‹ Vie de mgr. DupanloupChapitre 81 sur 231 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

rience n'ont pu encore amener la lumière et concilier les intérêts et les opinions contraires : et il y aurait des instituteurs assez imprudents pour jeter la jeunesse dans l'arène des disputes publiques, et exciter ainsi à plaisir, dans ces jeunes âmes, un trouble profond qui ne s'apaisera peutêtre jamais!..

» L'éducation vraiment nationale est celle qui placera la jeunesse dans une sphère si fort au-dessus des agitations politiques, qui fera des hommes si distingués par le caractère, si nobles par l'esprit, si généreux par le cœur, si indépendants par l'élévation de leurs principes, qu'à leur apparition dans le monde ils se montreront équitables, indulgents pour tous sans distinction de partis, et ne refuseront jamais à personne, sous quelque prétexte que ce soit, la vérité, la charité, la justice, la sage liberté. »

Evidemment ce n'est pas là une éducation contraire à « l'esprit moderne », à « cette largeur de patriotisme », dont on proclame, avec autant de légèreté que d'injustice, le clergé incapable ! Poursuivons.

« Nationale dans le cœur, l'éducation doit être aussi nationale par la forme...

» Chaque nation a une physionomie qui la distingue ; le souvenir et l'image s'en doivent retrouver dans l'éducation, et, pour rendre ma pensée avec le plus de simplicité et de clarté possibles, un jeune Français ne doit pas être élevé comme un Allemand, ou un Espagnol, ou un Italien ; son éducation doit être toute française, et faire retrouver en lui la physionomie noble et heureuse de la patrie.

» Voilà le seul sens dans lequel pourrait être vraie et raisonnable cette parole : II faut que la jeunesse soit moulée à l'effigie de la nation. »

Ce patriotisme toutefois, d'après Févèque d'Orléans, ne doit être ni exclusif, ni négatif.

(.< J'aime ma patrie plus que ma famille, disait autrefois Fénelon, mais j'aime le genre humain plus que ma patrie. Qu'entendait-il par ces paroles ? C'est qu'il y a quelquefois des dévouements plus étendus que ceux mêmes du patriotisme ; que la charité catholique embrasse dans son ardente expansion l'humanité tout entière, et qu'elle tend

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