DEUXIÈME VISITE ÉPISCOPALE DES MISSIONS DU NOED
26 MAI 1856—22 août 1856.
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" Dieu a placé l' évoque pour régir l'Eglise de Dieu, (1) ^' ^^donîier pour représenter Jésus-Christ docteur, pontife et roi, pour com- coadjuteur muniquer en son nom la vérité et la grâce, former le corps mystique du nouvel Adam, préparer et conduire à TAgneau TEpouse appelée aux noces éternelles. Mais, comme " le Père se réconcilie le monde dans son Christ (2) ", ainsi le Fils de Dieu consomme les hommes dans la société des divines personnes par Févêque. L'évêque est entouré de coopérateurs et d'aides; mais il garde l'autorité principale : comme son sacerdoce parfait est l'origine et la source de tous les autres ordres, son action doit précéder et diriger celle des prêtres et de tous les ministres.
Aussi les saints canons ont fait à Févêque l'obligation de porter à toutes les églises et à toutes les âmes dont il a la charge, les influences supérieures de son sacerdoce principal. " J'hésitais presque, observe Mgr Taché, à faire des visites pastorales au milieu des indigènes, croj^ant que leurs missionnaires respectifs, qui avaient leur confiance et leur affection, y feraient plus de bien par eux-mêmes. Cha-cune de mes visites m'a prouvé, au contraire, et jusqu'à l'évidence, que l'Eglise est guidée par l'Esprit de Dieu, lorsqu'elle prescrit aux premiers pasteurs de voir personnellement les brebis confiées à leur sollicitude. J'ai eu le bonheur de me convaincre que la simple apparition du pontife au milieu des sauvages est une époque de renouvellement et de saint enthousiasme (3). "
(1) Agt. XX, 28.
(2) II Cor., V, 19.
(3) Vingt années de 3{issions , p. 84.
MaiS;, s'il importe que Févêque dresse de temps en temps sa chaire dans chacune des églises rattachées à Péglise principale dont il porte le titre, il est nécessaire que le nom et la dignité d'évêque soient multipliés autant que l'exige l'office de ces visites pastorales.
Nous verrons Mgr Taché conduit par ces principes à solliciter du Saint-Siège la division de son immense diocèse. A l'époque où nous sommes, ils le portent à demander un coadjuteur qui, comme lui revêtu du caractère épiscopal, aille comme lui d'église en église, pour donner la parole de Dieu, administrer les sacrements, soutenir et diriger les prêtres, porter partout la pleine opération de Jésus-Christ, pour que " tous reçoivent la vie et la reçoivent plus abondamment (1) : ^^ il veut multiplier la source pour en étendre l'action.
Plan pour l'ex- Depuis plusicurs anuécs déjà, ses lettres laissent entrevoir son projet. désir de partager la charge épiscopale avec un de ses frères en
religion. Déjà il a fait part de ce dessein aux évêques du Canada et a sollicité leur concours : ceux-ci lui ont répondu qu'ils avaient besoin de le voir et de l'entendre pour prendre un parti. Il veut maintenant procéder à l'exécution de ce grand dessein. Il va commencer par faire une visite de toutes les églises qui lui sont confiées, de tous les missionnaires qui y président sous son autorité. Il se rendra ensuite dans le Canada pour demander au concile provincial d'émettre un vote favorable en faveur de la nomination d'un coadjuteur, et en Europe, auprès de Mgr de Mazenod, pour le prier de choisir un de ses fils qui reçoive cette dignité ; pour lui faire part de ses incertitudes, de ses peines et de ses désirs, prendre ses avis et ses directions. " Je partirai lundi prochain, écrit-il le 22 mai (2) au vénérable fondateur des Oblats, pour un bien long voyage: je veux cet été visiter toutes nos missions, voir tous nos Pères. C'est une visite pastorale d'à-peu-près mille lieues. C'est une revue de famille, dont je