‹ Vie de Monseigneur de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 40 sur 118 · TIB DB K0N8BI«K1U11 DB SIMONT · texte numérisé non relu

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déiaoce qui fait craindre le ddDger du pécbé autant que le péché méine; cette défiance n'est nullement opposée à la noble confiance d'un véritable enfant de Dieu et au courage qu'elle inspire. Elle est fondée sur deux, vérités que la foi et l'espérance démontrent également : la première qu'il n'eet rien de plus faible que l'homme livré à ses seules forces; la seconde, que Dieu n'a promis son secours que pour les dangers auxquels sa volonté même nous appelle. Hélas! à combien de personnes n'a*t-il pas suffit d'un instant pour souiller la plus belle viel...

» Le seoond, c'est de ne pas flotter dans ses desseins. Il faut agir en tout avec prudence et réflexion ; mais quand un parti est pris, après qu'on a mûrement considéré et reconnu le meiH^ur, il faut le suivre avec fermeté et constance. Ciombien de gens qui, to^jours indécis, incertains, ne savent jamais ni ce qu'ils font, ni ce qu'ils veulent être. La dernière personne qui leur parle est toujours c^le qui a raison, le dernier objet qui se présente, edui qui mérite la préférence. U ne faut que la voix de quelqu'un d'entre ces mille conseillers que l'on trouve à chaque pas dans le monde pour 1^ rendre irrésolus et leur faire mettre dans la pratique de ce qu'ils ont jugé meilleur après un mûr eiameey une réserve et une timidité qui les rend pour ainsi dire le jouet du premier venu; qu'il n'en soit pas ainsi de vous. Il y a des points indubitables tels que les points fosMiamentaux de la religion et de la morale; il y en a de douteux ; quant aux premiers, n'hésitez, ne tergiversez jamais ; souvenez-vous que le moindre pas en arrière en entraîne mille autres, et que la eonduile la |^s aisée k tenir est celle d'un homme qui

M yrottono» i€M)l de sttkd ei 8«ii8 b moiiKlrt honte pour le bîeii. Gehu qui veut biaiser, ao WQiraire, s'ex* posaoi sans cesse à tomber dans des conlradioiions au uumis apparentes^ donne prise à tontes les attaques du monde et 4nit ordinairement par céder toul-à-faît au respect humain. Dans les choses donteases, si elles regardeet la rcdigicm ou les inœnrs, tant que dure le dontef abatenes^voua, ou prenec le parti le plus sAc^ quoiqu'il d^ve vous en coûter, et en Aercbant une déciaioB, gardes* vous de chercher comme tant d'autres, non la jAm conforme à la justice, mais la plus favorable à vos désirs; si elles regardent des ehoitôs indiflérenles à ces deux points sur lesquels U ne peut jamais y avoir de tfsmpéramei^, vos in^ téf^ iemporels> par exemple, peseï mûrement, si vous aa aves le temps, les raiaons pour et contre; éeontex cellea des personnes qni peuvent vous bien oenseîiler, et tout étant bien eoasidôré, décidée- vous, si le temps presse. Tàcbei de conserver le calme et le sang-froid néoessaires pour qcw les facokés de l'entendement ne soient pas obacnreies, mais sacbei vous décider. La chose étant faite par voos ou par autrui, suivant toutes les règles de la prudence humaine, gardea-vous d'en juger d'après l'événement et de eoncevoir des regrets sur ce qui n'a pu être ni prévu ni empêché.

» Le troisième est de considérer le temps comme le bien de cette vie le plus précieux, de songer au eompte sévère qu'il en faudra rendre et que chaque iastant bien employé peut ajouter un prix inini à Botre couronne. Retranobei«en autant que voua le pourrex au lit, à la table, à la toèleite, ans visites, aux

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conversations qui n'ont d'antre but que de faire pas^ ser le temps, et vous en trouvera suffisamment pour toutes les occupations sérieuses et pour les distractions honnêtes et nécessaires. Quelques affaires que vous ayiez , souvenez- vous que ce n'est pas le temps que Ton donne à l'accomplissement de ses devoirs, à la prière, à la réflexion qui fait tort aux autres occupations; mais celui qu'on perd à rien faire ou à faire des riens. Faites-vous une règle invariable d'en employer chaque jour une partie; premièrement : à réfléchir comme je l'ai dit sur quelque point de religion ou de morale chrétienne; deuxièmement : à lire l'Ëcriture-Sainte ou quelque livre capable d'instruire de l'esprit de l'Evangile et d'inspirer le désir de s'en pénétrer, ou encore eeux dans lesquels un esprit éclairé peut s'instruire de la religion, en étudier les preuves et puiser la connaissance de Dieu et de cette œuvre sublime où reluisent, avec des traits si grands et si frappants, les merveilles de sa puissance et de sa charité envers nons. Quelle honte et quelle folie que des chrétiens connaissent si peu les titres de leur céleste origine et les preuves qu'ils ont reçues de la bonté paternelle de Dieu ! J'ajoute en passant que dans les objets que vous jugerez devoir faire la matière sérieuse de vos éludes, vous devez tâcher de ne vous pas arrêter à des connaissances superficielles, mais d'arriver toujours au fond.

» Le quatrième ^t de bien vous défendre de l'idée que les biens de la fortune que vous posséderez soient tellement à vous, que vous puissiez en user selon votre fantaisie et les consumer à votre gré. Tout est ^ Dieu : naissance, biekis, talents, amis, parents; tout

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