A MONSEIGNEUR CHRISTOPHE
Monseigneur,
La nouvelle de votre nomination au siège épiscopal de Soissons a été accueillie, vous le savez, par tout le clergé du diocèse, avec un véritable sentiment de consolation, d'espérance et de joie.
A cette nouvelle, en effet. Monseigneur, venaient se joindre des témoignages qui avaient pour nous tous les caractères de la certitude, et qui nous donnaient l'assurance que vous étiez destiné de Dieu à faire revivre parmi nous le doux souvenir des vertus vraiment épiscopales d'un pieux pontife, M9^ de Simony, votre prédécesseur presque immédiat, dont la mémoire sera toujours vénérable et chère au diocèse qu'il a gouverné et édifié pendant vingt-trois ans.
Vous-même, Monseigneur, dans les premiers épanchements de votre cœur au clergé et aux fidèles de votre diocèse, vous avez tenu h confirmer cette douce assurance en distinguant « au-dessus du dernier anneau de la chaîne radieuse de nos anciens pontifes, Mgr de Simony, de si sainte mémoire. L'esprit, » ajoutiezvous, en lui rendant par ce peu de paroles le plus bel
yi DÉDICACE.
hommage, « aime à se reporter, dans le calme et Vadmi- » ration, vers cette douce et ravissante physionomie; » quel attrait dans sa simplicité noble, dans cette bien- » veillance qui donne un charme si puissant à Vauto- » ritéî »
Vos premières visites pastorales, Monseigneur, en comblant les vœux des paroisses privilégiées qui ont eu le bonheur de recevoir les prémices de votre auguste ministère, ont réalisé et au-delà, les espérances des pasteurs et du troupeau; et tous n'ont qu'une voix pour dire avec saint Paul : a II était souverainement convenable que nous eussions un pontife comme celuilà. » Talis decebat ut esset nobis pontifex.
En effet, Monseigneur, Dieu qui vous réservait au gouvernement d'une Eglise et d'un diocèse si riches en saints évêques et en précieux souvenirs, a voulu vous faire passer par tous les degrés, par toutes les épreuves du ministère sacerdotal, et vous apprendre par une expérience quelquefois pénible, mais nécessaire, à compatir plus vivement, et à prêter un secours plus efficace à ceux qui sont soumis aux mêmes épreuves.
J'ai puisé, quant à moi, dans ce sentiment. Monseigneur, la confiance que vous daigneriez accepter favorablement la dédicace que j'ai l'honneur de vous faire de la seconde édition de la Vie de Monseigneur de Simony. J'ai cru, Monseigneur, qu'elle ne pouvait paraître sous de meilleurs auspices que sous le patronage d'un Prélat en qui nous aimons à vénérer, comme dans ce pieux Pontife, un heureux mélange de simplicité et de noblesse, de fermeté, de douceur, de sagesse;
dé]d)câce. yii
une bonté de cœur qui s'attendrit à la vue des plus humbles souffrances ; un zèle et un dévouement sans affectation et sans efforts; des égards touchants et un véritable attachement pour les pasteurs dont vous êtes le chef, le modèle et le guide; en un mot, tous les traits distinciifs des évéques selon le cœur de Dieu.
Daignez agréer, Monseigneur, l'hommage de la profonde vénération et de la respectueuse reconnaissance avec lesquelles je suis,
Monseigneur,
De Votre Grandeur, Le très-humble et très-obéissant serviteur.