CHAPITRE II
quand on lui parlait de mères vertaeU6es et chrétiennes qui, animées du zèle de la maison de Dieu, inclinaient doucement le cœur de leurs enfents vers le service des autels. 11 les regardait comme ses plus puissants auxiliaires pour augmenter la tribu sainte, n était plus porté à l'indulgence pour les défauts de leurs enfants, et il conseilla souvent aux directeurs de ses petits séminaires d'user d'une plus grande patience à leur égard, parce qu'il les regardait comme prédestinés au bien par les vertus et par la piété de leurs mères : « Attendez encore une année, disait- il, il est impossible que la bonne semence de la première éducation jetée dans leur coeur ne finisse par produire enfin quelque fruit. »
Une telle éducation devait être récompensée selon le vœu. de parents si chrétiens. Jules de Simony justifia de bonne heure une vocation qui semblait lui avoir été imposée dès le berceau. II eut tous les goûts de l'état ecclésiastique avant même d'avoir pu sentir que Dieu l'y appelait. On remarquait dès lors en lui une modestie, une dignité, une sagesse, une fermeté qui lui étaient comme naturelles, et qui ordinairement ne sont le fruit que de longues années. Ces qualités, toutes précieuses qu'elles étaient, eussent pu dégénérer facilement en hauteur et en ténacité, et il avouait, par la suite, qu'il lui avait fallu de grands et continuels efibrts pour modérer la pente qui l'entraînait vers ces défauts. Heureusement Dieu lui avait donné un esprit droit, un cœur doux et tendre qui le rendaient docile aux leçons et aux reproches de l'amitié.
Il avait à peine sept ans lorsque ses parents confièrent à des maîtres expérimentés le soin d'ouvrir son esprit aux premiers éléments des sciences, et de former son cœur à la vertu. La ville de Toulon n'ayant pas de petit séminaire, Jules de Simony fut placé comme externe au collège de la ville, dirigé par les
prêtres de TOraloire. M"*' de Simony recommanda son fils, avec toute la sollicitude maternelle, aux Pères Simon et Garnier, Tun supérieur, Tautre préfet des études de cette maison. Elle leur confia qu'elle l'avait offert au Seigneur, et que, sans vouloir se rendre aucunement l'arbitre de sa vocation , elle le croyait appelé à l'état ecclésiastique. Jules de Simony revenant tous les jours dans la maison paternelle, cette bonne mère pouvait ainsi lui continuer les soins vigilants, les sages leçons que lui inspiraient son amour pour lui et sa tendre piété. *
Nous n'avons pu nous procurer que très-peu de détails sur les neuf ou dix ans pendant lesquels Jules de Simony fréquenta le collège de Toulon, où il fit ses premières études et ses humanités. Cependant nous devons aux souvenirs d'un prêtre respectable, son ancien condisciple au collège de Toulon, et aux notes de famille d'une de ses sœurs, quelques traits simples et touchants, où se révélaient déjà dans leur germe ces vertus qui devaient faire un jour l'honneur de l'épiscopat et dont l'Eglise devait recueillir les fruits.
A peine sous la direction des prêtres de l'Oratoire, le jeune de Simony se fit remarquer par un caractère doux et toujours égal, par une parfaite régularité, par une piété tendre et constante. Les nombreux succès qu'il obtint dès le commencement et dans tout le cours de ses études furent moins, au jugement de ses maîtres, le fruit d'une imagination brillante et d'un talent supérieur, que d'un esprit juste, d'une grande rectitude de jugement, d'une conception pénétrante et d'une forte application au travail. Ses condisciples lui pardonnaient volontiers des succès dont lui-même ne cherchait point à se prévaloir. Ils regardaient le jeune de Simony comme leur étant supérieur en tout, et ils se sentaient tous attirés vers lui par sa modestie, par sa douceur, par l'amabilité de son caractère. Comme