‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 29 sur 118 · CHA^PITRE TH · texte numérisé non relu

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jamais lai manquer ; soyez toujours bons amis, tu me promets bien tout cela , mon enfant. Tu es un bon enfant, je connais ton cœur. Que Dieu soit toujours le mobile de ta conduite et ton soutien. Ne t'attache point à cette vie, elle passe bien vite« J'espère qu« nous serons bientôt réunis tous ensemble à côté de lai. » Ces dernières paroles avaient quelque chose de prophétique. Sept ans plus tard, le jeune de Sully quittait la vie à la fleur de Page, et Tannée suivante, ¥^^ de Sully, âgée seulement de quarante ans, allait rejoindre, dans la tombe, son époux et son fils.

La religion, que le duc de Sully avait honorée par une vie toute de vertus, lui prodigua ses consolations au milieu de ses cruelles soufl^ranoes ; il eut le bonheur d'être assisté au moment de sa mort par un confesseur de la foi, qui, depuis les premiers jours de la persécution, menait une vie errante, s'ex posant à mille dangers pour secourir ses frères. Ce saint prêtre lui administra les derniers sacrements et ne le quitta que lorsqu'il eut passé à une vie meilleure (46 octobre 4800), en prononçant ces paroles de l'Ecriture : « Que je meure de la mort des justes. »

M. de Simony était trop uni à la famille de Sully pour ne point ressentir vivement le coup qui venait de la frapper; mais il était trop sincèrement chrétien pour ne pas tirer de ce triste événement les graves leçons qu'il renfermait. C'est sous l'impression de ce double sentiment qu'il écrivit à sa sœur, le 4 4 octobre : « Je viens me consoler avec toi, bonne amie, du spectacle de désolation qui m'environne ; l'état de M. de Sully est désespéré, son heure dernière approche; son fils vient de déposer dans mon sein sa profonde dou-

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leur. Bf"^ de Sully est auprès de son mari, la désolation dans le cœur, le calme sur le visage , et me donnant tout à craindre pour elle des suites de sa douleur et des fatigues inouïes qu'elle éprouve depuis près d'un mois. Le présent et Pavenir, tout est affli* géant pour moi, quand je considère tout ce qui m'environne Ainsi, ma chère amie, il n'est

point de bonheur tant soit peu durable sur la terre ; ainsi Dieu n'épargne point ici-bas ses plus fidèles serviteurs. Souvent il se plait à les frapper des coups les plus terribles. Il est donc une autre vie que celle-ci où il paie avec usure l'intérêt de ce que sa providence nous fait éprouver de maux ici-bas. Ainsi cette vie n'est qu'un court passage où nous avons à marcher constamment sur des épines, afin que nous ne soyons pas tentés de nous y établir. Les noms de plaisir, de bonheur, de contentement sont donc de vains noms sur la terre, et il ne faut s'attendre à eu voir la réalité que dans l'autre vie. Voilà, chère amie, les réflexions toutes naturelles que j'ai faites constamment depuis que je suis témoin de tant de maux , et aussi de tant de courage et de résignation. Tu sentiras que le but de la Providence dans les maux de cette vie est d'en détacher les justes pour se les attacher sans réserve, et de s'en faire aimer par-dessus toutes choses. Tu ne trouveras pas étonnant que je te fasse part de mes réflexions, car tu les entendras et tu les comprendras mieux que personne. Inculqueles bien dans le cœur de tes enfants, c'est l'héritage le plus précieux que tu puisses leur laisser; donneleur non>seulement de la religion, mais de la piété; elle est le gage du seul bonheur dont on puisse jouir

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