‹ Vie de N.-S. Jésus-Christ [microforme]Chapitre 126 sur 154 · EL D A 2 DE · texte numérisé non relu

EL D A 2 DE

vous ai à ue c’est moi. Mais si c’est moi que vous

cherchez, laissez aller ceux-ci. Afin que fût accom-

plie la parole qu’il avait dite : Je n’ai perdu aucun de

ceux que vous m'avez donnés, Alors Simon Pierre, qui avait une épée, la tira, et frappant le serviteur du grand prêtre, il lui coupa l'oreille droite. Or, le nom de ce serviteur était Malchus. Mais Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Et le calice que mon Père m’a donné, ne le boirai-je done point? Alors la cohorte, le tribun et les archers des Juifs se saisirent deJé ‘<et le lièrent. Puisils l'emmenèrent d’abord chez Ai arce qu'il était le beau-père de Caïphe, qui était le pontife de cette année-là. Or, Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : Il est avantageux qu'un seul homme meure pour le peuple. Cependant Simon Pierre suivait Jésus, et aussi l’autre disciple. Or, comme ce disciple était connu du pontife, il entra, avec Jésus, dans la cour du pontife. Mais Pierre se tenait dehors à la porte. C’est pourquoi l’autre disciple, qui était connu du pontife, sortit, et parla à la portière, et elle fit entrer Pierre. Alors cette servante qui gardait la porte, demanda à Pierre : Et toi, n’es-tu pas aussi des disciples de cet homme? Illui répondit : Je n’en suis point. Or, les serviteurs et les archers se tenaient auprès du feu, et se chauffaient, parce qu'il faisait froid ; et Pierre était aussi avec eux, debout et se chauffant. Cependant le pontife interrogea Jésus touchant ses disciples et sa

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doctrine, Jésus lui répondit : J’ai parlé publiquement

au monde ; j'ai toujours enseigné dans la synugogue et dans le temple, où tous les Juifs s’'assemblent, et en secret je n'ai rien dit. Pourquoi m'interroges-tu ? Interroge ceux qui ont entendu ce que je leur ai dit ; voilà ceux qui savent ce que j'ai enseigné, Après qu’il eut dit cela, un des archers là présent donna un soufflet à Jésus, disant : Est-ce ainsi que tu réponds au pontife ? Jésus lui répondit : Si j’ai mal parlé, rends témoignage du mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappestu? Et Anne l’envoya lié À Caïphe, le grand prêtre. Cependant Simon Pierre était là debout et se chauffant. Ils lui dirent donc: Et toi, n’es-tu pas aussi de ses disciples? Ille nia et dit: Je n’en suis point. Un des serviteurs du pontife, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit: Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui? Et Pierre le nia de nouveau; et

aussitôt un coq chanta. Ils amenèrent donc Jésus de chez Caïphe dans le prétoire. : Or, c'était le matin, et eux n’entrèrent point dans le prétoire, afin de ne point

se souiller et de pouvoir manger la pâque!. Pilate

donc vint à eux dehors et dit : Quelle accusation portez-vous contre ect homme? Ils répondirent et lui

dirent : Si ce n’était pas un mali.iteur, nous ne vous l’au-

1—Les Juifs croyaient: qu’en entrant dans la maison d’un païen, ils contractaient une souillure légale qui les empêchait de prendre part aux cérémonies de la religion, au moins jusqu’au soir du même jour.

rions pas livré. Alors Pilate leur dit: Prenez-le vousmêmes, et le jugez selon votre loi. Mais les Juifs lui répondirent : Il ne nous est pas permis de mettre personne à mort !. Afin que fût accomplie la parole que Jésus avait dite, montrant de quelle mort il devait mourir. Pilate rentra donc dans le prétoire, appela Jésus, etluidit: Es-tu le roi des Juifs ? Jésus répondit : Dis-tu cela de toi-même, ou d’autres l’ont-ils dit de moi ? Pilate reprit: Est-ce que je suis Juif, moi? Ta nation et les pontifes t'ont livré à moi: Qu’'as-tu fait? Jésus répondit: Mon royaume n’est pas de ce monde; si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs com-

battraïient certainement pour que je ne fusse pas livré

aux Juifs ;: mais je l’assure ?, mon royaume n’est pas , n ?

d'ici. C’est pourquoi Pilate lui repartit: Tu es done roi? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Si je suis né, et si je suis venu dans le monde, c’est pour rendre

1—Les Romains avaient Ôté aux Juifs le pouvoir de vie et de mort et se l’étaient réservé.

