions, exagérant, appliquant mal la doctrine, compromettaient l'Eglise, et appelaient sur elle des haines redoutables.

On lui a fait quelquefois une guerre de tendances. Ses tendances* les voilà. Elles sont dans ces pages sur le SyUahuSy si hautement louées. .Elles sont encore et surtout dans trois écrits, que nous adjurons les hommes sérieux et sincères de relire, s'ils veulent juger par euxmêmes, et non sur des déclamations hostiles, ces tendances; nous voulons parler des trois lettres pastorales sur le Concile.

Que si, eniraîné par les vues les plus désintéressées, les plus nobles, les plus pures, il fut, au concile du Vatican, louchant la proclamation d'un dogme toujours professé par lui, de l'avis des Pères du concile de Trente, qu'est-ce à dire? Ce dissentiment passager avec la majorité de ses collègues, en compagnie d'un si grand nombre d'autres, sur une simple question d'opportunité, que peut-il faire à la position prise par lui vis-à-vis des sociétés modernes, dans sa magnifique défense du Sijllabus, dans ses belles lettres pastorales, dans toute sa longue lutte pour l'Eglise ?

Et quand, dans les tristesses de la guerre, après la chute du pouvoir temporel, et devant les malheurs de la

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