CHAPITRE XV
cette cordialité dont on ne peut se foire une idée dans le monde; c'est à qui respectera et aimera le plus ces deux hommes que la Providence a gardés comme par miracle. M. Emery est reslé plusieurs mois à la Conciergerie, et a vu trois fois se renouveler les prisonniers. Dieu l'avait mis là pour consoler et réconcilier tant de victimes. 11 leur inspirait ce courage si ferme et cette héroïque piété qui ont étonné les bourreaux et auraient touché des âmes moins féroces. Adieu, chère amie, je te quitte à regret, mais la cloche va m'appeler à un exercice... Sois bien tranquille sur ma santé et le genre de vie que je mène, il ne peut en être de plus doux; tous les moments sont employés, mais sans fatigue et de manière à ne laisser d'autre regret que de n'en avoir pas assez. L'expression du contentement et de cette paix que le monde ne connaît point, est peinte sur toutes les figures, et prouve que Ton ne connaît point ici les passions qui flétrissent l'âme ou la dévorent. Nous avons eu dernièrement, le jour de la Présentation, une fête touchante, dont l'objet était la rénovation des promesses cléricales ; on voyait sur tous les visages l'expression de la vérité de cette parole que chacun a prononcée aux pieds des autels : Le Seigneur est la portion de mon héritage, » etc.
La grande piété de M. de Simony ne fut point un obstacle à ses progrès dans la science. Il était profondément pénétré de cette vérité, qu'un prêtre, sans la science théologiqne, fût-il élevé à une haute perfection, ne répond pomt à sa vocation. Il se livra donc avec ardeur à l'étude des saintes lettres et de la théologie. Depuis longtemps il avait approfondi la religion dans les oavrages de ses plus célèbres apologistes. Il comprit
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aloi*8 \t besoin, pour mieux la prouver et k défendre, d'appliquer à l'étude qu'il en faisait, la n^thode sco* lastique, sans laquelle il ne peut y avoir de véritable science théologique, et que ceux-là seuls affectent de mépriser qui sont incapables d'y assujettir la légèreté de leur esprit. Les nombreux cahiers que M. de Simony rédigea pendent son cours de théologie, sur les divers traités de dogme et de morale, montrent l'im^ porlance qu'il attachait à cette méthode, et le profit qu'il en retirait. Chaque traité s'y trouve exposé avec ordre et clarté; les raisonnements y sont pressants et suivis, les points de doctrine exactement énoncés, toutes les difficultés résolues par des témoignages décisifs. Aux traités de morale se trouvent jointes des observations utiles sur tout ce qui est de pratk|ue, et toutes les décisions s'y trouvent appuyées sur les autorités les plus sûres. Outre ce premier travail qui faisait sa principale occupation, M. de Simony s'était fait une loi de recueillir et de classer par ordre alphabétique les passages les plus saillants de l'Ëcnture, des Pères et des meilleurs auteurs, y joignant quelquefois ses propres réflexions, et se créant ainsi pour l'avenir un trésor précieux, qui pût lui fournir de quoi parler solidement et avec fruit sur toutes sortes de matières.
Une vie si bien occupée lui laissait à peine le temps de suivre avec sa soaur sa correspondance acooutunaée, et il s'en excusait auprès d'elle en tonnes qui montrent le bon emploi qu'il faisait du ten^s, et l'importance qu'il attachait à l'observation du rè^ment.
