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Celui qui a recu la semence parmi les épines, c’est celui qui écoute la parole ; mais les sollicitudes de ce siècle et la tromperie des richesses étouffent cette parole, et elle reste sans fruit. Mais celui qui a reçu la semence dans une bonne terre, c’est celui qui écoute la parole et la comprend ; qui porte du fruit, et rend
ou cent, ou soixante, ou trente.
Il leur disait aussi : Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boïisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour la mettre sur le chandelier ? Car il n’y a rien de caché qui ne soit manifesté, ni rien de fait en secret qui ne vienne au grand jour. Il leur disait encore : Prenez garde à ce que vous entendez. La mesure dont vous aurez usé pour les autres, on en usera pour vous, et en y ajoutant. Il disait aussi : Il en est du royaume de Dieu comme d’un homme qui jette de la semence en terre. Qu'il dorme, qu'il se lève de nuit et de jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. Car, c’est d’elle-même que la terre produit du fruit ; d’abord de l'herbe, puis un épi, et ensuite du blé tout formé dans l’épi. Et quand le fruit est en maturité, aussitôt on y met la faux, parce que c’est le temps de la moisson.
Il leur proposa une autre parabole, disant : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé du bon grain dans son champ. Mais pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema
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de l’ivraie au milieu du froment, et s’en alla. L’herbe ayant donc crû et produit son fruit, alors parut aussi l'ivraie. Cependant les serviteurs du père de famille s'approchant, lui demandèrent : Seigneur, n’avez-vous pas semé du bon grain dans votre champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? Et il leur répondit : C’est un homme ennemi qui a fait cela. Les serviteurs lui demandèrent : Voulez-vous que nous allions l’arracher ?
Il répondit : Non, de peur qu’arrachant l’ivraie, vous
.n’arrachicz aussi le froment avec elle. Laissez l’un et
l’autre croître jusqu’à la moisson, ct, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord livraie, et liez-la en gerbes pour la brûler ; mais le froment, rassemblez-le dans mon grenier.
Il leur proposa une autre parabole, disant : Le royaume des cieux est semblable à un grain de sénevé, qu’un homme prit et sema dans son champ. C’est, à la vérité, le plus petit de tous les grains ; mais lorsqu'il a erû, il est plus grand que toutes les plantes, et il devient un arbre ; de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses rameaux. Il leur dit encore cette autre parabole : Le royaume du ciel est semblable au levain qu’une femme prend et mêle dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que le tout ait fermenté, Jésus dit toutes ces choses en paraboles à la multitude ; et il ne lui parlait point sans paraboles ; afin que s’accomplît la parole du prophète 1, disant : J’ouvrirai ma bouche
1—Au Livre des Psaumes : LXX VIT, 2.
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en paraboles, et je révèlerai des choses cachées depuis. la fondation du monde. Mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples.
XVIL.—PARABOLE DE L'IVRAIF EXPLIQUÉE : AUTRES PARABOLES (Marr., XIII.).
Alors, la multitude renvoyée, il vint dans la maison et ses disciples s’approchèrent de lui, disant : Expliqueznous la parabole de l’ivraie semée dans le champ. Jésus répondant leur dit : Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; et le champ, c’est le monde. Mais le bon grain, ce sont les enfants du royaume, et l’ivraie, les enfants du malin esprit. L'ennemi qui l'a semée, c’est le démon. La moisson, c’est la consommation du siècle : les moissonneurs sont les anges. Comme done on arrache l’ivraie et qu’on la brûle dans le feu, ainsi en sera-t-il À la consommation du siècle. Le Fils de l’homme enverra ses anges, ct ils enlèveront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité ; et ils les jetteront dans la fournaise du feu. Là sera ! le pleur et le grincement des dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende,
Le royaume des cieux est semblable À un trésor caché dans un champ ; celui qui l’a trouvé, le cache,
1—Selon les règles de la grammaire, il faudrait ici en effet le pluriel (seront), mais en latin il y a le singulier et notre traduction est une traduction littérale.
et à cause de la joie qu'il en a, il va et vend tout ce qu'il a, et il achète ce champ. Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherchait de bonnes perles ; or, une perle précieuse trouvée, il s’en alla, vendit tout ce qu’il avait et l’acheta, Le royaume de Dieu est encore semblable à un filet jeté dans la mer, qui prend toutes sortes de poissons, et lorsqu'il est plein, les pêcheurs le retirant, puis, s’asseyant sur le rivage, ils choisissent, les bons, les mettent dans des vases, et jettent les mauvais dehors. Ainsi en sera-t-il à la consommation du siècle ; les anges viendront et sépareront les méchants du milieu des justes, et les jetteront dans la fournaise du feu. Là sera le pleur et le grincement des dents. Avez-vous bien compris tout . ceci ? Ils lui dirent : Oui. Et il ajouta : C’est pourquoi tout scribe, instruit de ce qui touche le royaume des cieux, est semblable au père de famille qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. Et il arriva que lorsque Jésus eut achevé ces paraboles, il partit de là.
XIX.—S4VANT DANS LA LOI QUI VEUT SUIVRE JÉSUS : TEMPÊTE APAISÉE (Marr., VEIL—Mane., IV.—Luc., VIIL.).
