‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 30 sur 231 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

matérielle qu'il leur eût été impossible, le plus souvent, de supporter. Il avait donc créé, pour en faire les frais, une Caisse des missions diocésaines, à laquelle il sut donner des ressources permanentes qui ont permis à cette grande œuvre de lui survivre.

La stratégie de ces missions, comme il disait, c'est-àdire leur intelligente distribution dans le diocèse, selon les temps et les lieux, était pour lui et ses collaborateurs une grande préoccupation. Il a laissé sur ce point, comme sur les rapports entre les curés et les missionnaires, des indications admirables, comme aussi sur la stratégie et la conduite de la mission elle-même.

Mais nonobstant ces auxiliaires inappréciables, le poids de la préparation pesait encore principalement sur le curé; c'était là le ministère extraordinaire, un puissant et suprême effort, qui ne dispensait pas le curé d'agir. « Messieurs, disait-il à son clergé, il Tant prendre de la peine, et beaucoup de peine; il faut réfléchir, se préparer; préparer non seulement ce qu'on doit dire, mais ce qu'on veut faire, la manière de s'y prendre, les industries de zèle à employer, l'ordre des exercices, le choix des cantiques, les moyens d'émulation, etc.. Un simple prédicateur, qui vient prêcher en passant, et s'en va ensuite, n'a qu'a préparer ce qu'il doit dire; mais un curé, mais quiconque est à la tète d'une œuvre quelconque en ce monde, il faut qu'il prépare, étudie, organise ce qu'il doit faire. Sans cela, même en parlant très bien, on ne fait rien. » « Une retraite, une mission, disait-il encore, est une guerre, une campagne spirituelle : il faut en avoir prépare le plan, la stratégie, la conduite, avec le dernier soin. »

Organiser, réglementer toute chose; donner aux cures et la connaissance de l'œuvre, et des auxiliaires pour la préparation et l'exécution, c'était beaucoup: restait l'exécution elle-même; et en définitive, tout est là; c'est sur ce point que ses exigences étaient grandes; c'est là qu'il jugeait les hommes, en les voyant à l'œuvre même, dans un grand acte de leur ministère pastoral. Attentif à tout, il observait et notait tout; et les règlements recomman-

daient à ses vicaires généraux d'en faire autant. On possède à l'évèché d'Orléans ces notes pastorales; elles remplissent un grand nombre de cahiers: car, de retour chez lui, ces notes, prises rapidement, mais nettement, d'une très Lisible écriture, il les mettait en ordre, les faisait copier, sur des cahiers reliés : il y a dans ces cahiers des trésors. Là, plus que partout ailleurs peut-être, l'évêque d'Orléans se révèle: il est là, pris sur le vif, dans un petit presbytère de campagne, après une longue et fatigante cérémonie, jetant a la hâte sur un papier intime, à lui seul destine, tout ce qu'il a observé et senti : ce n'est quelquefois qu'un mot, qu'un cri: mais son àme est dans ce mot, dans ce cri. Quelle passion pour l'œuvre de Dieu, et le salut de ces chères populations! quelles attentions! quelles investigations! quelle sagacité ! quel sens pastoral des choses ! Rien ne lui échappe, ni dans les cérémonies, ni dans l'église, ni au presbytère, ni dans la paroisse, ni sur le cure, ni sur les paroissiens: rien du spirituel, rien du temporel. Quelle douleur, s'il rencontre des négligences, des imprévoyances, des maladresses, des stérilités, du côté du pasteur: ou l'indifférence, la résistance chez les paroissiens ! Quelle joie, au contraire, quand il peut constater les ingénieuses industries du zèle, le respect des âmes, des choses saintes, de l'œuvre de Dieu, et la bénédiction d'en haut sur le travail d'un bon prêtre1 !

1. Nous ne croyons pas inutile d'en placer quelque chose sous les yeux du lecteur :

Voici d'abord des observations purement relatives au matériel du culte.

« Archidiaconé d'Orléans. N. — Église pourrait être très belle : il faudrait la gratter simplement: faire une chapelle à l'extrémité du bas-côté, semblable à celle qui a été faite dans l'autre. De plus, une tribune pour les garçons ou les filles, laquelle dissimulerait l'irrégularité lu fond, à l'entrée; finir la sacristie; consolider le clocher; la chaire à changer de place, à mettre entre les piliers.

» R. — Église pourrait être très bien. Restaurer la voûte, qui est en bois peint: ouvrir deux ou quatre croisées; avoir beau Chemin de Croix; conserver et entourer le cimetière, mais surtout faire des chapelles latérales, semblables aux deux qui existent; grand porche; trop grand.

» ArGhidiaconé de Gien. B. — Agrandir l'église par le chœur d'un

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