‹ Vie de Mons. Vanderburch archevèqueChapitre 3 sur 51 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Avant de parler de François Vaii der Burch, archevêque de Cambrai, dont nous entreprenons d'écrire la vie, il ne nous paraît pas inutile d^entrer dans quelques détails sur la maison d'où il est sorti. { La gloire des ancêtres rejaillit sur les enfants^ et une descendance illustre n'est jamais pour un cœur généreux un fonds stérile et infécond : car il tient toujours à ne point dégénérer de ses aïeux. Mais le sacerdoce, lorsqu'il est saintement exerce et qu'il vient se joindre à un grand nom, lyoute un nouvel . éclat à la noblesse de la race ; et il n'est rien de plus beau sur la terre qu'une haute naissance relevée encore par les dons les plus précieux de la grâce.

La maison Van der Burch est une des plus nobles

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et des plus anciennes familles de la Flandre. A l'é^

poque de la naissance de François^ elle était déjà depuis plus de quatre siècles^ alliée aux illustres maisons des de Ghistelles de Bailleul, d'Halluin, d^Honschot^ de Courieville^ de Uerzelle, de Poliiuchove^ de Fontaine-la-Barre, de Bants, de Glarhout^ de Griboval^ de Moueron^ de la Marck^ de Gourtroisiii^ et d'une multitude d'autres.

Le fief de Burch était passé par suite des alliances dans la maison des de Ghistelles^ et il n'appartenait plus à ceux qui en portaient le nom. Mais cette seigneurie, située dans la Flandre occidentale^ près d'Alveighem, eu la paroisse de St-Riquier, faisait partie de la chatellenie de Furnes^ et l'on voyait dans réglise paroissiale de St-Riquier comme dans celle d'Alverghem un grand nombre de tombeaux^ d'épitaphes et d'écussons qui'témoignaient de l'ancienneté et de la noblesse de la famille des Van der Burch.

A la seigneurie de Burch étaient attachées de grandes immunités^ digne récompense de la valeur signalée des membres de cette maison. En 1238 nous trouvons un Jean Van der Burch qui reçoit plusieurs privilèges des comtes de Flandre^ et en 1240 il se marie avec la fille de Wolfand de Ghistelles. En 1320;, Guillaume Van der Burch, mente par ses hauts faits, le surnom d'ancien chevalier, et prend alliance dans la iamillc des de Bailieul. Il

signe avec Jean de Fiennes^ Jean et Pierre de

Daiileul, Roger d iialluin, Jean de Schoore, et plusieurs autres seigneurs^ le traité de paix entre Philippe-le-Bel, roi de Fiance, et Robert de Béthune^ comte de Flandre.

On Cite encore Baudouin Van der Burch, chevalier du temps de Louis de Grossi, comte de Flandre, Fan i 328 ; Mathieu Van der Burch tué à la suite de Louis de Nevers, comte de Flandre, par les rebelles de Dixmude^ Fan 1338.

Le courage militaire des Yan der Burch procura bientôt à leur famille une illustration plas grande encore. Car Jean lY, comte de Montfort, duc de f * Bretagne, surnommé le conquérant, pour reconnaître les services signalés de Pierre Yan der Burch, gentilhomme de la chambre de Louis de Maie, Fautorise en 136â à ajouter à son blason les hermines qui sont les armes de Bretagne. Avant ce temps-là, les Yan der Burch portaient d'^argent à trois étrilles de gueulles. Jean IV accorda ce même honneur auj^ maisons des de Roubaix, d'Oignies, de Stapele, de Ghistelles, dHonsehot, d^Ostende, de Yarenne, de PolUnchove, d'Averhoults, de Galonné et à quelques autres.

Tel est le propre des cœurs magnanimes ; les di- .; gnités et les distinctions nouvelles sont pour eux ûn * encouragement à faire des actions plus glorieuses } encore. Aussi cette insigne faveur dont Jean IV '

: honora la famille des Van der Bareh^ ftit-elle regardée par eux comme une obiigatioa de se signaler

^ par de nouveaux exploits. En 4408^ Jean l'intrépide^ duc de Bourgogne^ admire la valeur de Wiseard Van der Bvrch^ digiie compagnon d'armes des seigneurs Antoine de Croy^ de Herli^ de Ligne^ de Bournonville^ de Wavrin, de Béthone^ de Vilain de Gand^ et des autres seigneurs flamands.

En HUf Pierre et Jacques Van der Bureh combattent avec honneur à la suite de Philippe-le-BoUj duc de Bourgogne et comte de Flandre.