2—Je l'assure; vrai sens de la particule (nunc), traduite généralement par maintenant, et qui est ici, comme en bien d’autres passages analogues, purement enclitique. Les Millenaires l’ont rendu par mrintenant afin de confirmer leur erreur.

—Jésus-Christ était vraiment roi; mais il n’avait pas reçu son pouvoir des hommes : ‘“ C’est pourquoi, remarque saint Augustin, il ne dit pas ici: Mon royaume n’est pas en ce monde, mais n’est pas de ce monde; ” idée que rend parfaitement saint Chrysostôme, quand il dit : “ IL s'exprime ainsi, parce qu’il ne tient pas le royaume, comme letiennent ici-bas les rois de la terre, et qu’il a reçu d’en haut sa principauté qui n’est pas humaine, mais qui est bien plus grande et plus illustre,

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témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité, écoute ma voix !. Pilate lui demanda: Qu'est-ce que la vérité? Et ayant dit cela, il alla de nouveau vers les Juifs, et leur dit : Je ne trouve en lui aucune cause de mort. Mais c’est la coutume parmi vous que je vous délivre un criminel à la Pâque ; voulez-vous done que je. vous délivre le roi des Juifs? Alors ils crièrent tous de nouveau, disant : Non pas celui-ci, mais Barabbas. Or, Barabbas était un voleur. Alors donc Pilate prit Jésus et lefit flageller. Et les soldats ayant tressé une couronne d’épines, la mirent sur sa tête, et le couvrirent d’un vêtement de pourpre. Et ils venaient à lui et disaient : Salut, roi des Juifs ; etils lui donnaient des soufllets. Pilate sortit done de nouveau, et leur dit: Voici que je vous l’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve en lui aucune cause de mort. (Aïnsi Jésus sortit, portant la couronne d’épines et le vêtement de pourpre.) ‘Et Pilate leur dit: Voilà l’homme. Quand les pontifes et les archers l’eurent vu, ils criaient, disant : Crucifiez-le, crucifiez-le ! Pilate leur dit: Prenez-le vous-mêmes, et le crucifiez ; car moi, je ne trouve pas en lui une cause de mort. Les Juifs lui répondirent : Nous, nous avons une loi, et, selon cette loi, il doit mourir, parce qu'il s’est fait Fils de Dieu. Lors donc que Pilate eut entendu cette parole,

il craignit davantage. Et, rentrant dans le prétoire,

1—Appartenir à la vérité est la même chose qu'appartenir à Dieu (Corn-à-Lap. ibid.),

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il dit à Jésus : D'où es-tu ? Mais Jésus ne lui fit point de réponse. Pilate lui dit donc: Tu ne parles pas ? Ignores-tu que j'ai le pouvoir de te crucifier et le pouvoir de te délivrer? Jésus répondit: Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un plus grand péché. Et, dès ce moment, Pilate cherchait à le délivrer. Mais les Juifs criaient, disant : Si vous le délivrez, vous n’ôtes pas ami de César ; car quiconque se fait roi, se déclare contre César. Or, Pilate ayant

entendu ces paroles, fit amener Jésus dehors, et il s’as-

sit sur son tribunal, au lieu appelé Lithostrotos, et en hébreu Gabbatha !. (C'était la préparation de la

pique, vers la sixième heure, et Pilate dit aux Juifs :

1—Lithostrotos est un mot grec, qui signifie pavé de pierre ; Gabbatha en syriaque (car c’est cette langue que Les auteurs du Nouveau-Testament appellent l’hébreu, parce que c’était celle que les Hébreux parlaient alors), signifie une hauteur ; l'endroit où Pilate fit placer son tribunal au dehors de son palais, était apparemment un endroit élevé et pavé (Bibl. de Vence, tom. XXI. 5e éd.).

—On montait au Gabbatha par de nombreux degrés en marbre (vingt-huit) qui ont été transportés à Rome, et placés (dans un beau monument) près de la Basilique de saint Jean de Latran, où ils sont honorés avec beaucoup de dévotion par le pieux concours des Fidèles : on les nomme: la Scala Santa. (Corn-à-Lap. ibid.).

—+ Saint Jean s'arrête à cette circonstance de la passion du Sauveur, pour montrer que c’est pour nos péchés publics que Jésus a accepté volontairement toute l'ignominie de cette publique et révoltante sentence judiciaire de sa condamnation ! (Corn-à-Lap. ibid.)

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