‹ Vie de mgr Taché, archevêque de St.-Boniface (volume 2)Chapitre 13 sur 86 · C.ANT., I · texte numérisé non relu

C.ANT., I

(2) Journal du F. Taché.

(3) Récits de la Sœur Cusson.

(4) Journal du F. Taché.

(5) Récits de la Sœur Cusson.

ARCHEVÊQUE HE SAINT-BONIFACE

cher, se rappelant un sous-diacre qui lui avait été envoyé moins pour 1 aider, que pour débarrasser ses supérieurs ecclésiastiques.

“ Sous-diacre ! Mais ce sont des prêtres qu’il nous faut ! ” “ Je le sais, Monseigneur, reprit le P. Aubert; mais il n’avait pas l'âge canonique pour être ordonné diacre lorsqu’il est parti de Montréal ; comme le voyage a été long, il a maintenant cet âge :

Votre Grandeur pourra l’ordonner diacre et prêtre quand elle le voudra.” “A la bonne heure ! répondit le prélat : il nous est venu des ecclésiastiques qui n’étaient pas capables d’être prêtres, qui même ont donné du scandale ! je craignais déjà. . . Ici il fautf du premier chois. ” Un instant après, jetant un regard furtif sur le sous-diacre dont la physionomie exprimait un âge moindre encore qu’il n’était, l’évêque s’échappa à dire : “ On m’envoie des enfants ! Ce sont des hommes qu’il nous faut. ”

Mgr Provencher ne tardera pas à revenir de ses premières impressions. Il écrira bientôt à l’évêque de Québec : “ Des Taché et des Laflèche, vous pouvez m’en envoyer sans crainte. ” Bientôt ■ même il prendra ce sous-diacre et cet enfant pour lui confier ce qui lui est plus cher que la vie, son Eglise de Saint-Boniface et la tâche de travailler à l’évangélisation de tout l’Ouest.

Les deux premiers Oblats arrivaient à la Rivière-Rouge le 25 août, fête de saint Louis, roi de France. Le saint roi souriait du haut du ciel, à ces pacifiques conquérants qui venaient continuer dans les Pays d’en haut “les gestes de Dieu par les Francs Le dimanche suivant, Mgr Provencher monta en chaire et d’un Le

’ ° , Nune dimlttis

cœur débordant de reconnaissance pour Dieu, il répéta les paroles du pand du saint vieillard Siméon : “ Nunc dimittis servum tuum, Do- la B- Rouge. mine,. . . quia viderunt oculi mei salutare tuum , quod parasti ante faciem omnium populorum: ” je puis mourir maintenant que je vois les religieux arriver dans ce pays et apporter le salut à toutes les tribus sauvages qui y sont répandues. “ A la pensée que la lumière se répandrait parmi toutes les nations de son immense vicariat, une profonde émotion s’empara du cœur de l’apôtre de la Rivière-Rouge, les sanglots étouffèrent sa voix et les larmes de tout son peuple se joignirent aux siennes (1). ”

(1 ) Vingt années cle Missions . , p. 26.

CHAPITEE V

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