CHAPITRE XXI. 4U
ture. . Dieu y paraît si bon et si grand ! » Tous les lieux d'aientour : Crebarnou, Greppa, Prélong, la Grange de la Forêt, Saint-Agnès, Laval, Saint-Meurys, le Martinet, le mas Larie, toutes ces cimes, tous ces hameaux l'ont vu : tous ces sentiers, doux ou abrupts, lui étaient familiers ; il s'y orientait comme un homme de la montagne, merveilleusement; entrant dans les chaumières, s'asseyant sur la chaise de paille, sur le banc rustique ou sur le tronc coupé d'un vieil arbre, disant à ces braves gens de bonnes paroles, leur laissant un petit souvenir. Le voyant si simple, savaient-ils qu'il était si grand? Ils sentaient du moins qu'il était bon, et ils l'aimaient. Que de preuves de sa bonté et de son amour des âmes, qui se retrouvait là comme partout, pourrions-nous citer! C'est lui qui fit ériger en paroisse Saint-Meurys, pour épargner aux bons habitants de ce village le long trajet qu'ils avaient à fournir jusqu'à l'église de Lacombe; et MUe Netty du Boys a raconté, dans une page délicieuse1, la course qu'il fit un jour au loin dans la montagne pour administrer, en l'absence du curé, une pauvre femme, tandis que, ne le voyant pas revenir et ne sachant où il était allé, M. du Boys l'attendait dans une extrême inquiétude.
Ce que ces courses lui disaient à l'àme, c'est à lui qu'il le faut demander; nous prenons au hasard dans ses notes :
« 10 octobre 1852. Course magnifique par le Martinet, et ces hauteurs, et jusqu'au fond de ces montagnes : il y eut, sur le bord de ce torrent, des passages incomparables : un surtout ; le charme ne peut aller plus loin... Comme Dieu est présent en ces beaux lieux! Quelle consolation de le sentir près et soi si loin du monde ! »
Un autre jour : « Admirable course à Laval. Le retour par le bois Peloux ; cette vue, cette délicieuse route, cette ombre si fraîche ; puis ces hauteurs et ce chemin par les pelouses, et dans ce bois Fontanella, si solitaire ; puis ces prés, ces maisons isolées, et la découverte de ces hautes