‹ Vie de N.-S. Jésus-Christ [microforme]Chapitre 99 sur 154 · RIRE ET · texte numérisé non relu

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savez ce que vous demandez; pouvez-vous boire le calice que je bois, ou être baptisés du baptême dont je suis baptisé? Ils lui répondirent : Nous le. pouvons. Mais Jésus leur dit: A la vérité, le calice que je bois, vous le boirez, et vous serez baptisés du baptême dont je suis baptisé ; mais d’être assis À ma droite ou à ma gauche, il ne appartient pas de vous l’accorder à

vous, mais à ceux à qui mon Père l’a préparé.

Or, entendant cela, les dix s'indignèrent contre Jacques et Jean. Mais Jésus les appelant, dit : Vous savez que ceux qui passent pour régner sur les nations, les dominent, et que leurs princes ont puissance sur elles. Il n’en est pas ainsi parmi vous; mais quiconque voudra devenir le plus grand, sera votre serviteur ; et quiconque voudra être le premier parmi vous, sera le serviteur de tous !, Car le Fils de l’homme même nest pas venu pour être servi, mais pour servir, et, donner sa vie pour la rédemption d’un grand nombre ?, Ils vinrent ensuite à Jéricho.

deux Evangélistes, c'est à eux seuls que Jésus répon : Nescilis quid petatis : Vous ne savez ce que vous demandez. Ils s'étaient approchés avec leur mère, et c’est par sa bouche qu'ils avaient fait leur demande (Bible de Vence, 5° Ed,).

1—Et quiconque. Le Seigneur, par ces paroles, ne condamne pas la prééminence d'autorité ; il blâme seulement lesentiment qui nous fait ambitionner la supériorité et la domination sur les autres.

2— D'un grand nombre ; c'est-à-dire de tous, de tout le monde (ce qui constitue en effet un grand nombre), comme l’explique saint Jean dans sa première Epitre (IT. 2). On pourrait encore

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N—AVEUGLE GUÉRI A JÉRICHO (Luce. XVIIL).

Or, il arriva, lorsqu'il approchait de Jéricho, qu’un aveugle était assis au bord du chemin, mendiant, Et entendant la foule qui suivait le chemin, il demanda ce que c'était. On lui dit que Jésus de Nazareth passait. Alors il cria, disant : Jésus, fils de David, ayez pitié de moi! Ceux qui allaient devant, le gourmandaient pour qu’il se tût. Mais il criait beaucoup plus encore : Fils de David, ayez pitié de moi! Or, Jésus s’arrêtant, ordonna qu’on le lui amenîât. Et quand il se fut approché, il l’interrogea, disant : Que veux-tu que je te fasse ? Il répondit : Seigneur, que je voie. Et Jésus lui dit : Vois ; ta foit’a sauvé. Et aussitôt il vit, et il le suivait, glorifiant Dieu. Et tout le peuple voyant cela, donna louange à Dieu. ” | XI.—ZACHÉE REÇOIT LE SAUVEUR: PARABOLE DES DIX MINES ET DES SUJETS REBELLES (Lve., XIX.).

Jésus étant entré dans Jéricho le traversait. Or, il y avait un homme appelé Zachée ; il était chef des publicains, et même fort riche, et il cherchait à voir qui était Jésus, et il ne le pouvait, à cause de la foule, parce qu'il était très-petit de taille. Courant donc en avant, il monta sur un sycomore pour le voir, parce

entendre cette expression de ceux-là seulement qui, par leur foi et leur conduite vraiment chrétienne, ont une part réelle aux mérites du Sauveur; mérites que les autresont volontairement refusé de s'appliquer.

qu'il devait passer par là. Lorsqu'il arriva en cet endroit, Jésus leva les yeux, l’aperçut et lui dit :

Zachée, descends vite, parce qu'aujourd'hui il faut que

je loge dans ta maison. Et il descendit à la hâte, et le reçut avec joie.

Voyant cela, tous murmuraient, disant qu’il était allé loger chez un homme pécheur. Maïs se tenant devant le Seigneur, Zachée lui dit : Seigneur, voici que je donne la moitié de mes biens aux pauvres ; et si j'ai fait tort à quelqu'un, je lui rends le quadruple. Jésus lui dit: Aujourd’hui cette maison a reçut le salut, parce que celui-ci aussi est enfant d'Abraham. Car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.

