‹ Vie de Mgr. Taché, archevêque de St.-BonifaceChapitre 12 sur 81 · MÉTIS AU MANITOBA · texte numérisé non relu

MÉTIS AU MANITOBA

Quoique malade, ou même à cause de la maladie, l'Archevêque voyage <ians

lo Bîis-

de Saint-Boniface voulut se rendre dans le Bas-Canada. "Tout canada, le monde, écrit-il au Supérieur Général des Oblats, me conseille une absence et du repos; je n'en puis point avoir ici." Je vais donc " prendre, par petites étapes, la route du Canada pour aller essayer des bains de mer et m'éloigner du tracas des affaires. Je n'ai pas beaucoup de confiance en ces moyens, si ce n'est au repos; mais d'un autre côté. Je ne veux pas suivre une opinion contraire à celle de tout le monde (1)." De plus les intérêts de son diocèse lui conseillaient ce voyage: il désirait solliciter de nouveau l'amnistie, demander des colons, chercher des secours.

Il partit de Saint-Boniface le 25 juillet 1873 au soir, par le bateau DaJcota. Beaucoup d'habitants s'étaient réunis sur la rive pour le saluer et recevoir sa bénédiction; les cloches de la cathédrale sonnaient ; M. Eitchot, le P. Allard, 0. M. I.,, Thon. Eoyal et le chevalier Taillefer l'accompagnèrent de Saint-Boniface à Saint-Norbert (2). Le prélat se trouva mieux dès la sixiè-

(1) Saint- Br^nif ace, 17 juin 1873. — Arcliivesde la ^lai^on sénéralè des Oblats.

(2) Le Métis, n'^ du 2G juillet 1873.

nie journée du voyage, le 31 juillet, "Hier, de Moorhead à Duluth, écrit-il à Mgr Grandin le 1er août, je me suis trouvé soulagé: il fait froid et c'est peut-être ce qui me délivre de l'oppression que j'éprouvais depuis près d'un mois (1)."' Il arriva à Montréal le 6 août (2).

Au plus fort de sa maladie, il avait écrit au premier ministre (3) et ù l'hon. Tvangevin (4) en faveur de Tanin ivstie.

L'ancien délégué du Nord-Ouest, le vénérable M. Ritchot avait fait, aux mois de mars, d'avril et de mai, d'instantes démarches à Ottawa en faveur de l'amnistie (5). NouveUes ins- Dès quc Mgr Taché fut arrivé dans la capitale du Canada, il

tances pour i j t

l'amnistie. demanda une audience au chef du Cabinet, pour lui renouveler sa demande. L'entrevue eut lieu le 15 août. Sir John McDonald, par manière de "confidence," lui fit part des informations transmises, disait-il, d'Angleterre. ItC gouvernement de la Grande- Bretagne permet de proclamer l'amnistie, "pourvu qu'elle ne comprenne pas ceux qui sont impliqués dans l'exécution de Thomas Scott. " " Ce n'est pas ce que vous voulez, se hâta-t-il d'ajouter à l'Archevêque, comme pour amortir l'impression faite par cette révélation; mais je me rendrai en Angleterre immédiatement après la session, et je suis sûr qu'on y réglera d'une façon satisfaisante la question de l'amnistie (6). "

Iji gouvernement anglais avait toujours montré la plus grande sympathie à la race française de la Rivière-Rouge. S'il n'accor-

(1) Duluth, 1er août 1873, — Archives de l'évêclié de Saint-Albert.

(2) Le Métis, n" du 9 août 1873.

(3) Lettre du 20 janvier 1873. — Copie dans les archives de l'archevêclié deSaint-Bonifiice, reproduitedans les Témoignages, n^ 20, pp. 49-50.

(4) Lettre du 27 janvier 1873. —JbùL

Il ^'crit à oe dornier : "Je vous écris sur mes j^onoux, no pouvant tii'asseoir -X une table ; je suis malade depuis onze semaines. Les procédés iniques et injustes dont je suis témoin contribuent beaucoup à me faire souffrir."

