‹ Vie de Mons. Vanderburch archevèqueChapitre 13 sur 51 · DU MAGISTRAT · texte numérisé non relu

DU MAGISTRAT

B Remonstrant très humblement les Mes de

sainte Agnès que, par la grâce de Dieu, elles ont emprins d'enseigner gratuitement les paavres filles à lire, escrire et travailler pour gagner leur vie, ensemble, les eatécfaiser; de quoy elles s'aeqaittent le mienx qu il leur est possible, et considérant que les pauvses garçons n'ont pas moins de néeessité d'être catéchisés et enseignés j pour le zèle qu'elles ont an saint des âmes, offrent de donner gages snf&sants à austant de maistres qu'il conviendra jusqu'au nofbbre de trois, pour enseigner journel- Lemeni les pauvres garçons à lire et escrire, et les fêtes et dimanches les catéchiser, moyennant qu'il plaise^ à V. Su. les accommoder de quelques places^ et ne trouvant de plus propre que la maison quy

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fut la veuve Salou proche des Sœurs-Xoircs de saint Jacques-au-Bois, supplient qu^elle puisse être à ce affectée. Et combien qu^elle ne soit en estât pour y exercer semblables fonctions^ les remonstrantes ont quelque personne à la main quy la fera accomau>der et fournira aux frais^ moyennant l'entretiennemeiit à messieurs de la viUe, en quoy V. S. feront une œuvre singulière de eharité au grand bien de la Ville et sans aucun intérest dlcelle^ veu même que la dite maison leur est inutile. »

Les messieurs du magistrat furent mformés que la personne pieuse dont parlaient dans leur lettre les ûlles de sainte Âguès^ était François Yan der Bureh : ils lui députèrent deux des leors pour lui témoigner leur reconnaissance et celle de toute la cité; et Tannée suivante le dernier jour de février l'arclievéquc dressait les lettres d'érection de la grande école des pauvres.

» Messu:e François Yan der Burch par la grâce de Dieu etc.^ à tous ceux quy ces préientes voiront, salut. '

« Considérant la grande nécessité qu'il y a d'enseigner la doctrine chrétienne et bonnes mœurs au peuple qui nous est soumis^ signalement à la jeunesse mais surtout aux pauvres de Jésus-Cbrist, nous avons trouvé du tout expédient d'ériger à cette Un, eu nostre ville métropolitame de Gaittbray, une escole pour Tinstruction de nos pauvres subjet^^

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nous proraettant par icelle en eulx la crainte de Dieu avecq une bonne \ie^ et par ce moyen, un grand soulagement de leur pauvreté, suivant la promesse fidèle de Jésus-Christ : cherchez premièrement le royaume de Dieu et la justice, et toutes choses vous seront imparties par-*dessus. Partant nous ayant été esté libéralement octroyé par le magistrat de ladite ville, Fusaige d'nne place et bâtiment pubiicque appartenant à ladite vilic pourtant si longtemps qu'on y fera le catéchisme, et non plus, icelle située sur le Marcbé-au-Bois à Topposite de lliftpital Saint-Jacques, qu'avons k nos frais approprié à Tusaige de Tescole, y faisant bâtir chapelle, gallerie montée sur rue, et la pourvoyant de toutes choses nécessaires, y avons estably Tordre que s^ensuist. »

Après un aperçu rapide sur la manière dont il veut que cette école soit conduite, François Van der Burcb, de Fagrémcnt du magistrat et de la ville, constitue le conseil appelé à Tadministrer, sous sa dépendance et celle du magistrat. Il nomme à cet effet quatre bourgeois honorables, dont le zèle pour la gloire de Dieu et le dévouement au bien puUic lui sont connus, François Bégard, Pierre Ballicq, Guillaume Lecouf, et Antoine Dupuis, qui prêteront le serment au magistrat. Quatre maîtres gagés par Parchevèque seront institués par lui et le magistrat a la présentation des administrateurs;

Oigitized

« et estant Fune de nos charges pastorales et non des moindres^ de catéchiser les pauvres suivant cette prophétie : // ma envoyé pmr évangéliser les AMuvres, et n'ayant ( quoy qu'à notre grand regret ) le coiiunodilc de Texécuter nous-même en propre personne^ nous en avons donné la charge aux Pères . de la compagnie de Jésus (j[ui pounout catéchiser • les pauvres ' pour- lesquels seuls ceste escole est instituée seiou le règlement susdit. »

a Quant à Tintendance que nous et les magistrats avons sur ceste escole^ elle se continuera après nous à nos successeurs archevesques et audit magistrat, sans toutefois pouvoir rien oier ui changer des ordonnances susdites que nous voulons estre inviolabiemcut gardées, priant les uns et les aultres d'embrasser ceste œuvre et les personnes quy charila* blement s'employeront à Tadministration d'iccUe aveeq la charité de laquelle le Fils de Dieu a tant étroitement embrassé l'œuvre de notre rédemption et salut, et suppliant celuy quy donne accroissement à ce que plantons et arrousous, d'amener ceste œuvre à sa plaine perfection , luy faisant produire le fait de sa gloire et combler de bénédiction spirituelle et temporelle tous ceux quy en la conduite de ceste œuvre, coopéreront avecq luy à ce fruit. »