Comme ils écoutaient ces discours, il dit encore une parabole sur ce qu'il était près de Jérusalem, et sur ce qu’ils pensaient que le royaume de Dieu serait incontinent manifesté. IL dit donc : Un homme de grande naissance s’en alla en un pays lointain pour prendre possession d’un royaume et revenirensuite. Ainsi dix de ses serviteurs appelés, il leur donna dix mines ! et leur dit : Négociez jusqu’à ce que je revienne. Or, ceux de son pays le haïssaïent ; et ils envoyèrent après lui une députation, disant: Nous ne voulons point que celui-ci règne sur nous. Et ilarriva qu’il revint, après

1—La mine d'argent valait environ 88 francs, 29 centimes (environ $17.00), et la mine d'or, 630 francs, 60 centimes.

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VUE DE JÉRICIHO

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Jéricho, cet ancien séjour royal, n’est aujourd’hui qu'un misérable groupe de cabanes À peine assez élevées pour s’y tenir debout, et habitées par environ | 500 noie comme à Naïm, de l’aspect le plus sauvage. Jéricho a porté lonttampe le nom de Ville des Palmiers. Les palmiers ont disparu et on ne. voit plus à la place que des buissons et des arbres!

|épineux.

Le climat y est très doux et les eaux abondantes. | Si on utilisait ces eaux, elles feraient produire à cette terre, déjà si naturellement fertile mais presque en- |tièrement inculte, les fruits les plus variés, Pour :se faire une idée de Ja fertilité du sol, il suffira de dire qu’un pied de vigne, âgé de 42 ans, mesure! près du sol sept pieds et sept pouces de circonférencc ; il se divise ensuite en 4 fortes branches. Cette vigne | gigantesque donne jusqu’à trois mille livres de raisin | | par an !

On peut visiter, à Jéricho, lemplacement de la!

|maison de Zachée où Notre-Seigneur reçut Phospi- |

talité et qui devint plus tard une église, mais dont | il ne reste plus aucun vestige (Guide Indic.).

| Dans les environs de Jéricho, la Fontaine d’Elisée | est une des plus belles sources de la Palestine.

Les environs de cette ville étaient aussi célèbres | autrefois, à cause de la Rose de Jéricho, dont l Esprit- | Saint lui-même a fait l'éloge.

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JÉSUS-CHRIST : 205 avoir pris possession du royaume, et il fit appéler les serviteurs auxquels il avait donné de l’argent, pour savoir combien chacun lavait négocié. Le premier vint, disant : Seigneur, votre mine a produit dix autres mines. Il lui dit: Fort bien, bon serviteur; parce que tu as été fidèle en peu de choses, tu auras puissance sur dix villes. Un autre vint, et dit : Seigneur, votre mine a produit cinq autres mines. Et il dit à celui-ci: Toi aussi, sois à la tête de cinq villes. Un autre vint, disant : Seigneur, voici votre mine que J'ai tenue enveloppée dans un linge. Car je vous ai craint, parce que vous êtes un homme sévère : vous emportez ce que vousn’avez pas déposé, et moissonnez ce que vous m'avez pas semé. Le maître lui dit : C’est par ta propre bouche que je te juge, mauvais serviteur. Tu savais que je suis un homme sévère, emportant ce que je n’ai pas déposé, et moissonnant ce que je n’ai point semé. Pourquoi donc n’as-tu pas donné mon argent à la banque, afin que, moi revenant, je le reprisse avec usure? Et il dit à ceux qui étaient présents : Otez-lui la mine et donnez-la à celui qui a dix mines. Jis lui répondirent : Seigneur, il a déjà dix mines. Mais, je vous le dis, on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera Ôté 1, Et pour mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux,

1—Méme ce qu'il a, c’est-à-dire ce qu’il paraît avoir.

amenez-les ici, et tuez-les devant moï. Ces choses dites,

il marchait devant eux, montant à Jérusalem.

