DE LA DEUXIÈME ÉDITION
En publiant cette seconde édition de la vie de M^ de Simony , que des circonstances indépendantes de notre volonté nous ont forcé de retarder jusqu'à ce jour, c'est un besoin comme un devoir pour nous^ de remercier hautement nos vénérables confrères du diocèse de Soissons pour Taccueil bienveillant qu'ils ont fait à ce travail biographique, et le pieux empressement avec lequel ils l'ont répandu parmi les fidèles confiés à leurs soins. Nous devons le dire pour être vrai, nous n'avons reçu que des témoignages unanimes et non équivoques de satisfaction de toutes les personnes qui ont lu cette vie. Nous le disons ici d'autant plus librement, que nous nous faisons un devoir de justice d'en renvoyer toute la gloire au saint et bien-aimé pontife dont la vertu toujours constante donne à toute la suite de sa vie un si doux et si puissant intérêt.
En effet, tout notre objet, en écrivant cette vie si pleine de vertus modestes et cachées, a été de chercher à disparaître presque entièrement nous-même, d'être sobre d'appréciations personnelles, de ne point courir après les phrases et après les agréments
XIY PRÉFACE
du style; et de répandre autant que possible sur nos pensées, cette inefiEable simplicité qui fait comme le fond de tous les écrits comme de toutes les actions de ce vénérable prélat.
Nous nous sommes donc abstenu , et il ne nous en a point coûté, de ce genre d'écrire l'histoire des hommes vertueux, où trop souvent, à l'aide d'un style recherché, on leur prête des intentions, des vues, quelquefois même des actions auxquelles ils ont été complètement étrangers. Nous ne somme* pas, nous l'avouons franchement, de cette école qui tient pour maxime, qu'une chose bien imaginée fait plus de plaisir que la vérité destituée d'ornement. Nous nous serions donc fait un vrai scrupule d'ajouter tant soit peu à la modeste uniformité d'une vie dont le plus grand mérite est justement cette noble et constante simplicité. Aussi n'avons-nous pas été peu surpris d'entendre un révérend Père, célèbre prédicateur de retraites ecclésiastiques, nous demander sérieusement si tout ce que nous avions inséré dans cette Vie qu'il venait de lire était vrai , et nous citer, à l'appui de cette question, une histoire biographique, qui jouit d'un grand mérite littéraire, mais où, disait-il, l'imagination de l'historien a fait la moitié des frais de l'ouvrage.
Nous n'avions pas cru jusqu'à présent qu'on pût écrire l'histoire d'un pieux et saint évêque comme on écrit un roman, fût-ce pour la plus grande édifi-
DE LÀ DEUJLlilIK ÉDITION. XT
Cation des fidèles. Afin donc que le moindre soupçon ne pût venir sur l'exacte réalité des faits dont nous n'avons été que le simple et fidèle narrateur^ nous avons tenu à garder avec soin toutes les pièces justificatives qui ont été pour nous les sources uniques où nous avons puisé.
Hâtons-nous de dire qu'un semblable soupçon n'est pas possible pour qui a connu M*' de Simony et a été tant soit peu en rapport avec lui. Aussi tous les éminents personnages, la plupart anciens amis de ce pieux pontife, à qui nous avons eu l'honneur d'adresser cette Vie, n'ont eu qu'une voix pour nous féliciter de l'exacte ressemblance du portrait.
« Si, comme on n'en peut douter, nous écrit l'un d'eux, aujourd'hui supérieur de séminaire, le premier mérite d'un biographe est de représenter au naturel celui dont il écrit la vie, votre travail ne laisse rien à désirer. Ceux qui ne connaissent point M*' de Simony, le connaissent après vous avoir lu ; et ce qui est encore plus significatif, ceux qui avaient comme moi le bonheur de le connaître, le retrouvent si bien, qu'ils sont conduits à dire avec une satisfaction très-vive : « Oh 1 c'est bien lui. » En cela, soit dit entre nous, vous surpassez infiniment M. Ch. V.... *. »
* Allusion au portrait lithographie si défectueux et si peu ressemblant qui se trouvait dans un grand nombre d'exemplaires de la première édition. La petite gravure qu'on a voulu substituer
XVI PRÉPACe
« Ce que j'ai lu jusqu'à présent de la vie de M*' de Simony, a daigné nous écrire l'illustre cardinalarchevêque de Cambrai, M*' Giraud, m'a singulièrement édifié. En écrivant la vie d'un si saint prélat, vous avez révélé des trésors de. vertus que le voile de l'humilité ne couvrait qu'à demi, que nous connaissions, nous, mais qu'il importait de faire éclater aux yeux du clergé et du peuple fidèle. »
Son Eminence le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, ancien ami de M^ de Simony, avec lequel il avait été vicaire général de Chartres, et plusieurs de Nosseigneurs les évêques qui avaient connus personnellement M*' de Simony, nous ont écrit dans les mêmes termes.
