‹ Vie de Mons. Vanderburch archevèqueChapitre 4 sur 51 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

liatoMiice «le Wrêm^ois Tan der Biireti« — ma cnfànccj

ses étade».

François Van der Burch qui ftit le IT évèque et le 7^ archevêque de Cambrai^ n'a pas dégénéré de ses pères, et il a réuni dans sa personne toutes les .éminentes qualités de ses aïeux.

Il naquit à Gand, en 1567, le jour de la fête de sainte Ânne pour qui il eut plus tard une dévotion particulière. Cette fête tombait cette année-là un samedi : on sait que le samedi est spécialement consacré à la Vierge dont le culte fut toujours extrêmement cher à François. Il reçut le baptême le lendemain dans l'église de Saint-Nicolas où il transféra eu 1615^ lorsqu'il fut évêque de Gand^ le chapitre de sainte Pharailde. n eut pour parrain son oncle, François Van der Burch^ et pour marraine son aïeule mat^nelle^ Barbe Van der Schoore*

20 VIË J>Ë MGR. VAIH D£A BUAQH«

Jean Van der Bucrh eut encore de Marguerite Diacetto deux autres enfants : 1*» Adriane Van der Burcfa^ qui mariée au seigneur de Hion^ perdit son mari après une union de quelques années. Elle honora son long veuvage par la pratique des plus éminentes vertus , et mourut à Mons en 1630^ le 27 août. 2^ Philippe Van der Burch^ seigneur d^aussines, de Herau-Fontaine et autres lieux; ce fut un homme d'un très grand mérite -, il devint

* chevalier dlionneur de la cour souveraine de Mons^ administra le comté du Hainaut en Tabsence du comte du Bucquoi^ et se fit aimer des grands et du peuple. On pubha^ sous son gouvernement, èn 1619, les lois, coutumes, et droits municipaux de la province du Hainaut, Il mourut à Ecaussines, la même année que sa sœur Adriane, le i9 octobre, et fut inhumé dans l^Use paroissiale.

François grandissait sous les yeux de sa pieuse mère, qui s'appliquait surtout à inspirer à cette

« jeune ftme Fhorreur du mal et à y développer le germe des vertus chrétiennes, lorsque, en 1572, les hérétiques s'emparèrent à Timproviste de Ma* Unes. Jean Van der Burch incapable de pactiser avec l'impiété et la révolte, était particulièrement

I désigné à leur fureur. On pilla sa maison, un massacra ses domestiques, on lui enleva la plus grande partie de ses biens ; il fut lui-même jeté en prison, et il aurait été infailliblement mis à mort^ si le duc

d'Albe n^'était surveuu à temps pour le délivrer. Le jeune François courut aussi alors les plus grands périls : du baut d^un chariot où il était montée et dont il s'était fait une chaire de prédicateur, cet enfant de cinq ans se mit à reprocher sévèrement aux gueux leur cruauté et leurs sacrilèges, les me- * naçant des châtiments de la justice divine. En vain ' un de ces misérables s'efforce-t-il de lui imposer silence : avec une intrépidité qui n'était pas de son*^ flge, et qu^il puisait déjà dans la vivacité de sa foi, François, malgré les menaces et les coups, persiste à invectiver vivement contre Fimpiété qui poussait les hérétiques à renverser les temples, à briser les saintes images, et à profàner nos plus sacrés mystères. Irrité de tant de constance, ce soldat saisit le courageux enfant, et le suspend par les pieds. François n'avait plus qu'un souffle de vie, lorsque quelques personnes moins inhumaine le détachèrent, et l'arrachèrent ainsi à la mort.