« Tu me demandes si je sais capable de m'eimnyer de ton exactitude à m'écrire; m'en soupçonner, serait
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m lori que je ne le pardonnerate pas. Tout œ qae je te demande, c'est de ne pas m'en vouloir si je n'emploie pas à te répondre tous les moments que je voudrais. Ils sont si courts au sémioairet qu'une heure employée à écrire une lettre, fait un tort irréparable aux ocoopations de la journée. Tu me flattes donc d'un voyage prochain, et de prévenir les moments où je comptais moi-même aller t'embrasser. C'est une douce ^péranceque tu fais naître dans mon oo&ur; mais je suis si aecoutumé à décompter, que je n'ose rien me promettre que je i^e te sache presque en voiture et pour ainsi dire ai^rivée. Tu as raison, je ne pourrais pas te voir beaucoup, surtout à la distance où tu seras; l'emploi du temps et l'ordre du séminaire s'y opposent; des sorties fréquentes sont tout-à-fait contre l'esprit de la règle; je ne le fais guère qu'une fois par semaine, et si ce n'était ma vieille barbe, peut-être trouverait-on que c'est trop; mais, quoi qu'il en soit, bonne amie, nous en prendrons ce que nous pourrons »
L'année suivante, le %1 mai 1 S09, M. de Simony fut promu au diaconat. On ne pouvait apporter à la réception des saints ordres {dus d'innocence, de vertus, de pureté d'intention. Cependant M. de Simony ne pouvait envisager sans frayeur cette redoutable dignité d(mt qudques mois à peine le séparaient. Son àme faite pour aimer, et qui, comme l'Apôtre de la charité, croyait par-desst» tout à Famour que Dieu a pour nous, avait un désir ardent de s'unir, de se consacrer plus étroitement à lui par le sacerdoce ; mais sa foi était si vive, son humilité si profonde, qu'en présence d'un fardeau que redouteraient les anges
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eux-mêmes, il n'élait pas maître des sentiments de crainte qui le pénétraient. Voici comme il les exprimait dans une lettre à sa sœur, quelques jours après son ordination (3oinai 1809).
« Tu as sûrement, chère amie, reçu d'Eugénie la lettre qu'elle t'a écrite pour t'instruire du jour et de l'heure de mon ordination, et, j'en suis certain, tu t'es bien unie à moi et à toute l'Eglise pour obtenir pour mot les dons abondants de l'Esprit saint. Je me suis donc approché d'un degré de plus du saint autel ; je n'offrirai pas encore la victime sainte, mais je suis devenu le principal coopérateur du sacrifice. Le corps du Fils de Dieu sera entre mes mains, je le tirerai de son tabernacle pour qu'il soit distribué aux fidèles, et je pourrai, en cas de besoin, être député pour Fadministrer. Quel ministère! En est- il de plus sublime après celui du sacerdoce, et peut-on lui comparer celui des rois? mais aussi, que ce ministère est saint, et qu'il faudrait de pureté pour le remplir! 0ht quand je pense que le degré le plus élevé m'est destiné, et que dans six mois ou un an au plus tard je tiendrai dans mes mains la divine hostie, que je ne serai plus ' seulement témoin et ministre du sacrifice, mais qu'il s'opérera par mes mains, que le Fils de Dieu se rendra obéissante ma voix, et que ce corps divin, autrefois attaché à la croix et maintenant glorieux, se repdra présent par mon ministère sur le saint autel; quand je me représente au milieu de ces augustes et terribles fonctions, je frissonne, et je me trouble à la vue de mon indignité et de mes souillures; je te le dis avec sincérité, si la soumission aux avis de ceux que je dois consulter et croire dans leura décisions ne me faisaient
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Hoe loi d'aTancer, je m'arrélerâis kû, ti content du sacriâce qa'il a plu à Dieu d'agréer de ma pari et de la place qu'il tn'a donoée dans ia maisoû) je consentirais bien volontiers à rester diacre' toute ma vie. Continue, ma cfaôre amie, à prier pour moi, le besoin que j'en ai augmente avec Téiévation où Dieu me place dans son Eglise, o
Cet esprit de foi, cette profonde humilité, ces hautes idées qu'il se formait du sacerdoce, M. de Simony oherohait à les développer en lui par tous les moyens que l'Ë^tse inspirée de Dieu offre à ses enfants. La célébralioa des mystères de Jésus-Christ ou des fêtes des saints, fut toujours pour lui une occasion de se renouveler dans la ferveur et l'esprit de sa vocation; et jamais la négligence ou l'habitude ne lui firent perdre les bienheureux fruits de ces pieuses observances. Cette piété attentive et ce goût des choses de Dieu se révèlent dans une lettre qu'il écrivait api*ès la fête de saint Pierre, où il avait assisté, comme diacre, le cardinal délia Somaglia.
