‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 89 sur 259 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Fénelon et lui en attirant la gloire, et, dans une promenade à la montagne, il risqua timidement cette insinualion. L'évêque d'Orléans se contenta de s^ourire, et dit ensuite à celui qui écrit ces lignes: <i II devrait pourtant bien me connaître. » Mais la guerre, qui suivit immédiatement le Concile, lui ayant fourni l'occasion de parler à son clergé, il mêla, sans le moindre apparat comme sans la moindre hésitation , l'accent de l'évêque à celui du patriote, et dès le début de cette lettre pastorale, une des plus éloquentes et des plus vibrantes qu'il ait écrites jamais, il s'expliquait sur le Concile, en quelques paroles simples qui disaient tout :

« Séparé de vous depuis huit mois, et mêlé à d'immenses travaux, j'aurai bientôt le devoir de vous en entretenir, lorsque le moment du recueillement sera venu. » Et il ajoutait : « Ces graves discussions ne ressemblent guère aux luttes de la terre, parce qu'elles ne se terminent point par des triomphes personnels, mais par la victoire de la foi et de Dieu seul dans sa volonté sainte. »

Cet acquiescement, qui fut compris de tous ceux qui voulaient comprendre, eut tout de suite des imitateurs: un archevêque que la guerre n'empêchait point de communiquer avec son troupeau, et qui fut l'un des premiers à publier une lettre pastorale sur le Concile, M^'" Lyonnet, archevêque d'Albi, s'empressa de citer à son clergé ce grand exemple, et de placer sous ses yeux « les belles » paroles, disait-il, que ^W l'évêque d'Orléans adressa à » son retour de la ville éternelle, aux prêtres et aux » fidèles de son diocèse* ».

Certes, après les paroles citées par l'archevêque d'Albi, et que toute la France avait lues, l'attitude de l'évêque d'Orléans vis-à-vis la définition conciliaire n'était plus un doute pour personne. Mais il entendait bien, ainsi qu'il le déclarait, nous le verrons, dans une lettre au Pape, n'en pas rester là. Ceux qui lui reprochant tout, et ne lui tenant compte de rien, incriminent comme tardive son

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