‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 29 sur 231 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Quanta la visite elle-même, il la concevait comme une œuvre apostolique, comme un puissant moyen d'action sur les populations, comme un extraordinaire effort pour la rénovation religieuse des paroisses. Aussi n'y a-t-il rien sur quoi se soit plus exercé son zèle; rien à quoi il se soit appliqué avec plus de soin et de suite, pour amener là autant que possible les choses à leur dernière perfection.

Il commença par expérimenter les deux méthodes : celle qui consiste à ne donner la Confirmation aux différentes paroisses d'un canton qu'au chef-lieu de canton : elle a ses avantages ; et celle qui consiste à se rendre au contraire dans toutes les paroisses. Mais, après expérience faite, c'est cette seconde méthode que l'évèque d'Orléans préféra, quoique beaucoup plus fatigante.

Il consacra, en deux fois, quatre mois aux visites pastorales de l'année J853; mais ce fut en 1854 qu'il se décida à sa première grande visite, paroisse par paroisse ; et, de 1854 à 1857, les quatre cents paroisses de son diocèse, sans une seule exception, furent visitées par lui. Et ces visites étaient combinées de telle sorte que les paroisses à visiter n'étaient point prises une année dans un archidiaconé, et l'année suivante dans un autre ; elles étaient prises dans les quatre archidiaconés, et l'évèque, chaque année, sillonnait ainsi tout son diocèse, apparaissait sur tous les points. Il lit précéder cette première grande visite générale d'une longue instruction pastorale, résumé de toutes ses observations antérieures, et dans laquelle il expliquait, et dans le dernier détail, à son clergé, dont le concours là surtout lui était indispensable, tout ce qu'il y avait à faire, — avant, pendant, après, — de sa part comme de la sienne, pour que l'effet de ce grand effort d'apostolat ne fût point manqué, pour que la visite épiscopale produisit réellement le puissant mouvement religieux qu'il en attendait. Une série de iettres, d'avis et de règlements suivirent cette première grande instruction. Ce fut de la sorte, pendant les années 1854, 1855, 1856, 1857, un extraordinaire effort de son zèle pour cette œuvre. Dans ces différents écrits l'évèque d'Orléans a.

pouvons-nous dire, versé son âme. A propos de la Confirmation, du reste, il y dit ses pensées sur le ministère presque tout entier. Ces différents documents constituent de véritables cours de pastorale, qui montrent l'éyêque d'Orléans maître consommé dans cette grande science1.

A la visite pastorale se rattache la plus grande œuvre peut-être de son épiscopat, l'œuvre des Retraites paroissiales, comme il les appelait modestement, pour ne pas effaroucher par le mot de missions; mais, en réalité, c'étaient des missions. Les statuts réglaient que toute Confirmation devait être précédée d'une retraite; cette retraite, il en fit une mission, il envoyait dans les paroisses ou il devait donner la Confirmation un missionnaire qui, pendant quinze, vingt jours, un mois, restait la. et donnait, sous le nom de retraite, nous le repetons, une vraie mission. Cette œuvre des missions diocésaines était une inspiration de la retraite préparatoire à son sacre; c'est alors qu'en lisant la vie d'un grand évèque, Ms* Alain de Solminihac, pour la première lois l'idée lui en était venue.

« Dès mon arrivée dans ce diocèse, ma première pensée, a-t-il dit, dans la lettre pastorale de juin 1857, lut d'y établir diverses Compagnies de prédicateurs, et je bénis Dieu dette parvenu à en posséder cinq aujourd'hui. » C'étaient la comme autant de camps volants, qu'il lançait de tous côtés, et au moyen desquels il parvint à faire donner « cent missions par an dans le diocèse ». Cent missions par an, pendant trente ans, quelle somme énorme de travail apostolique cela représente! sans compter les autres services de tout genre rendus par ces communautés. Et cette œuvre, il la soutint, seul, et par les seules ressources qu'il sut trouver, pendant son épiscopat; car ces missions, qui étaient pour les curés un grand secours spirituel, nen constituaient pas moins aussi une charge

I. Œuvres pastorales (lre série . t. I. p. 103-440. — Œuvres pastorales i-l' série); Lettre relative à la Visite pastorale, t. II, p. 313-369. ores pastorales de l'évêque d'Orléans ne forment pas moins de

cinq volumes, el même six, en y comprenant celui qui renferme le programme des études.

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