a Hier, ma chère amie, nous avons célébré la fête des saints apôtres Pierre et Paul. Notre Eminence officiait; j'étais non son premier, mais son principal ministre à Pautel. Elevé au-dessus du peuple, et placé entre le ciel et la terre, j'ai offert, avec le pontife, les dons que l'Esprit saint devait changer. Et dans quelle solennité? Lorsque l'Eglise célèbre la mémoire de son premier chef et remercie le Seigneur de l'avoir établi la pierre fondamentale de l'édifice éternel, et de nous avoir donné dans cette chaire, où sont assis depuis dix-huit cents ans les successeurs de Pierre, un centre indéfectible d'unité, un étendard visible à toutes les
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nattons, et sous lequel nous sommes assurés que notre foi triomphera toujours de toutes les attaques du monde et de Tenfer. Quels n'ont pas dû être mes sentiments dans un pareil jour? reconnaissance envers le Seigneur qui nous a fait naître au sein de cette Eglise catholique, dont les chefs et les pasteurs remontent sans contradiction jusqu'à Pierre, et par conséquent jusqu'au Sauveur ; amour pour cette Eglise qui nous a reçus dès le berceau, et qui nous a nourris avec tendresse du lait de la céleste doctrine, soutenus et fortifiés par les sacrements, consolés par ses instructions divines, et qui ne nous quittera que pour nous remettre entre les bras de son divin chef; mais aussi serrements de cœurs à la vue de tant de pauvres errants, qui, après avoir déchiré le sein de leur mère et s'être séparés d'elle par le schisme et l'hérésie, résistent à ses invitations et veulent obstinément être enfants He Jésus-Christ en reniant son épouse et leur mère... »
M. de Simony, par sa consécration au service de Dieu, avait embrassé la carrière des sacrifices. Dieu ne fut pas longtemps sans lui en demander un qui dut bien coûter à un cœur pour qui les amitiés vertueuses avaient un si grand prix. On connaît les liens qui Pattactiaient à la maison de Sully. L'estime et la vertu les avaient formés, et la religion leur avait donné une force et une durée qu'on cherche inutilement dans les afi^tions purement humaines. M™® de Sully, minée parle chagrin, flétrie par d^inconsola blés douleurs, et atteinte d'une maladie contre laquelle tous les secours de l'art venaient échouer, sentait son heure dernière approcher. Elle connaissait la tendre piété de M. de
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Simony. Elle lai écrivit elle-même, malgré sa grande faiblesse, et lai exprima le désir de le voir et d'être assistée de ses prières dans ce dernier moment. M. de Simony se rendit en toute hâte auprès d'elle. La religion ne poavait emprunter une voix plus touchante, pour M"*® de Sully, que celle qui avait enseigné le chemin du ciel au tils qu'il lui tardait de rejoindre. On verra, par les deux lettres suivantes, les impressions de foi et de piété que la vue d'une mort aussi sainte laissa dans l'àme de M. de Simony. Il offrit à Dieu oe nouveau sacrifice avec un cœur déchiré, mais soumis, et qui se détachait de plus en plus de tout sur la terre pour s'unir plus étroitement à Dieu seul.
