V. André de Simony, fils de Thiebaud, fut gouver
mei, Hugo, Martinus, Domicelli, et puella mea Felicia, concedimus et damus Ecclesiœ Sancti Pétri Suenne, domum seu villam de Franca, cum toto honore, sub expressa conditione quod quolibet anno vigiliœ defunctorum erunt decantatœ, prima die mensis septembris, pro animakus patris mei Reynaldi, genitricis meœ Prosperœ, pro me et uxore mea, pro filiis et filiabus meis. Hœc acta sunt in villa de Franca et data sub chirographo, die décima quinta calendis januarii , anno ab Incamatione Domini MCCLXXXXII.
Qu*U soit connu à tous tant présents que futurs, que moi, Melitius de Simony, chevalier , et ma femme Eugénie Pétrucio, mes fils Hugues, Martin, damoiseaux, et ma jeune fille Félicie, donnons et cédons à l'Eglise de Saint-Pierre de Sienne notre maison ou métairie de Franca, avec tous les droits honorifiques, sous l'expresse condition que le premier jour du mois de septembre de chaque année on chantera les vigiles des morts pour les âmes de mon père Reynaud, de ma mère Prospère, de moi, de ma femme, de mes fils et filles.
Ces présentes lettres ont été faites à la métairie de Franca, et données sous le seing, le quinzième jouf des calendes de janvier de Tan douze cent quatre-vingt-douze de l'Incarnation de Notre- Seigneur,
CHÀPITHB I. 5
Deur de la citadelle de Sienne en 4445. Son fils aîné, Pierre de Simony, lui succéda dans celte charge, et devint le chef de la branche aînée qui resta en Italie. Cette branche a eu la gloire de compter parmi ses membres le grand Michel-Ange, tout à la fois peintre, sculpteur et architecte du premier ordre. Chacun sait que le nom de Buonarotti n'était qu'un surnom. Entre autres preuves de cette parenté, en voici une qui alleslë en même temps l'ancienneté de la famille de Simony, déjà bien reconnue à cette époque : c'est Tépitaphe gravée sur la tombe du grand artiste, dans Téglise de Santa Croce, à Florence :
HIC JACET MICHEL AGNOLO BUONAROTTI EX VETUSTA FAHILIA SIMOTflORUM ETC.
Ajoutons que, même de son vivant, Michel- Ange n'était nullement traité comme un artiste ordinaire, et que son nom ne paraissait jamais dans les actes publics sans être suivi de ces mots : Patricius Florentinus*.
* Cette branche a aussi fourni à l'ordre de Saint-Jean-de- Jérasalem deux chevaliers, dont Tun fut une des gloires de l'ordre. C'est le frère Paul, petit-fils de Pierre de Simony, et par conséquent cousin de Martin et de Claude 1 (voir plus bas la suite de la généalogie). Lorsque les Turcs assiégèrent Tile de Léro, Paul était éeuyer du chevalier gouverneur, et fut par sa mort investi du commandement à l'âge de dix-huit ans. Il opposa aux efforts de la flotte infidèle une résistance héroïque, et l'obligea à lever le siège. Plus tard, on le voit commandeur de Tunis, s'en emparer par une surprise hardie, malgré le fameux Barberousse (1535) et livrer cette viUe à l'empereur Charles-Quint. Ce fait d'armes , qui entraîna la conquête de tout le royaume de Tunis et la délivrance de six mille chrétiens captifs , fit grand bruit dans l'Europe entière, et fut célébré en Angleterre par un poème épique dont Paul de Simony est le hérjos , et dont on retrouve d'assez longs fragments dans un recueil de vieilles poésies anglaises récemment publié. Les années suivantes, devenu général des galères de la Religion, il croisait dans la Méditerranée à la tête d'une flotte de quinze voiles, et c^turait aux infidèles lui
6 VIE DE MOIfSBIGIfBUR DE SIMONT.
Vt. François de Sitrioûy, secoiid fils d'André, vint s'établir en France, à la suite et comme chambellan de Jean II, duc de Lorraine, fils aine de René, roi d^Ânjou, lorsque ce prince, après d'inutiles efforts pour recouvrer le royaume de Naples, repassa en France Pan 1464. Nicolas d'Anjou, fils de Jean II, étant mort sans postérité, René II, petit-fils du roi René par sa mère Yolande, hérita du duché de Lorraine, et continua sa confiance à François de Simony, qu'il avait en très-grande estime. A la fameuâe bataille qui se livra devant Nancy, le 5 janvier 1 477, et où Gharles-le-Téméraire, duc de Bourgogne, fut tué et ses troupes défaites, François de Simony fut grièvement blessé en combattant vaillamment aux côtés de René, duc de Lorraine. Sa bravoure, son mérite, et la charge qu'il exerçait, le firent entrer dans une des premières familles de Bourgogne, par son mariage avec Guillemette de Taceponne de Vicanne. François de Simony devint ainsi le chef de la branche de Simony établie en France.
VU. Martin de Simony, baron de la Fauche, son fils, épousa, en 1494, Marguerite de Combles, qui lui apporta de grands biens ; mais une des clauses rigou* reuses du contrat de mariage fut que Martin de Sitnony et ses héritiers adopteraient à l'avenir les armes de la maison de Combles. Ces armes, qui étaient celles de Ms' de Simony, portent : écartelé au premier quartier
grand nombre de navires. Il parvint aux plus hautes dignités de r ordre, et mourut grand-prieur de Lombardie.
Quelques années plus tard (août 1602)^ le frère Pompée de Simony fut tué à la prise de Mahoimette. Ces faits sont consignés dans toutes les histoires de Malte , et même dans l'Histoire du siège de Malte, par Vertet. Mais ce dernier a défiguré les noms en mettant Simeoni au lieu de Simony, et en qualifiant iPaul de Piémontais, tandis qu'il était Siennols. Ces erreurs du reste sont facilement rectifiées & Taide d'un livre qui fait foi, le Martyrologe de Saint-Jean-de-Jérusalem.