Suivent le règlement tracé par Farchevéque pour la conduite de l'école et les dispositions concernant les obligations des admistrateurs. Nous avons mieux

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aimé reproduire entièrement cette pièce parmi les notes rejetées a la lin du volume ^, que de n'en donner ici qu^une froide et sèche analyse. On y voit briller la sagesse la plus protonde^ la cbarité la plus tendre ' et le zèle le plus pur : ces règles n'on pu être dictées que par un espht vraiment apostolique. Fran* . çois Van der Burch ne veut pas donner aux enfants ] des pauvres l'instruction qui enile^ mais celle qui / édifie^ non pas celle qui en excitant dans leur cœur I des désirs de grandeur et d'ambition^ les dégoûte- / rait de l^umilité de leur condition et les remplirait! bientôt de sentiments d^aigreur et de haine contre i tout ce qui est au-dessus d'eux ; mais celle qui les fa» ) çonnant à un^éonné vie, sera un grand soulagement de j leur pauvreté. Le motif qui le fait agir^ il nous Pa' révélé : Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice et toutes choses vous seront départies par-dessus. Former des chrétiens sincores^ inspirer aux pauvres la crainte de Dieu et son amour ; les habituer à la pratique des devoirs religieux^ voilà son but. Si les pau\res sont pénétrés des grands principes de la justice chrétienne^ ils seront réglés dans leui*s mœurs; ils auront des habitudes d'ordre et d'économie ; ils ne s'irriteront pas de la dépendance dans laquelle la Providence les a placés. Le respect qu'ils auront pour eux-mêmes comme pour

1 Voir la aate C.

des images faites à la ressemblance de Dieuj les

éloignera des habitudes grossières, et de tous ces . vices qui S0Dt*la source ordioaire d'une misère profonde. Le bien-être matériel sera comme la conséquence nécessaire de la régularité de leur vie« Ils ne . se regarderont plus comme des êtres déshérités du ciel et de la terre ^ mais la foi leur découvrira dans un Dieu qui étant riche s'est fait pauvre^ quelle est la majesté de Tindigence^ et si elle ne les élève pas jusqu'à Tamour de leur état^ elle adoucira an moins

leurs peines en leur apprenant à les supporter avec patience et résignation.

Les pauvres sentent bien plus vivement leurs

souffrances corporelles que leur misère morale, et le Sauveur du monde pour les attirer sur ses pas et avoir Toccasion de leur annoncer la parole qui est la vie de l'àme^ guérissait les malades^ et nourissait dans le désert ceux qui avaient faim. Vous me cher-^ chez, leur disait-il^ parce que je vous ai donné du pain à manger et que je vous ai rassasiés. Ah ! travaillez surtout pour cmir le pain qui demeure pour la vie étemelle. (Saint Jean. C. 6. v. 27.) François Van der Burch dont les yeux étaient constamment fixés sur ce divin modèle, pouvait-il ne pas profiter de cette leçon du Maître? Aussi veut-il que Von récompense par quelques aumônes proportionnées aux facultés de la fondation, ceux qui seront exacts à assister aux leçons journalières^ ou aux

catéchismes qui se feront le Dimanche dans l'école. »

Pour attirer les pauvres à la leçonjoumalih e, après çuils tauront fréquentée un an ou deux et quHls seront bien catéchisés^ on fera aux frais de la dite escole, quand le moyen y sera, apprendre quelque métier à quelques-uns des plus dignes pour leur vertu et bon naturel.... pour exciter les enfants à bien apprendre leur catéchisme seront mis ès-mai7is du Père Catéchiste, aux frais de la fondation quelques prix, même quelqu argent pour distribuer aux plus diligens et mieux répondans.

a On a parlé avec admiration de certain pays votein^ où les parents qui négligent d^envoyer leurs enfants à Técole sont frappés d'une amende ^ ii faut avouer que' le procédé de notre bon archevêque^ est un peu plus généreux^ plus conforme à la charité chrétienne et doit être infiniment plus effl-^ cace*. »

L'écple dominicale fut ouverte le 24 août 1626 par François Van der Burch qui y célébra une messe solennelle en présence du magistrat.

* M. Len^let, maire de Gamijiai daas le discours qu*il prononça eu 1843.

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