« Ma bonne sœur, écrivait-il, élève ton esprit et ton cœur ei^ haut, pour supporter la nouvelle de M*^* de Sully malade, et dangereusement malade. Le sujet de sa joie fait celui de nos douleurs. Au milieu de ses souffrances, son àme, toujours également forte, regarde avec complaisance le moment où elle sera réunie dans le sein de Dieu à tout ce qu'elle a de plus cher. La pensée d'une mort prochaine a pour elle tant de charmes, qu'elle n'ose pas trop s'y arrêter, voulant que la parfaite soumission à la volonté divine soit le sentiment exclusif de son àme. Tu comprends, d'après ce que je viens de te dire, quels sont les sentiments que j'éprouve. Je suis déchiré à l'idée d'une séparation pour la vie, et je n'ose pas désirer, encore moins demander à Dieu qu'il prolonge ses jours. Je suis auprès d'elle depuis h.er soir. Elle-même m'écrivit dimanche son état, et m'exprima le désir de me voir. Je l'ai trouvée assise dans son cabinet et mise comme à l'ordinaire; un calme parfait sur le visage, et le sou-<
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rire sur les lèvres. Quand je loi ai dit qu'elle étail sûrement au comble de ses vœuc, par la perspective de quitter bientôt ce monde, son visage s'est épanoui avec une eipression de joie extraordinaire. « Ne fautil pas, m'a-t-elle dit, être contente de tout oe que le bon Dieu veut?)> Elle m'a demandé de tes nouvelles, et quand je lui ai dit que l'annonce de sa maladie mêlerait bien de Tamertume à la joie que tu as de posséder ton amie : « Je le crois, m'a-t-elle dit, elle est si bonnet b Elle marche vers l'éternité avec une tranquillité et une confiance admirables, die parle de sa mort prochaine comme un autre parierait du plus court voyage. Il ne faut pas en être étonné, elle s'y prépare depuis longtemps, et Dieu, qui fait la blessure, y met le baume des consolations. Âh! chère amie, que les coups de ce bon père sont accompagnés de miséricorde ! Il nous fait acheter par des maux de quelques jours un bonheur éternel, et encore il en adoucit tellement la pointe par sa grâce, qu'ils finissent par paraître doux. Ceux que M*^* de Sully soufifre en i^on corps, sont une oppression extrême causée par une maladie du cœur, de ce cœur qui a si profondément senti, depuis dix ans, tout ce qu'il y a de plus cuisantes douleurs. Depuis un an, elle éprouvait les premières atteintes de cette oppression; mais, méprisant toujours ses douleurs, et persuadée que ce n'était qu'un mal passager, elle n'a cherché à y apporter aucun remède. Depuis quipze jours, le mal fait des progrès effrayants. Il ne faut donc plus se faire illusion, le bon Dieu l'appelle à lui. Quelle perte je vais faire, et en même temps que de gr^u^ j'aj k reiMlre à Dieu des exemples qu'il nve n)et soui; le$
jêu^, et d^§ leço;^ ^l tts^^p^^Vfs ^'il mj^ <^9Q9 1 Qq€^ je s/^'uft ffiible ef sUipi^le, si d^cmsiis jq comAt^i^ {MM^* q\2§Iqii€ çhq^^ ce mpDde ^ 1914 <^ <mi y ^t^ct^* Oh ! mq çhdre i^puc^ il y 'y â\ qu'uae cho^ n^ca$^irc^ ç'^sit 1^ s$|luli; taut Çj9 qu^ n'^si p^ ppur cette yiej 9ii( ri^ oe toil, où le |K>];i^eur ^t saflis m^pgip, qù l^ ql^^^ 4^ V^v^qir t^'eaipiçtisQûi^ç^ pas la p^|x du préa^t, ^^'çst q^e va\B[ilé, frixolit^, folie. "Çoç^doo^ pos Eegar<ls iççrs Iç o|f4 si ^e^, 9)1!^ ^pules bo^ a$r§ctipDi, çoitfopd^^ da^s V^^oi^I* 4^ I^^<^ seroi^^ pofur «Auà Uf^ so^FCfi Ipqjoi^^ r4m^^s^Qt^4'^^ iotj^ris^blf t^D- Iff^i:. Aip[ioQ^ Diiçu car la terre,^ aw ^9 9^roWs, imi^ eii çfièt, ^^ 4.e 10 F<^4er ^i^ \^ cj^I. Y9iilà le sm^ Yf^i bi^, p»^i?qui'il ©?t 1? ^wl qv^ 4^i^wre- Adieq, U^e ^ cl|ère ^oetap, t^cl^ ^ ir^eUre ta dg^ur aif pt^ d^ grw^qft^; n'^t 1^ vrai^ m^re^ de§ ow^tioDS. J^ ftft te diwî pftiî pom? çel^ ; pe pleure pas^; j^ ^e pui^ Hd!^ eigR^cb^r çno^raônftp. Mm qu'il «it itoui; dhi 9^ dire, en voyant nos amis s'éloignc^T' dfi llop$: ; ïl% noua Bréçèileofi, eu ^jq^r de ^ gloire et du nm bpphiQvr, l^s pfi^n^ ^O^S ^i^woi^t ^ y a^wi^^r, pt un jpw nous ne ferons qu'un pour aimer ^ posy^iu* IQie^ p^^ant. Tétf^riH^.
