XVI.—JÉSUS AU MILIEU DES DOCTEURS (Luc. IT
Cependant l'enfant croissait et se fortifiait, plein de
sagesse; et la grâce de Dieu était en lui. Or, ses parents
1—{ Nôus avons déjà vu Nazareth, dans S. Luc au N° 3 : mais
S. Mathieu en parle ici pour la première fois, D]
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allaient tous les ans à Jérusalem à la fête de Pâque.
Lors donc qu'il cut douze aus, ils montèrent à Jérusa-
lem selon la coutume de cette solennité ; et, quand les jours de la fête furent passés, ils s’en retournèrent ; mais l'enfant Jésus demeura à Jérusalem, et ses parents .ne s’en aperçurent point. lensant qu'il était avec quelqu'un de leur compagnie, ils marchèrent durant un jour, et ils le cherchaient parmi leurs proches cet leurs connaissances. Et ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem pour le chercher. Mais il arriva que trois jours après ils le trouvèrent dans le temple, assis au
milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Et tous ceux qui l’entendaient étaient étonnés de sa
sagesse et de ses réponses.
En le voyant, ils furent étonnés, et sa mère lui dit : Mon fils, pourquoi avez-vous agi ainsi avec nous? Voilà que votre père et moi, fort affligés, nous vous cherchions. Mais il leur répondit : Pourquoi me cherchiezvous? Ignoriez-vous qu’il faut que je sois aux choses qui regardent mon Père? Mais eux ne comprirent point ce qu’il leur disait.
Il descendit ensuite avec eux, et vint à Nazareth ; et il leur était soumis. Or, sa mère conservait toutes ces choses en son cœur. Cependant Jésus avançait en sagesse, en âge, et en grâce devant Dieu et devant les hommes.
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XVII.—COMMENCEMENT DE LA PRÉDICATION DE SAINT JEAN- BAPTISTE (Maru., ILL.—Manc., 1.—Luc,, IIf.).
L'an quinzième du’ règne de César Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode, tétrarque de Galilée, Philippe, son frère, tétrarque d’Iturée et du pays de Trachonite, et Lysanias, tétrarque d’Abrylène ; sous les grands prêtres Anne et Cuïphe, la parole du Seigneur se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans le désert de la Judée. Et il vint dans toute la région du Jourdain, prêchant le baptème de pénitence pour la rémission des péchés, et disant: Faites pénitence, car le royaume des cieux ëst proche. C’est lui dont a parlé le prophète Isaïe, disant: Voix de quelqu'un qui crie dans le désert : Préparez la voie du Seigneur, faites droits ses sentiers: toute vallée sera comblée, et toute montagne et toute colline seront abaissées : les chemins tortucux deviendront droits, et les raboteux, unis ; et toute chair verra le salut de Dieu. Or, Jean avait un vêtement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins ; et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage.
Alors accouraient à lui Jérusalem, toute la Judée et tout le pays autour du Jourdain. Et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, confessant leurs péchés 1,
1—Le baptême de saint Jean était un symbole de la rémission des péchés, qu'il promettait À ceux qui s’en approchaient dans un esprit de componction ct de pénitence, après avoir confessé leurs péchés,
Or, voyant beaucoup de Pharisiens ! et de Sadducéens venant à son baptème, illeur dit : Race de vipères, qui vous a montré à fuir devant la colère qui va venir? Faites donc de dignes fruits de pénitence, Et ne songez pas à dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ; car je vous le dis, Dieu peut de ces pierres mêmes susciter des enfants à Abraham. Déjà lacognée a été mise à la racine desarbres. Tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit sera coupé et jeté au feu. Et la foule l’interrogeait, disant : Que ferons-nous done ? Et répondant, il leur disait: Que celui qui a deux
tuniques en donne une à celui qui n’en a point, et que
celui qui a de quoi manger fasse de même. Des publicains vinrent aussi pour être baptisés, et lui demandèrent : Maître, que ferons-nous? Et ïl leur répondit : Ne faites rien de plus de ce qui vous a été prescrit. Et des soldats aussi l’interrogeaient, disant : Et nous, que ferons-nous? Et il leur dit: N’usez de violence ni de fraude envers personne, et contentezvous de votre paye.
1—Les Pharisiens et les Sadducéens étaient les deux principales sectes cles Juifs. Ceux-ci prétendaient qu’il n’y avait ni anges ni démons; ils rejetaient l’immortalité de l’âme et la résurrection des morts. Les Pharisiens croyaient toutes ces vérités et faisaient profession d’être exacts observateurs de la loi de Dieu et des traditions des anciens; mais ils faisaient consister presque toute la religion dans des pratiques purement extérieures et corrompaient la loi de Dieu par de fausses interprétations.
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XVIII.-JEAN-BAPTISTE CONFESSE QUE JÉSUS EST LE MESSIE (Mar, IL. —Manc., I—Luc., IIL.).
Or, le peuple croyait et tous pensaient en leurs cœurs que Jean pourrait bien être le Christ. Jean répondit, disant à tous : Pour moi, je vous baptise dans l’eau ; mais viendra un plus puissant que moi, dela chaussure de qui je ne suis pas digne de délier la courroie ! ; lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu ?. Son van est en sa main, et il nettoiera son aire, puis il rassemblera le froment dans son grenier, et brüûlera la paille dans un feu qui ne peut s’éteindre. C’est ainsi qu’en lui apprenant beaucoup d’autres choses, il évangélisait le peuple. Mais comme il reprenait Hérode le tétrarque, au sujet d'IHérodiade, femme de son frère, et à cause de tous les maux qu'il avait faits, Hérode ajouta encore celui-ci à tous les autres : ilfit mettre Jean en prison ?.
XIX.—JÉSUS REÇOIT LE BAPTÈME DE JEAN (Mar, IIL.— Maro., I.—Luc., IIT.).
Alors Jésus vint de la Galilée aw Jourdain vers
Jean pour être baptisé par lui. Or, Jean le détournait, disant : C'est moi qui dois être baptisé par vous, et
1—C'était la coutume des Hébreux, aussi bien que des Grecs et des Romains, de faire porter, lier ct délier leurs souliers par les derniers de leurs esclaves.
2— Dans l'Esprit saint et dans le feu, c’est-à-dire dans l'Esprit saint qui purifie et qui enflamme comme le feu.
3—ŸS. Luc parle ici de l’emprisonnement de $. Jean par anticipation.
VIE DE NX+$,
vous venez à moi! Mais, répondant, Jésus lui dit : Laisse maintenant, car c’est ainsi qu’il convient que nous accomplissions toute justice. Alors Jean le laissa. Or,'ayant été baptisé, Jésus sortit aussitôt de l’eau. Or, il arriva que comme tout le peuple recevait le baptème, et que Jésus ayant été baptisé, priait, le ciel s’ouvrit : et l’Esprit-Saint descendit sur lui sous la forme sensible d’une colombe ; et une voix vint du ciel : Vous êtes
mon fils bien-aimé ; c’est en vous que j'ai mis mes
complaisances.