CHAPITRE XI
Borcli i»D4e ceUe 4e camliral.
La petite vilie d'Antoing^ située à une forte lieue
de Tournai^ fut le berceau des écoles dominicales. Olivier Bernard S natif d'Antoing^ envoyé à Tournai par saint Ignace^ avait consacré à son pays natal les prémices de son zèle^ et Dieu avait répandu sur ses travaux d'étonnantes bénédictions. Ce Père comprit que la cause principale des progrès de Thé* résie provenait de la négligence que Fon avait mise k bien élever la jeunesse^ et que lui assurer une éducation chrétienne^ ce serait s'attaquer à la racine même du mal. Il eut donc Tidée de réunir le Dimanche toutes les jeunes filles pauvres pour leur
^ Voir note B. Quelc^ucs détails lûtéressautii sur k Pei^i Olivier Bernard.
inculquer les principes de la foi et de la morale chrétienne. Il fallait pour réaliser ce projet le concours d'une personne zélée, et il jeta les yeux sur une de ses pénitentes qui lui paraissait réunir toutes les qualités nécessaires au succès d'une pareille œuvre. Cette pieuse ûlle se nommait Quinte Monnier; entrant dans les vues du Père, elle s'adjoignît quatorze compagnes remplies de son esprit et se mit à Fœuvre. Le Père Mortagne^ qui en 1578 avait été obligé de quitter Tournai pour ne pas souscrire à un serment contraire à sa conscience auquel voulaient Tobliger les Etats des Pays-Bas, y était rentré en 1581, sous les auspices d'Alexandre Farnèze^ prince de Parme. Il était convaincu aussi que pour fortifier davantage la religion catholique e); s'opposer plus efficacement
aux progrès de Thérésie, il était nécessaire d'ins- ' bruire les filles du peuple des devoirs de leur condition, et surtout des principaux mystères de la foi. Il engagea Quinte Monnier à faire pour Tournai ce qu'elle avait fait avec tant de bonheur à Antoing, et cette pieuse fille qui par son zèle était devenue la terreur des calvinistes, se rendit dès lors chaque dimanche d'Antoing à Tournai pour présider la réunion des filles pauvres, et leur apprendre le catéchisme. Monseigneur Gilbert d'Oignies, évêque de Tournai, frappé des heureux résultats obtenus par le zèle de Quinte Monnier et de ses compagnes, sons la direction des Pères Jésuites, expri-
VIE D£ mh. VAN DER BURGH. 87
ma le désir de les voir se fixer dans sa ville épiscopale^ et bientôt elles eurent une maison et un oratoire> et on leur assura un subside annueL Plus tard le prince de Parme^ contribua lui-même à Textention de eette bonne œuvre^ et permit de lever un unpôty pour Térection de deux écoles^ Tune pour les garçons et Pautre pour les filles ^. C'est ainsi que lurent fondéesà i oui nai^ les écoles dominicales.
De Tournai^ cette institution se répandit bientôt dans toutes les autres villes de la Belgique. Partout on en recueillait les mêmes fruits, et .nous les voyons même fortement recommandées en 1570 par le premier concile provincial de Malines, où se trouvaient réunis les prélats les plus éminents, RythoviuS; Sonnius, Jansenins de Gand, Lindanus, ftémi Driutius et Metsius. a Comme tous les enfaiits, y est-il dit au titre XVII, ne peuvent fréquenter les écoles quotidiennes^ mais que plusieurs d'entre eux sont employés pendant la semaine au travail des mains ou à d'autres occupations domestiques, et que leurs parents ne sont pas en état de les instruire^ les évéques auront soin pour satisfaire au concile de Trente, d'instituer dans chaque paroisse f outre les écoles quotidiennes , les écoles dominicales, dans lesquelles pendant une heure ou deux^ les dimanches et les jours de féte^ on leur fera
^ Précis historiquiBS : aiméo 1^59. Tom. I. P«ye. 4S(,
apprendre par cœur^ dans la langue maternelle, et réciter clairement, et distiactement les premiers principes de la reUgion^ savoir : TOraison Dominicale, le Symbole des Apôtres, la Salutation Ângé« lique^ les dix Commandements, la fonnale de confession.... Quoique ces écoles ne soient pas inslituées pour enseigner les belles-lettres ou apprendre à lire et à écrire, on pourra cependant donner ces connaissances à la jeunesse, lorsqu'elle aura été suflOsamment instruite des principes de la religion, et les évêques auront soin de désigner certains livres propres à ce but. i> On retrouve des dispositions analogues dans presque tous les conciles et synodes des PaysrBas, tenus à cette époque, et notamment dans le synode de Malines convoqué en 1607, par François Van der Burcb, alors Vicaire-Général, et dont les actes ont été rédigés par lui, comme aussi dans le concile provincial de Cambrai, convoqué en i63i, lorsqu'il était archevêque.
11 n'est donc pas étonnant que tout d'abord les soins de François Van der Burch se soient portés de ce côté -, et en effet, dès les premières années de son archiépiscopat, il avait autorisé et approuvé les filles dévotaires de la congrégation de sainte Agnès pour rinstruction de la jeunesse^ et dès lors il méditait de les employer à la fondation dont nous parlerons dans le chapitre suivant \
< M* Eugène Souly. Dict. Iiist. de Cambrai» pag. 409.
Vers la fin d^ioùt 1025, ces pieuses filles, sur rinvitation de François Van der Burch qoi n'agissait en toutes choses qu avec les intentions les plus pures, et qui dans ses bonnes œuvres se dirigeait d'après cette recommandation de Jésus-Christ : Qtte voire main gauche ignore le bien que fait votre main droite, écrivirent aux messieurs du magistrat cette lettre que nous eonsignérons iei tout entière.
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