Ce jour-là, lorsque le soir fut venu, Jésus voyant une grande foule autour de lui ordonna de passer à l’autre côté de la mer. Alors un scribe s’approchant, tui dit : Maître, je vous suivrai partout où vous irez. Jt Jésus lui dit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux
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du ciel des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. Un autre de ses disciples lui dit : Seigneur, permettez-moi d'aller d’abord et d’ensevelir mon père, Mais Jésus lui dit : Suis-moi et laisse les
morts ensevelir leurs morts.
Etant ensuite monté dans la barque, ses disciples le suivirent, et d’autres barques l’accompagnaient. Et
di voilà qu’une grande tempête se leva sur la mer; de
sorte que la barque était couverte par les vagues :
Jésus cependant était à la poupe, dormant sur un
oreiller, C’est pourquoi ses disciples s’approchèrent de
lui et l’éveillèrent, disant : Seigneur, sauvez-nous, nous
périssons. Jésus leur dit: Pourquoi craignez-vous,
hommes de peu de foi ? Alors, se levant, il commanda | aux vents at à la mer, et il se fit un grand calme. Or,
saisis d’admiration et d’une grande crainte, ces hommes disaient : Quel est celui-ci, que les vents et la mer lui obéissent ? |
XX.—LES POSSÉDES DE GADARE (Mare, VIII —Maro, V.—. Luc., VIIL.).
1 Et ils vinrent de l’autre côté de la mer, dans le pays
des Géraséniens. Et comme Jésus sortait de la barque, tout à coup accourut à lui d'au milieu des sépuleres un à homme possédé d’un esprit impur ! ; lequel habitait |
1—+ Dans le texte de S. Matthieu, on voit deux possédés ; tandis que S. Marc et $. Luc ne parlent que d’un seul ; parce | que celui-ci était plus cunnu, plus furieux (en effet, une légion | de démons étaient entrés dans cet homme) : ainsi pensent $. Aug.—$, Chrys.......…
dans les sépulcres ; et nul ne pouvait le tenir lié, même avec des chaînes. Car souvent, serré de chaînes et les pieds dans les fers, il avait rompu ses chaînes et brisé ses fers, ct personne ne le pouvait dompter. Et sans cesse, le jour et la nuit, il était parmi les tombeaux et sur les montagnes criant et se meurtrissant avec des pierres. Or, voyant Jésus de loin, ilaccourutet l'adera : et, criant d’une voix forte, il dit : Qu'importe à moi et à vous, Jésus, Fils du Dieu Très-ITaut ? Je vous adjure, par Dieu, ne me tourmentez point. Caril lui disait : Esprit impur, sors de cet homme! Et il lui demanda : Quel est ton nom? Et il lui répondit : Légion est mon nom ; car nous sommes beaucoup. Et il le suppliait avec instance de ne point le chasser hors de ce pays.
Or, il y avait là, le long de la montagne, un grand troupeau de poureeaux qui paissaient. Et les esprits suppliaient Jésus, disant : Envoyez-nous dans ces pourceaux, afin que nous entrions en eux. Et Jésus le leur permit aussitôt. Les esprits impurs, sortant donc du possédé, entrèrent dans les poureeaux, et le troupeau, d'environ deux mille, se précipita impétueusement dans la mer, ct s’y noya. Ceux qui les gardaïent s’enfuirent, et répandirent cette nouvelle dans la ville et dans les champs. Aussitôt les gens sortirent pour voir ce qui était arrivé ; ils vinrent vers Jésus, et ils virent celui qui avait été tourmenté par le démon,
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assis, vêtu ! et sain d'esprit ; et ils furent saisis de crainte. Et ceux qui avaient vu leur racontèrent ce qui était arrivé au possédé et aux pourceaux. Alors tout le peuple du pays des Géraséniens le pria de s'éloigner d’eux, parce qu’ils étaient saisis d’une grandeur frayeur.
Lorsque Jésus montait dans la barque, celui qui avait été tourmenté par le démon, le supplia de lui permettre de rester avec lui ; mais il le lui refusa et lui dit : Va dans ta maison, vers les tiens, et annonceleur tout ce que le Seigneur a fait pour toi, et comme il a eu pitié detoi. Il s’en alla donc, et comr euca à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui ; et tous étaient dans l'admiration.
XXI.—JÉSUS GUÉRIT L'HÉMORROISSE ET RESSUSCITE LA FILLE DE JAIRE (Marr., 1X.—Manc., V.—Luc., VIIL.).