Tel txA le témo^ni^e, qu'à l'exemple de saint ^ Martin de Tours, de saint Pierre mai'tyr^ et de sainte j Chantai, François encore dans la première enfance k rendit à sa foi. Quelles espérances ne devait pas donner pour l'avenir, une vertu si héroïque dans un âge si tendre ! On admirait chez lui une piété et une — sagesse précoces, et encore enfant, il travaillait sérieusement à devenir un samt. Il n'avait d'attrait que pour les choses de Dieu : on le voyait, comme

autrefois saint Athanase et saint Gharlesr-Boromée^

lorsqu'ils étaient à son àge^ imiter les cérémonies de FEglise^ élever des oratoires ei de petits autels . qu'il ornait avec soin^ et simuler toutes les fonctions du sacerdocor Ce n^était pas seulement pour lui un amusement et un jeuj il y mettait uu re- Gueillement et .une piété qui touchaient singulièrement ses vertueux parents : ainsi préludait-il au ministère sacré auquel Dieu devait rappeler un jour.

Bien que François fût l'atné de la fàmille^ et que

sur lui reposassent de grandes espérances selon le monde^ ses parents ne cherchèrent pas à contrarier ses pieuses dispositions. Marguerite Diacetto savait

. qae son fils appartenait à Dieu plutôt qu'à eUe^ el que des parents vraiment chrétiens ne décident pas à leur gré de Favenir de leurs en&nts^ mais les aident à correspondre aux vues de la providence et à suim la ^oie dans laquelle le Seigneur les appeUe. Aussi se plaisait-eUe à seconder les goûts naissants

du sien* Conmie une autre Anne, mère de Samuel, elle lui iiBtçonnait de ses mains de petits habits sacerdotaux et lui procurait tous les objets qui pouvaient servir à ses jeux de prédilection.

Jeune encore, François prit l'habit ecclésiastique et reçut la tonsure des ms^s de ^lonseigneur Gbislain, évèque de Salisbury , et sufiBragant du cardinal Grauvelle, archevêque de Maiines.

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En 4880^ Matines tomba de nouTean au pouvoir

des hérétiques ^ la uiaison de Jean Van der Burch Ait encore une fois envahie par ees forcenés et livrée au pillage. Jean Van der Burch eut le temps de fuir et de se mettre en sûreté; sa femme n'eut pas le même bonheur et demeura prisonnière ^ elle ne fût rendue à la lib^ qae moyennant une rançon de plusieurs

miiliers de florins.

Dans ces tristes conjonctures^ François ftit envoyé à Utrecht, près de son oncle Lambert Van der Burdi^ doyen de la collégiale de Notre-Dame. C'était un ecclésiastique d'une très sainte vie et d'une science remarquable. L'entant^ alors flgé de treize ans^ ne pouvait être confié à des mains plus sûres^ ni placé à une meilleure école de toutes les vertus. . Lambert dirigea lui-même les études de son neveu ; il entretint surtout cette ardeur pour le travail qu'on .admirera encore dans François à la fin de sa longue carrière. 11 le garda auprès de lui jusqu'à ce qu'il eût terminé ses humanités^ et renvoya à Douais au collège d'Ânchin^ pour y étudier la pliiiosophie.

Les Jésuites y étaient établis depuis quelques années et sous la conduite de ces instituteurs

^ Jean Lentiûlleiir, né h Arras^ t8« abbé d'Anchin, avait

connu à Paris les Pères de la compagnie de Jésus, lorsqu'il y suivait les cours derUniversité. Les couversations fréquentes <pi'il avait eues avec wi, leur setence, leur piété, les béné» dietions abondantes qae Dieu répandait sur leurs onires^ loi

habilesj qui à cette époque ont formé tant de sujets

devenus dans la suite par leur science et leurs éminentes vertus^ les lumières et les colonnes de l'Eglise, les belles (qualités de François se perfectionnèrent encore. La vie mortifiée de ses maîtres^ et Fabnégation avec laquelle ils travaillaient à la culture du champ du père de Camille^ acceptant toutes les œuvres, même les plus humbles et les plus répugnantes à la nature dès lors qu'elles pouvaient procurer la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes ^ Texemple d'un très grand nombre de ses condisciples, qui après leur cours de philosophie, renonçaient au monde et à toutes les espérances du

