‹ Vie de mgr. Dupanloup (volume 3)Chapitre 92 sur 259 · LA GUERRE · texte numérisé non relu

LA GUERRE

Après le Concile, la guerre ; après les émotions religieuses de l'évêque, les angoisses patriotiques du Fran- .çais. Quelle stupeur à la villa Grazioli lorsqu'un soir, — «'était tout à fait vers la fin du Concile, — M?' Haynald, arrivant à Timproviste, jeta sans préambule cette parole : « La guerre est déclarée ! » L'évêque d'Orléans partit donc de Rome, l'àme pleine de toutes les préoccupations à la fois; il rentrait dans sa ville épiscopale le 24 juillet au soir; le lendemain, il apparaissait tout à coup à la distribution des prix de son Petit Séminaire; mais ici donnons la parole à M. de Falloux, qui avait voulu être là :

(( On ne lui a pas laissé le temps de monter sur l'estrade. . . Les uns saisissaient et baisaient ses mains; d'autres se permettaient de l'embrasser; j'ai été de ce nombre et je m'en suis excusé en disant : C'est de la part de Montalembert. Son visage était inondé de larmes, et, quand il fut parvenu à gagner le fauteuil qui lui était préparé, et qu'il voulut prendre la parole, quelques mots entrecoupés par une émotion qu'il avait peine à dominer ont fait craindre d'abord qu'il ne se trouvât dans l'impossibilité de traduire les battements visibles de son cœur; mais peu à peu le courage et la volonté ont tout vaincu. Il a prononcé le mot honneur, et dès lors la flamme était allumée. Avec des accents d'une incomparable profondeur, avec une puissance d'organe qui atteignait les dernières extrémités d'une cour carrée et de vastes cloîtres, il a recommandé à ses chers enfants le culte de l'honneur, la fidélité à l'honneur, l'immolation à l'honneur...

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