CHAPITRE V
ville un auditoire digne de Notre-Dame... Ce fut le couronnement de sa prédication. »
Orléans, on le conçoit, était fier de son grand orateur. « Nos édiles, à toutes les époques, ont adressé un appel écouté à sa bonne volonté inépuisable. Nous étions tiers de le montrer aux étrangers que le désir bien légitime de l'entendre attirait plus nombreux. Il apportait ainsi un concours inappréciable à nos diverses solennités locales : Jeanne d'Arc, le concours régional, l'inauguration de nos fontaines publiques, l'ont tour a tour inspire. Il rehaussait l'éclat de nos fêtes par l'éclat de sa parole... Notre cité, qui a la mémoire du cœur, lui en conservera un durable souvenir. »
Voilà ce que l'évèque d'Orléans tenta, dans les premières années de son épiscopat, pour la conversion de ses diocésains. Plus tard, quand d'innombrables et nécessaires travaux, plus encore que la fatigue de l'âge, lui interdirent ces prédications suivies, ce grand labeur apostolique, il ne priva pas pour cela de sa parole les âmes dont il était le pasteur. Jusqu'à la lin de sa vie il leur prodigua, sous une autre forme, le pain de la parole. Il fera plus, et ce grand art de la prédication, dont il était sous les yeux de son clergé un si vivant modèle, il essayera de le lui enseigner dans un livre magistral. Est-ce tout? Non, et les femmes chrétiennes aussi, qui peut-être, à un autre point de vue, n'ont pas moins besoin d'être évangélisées que les hommes, n'étaient pas oubliées de lui : il aimait, nous le disions tout à l'heure, à leur prêcher des retraites, et surtout à leur faire des conférences : prédications familières qu'il poursuivit pendant plusieurs années consécutives. Est-ce tout, enfin? Non, car cette parole qui charmait sa ville épiscopale, il dut nombre de fois, sous l'empire de nécessités inexorables, la faire retentir hors de son diocèse. Nous aurons à dire cela en son lieu, et il faudra embrasser tout cet ensemble d'un regard pour se faire une idée exacte de -l'action évangélique totale de l'évêque d'Orléans.