HÉB., VII
(4) Marc, X, 39.
(5; Imitamini quod Iraclatis. — Pontie.
grand Oblat du Père, et de se sacrifier avant de sacrifier l'agneau. Le lundi 13 octobre 1845, " je fis à mon Dieu, écrit-il, le sacrifice entier de moi-même, je m^enrôlai sous la bannière de Marie, et je promis à cette tendre mère d^être son serviteur tout dévoué: j'étais Oblat ( 1 ) . " Le P. Taché prononçait ses vœux entre les mains de son supérieur, le P. Aubert. Ce furent les premiers vœux de religion prononcés dans les Pays d'en haut par un Oblat ou même par un membre de l'Eglise catholique ; l'Epouse Immaculée du Christ offrait à Dieu, en la personne du futur grand évêque, les prémices du sacrifice non sanglant de la vie religieuse, qui est fécond pour fonder les églises à l'égard du sacrifice sanglant des martyrs. Et, circonstance bien digne de remarque, les premiers vœux qui sanctifièrent en ce jour la Eivière- Rouge, " étaient faits par l'un des arrière-neveux de celui qui avait le premier découvert cette rivière et les pays a voisinants. 'Non seulement en effet une partie de la rivière Rouge, mais la plus grande partie de l'immense bassin du lac Winnipeg fut découverte par le sieur Varennes de la Vérandrye, lié par sa mère et par l'une de ses nièces à la famille de la Broquerie, ancêtres maternels du P. Taché (2)."
Le même jour, le P. Taché, aussitôt après sa propre oblation, première fit pour la première fois l'oblation de la sainte Victime. La ™^^ première messe est une de ces circonstances de la vie où Dieu a coutume de visiter ses serviteurs par des grâces exceptionnelles, comme il les visite au jour de la première communion, au jour du baptême, au jour de la mort; mais la parole est bien faible pour exprimer ce que l'âme ressent dans ces visites de son Dieu. Aussi le jeune missionnaire qui faisait volontiers sa pieuse mère la confidente de toutes ses joies, comme aux jours où il se jouait sur ses genoux, se contente de lui écrire : " Les sentiments éprouvés pendant ma première messe ne peuvent s'exprimer que par le silence. Tout ce que je puis vous dire, c'est que je priai
(1) Lettre du 26 décembre 1845.
(2) Vingt années de ^fissions dans le Nord-Ouest de F Amérique.
VIE dp: MGR TACHE, O. M. I.,
beaucoup pour ma mère et pour tous ceux qui me sont ehers (1). "
" Les pieuses Sœurs Grises, ajoute le nouvel oint du Seigneur, firent tous leurs efforts pour relever l'extérieur de cette fête, et elles y réussirent parfaitement bien; puis leur bonté ordinaire prit, ce semble, un nouveau caractère de prévenance et de délicatesse. C'était, me disaient-elles, pour me dédommager en partie de votre absence. Elles avaient raison de dire e« partie, car il est impossible de remplacer une mère : elles firent au moins tout leur possible et je serais ingrat si je ne leur en témoignais pas ma reconnaissance (2). "