inspirèrent le désir de les introduire dans les Pays-Bas, et de faire profiter la Belgique de leur dévouement apostolique. Eu 1S64, il avait conféré de son projet' avec le Père Everard Hercurian^ alors provincial des Pays-Bas, qui devint plus tard assistant de saint François de Borgia, et enfin général de la compagnie. Le Père Ëverard Mercurian et le Père Baudoin de Lange firent une tentative qui n'eut pas de résultat» On conçut deux ans après une espérance qui paraissait mieux fondée, lorsque deux Pères chassés de Tournai par les calvinistes vinrent à Douai pour s'y livrer à la prédication et à rinstruction de quelques jeunes gens auxquels ils enseignaient les humanités dans l'intérieur de leur maison. Cependant deux

années s'écoulèrent oucuru avant qu'il iuL pcinns aux Pères Jésuites de donner plus d'éclat à leurs cours et d'étendre le cadre de leur enseignement. Ce ne fut* qu'au mois d'octobre 166S que les difficultés suscitées par l'Université étant en voie

de s'aplanir^ on procéda à la cérémonie de l'inauguration.

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siècle^ pour se consacrer à Dieu ou chez les Chartreux^ ou dans l'ordre des Cannes^ ou dans Tune des nonibrenses CeuanOles de saint François d'Assise, ' ou même dans la compagnie^ lui inspirèrent la pensée d'entrer en religion ; et le vœu spécial que font les Jésuites de n'accepter aucune dignité ecdésiastique l'inclinait vers llnstitut de saint Ignàce* Il recommanda à Dieu son projet, il prit conseil ; mais il rencontra un obstacle qu'il ne put vaincre

la faiblesse de son cstoiDuc ne pouvait supporter ni les œufs, ni le poisson, ni le laitage, ni les autres mets semblables que Von sert dans les communautés. Ayant tenté en vain de surmonter cette

La messe fut célébrée dans Téglise saint Jacques en présence de rarchevêque de Cambrai, Maximilien de Borgbes^ et de HooseigaenrRidiardot^ éyèque d'Arras. L'abbé d'Âochin avait une estime partieiilière pour le pèie Jeao de la Haye, appelé communément Servius ou de Chièvres^ et il aimait à se conduire par ses conseils. On attrilnie à la saj^esse et au zèle da père Senriuft noa-seulemeat la fondation du collège de Douai^mais eaeore ses rapides accroissemeats et l'éclat qu'U jetait déjà en iS14, lorsque Serrias monmt^ éclat qui ne fit que s'accroître dans la suile. Servius <':lail regardé coiiinic un des pères les plus recommandabies de la proyince beige ; ses grandes vertus le maintinrent toi^onrs dans les charges éle- Tées de son ordre^'et hn coDciliécent l'affection des person* nages les plus illustres du pays. Ce fut loi que Michel d'Esne choisit pour prêtre assistant lorsqu'il célébra sa première messe. Servius mourut à Douai après trois Jours de maladie à ïlge de 74 ans.

répugnance naturelle^ il reconnat que Dieu avait sur lui d autres desseins.

Ce fut aussi dans Tacadémie de Doùai que François Van der Burch commença son cours de jurisprudence> mais il alla le terminer à Louvain. Pendant les cinq années qu'il se livra à cette étude^ il se distingua tellement par son application et ses succès^ que deux fois les suffrages de ses midtres et de ses condisciples lui coaiérèrent le titre de doyen des bacheliers : cet honneur n^était réservé qu'à ceux qui remportaient éminemment sur tous les autres. U prit ses degrés de licence en 1B90^ le 3 du mois de juin, et il soutint ses thèses de maïuère à mériter les félicitations publiques du chancelier de TUniversité, Henri Cuick, nommé plus tard évêque de Ruremonde. Cette science à laquelle François s'était fermé sous les plus habiles mattres, dans les deux Universités les plus célèbres du pays^ ne fit que s^accrottre avec Fftge par son application à l'étude qui fut constante^ et par la pratique ^ on reconnut toujours en lui un génie supérieur.

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