(5) On peut voir le sommaire de ses entrevues avec les ministres et de ses requêtes dans les témoignages <lu Kév. M. Ritchot devant le Comité du Nord-Oueat, avril 1870; Journaux de la Cliamhre des ComrnuneSy t. VIII, apfK'udice <>, pp. 85-89 ; dans ceux de l'hon. M. Masson devant le mémo Comité, pp. LS3-184, etc.

(0) Témoignafres île Mgr Taché devant le Comité du Nord-Ouest; dans Iss Journaux de la Chamhre des Communes, t. VIII, appendice 6, p. GO.

(lait pas une amnistie générale, c'était parce que le gouvernement d'Ottawa ne voulait pas la donner. C'était donc bien Sir John McDonald qui refusait l'amnistie aux anciens chefs du Gouvernement Provisoire.

Mgr Taché se montra blessé '*' d'une manière sanglante " par ce refus inattendu et compliqué d'une rouerie diplomatique.

Le lendenuiin de son entrevue avec le chef du Cabinet, il écrivit à Thon. Hector Langevin, ministre des Travaux publics : " Si la chose est telle qu'on me l'a dit, il ne peut pas y avoir de duperie plus formelle. Si les choses tournent ainsi, j'aurai été joué d'une manière indigne. On ne s'est donc servi de moi que pour tromper et attendre le moment où une vengeance pourrait s'exercer plus facilement . . . j\Ia conduite, à moi, est bien clairement tracée : je ne puis que mettre devant le public en général et les membres de la Chambre en particulier, le jeu dont j'aurai été la victime et l'instrument (1)."

Cette lettre émut l'hon. Langevin. Il vint trouver Mgr Taché le lendemain. " Il me pria, raconte le prélat, de ne pas être inquiet et me dit que des mesures seraient prises pour régler la difficulté (2)."

Mgr Taché retourna d'Ottawa à Montréal le 19 août. Deux jours après, il reçut de son frère, M. Charles Taché, Député-]\Iinistre de l'agriculture, un télégramme ainsi eonçu : " Besoin de toi ici. Monte ce soir. Important. " Le prélat partit de suite, arriva à Ottawa le 22 août, vit d'abord M. Taché, puis M. Langevin. Celui-ci lui dit que Sir John McDonald l'attendait dans son bureau. " J'accompagnai, dit Mgr Taché, M. Langevin chez Sir John. La conversation s'engagea tout d'abord sur l'élection de Eiel pour le siège vacant de Provencher. Ils insistèrent tous deux sur l'inopportunité de la candidature de Eiel, qui pourrait être remplacé par l'un de ses amis. Je répondis que " je n'interviendrais pas davantage, que j'avais été trop souvent trom-

(1) Lettre du 16 août 1873 à l'hon. M. H. Langevin. — Copie dans leg archives de l'archevêché de Saint-Boniface. Cette lettre est reproduite dans les Témoignages , n'' 21, p. tiO.

(2) Témoignages , p. (30.

