‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 63 sur 259 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

On l'a vu, il était arrivé que, malheureusement, la controverse s'était aigrie et les passions personnelles se mêlaient, comme toujours, avec une violence extrême, au zèle pour la vérité. Arrivé à Rome, Mg^" Dupanloup eut la douleur de se voir précédé et enveloppé par un flot d'incriminations odieuses et d'absurdes calomnies. La publication des Observations avait soulevé cet orage. Nous ne voulons pas relever ces imputations une à une, nous espérons que nous ne serons pas contraint à rappeler en détail tout ce qui, dans les journaux, dans les brochures, dans des lettres rendues publiques, fut écrit contre lui. Qu'il nous suffise de citer un trait, un seul, entre tant d'autres : deux journaux anglais et catholiques publièrent des lettres de Rome, d'après lesquelles xM?'^ Dupanloup aurait écrit ses Observations par ordre de l'Empereur et par suite d'un marché. «Donnez-moi, aurait-il dit à Xapoléon III, le siège de Lyon, et je vous vendrai le Pape. » Une petite feuille diocésaine alla jusqu'à le déclarer plus coupable que le P. Hyacinthe !

Dans cette tempête inouïe, Ma^" Dupanloup resta calme et digne ^ Il écrivit aux deux journaux anglais deux lettres écrasantes, qui demeurèrent sans réplique-. Et ce fut tout.

A Paris, un groupe d'ecclésiastiques et de laïques, indignés de ce torrent d'injures et de calomnies déversées contre lui, avait eu la pensée de protester par une adresse qui devait être publiée dans les journaux : il s'y opposa énergiquement par une lettre au Français, malgré Pabus que faisaient et que firent pendant tout le Concile d'autres feuilles de ces manifestations. «Rien n'est plus contraire à mes sentiments et à mes pensées que ces moyens d'agitation, écrivit-il; il faut laisser ces façons d'agir à ceux qui les ont imaginées \))

Toutefois il ne put empêcher les prêtres Orléanais, témoins émus du désintéressement et des vertus de leur

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