Jésus ayant repassé dans la barque sur l’autre côté de la mer, il s’assembla une grande multitude autour de lui; et il était près de la mer. Et voilà qu’il vint un homme, nommé Jaïre, qui était chef de la synagogue et qui se jeta aux pieds de Jésus, le priant d’entrer dans sa maison ; parce qu'il avait une fille unique d'environ douze ans, qui se mourait. Et il le suppliait instamment, disant : Ma fille est à l'extrémité ; venez,
imposez votre main sur elle, afin qu’elle guérisse et
1—Il ne portait aucun vêtement et ne demeurait point dans les maisons, mais dans Les sépulcres (Luc., VIIE, 27.).
qu'elle vive, Etil s’en alla avec lui ; et une grande
multitude le suivait et le pressait. Alors une femme
qui avait une perte de sang depuis douze années, et
qui avait beaucoup souffert de plusieurs médecins, et
avait dépensé tout son bien sans aucun fruit, se trouvant
plutôt dans un état pire, ayant entendu parler de
Jésus, vint dans la foule, par derrière, et toucha son
vêtement ; car elle disait : Si je touche seulement son
vêtement, je serai guérie. Et aussitôt la source du
sang tarit, et elle sentit en son corps qu’elle était
guérie «le son mal. Au même moment, Jésus connais-
saut en lui-même la vertu qui était sortie de lui, et se
retournant vers la foule, demandait : Qui a touché
mes vêtements ? Ses disciples lui répondaïent : Vous
voyez la foule qui vous presse, et vous demandez :
Qui m'a touché? Et il regardait tout autour, pour
voir celle qui l'avait fait. Alors la femme, craintive et
tremblante, sachant ce qui s'était passé en elle, vint et
se prosterna devant lui et lui dit toute la vérité. Jésus
lui dit : Ma fille, votre foi vous a sauvée ; allez en paix
et soyez guérie « tre infirmüté,
Com ore, des gens du chef de syn nt: Votre fille est morte ; pot tour 2 ous davantage le maître ? Mais
Jésus, cette parole entendue, dit au chef de synagogue :
Ne craignez point ; croyez seulement, Et il ne permit erre, à Jacques et à
À personne de le suivre, sinon à
de ne Jean, frère de Jacques. En arrivant à la maison du et chef de synagogue, il vit du tumulte, des gens pleurant et et poussant de grands cris. Or, étant entré, il leur dit : nt Pourquoi vous troublez-vous et pleurez-vous ? La jeune le fille n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se riaient de ti lui. Mais Jésus, les ayant tous renvoyés, prit le père res et la mère de la jeune fille, et ceux qui étaient avec tb lui, et entra dans le lieu où la jeune fille était couchée. [ it Et tenant la main de la jeune fille, il lui dit : Talitha à: cumi l; ce que l’on interprète ainsi : Jeune fille (je Fe vous le commande), levez-vous. Et aussitôt la jeune w | 4 fille se leva, et elle marchait ; car elle avait douze ans : ” et tous furent frappés d’une grande stupeur, Mais il k leur commanda fortement que personne ne le sût, et il à dit de lui donner à manger.
t XXIT.—GUÉRISON DE DEUX AVEUGLES ET D'UN POSSÉDÉ n MUET (Marr., IX.).
F 4 Comme Jésus sortait de là, deux aveugles le sui-
virent, criant et disant : Fils de David, ayez pitié de nous. Et lorsqu'il fut venu dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, Et Jésus leur dit : Croyez-vous que je puisse faire cela ? Ils lui dirent : Oui, Seigneur, Alors il toucha leurs yeux, disant : Qu'il vous soit fait selon votre foi. Aussitôt leurs yeux furent ouverts, et
1—+ Expressions syrochaldéennes. Les Syriens et les Chaldéens appelaient un jeune garçon: fali ; et une jeune fille : talitha. (Corn. à Lap. ibid.—Manuel Bibl. Tom. ITL.),
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VIE DE N-8, Jésus les menaça, disant : Prenez garde que personne ne le sache !, Mais eux, s’en allant, répandirent sa
, x \ renommée dans tout ce pays-là.
Après qu'ils furent partis, on lui présenta un homme muet, possédé du démon. Or, le démon chassé, le muet parla ; et le peuple, saisi d’admiration, disait : Jamais rien de semblable ne s’est vu en Israël, Mais
les pharisiens disaient : C’est par le prince des démons
qu’il chasse les démons.
XXIII.—JÉSUS DANS LA SYNAGOGUE DE NAZARETIH : MOISSON ABONDANTE (Marr., NEIL, IXe—Manc., VI).
Etant parti de 1à, Jésus s’en alla dans son pays, et ses disciples le suivirent. Or, un jour de sabbat étant venu, il commença à enseigner dans la synagogue, et beaucoup l’entendant, étaient dans l’admiration de sa doctrine, disant : D’où lui viennent toutes ces choses ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée ? et ces merveilles si surprenantes qui se font par ses mains ? N'est-ce pas là ce charpentier, fils de Marie ?, frère de Jacques et de Joseph, de Jude et de Simon ? et ses sœurs ® ne sont-elles pas ici parmi nous ? et ils se :
1—Jésus-Christ fait cette défense pour nous donner l'exemple de l'humilité. Nous ne devons pas aimer qu'on publie nos vertus et nos bienfaits : à Dieu seul appartiennent l'honneur et la gloire.
2—N'est-ce pas Le flls du charpentier? Sa mèrr ne s’appelle-telle point Marie ? Matt., XIII : 55).
3— Frère de. et ses sœurs : c’est-à-dire ses cousins, ses cousines, ses parents en général.
personne
irent sa
enta un
LA n chassé, , disait :