pé." Ils insistèrent, et Sir John-A. MclTonald déclara qu'il se rendrait en Angleterre après la session et qu'il obtiendrait l'amnistie. L'entretien fut long, et je dis finalement à Sir John que je ne voulais et que je ne pouvais rien faire, à moins qu'il n^ me donnât une garantie écrite de ce qu'il disait. " Il dit qu'il ne pouvait rien donner par écrit, et sortit ensuite. Après son départ, M. Langevin me dit que " je devais faire quelque chose dans les circonstances. Je lui dis que je ne le pouvais pas, et qu'il était étonnant qu'on me refusât une assurance far écrit, si on était aussi certain d'obtenir l'amnistie ; que, de fait, j'étais fatigué de promesses si souvent réitérées, mais jamais accomplies. Il me dit : " Je ne vous l'ai jamais promise, " mais aujourd'hui je vous en fais la promesse." " Vous pouvez " promettre, dis-je, comme ont fait vos collègues, mais vous pou- " vez ne pas réussir, vu qu'ils n'ont pas réussi à accomplir leur '■ promesse. Je vous crois individuellement, mais je ne puis, '' dans cette affaire avoir plus de confiance en vous qu'en vos " autres collègues, car je crains que vous n'ayez pas plus de pou- " voir qu'ils n'en ont eu." Il s'engagea alors lui-même et offrit d'engager tout le parti du Bas-Canada à résigner dans le cas où Sir John ne réussirait pas à obtenir l'amnistie ou ne travaillerait pas en sa faveur. Je répondis simplement : " Ce n'est pas " votre résignation que je veux obtenir, c'est l'accomplissement " de la promesse de l'amnistie." Il insista encore, mais je lui déclarai que je ne pouvais rien faire de plus. Je pris congé de lui et je retournai le lendemain à Montréal (1). " Arrestation (le Mgr Taché avait bien raison de ne pas se confier aux nouïUîc^ierche vclle promcssc des ministres. Les Ontariens de Winnipeg, enhardis par le double jeu du chef du pouvoir, redoublaient leur fureur. Des mandats d'arrêt furent lancés contre Eiel et contre Lépine sur la plainte de particuliers. Ix'pine fut arrêté le 17 septembre à Saint-Boniface et conduit en prison au Fort- Garry, où trois geôliers furent chargés de le garder jour et nuit. Eiel se cacha.

de Riel.

(1) Témoignages i p. 61.

AIîCIIEVKQrE ^W. SATXT-lîOXIFACE 219

Mgr de Saint-Boniface apprit cette nouvelle à Montréal le 19 septembre. Le môme jour, il envoya le télégramme suivant à Thon. H. Langevin : " Lépine en prison, Eiel poursuivi : vous connaissez mon devoir et ma position: serai obligé de publier (1)."

Le défenseur des métis menaçait de révéler au public les tergiversations et les contradictions du gouvernement et des hommes publics dans l'affaire de l'amnistie. Cependant, pour des raisons de haute prudence, il était bien résolu à ne dévoiler les lâchetés des ministres qu'à la dernière extrémité.

L'hon. Langevin lui répondit : " Votre télégramme reçu. Personne ne s'attendait à l'événement. Je verrai Sir John à cet égard au Conseil demain (2)." C'est-à-dire plus simplement : " Nous ne péchons pas par mauvais vouloir, mais par peur. "

Mgr Taché voulut essayer immédiatement d'un moyen, susciter les réclamations de la presse catholique et française en faveur de la cause des métis. " Je prends la liberté, écrit-il le 6 octobre au grand lutteur des Trois-Eivières, de vous demander un service, c'est celui de vouloir bien encourager les rédacteurs de vos journaux à parler en faveur de Manitoba et à agiter la question de l'arrestation de Lépine et des perquisitions faites contre Eiel. Il faudrait agiter la question sans pourtant faire la guerre au gouvernement. La chose n'est pas facile, elle est pourtant possible. Si on a l'air d'attaquer le gouvernement, les journaux vendus riposteront et il en résultera une nouvelle lutte de partis, dans laquelle les intéressés seront oubliés. J'attends de votre bienveillance une direction à votre presse ... Il ne faudrait pas se contenter d'un article, mais agiter de temps en temps la question devant le public, afin de préparer les esprits pour la prochaine session. Si les organes de tous les partis dans le Bas-Canada voulaient parler dans le même sens, ils amèneraient à bonne solution cette question de Manitoba qui

fl) Témoignages , n° 22, p. 52.

(2) Témoignages, n° 23, p. 52.

VIE DE :mgr taché, o. m. I.,

Dernières Tellëltes du gouvernement conservateur en faveur de l'amnistie.

intéresse tant la province de Québec et même la Confédération (1)/'

Les électeurs du Canada étaient convoqués pour le 13 octobre afin de nommer une nouvelle chambre des députés.

La question de l'amnistie préoccupait et passionnait tout le pays. Jjis orangistes et ceux qui subissaient leur fanatisme étaient contre l'amnistie; la masse des hommes de langue française était pour elle. Le parti libéral, qui avait beaucoup de partisans dans les deux groupes, s'agitait et cherchait à exploiter le mécontentement de la province de Québec pour saisir le pouvoir.

