‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 27 sur 118 · CHAPITRE TH · texte numérisé non relu

CHAPITRE TH

en avant des principes faux. Notre sièole est livré à une philosophie perfide qtii, couverte du masque de la vérité, séduit les faibles et les présomptueux. Vous avez aue règle sûre à suivre : TEvangile et renseignemeut de l'Eglise. C'est à la lumière de ce double fiambeau que vous pouvez marcher avec sécurité, sans craindre de vous égarer.

» Livres-vous à l'étude av«c ardeur et constance; que les difficultés ne vous arrêtent pas; travaillez comme si vous deviez toujours vivre. Mettez de Tordre dans vos tmvdux; accoutumez-vous à ne rien faire sans réflexion; rendez- vous raison è vous-même de ce qui fait la matière de vos études; mettez autant que vous le pourrez vos réflexions par écrit; tâchez d'ennoblir votre travail par votre intention^ en lui donnant une fin sublime, je veux dire Dieu. »

 la joie bien légitime que devait éprouver M. de Simony, en voyant que le jeune cœur qu'il cultivait répondait si bien à ses soins, s'en joignit une autre non moins douce pour lui. Au mois de juin 1798, sa BOdor, dc^nt la vie était comme une partie de la sienne, et qui était encore en émigration, fit un second voyage en France. M. de Smony, oW^é de retarder de quelques jours le plaisir d'aller la trouver à Bellegarde, lui écrivait ainsi qu'à M~* Chervaux :

« J'ai eu ce matin, mes chères amies, une des plus grandes joies que j'aie jamais éprouvées. J'étais levé, mais hors d'étal de paraître encore, quand le postillon de M. Bonet, est arrivé; on a appliqué l'échelle à la fenêtre pour «'avertir, et sans avoir achevé de lir^ la précieuse lettre, je me suis mis en devoir d'aller à VlHeneave-Saint-Georgés, remercier mille fois H. Bonet

58 YIE DE MONSEIGNBUR DE SIHONT.

pour tout le bien qu'il m'a fait. J'ai lu et relu chemin faisant votre lettre et la sienne, et enfin je l'ai rencontré sur le chemin où il se promenait en m'atlendant; je l'ai abordé comme si je l'eusse reconnu et je l'ai embrassé. Il m'a parlé de toi, mon Ursulette, comme s'intéressant vivement à ton sort, et tout ce qu'il a fait pour toi me t'a rendu véritablement cher. J'ai causé avec lui de vous tous, jusqu'à neuf heures, qu'il est parti pour Paris. — Il m'a dit quel était son espoir d'être utile à Jules (Ghervaux). J'avoue que l'idée de le voir séparé en même temps de vous et de moi, ne m'a nullement flatté. Je n'ai point cependant rejeté l'offre de M. Bonet, d'antant qu'il m'a dit que peut-être pourrait-il n'avoir Jules, au moins dans les

premiers temps, que pour la forme Vous êtes

étonnées, mes chères amies, que je ne vous aie pas encore parlé du jour de mon départ pour Bellegarde; hélâsl s'il n'y avait à consulter que son cœur, j'eusse été aujourd'hui à Paris, demain à Montargts, et après-demain dans vos bras; mais il faut sacrifier ses jouissances au bien que l'on peut faire ; ma présence sera nécessaire ici mercredi et jeudi ; vendredi nous irons à Paris : si ce jour ne suffit pas, il faudra bien y joindre le lendemain; peut-être serai -je obligé à quelques démarches relativement à mon congé, car si la dernière loi n'est pas mieux conçue que le projet que j'en ai vu, il faudra nécessairement de la part du gouvernement une explication qui, j'espère, ne souffrira pas de difficulté. Je ferai ce que

je pourrai pour arriver en un jour à Bellegarde

Mais n'est -il pas vrai, bonne Ursulelte, que tu me saurais mauvais gré de venir vers toi avec des

Page 1