‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 164 sur 231 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

compris et accepté dans son vrai sens, il doit à l'évêque d'Orléans et à ses innombrables lecteurs une rectification ; nonpasfurtive, subreptice, et honteuse d'elle-même pour ainsi dire, ambiguë et trompeuse ; mais nette, claire, indiscutable. Avons-nous cela? Non : nous avons au contraire les plus grands éloges. Pourquoi donc alors ergoter sur une formule si peu claire dans le sens d'un blâme, que ce prétendu blâme nous le prenons, nous, pour une nouvelle et implicite approbation?

On le voit donc, on attaque Pie IX lui-même plus que l'évêque d'Orléans par ces subtilités passionnées.

C'est, du reste, ce que reconnaissent les esprits impartiaux et désintéressés ; c'est ainsi que l'auteur d'un remarquable écrit intitulé l'Eglise et le libéralisme, 31. Anatole Leroy-Beaulieu, prend en pitié ces interprétations d'adversaires obstinés, « faisant eux-mêmes ce qu'ils reprochaient à Mis* Dupanloup, épiloguant sur le bref pontifical, prétendant y découvrir un blâme dissimulé sous les éloges, comme si ie Pape, dont ils célébraient l'indomptable énergie, eût pu s'oublier assez pour applaudir publiquement à des doctrines entachées d'erreur, ou pour déguiser subrepticement son blâme sous des paroles ambiguës1 ».

Ainsi donc, en dépit des efforts qui ont pu être tentés, le bref est ce qu'il est, non ce que quelques-uns auraient voulu; et la formule eô que subsiste ; et les mots ont leur sens que rien ne peut changer. Non, le bref ne contient aucun blâme, aucune réserve désapprobative des doctrines exposées par l'évêque d'Orléans : a. Rebelle aux voix qui voulaient lui imposer l'ingratitude avec le silence, Pie IX a béni dans l'arène son vaillant défenseur -»; et c'était,

1. Les Catholiques libéraux, l'Eglise et le libéralisme, p. 299. Paris, chez Pion. — Excellent petit volume, nonobstant quelques réserves à faire sur certaines appréciations ; écrit par un auteur désintéressé, avec une complète impartialité, et qui offre un résumé historique très exact de la question.

•2. Lettre à l'auteur des Nouveaux débats, par l'abbé Chapon.

non pas le blâmer, mais l'approuver encore, que de l'encourager à de nouveaux combats.

Il est donc démontré, d'une façon irréfragable, que l'interprétation de l'Encyclique et du Syllabus par l'évèque d'Orléans est la vraie; que sans avoir tout dit, car assurément, comme nous l'avons remarqué nous-même, ces vastes doctrines pourraient être développées plus qu'elles ne l'ont été dans cette exposition rapide, il n'a rien dit, et cela est capital, d'erroné, de répréhensible, et que la doctrine exposée là par lui est pleinement conforme à la pensée du Pape et de tout l'épiscopat.

Mais voici l'irrécusable argument qui sort de la :

D'une part, il faut, dirons-nous, aux esprits extrêmes, abandonner enfin des imputations qui ne peuvent plus désormais être de bonne foi, et ne plus parler jamais ici d'altération de doctrine et d'anti syllabus. Il faut mettre de côté aussi ces commentaires exagérés du document pontifical, qui débordent et faussent les textes.

Vous n'avez pas, dirons-nous d'autre part aux adversaires des actes pontificaux, essayé une réfutation quelconque des explications données par l'évêque d'Orléans ; c'était donc avouer implicitement que si l'Encyclique et le Syllabus ont le sens qu'il leur a donné, on peut s'enten Jre et vivre avec l'Eglise. Eh bien, voici que les évêques du monde entier acclament son explication, que le Nonce apostolique donne le signal, que le Saint-Père confirme tout par son bref. Donc vous vous êtes trompés, et il y a eu là un grand malentendu. Donc il faut renoncer à faire de l'Encyclique et du Syllabus une accusation contre l'Eglise, il faut bannir à jamais de votre polémique, si vous êtes sincères, ce vain épouvantait . Civilisation moderne, société contemporaine, non, le Pape ne réprouve rien de vos nobles aspirations, de vos légitimes progrès, de vos utiles conquêtes. C'est vous qui avez rompu avec l'Eglise, et non pas l'Eglise avec vous. Elle ne condamne que vos erreurs et vous défend contre vous-mêmes. Elle vous éclaire, elle vous appelle, elle vous tend les bras. Voilà la vérité.

Léon XIII du reste l'a déclaré, en des termes qui faisaient

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