Les élections portèrent à la Chambre plus de députés libéraux qu'on n'en avait peut-être jamais vu au Canada. Néanmoins Sir John McDonald se flatta d'abord de se créer une majorité et de sauver le gouvernement conservateur. Pour cela il crut nécessaire d'obtenir le concours de Mgr Taché.

Le 18 octobre 1873, le prélat reçut à Montréal le télégramme suivant de son frère Charles Taché : " Viens de suite à Ottawa pour affaire de la plus haute importance. Pars ce soir. Xe manque pas. " " Je partis, et j'arrivai le 19, raconte le prélat. Je vis quelques-uns des membres du parlement et le même jour ou le lendemain j'eus une entrevue avec M. Langevin et lui parlai de la question de l'amnistie. Il me dit qu'il était prêt à résigner son portefeuille, si sa résignation était de quelque utilité. " Mais, ajouta-t-il, je ne puis voir comment ma résigna- " tion pourrait vous être utile. Je pense que vous ferez mieux "de laisser l'affaire entre nos mains; je vais me consulter avec " tous les membres de Québec qui nous supportent et nous en " viendrons à quelque arrangement. " On m'assura alors, continue ]\Igr Taché, que M. Langevin et son collègue M. Eobitaille s'étaient engagés vis-à-vis de leur parti, tel que représenté dans la Chambre, à donner leurs résignations si Sir John ne réussissait pas, lors de son voyage en Angleterre, à obtenir l'amnistie.

(1) Archives de l'évêclié des Trois-Rivièree.

Quelqu'un dont le nom m'échappe, me dit aussi que cela était convenu entre Sir John et M. Langevin (1). "

Les bonnes dispositions de l'hon. Langevin et de quelques-uns Avènement du

gouveme-

de ses collèsrues ne sauvèrent point le gouvernement conserva- ment

° 1 o libéral.

teur. A la suite d'une motion de non-confiance, le 5 novembre 1873, Sir John et les ministres conservateurs donnèrent leur démission et furent remplacés, à la tête des affaires, par Mc- Kenzie et des ministres libéraux.

Trois ministres canadiens-français entrèrent dans le nouveau cabinet, Phon. J. Fournier, comme ministre du Eevenu de l'intérieur, l'hon. Letellier de Saint-Juste, comme ministre de l'agriculture, et l'hon. A.-A. Dorion, comme ministre de la justice.

Avant de suivre le prélat dans ses négociations avec le nouveau gouvernement, mentionnons quelques autres détails sur son séjour dans le Bas-Canada.

Au commencement de septembre, il va visiter aux Trois-Ri- Quelques

'^ ' autres détails

vières son intime ami, le vaillant athlète de l'Eglise contre le ?°' ^°°^ ^^:

' o jour dans le

libéralisme doctrinal, et passe de douces heures avec lui, occupé, ^âda dit-il plaisamment, " à chauffer du même feu. " ^*'^'

Les habitants de la Eivière-du-Loup lui font une réception triomphale.

Il va visiter à Sainte-Julie son Grand Vicaire, M. Thibault, fait de courts séjours à Québec, à Saint-Thomas de Montmagny, à Kamouraska et à Boucherville.

Une de ses constantes préoccupations est d'augmenter le clergé de son archidiocèse. Il réussit à trouver des hommes de cœur, MM. Fillion^ prêtre depuis 3 ans, Samoisette, Saint- Pierre et Hughes, qui s'offrent généreusement à venir se dévouer à la grande œuvre de l'évangélisation de l'Ouest. Nous avons déjà mentionné leur arrivée à Saint-Boniface le 22 septembre 1873.

Les droits de douane avaient été inconnus sous l'ancien gou- ^"pour'rex"^ vernement de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Mais ils d™ou*i°de'^'"^ avaient fait leur apparition avec le nouveau régime, fruits né- tiTe^en? *'

aux effets

/,, nr ■ ->■, <I.'S mis-

(1) Itmorgnages ,p. ol. sions.

