CHAPITRE XXI
L'évêque d'Orléans à la montagne
Lacombe et Menthon
Épisode : Baptême d'une jeune Anglaise à Lacombe
Xous nous sommes étendu avec quelque complaisance, quoique bien sommairement, sur cette amitié de M?r Dupanloup avec M. de Montalembert. Mais combien d'amis encore, et quels amis, nous pourrions grouper autour de lui!
Les grands amis de M?r Dupanloup, soit dans l'Eglise, soit dans le siècle, quel charme il y aurait à traiter, avec tous les détails qu'il pourrait comporter, un tel sujet! Mais le cadre d'une biographie, déjà si vaste, ne nous le permet pas. Il y a toutefois une autre face de son amitié et de sa vie intime dont le moment paraît venu de dire maintenant quelque chose. Qu'on nous permette donc de faire une nouvelle halte au milieu de toutes ces œuvres et de toutes ces luttes, et de regarder un peu le militant évéque sous un autre aspect : non chez lui et au milieu des accablements, mais là au contraire où les affaires ne le pouvaient ressaisir, au loin, à la montagne : peut-être cette nouvelle diversion ne sera-t-elle pas sans quelque intérêt. La fraîcheur de l'oasis est douce après les sables brûlants.
C'est l'ordre de la nature que la nuit succède au jour : le repos est la condition du labeur. C'était une nécessité impérieuse pour ce grand travailleur de s'accorder périodiquement quelque relâche. « Votre soleil a-t-il encore un regard et votre lac un sourire ? écrivait-il un jour à ses hôtes de Menthon. Pour moi, je travaille quatorze heures par jour, et regarde de temps en temps vers le ciel pour savoir où est le vrai repos. »