1^ Jçi v^ens ^ Tii^stant dei quitter c^^ pa^vi^ «I «i chère malade, éçrit-iJ Je l^ndeim^ip; eH^esA cUas ^n %t bi^p çrqel pour poiu$, qui ^p i^Qi^«9 témoi99V i^^ifl 9^ R^Menf^, Si9P p^lme, &9^i m pçoportifoii d^ s^ 4Pl^lQpr^« iQç f^atip, ell^ 9 i^eçu le ç^çrepient d^ r^j^(f(êw%r0jw|ipp, 4fl^i^ sa Pbwirtlp ; ^\ cette fewBWij 4pp^ V^rIqu^ ^^%\ ^ toujours été de r^p4re bfiireui tffH^ ^ ^W Vpft^o^r^J ^ ppié M- l« ©WPé <te demande» W §9Q PW P^rdpi^ ^ top» $^ gens, des loauvais
4M YIB DB MONSlieiflitJm DS SIMONT.
exemples qu'elle a pu leur donner, et de ce qu'efle a pu faire qui leur ait causé de la peine. Elle leur a fait dire qu'elle leur pardonnait tous les torts qu'ils pourraient avoir eus contre eHe. Ce n'a été alors que larmes et que sanglots. Elle a voulu assister à toute la messe, à laquelle elle a communié. Je ne sais si demain elle pourra avoir ce bonheur, tant elle est faible aujourd'hui. Quelle perte je fais, ma chère amie; ses exemples et ses conseils m'ont été si utiles! Ses exemples surtout, car c'est là que je puisais des conseils que sa modestie se refusait à me donner. Ohl puissé-je apprendre aussi à bkn mourir, et, pour cela, me bien préparer à la mort par une vie remplie de bonnes oeuvres ! La vie n'est bonne qu'à cela ; quels qu'en soient les événements et les vicissitudes, s'tb nous mènent à une bonne mort, ils auront été heu^ reux. Adieu, ma bonne sœur, prie pour WP*»* de Sully, mais ne t'abandonne pas à la douleur; tu te dois à ta famille et à^es amis. »
La mort de M"^* de Sully suivit de près, et, le 40 juin 1809, M. de Simony apprit à sa soeur la perte quil venait de faire.
a Tu t'attends sûrement aux nouvelles les plus fâcheuses, chère amie, d'après celles que je t'ai données de M*^* de Sutfy. En effet, nous l'avons perdue pour la terre; elle ne vit plus ici-bas, elle n'est plus que dans le ciel ; ses vœux ont été comblés hier, sur les trois heures et demie. Ce moment, qu'elle regardait comme le terme de son douloureux pèlerinage, est enfin arrivé, et a comblé sa joie en mettant le comble à nos regrets. Elle n'a perdu la parole qu'une demi-heure avant d'expirer; encore aH-elle prononcé
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deax fois distincteiDetit ces mots : Hod Dieo ; après avoir baisé le orocifix qa'on lui a présenié. J'ai passé la nait près de son corps inanimé, et une bonne partie du reste dn temps. Son visage, après vingt-quatre heures, n'a pas (Aangé; il respire le calme et la paix. Elle est au eid, n'en doutons pas. S'il lui est resté qudques légères souillures, sa patience à souffrir les maux de sa dernière maladie, sa profonde résignation les auroni expiées, et j'ose espérer qu'elle n'aura pas eu besoin de passer par les flammes du purgatoire pour paraître devant Dieu. Prions cependant pour elle; car, €|ui peut mesurer la juMice éd Dieu, de ce Dieu qui juge les justes mêmes, et qui, à ce jugement qui décide de notre sort éternel, ne connaît plus de miséricorde. Pri<»s; nos prières ne peuvent être perdues; eHes nous en obtiendront de la part de cette sainte àme qui nous faciliteront de suivre ses exemples. Prions, c'est l'unique consolation dans de pareils maux. Je ne verse de larmes que dans la prière, et ces larmes me soulagent; partout ailleurs la douleur m'oppresse. Le service se fera demain; je ne quitterai ces lieux où je laisserai des souvenirs si chers, qu'après avoir satisfait à ce dernier devoir. Ton idiagrin sera vif, j'en suis assuré, quoique tu ne pusses te flatter de revoir jamais cette femme incomparable; mais il faut que ta peine ne soit pas sans douceur, en pensant que celle que tu regrettes te voit et t'entend; car, n'en doutons pas, les saints qui j<Hiissent de la vue de Dieu voient, dans ce miroir, ce que Dieu voit lui-même. Us y voient donc nos soupirs et nos vœux. Adieu , bonne sœur. Je serai probablement au séminaire demain soir. »