DE LA PREMIÈRE ÉDITION
En acceptant Thonorable et bien douce mission qui nous a été confiée, de retracer la vie de M*' de Simony, nous n'avons pu nous dissimuler les difficultés de cette entreprise. M*' de Simony, par son éminente sainteté, par ses mœurs dignes des premiers siècles, par une piété angélique, une charité sans bornes, une prudence consommée, une humilité profonde, une douceur inaltérable, a été, sans contredit, une des gloires les plus pures de la religion et de Fépiscopat. Toutefois, sa vie n'oflfre aucune de ces actions extraordinaires, aucun de ces traits mémorables, aucune de ces qualités brillantes qui ont le privilège d'attirer l'attention et d'exciter l'admiration publique. C'est une vie admirable sans doute, mais c'est une vie toujours uniforme, toujours modeste et cachée, jusque dans la dignité la plus éminente de l'Eglise.
Nous avons cherché, cependant, à pénétrer dans le secret de cette vie intérieure, d'où nous pouvons
X PRiFACE
dire aussi que vient à M** de Simony toute sa gloire, et quoique nous ayons été souvent arrêté par sa modestie qui lui a fait, non-seulement taire, mais détruire tout ce qui pouvait mettre sur la trace de ses vertus, des sources précieuses nous ont été ouvertes. Pour les faits antérieurs à son épiscopat, des notes de famille, quelques manuscrits, des lettres écrites dans Tabandon de Tamitié, et auxquelles, dans différentes circonstances de sa vie, M^ de Simony a confié ses pensés les plus intimes ; les souvenirs particuliers de quelques-uns de ses condisciples et amis, nous ont révélé une partie des trésors de grâces et de vertus dont son âme était ornée. Et ici, nous devons le proclamer hautement, il nous a été facile de remplir le devoir imposé à tout historien de dire exactement la vérité, sans altérer les faits, sans dissimuler les fautes et les faiblesses; car dans cette vie toujours également vertueuse, il n'y a aucun aveu pénible à faire, aucun endroit faible à dissimuler; tout y est noble, tout y est digne de la grandeur de Thomme et de la sainteté du chrétien.
Aussi n'avons-nous pas craint de puiser abondamment à des sources aussi pures, et de multiplier les extraits des écrits et des lettres de M^ de Simony, puisqu'en l'absence des faits, c'était par ses écrits seuls qu'il pouvait être bien connu et apparaître tel qu'il était véritablement. Nous nous