CHAPITRE II
preuve de cette douceur de caractère, qui lui gagoail déjà tous les cœurs, on nous permettra de citer un trait emprunté à son enfance. Jules de Simony ac* cueillait tous ses petits amis avec une grande cordialité ; au sortir du collège ils raccompagnaient jusqu'à la maison paternelle, et lorsque la discrétion ou la timidité en retenaient quelques-uns, malgré leur désir, sur le seuil de la porte , ils le priaient en grâce de les prendre par la main pour les faire entrer à sa suite, en lui disant dans le langage et avec Faccent de la Provence : Tirez-moi, Monsieur Vabbé (c'est le nom qu'il portait dès lors), tirez-moi, Monsieur Vabbé; certains qu'ils étaient d'être parfaitement accueillis sous le patronage d'un si aimable introducteur.
Toutefois, Jules de Simony avait une prédilection marquée pour la retraite, un attrait particulier pour la solitude, et il sacriGait difficilement aux plaisirs de son âge les heures particulières qu'il destinait au recueillement et à la prière. Il fut tonsuré à l'âge de onze ans, le 17 avril 1781, par M«' de Lascaris de Vintimille, évéque de Toulon. La réputation de vertu et de piété dont jouissait la famille de Simony, dans la ville de Toulon, le témoignage que les prêtres de l'Oratoire rendaient aux excellentes qualités de Jules de Simony, firent concevoir au sage prélat les plus douces espérances, et prédire de saintes joies à sa famille et à l'Eglise. La pieuse cérémonie de la tonsure, trop souvent sans résultat dans un âge si tendre, fit une profonde impression sur le cœur du jeune de Simony. Il prit au sérieux la promesse solennelle qu'il venait de faire à Dieu, et voulut toujours porter l'habit ecclésiastique comme souvenir continuel de sa séparation du monde et de sa consécration au service des autels. 11 assistait, revêtu du surplis, à tous les offices ^ de l'église Saint-Louis, où il édifiait tous les fidèles par son assiduité, par son zèle à remplir les saintes
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eéréittonies, par la ferveur de sa piété et par une modestie toute angélique. On ne pouvait voir sans attendrissement cet enfant, sur l'extérieur duquel Tinnocence et la grâce semblaient ayoir imprimé leurs traits les plus aimables. Une de ses sœurs, dont nous parlerons bientôt, étant retournée en 4818 à Toulon, y retrouva encore vivantes, après tant d'agitations et de bouleversements, les impressions de piété que son frère avait laissées dans son enfance, et elle se plut à les lui rappeler dans une de ses lettres. M. de Simony, dont le cœur fut toujours sans voile pour cette sœur, témoin d'ailleurs de l'innocence de ses premières années, lui répondit avec cet embarras d'une àme humble et sincère dont le secret est découvert, et qui ne peut dissimuler les dons de Dieu. « Il y a, disait-il, dans les impressions d'une enfance qui n'est pas gâtée, une innocence et une imprévoyance qui en rendent le sentiment tout pur, et d'une douceur, qui, par la suite, ne se trouve plus guère qu'en s'élevant jusqu'au bon Dieu. Alors on me trouvait, dis-tu, la mine d'un saint. Hélas I je ne sais si j'en ai conservé la mine, mais je sais qu'il s'en manque étrangement que je ne le sois. Tes prières et celles de beaucoup de bonnes âmes qui s'intéressent à moi, me serviront à m'attirer un jugement de miséricorde, car sa justice me fait trembler. »
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