En 1620^ un autre Jacques Van der Bureh meurt glorieusement à Pragues^ après s'être distingué dans les guerres de Hongrie, et avoir été élevé au grade de lieutenant-coloi^el. Pierre Van der Bureh, colonel d'infanterie et de cavalerie, prend alliance dans la maison de Griboval, et commande avec éclat en Hongrie et dans les Flandres. Les histoires et les annales de Flandre font mention de plusieurs autres seigneurs de cette maison qui sont morts à la guerre pour le service de leurs princes.

Cependant les Van der Bureh ne s'illustrèrent pas moins dans la robe et les fonctions civiles, que sur les champs de bataille. Adrien Van der Bureh, aïeul de rarchevéque, qui avait épousé Barbe Van der Schoore,iille du Seigneur de Marchoue, fut employé dans plusieurs négociations importantes en Flandre, en Espagne, en Angleterre, et donna partout des

preuves incontestables de probité^ de justice^ de prudence et d'babileié. Ses grandes qualités Télevèrent à la charge de président du conseil des Flandres ; il fut conseiller d'£tat^ secrétaire du roi^ et il remplit tous ces emplois avec une fermeté et une sagesse qui lui méritèrent Testime de tous les ' partis, et la confiance du roi catholique Philippe II. Ce furent bien certainement ses talents et son habileté dans le maniement des affaires qui fixèrent sur lui Tattention de Philippe U, lorsqu^il le choisit pour s^en &ire accompagner à Londres, où devaient se « traiter les conditions de son mariage avec Marie, reine d^Ângleterre. Adrien Van der Burch mourut à Londres au commenceinent de juillet, et sa perte fut pleurée par ses compatriotes et par les Anglais eux-mêmes.

Jean Van der Burch, père de notre archevêque,

avait suivi Àdiien en Angleterre. Lorsqu^il prit congé de Philippe II, pour rapporter à sa mère qui habitait Bruges, le cœur d'Adrien, ce prince qui avait déjà reconnu son mérite, lui recommanda de marcher sur les traces de son père, et de s'appliquer à rétude des lettres et de la jurisprudence afin de rendre aussi un jour d'éminents services à TEtat. Jean Ait fidèle aux conseils que lui donna Philippe U, et se rendit fort habile. Sa science profonde et sa grande sagesse le désignèrent au chohc de PhiUppe II, pour la présidence du grand conseil de Malmes, et

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plus tard de celui de Bruxelles. 11 se trouvait dans ces emplois pendant les troubles et les guerres des Pays-Bas^ et il s^y comporta avec tant de sagesse, de fidélité et de fermeté pour le service de son prince que' le roi catholique Philippe II, Phonora toujours d^une estime particulière. U s'en était rendu digue pai* son intégrité, et les soins qu'il se donna pour conserver ou pour rétablir la paix, et pour faire rentrer les Hollandais dans Pobéissance qu^ils devaient à leur souverain* Ses grandes qualités^ et surtout sa douceur, sa probité^ son amour de la justice, lui méritèrent la gloire d^étre comparé par ses contemporains au célèbre chancelier d'Angleterre, Thomas Morus dont un généreux martyre couronna la belle vie.

Jean Van der Burch avait trente et un ans, lorsqu'il épousa Marguerite Diacetto, de Florence. Elle était fille de Camille Diacetto, chef de cette maison, alliée des comtes d'Aquin, desquels est sorti le docteur angélique saint Thomas. Du côté de sa mère, elle était originaire d'Allemagne, de Pillustre maison de Rinch« Mai^erite avait toutes les vertus qui honorent son sexe ^ elle joignait à une grande fermeté de caractère une piété si fervente et si tendre que ses prières étaient toujours accompagnées d'abondantes larmes.

La maison de Diacetto était fort distinguée dans la Toscane ; et depuis plus de 400 ans, alliée aux

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illustres familles des Albizzi^ MagaloUi^ Doni^

Ricassoli, Acciaoli, Bardi, Peruzzi, Corsini, et même aux maisons des pnuces de Faraèze^ Médicis, Gonzague, Bcntivoglio, Tivoli, Aqoaviva^ Ârragon. Elle tire son origine des anciens ducs de Normandie, par Robert fils de Guillaume, et frère cadet de Richard I""' devenu duc de Normandie.

Robert eut pour apanage la terre d'Eu, avec le titre

de comte. Dans un ancien titre d'une fondation faite en 1093, par Robert, comte de Sicile, et beau-père du pnnce iiobert, comte d'£u> il se trouve nommé d'Acetto.

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