222 VIE j)i-; }>f(;i; TAriiÉ, o. m. i.,

cessaires, disait-on, de la civilisation. Cependant les missions en avaient été d'abord exemptes; mais le gouvernement ne semblait pas disposé à prolonger cette faveur. Un nouveau tarif allait entrer en vigueur au mois de mai 1874. Les objets donnés aux missions, le vin de messe n'avaient pas de droits à payer d'après l'ancien tarif; mais "il va falloir payer 10, 15 et même 20 pour 100, observait le prélat, si nous sommes soumis au tarif commun (1). " Au mois de septembre 1872, il avait présenté au gouvernement une pétition qu'il avait fait signer à tous ses suffragants, bien plus aux chefs des diverses confessions protestantes, et dans laquelle il demandait " la prolongation du privilège de libre entrée. " Cette pétition était arrivée au département du Secrétaire d'Etat le 2 février 1873. Pendant son séjour à Ottawa, il vit M. Bouchette, commissaire des Douanes et plusieurs autres hauts fonctionnaires, et leur recommanda instamment les intérêts dos missions (2). Xous le verrons multiplier les sollicitations pendant environ quinze ans, et ne réussissant à obtenir qu'une très faible partie de ce qu'il désirait.

Il souffrait toujours de sa jambe, avec des alternatives de mieux et de plus mal, quittant quelquefois la canne, obligé de la reprendre ensuite (3). Cependant il écrivait à Mgr Grandin le 20 novembre de Montréal: " Ma santé s'est améliorée depuis <|ue je suis dans le vieux Canada, je suis bien mieux : nul doute que je serais très bien, si je n'avais pas eu à m'occuper d'affaires à la fois si importantes et si difficiles." Il écrivait le même jour au Eme P. Fabre : " Je pense que ma guérison serait entière s'il m'avait été possible de me reposer pendant mon séjour à Montréal. Malheureusement les difficultés politiques de la lîivière-Eouge et la persécution politique et par suite religieuse que l'on fait subir à mon peuple me forcent à un travail et à des voyages qui nécessairement retardent une guérison à laquelle le repos est nécessaire. J'ai déjà fait quatre voyages à la capitale

(1) LeLtre an P. Lacombe, Saint- Boniface, 21 février 1874. — Collection <lii P. Lacombe.

(2) Ibid.

(3) Lettre au P. Lacombe, 26 août 1873. — Collection du P. Lacombe.

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et il me faut encore repartir deinaiu. Ce voyage semble me promettre un plus grand succès que les précédents. Je n'ose pourtant pas trop affirmer un succès, qui serait complet depuis longtemps si l'honnêteté était encore au service de ceux qui gouvernent les peuples (1). "

Mgr Taché avait eu le dessein de quitter le Bas-Canada vers R.pii^edes

. négociations

le 20 octobre, pour aller célébrer la fête de la Toussaint dans sa pour

^ 1 amnistie

cathédrale (2). Mais les circonstances lui semblaient si criti- auprès du ques pour la cause de l'amnistie, qu'il se décida à attendre le ^-^^^"3™*°' résultat des élections, et quand celui-ci fut connu, à plaider les intérêts de son peuple devant le nouveau gouvernement. N'était-il pas le seul qui eût un dévouement sans bornes pour les métis et qui pût faire entendre aux puissants du Jour une parole autorisée?

Il a négocié avec l'ancien gouvernement; il va plaider sans se lasser auprès des nouveaux maîtres la cause qui lui tient tant à cœur.

Il commence par leur déclarer qu'il se tient en dehors de tous les partis, ayant à gérer des intérêts qu'il doit sauvegarder sous tous les gouvernements. " Vous savez, — ses paroles sont bien l'expression de ses sentiments, — combien il est loin de notre pensée de vouloir créer des embarras à qui que ce soit : tout ce que nous voulons, c'est que justice soit faite et que la paix soit rendue à nos populations ( 3 ) . '"

Mg-r Taché se rendit à Ottawa, comme il l'a écrit plus haut Négociations au Supérieur général des Oblats, le 21 novembre. Il vit d abord Taché avec

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