Nous ne voulons point multiplier ces citations, et nous nous contentons de rapporter le témoignage qu'a bien voulu rendre à cet ouvrage un de nos plus célèbres prédicateurs, supérieur général de la société des missions de France : « Je vous écris aujourd'hui sous l'impression des sentiments que la lecture de la Vie de M*' de Simony a fait naître
à cette mauvaise lithographie laissait encore trop à désirer. Un artiste distingué a donc fait un dessin de parfaite ressemblance du grand portrait de Mk' de Simony, qui se trouve au grand séminaire de Soissons, en ayant soin de corriger quelques défauts saillants. G* est sur ce dessin, d'une exécution irréprochable, que nous avons fait tirer par M. Vinmer, artiste photographe à Saint- Quentin, la magnifique épreuve photographiée que nous plaçons en tête de cette seconde édition.
DE hk DEUXIÈME ÉDITION. ITH
àaBi6 le ocnor de tous. Je l'ai fait ha» aa rëfiechure, et û n'y a qu'une voix pour m'en remercier. Nous vaotoas de l'achever aujourd'lmi même. Rien de phis édifiant que cette vie du digne et saint évéque qœ j'ai «a personnellement le bonheur de eonnaitre dès mon en&nce au caftécâiisme de Saioi-Sulpice. Mais aiossi^ permutez- moi de vous dire que vous avez été son digne historien. On lit avec on intérêt sofittenu, ces orécits où l'auteur s'efface pour ne laisser voir qae càm dont il parle. Cette sagesse décrire, ai j'ose me servir de cette extpression, est d'autant plus appréciable qu'elle est pli£s rare aujourd'hui , et c'est .cependant la meilleure manière d'écrire la vie d'un saint. Nous vous devons mille grâces de nous avoir faumi Voccasion de faire cette bonne d; utile lecture* Je voudrais voir cette Vie entre les mains de ious les prêtres ^. »
Devant cette unanimité d'appréciations notre tâche
1 Qa*il nous soit permis d'ajouter ici le sentiment d'un des plus pieux prélats de VEglise de France, M«» Du Pont des Loges, évéque de Metz, dans une lettre écrite au trésorier du comité pour Vérection du monument de M^ de Simony : « Je n'ai point eu le précieux avantage de connaître Msr de Simony, mais j'ai souvent entendu parler de ses éminentes vertus, et j'^ lu sa vie avec une grande édification. J'ai surtout admiré comment ce saint évoque avait su unir en sa personne deux choses que saint Bernard trouvait n difficile : de pratiquer à la fois l'humilité et la vie cachée dans une position élevée, et au milieu des témoignages de vénération que lui attiraient ses vertus. Aussi, est-ce avec joie que je vous offre ma modeste offrande pour le monument (fêe If ou» 'f^f^ proposes d'éleser à aa mémoire. »
XYIII PRÉFACE
était facile en préparant cette seconde édition. Nous nous sommes donc borné à l'enrichir de nouveaux détails recueillis depuis, et qui ne sont ni moins intéressants, ni moins authentiques que les précédents, et à faire disparaître un assez grand nombre d'incorrections qui nous étaient nécessairement échappées, dans la grande précipitation avec laquelle la première édition a été publiée.
Nous sommes heureux de pouvoir enfin donner aujourd'hui à cette Vie son complément si vivement désiré depuis longtemps, nous voulons dire l'oraison funèbre de M^' de Simony, composée par M. l'abbé Ruellan, vicaire général et ami intime du vénérable prélat. La maladie mortelle dont il fut atteint deux jours avant la cérémonie de l'inauguration de la statue de M^' de Simony, l'empêcha, on le sait, de prononcer cette touchante oraison funèbre, et par un choix dont nous nous honorerons toute notre vie, c'est à nous exclusivement qu'il voulut confier la difficile, mais consolante mission de la lire et de l'interpréter dans l'assemblée des fidèles.
Nous espérons donc que cette seconde édition, ainsi revue et augmentée, recevra un accueil non moins favorable que la première. La lecture de cette vie si calme, si paisible, nous en avons été souvent témoin, rafraîchit tous les bons sentiments du cœur, et dans ce siècle d'agitations, d'illusions et de mécomptes, elle répand une merveilleuse sérénité dans