XIT.—DEUX AVEUALES GUÉRIS, AU SORTIR PE JÉRICHO (Marr., XK.). ï

Lorsqu'ils sortaient de Jéricho, une grande foule le suivit : et voila que deux aveugles, assis sur le bord du chemin, entendirent que Jésus passait, et ils élevèrent la voix, disant: Seigneur, fils de David, ayez pitié de nous! Et la foule les gourmandait pour qu’ils se tussent ; mais eux eriaient encore plus, disant : Seigneur fils de David, ayez pitié de nous ! Alors Jésus s'arrêta, les appela et dit : Que voulez-vous que je vous fasse ? Ils lui répondirent : Seigneur, que nos yeux s'ouvrent. Et ayant pitié d’eux, Jésus toucha leurs yeux ; ct aussitôt ils recouvrèrent la vue et ils le sui-

virent.

LE MÊME MIRACLE RAPPORTÉ PAR SAINT MARC (Marc., X). 1.

Et comme Jésus partait de Jéricho avec ses disciples et avec une grande multitude, le fils de Timée, Bartimée l’aveugle, qui était assis sur le bord du chemin, demandant l’aumône, ayant entendu que c'était Jésus de Nazareth, se mit à crier, disant : Jésus, fils de David

1—+ Notre-Seigneur guérit deux aveugles, au sortir de Jéricho, comme le rapporte saint Matthieu. Saint Marc ne parle ici que d’un seul, dit saint Augustin, parce que celui qu'il nomme

étant plus connu, donnait plus d'éclat au miracle (Corn-à-Lap Matt., XX. 29).

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ayez pitié de moi! Nombre de personnes le menaçaient pour le faire taire ; mais lui criait beaucoup plus encore : Fils de David, ayez pitié de moi! Alors.Jésus s’arrêtant, ordonna qu’on l’appelât. On appela donc l’aveugle en lui disant: Aie confiance, lève-toi, il t’appelle. Celui-ci, jetant son manteau, s’élança et vint à Jésus. Et Jésus lui demanda: Que veux-tu que je te fasse ? l’aveugle lui répondit : Maître, que je voie. Va, lui dit Jésus, ta foi t’a guéri. Et aussitôt il vit, et il le suivait dans le chemin.

XIIT.--REPAS CHEZ SIMON LE LÉPREUX: MARIE RÉPAND DES PARFUMS SUR LE3 PIEDS DE JÉSUS. MURMURES DE JUDAS. LES JUIFS VEULENT TUER LAZARE (Marr., XXVI.— Marc., XIV.—Joax., XII.). 1,

Jésus donc, six jours avant la pâque, vint à Béthanie, où était mort Lazare qu'avait ressuscité Jésus, On lui prépa ra là ? un souper ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Or, Marie prit une livre de parfum d’un nard pur de grand prix ;

elle en oignit les pieds de Jésus, et les essuya avec ses

1—+ Le parallèle ct l’enchaînement du texte de saint Jean obligent de rappeler ici ces deux textes deS. Matt. (XX VI. 6-13). et de $. Marc (XIV. 3-9.), qui ont ainsi rapporté plus loin, par occasion, le fait dont S. Jean marque ici le temps. (Bible de Vence, 5e Ed.).—Nous rapporterons en enticr ces deux Textes, au commencement des deux Ævangiles de la Passion de $. Matthieu et de S. Marc.

2—+ Chez Simon le lépreux, comme le disent les deux textes de S. Matthieu et de $. Marc, indiqués ci-dessus.

208 VIE DK N°8.

cheveux, et la maison fut remplie de l'odeur du par-

fum.

Alors un de ses disciples, Judas Iscariote, qui devait le trahir, dit: Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cents deniers, et n’a-t-il pas été donné aux pauvres? Or, il dit cela, non qu’il se souciât des paue vres, mais parce qu’il était voleur, et qu'ayant la bourse, il portait ce qu’on y mettait. Jésus dit donc: Laiïissezla réserver ce parfum pour le jour de ma sépulture. Car, les pauvres, vous les avez toujours avec vous, mais

moi, vous ne m'avez pas toujours.

Une grande multitude de Juifs sut qu'il était là; et ils y vinrent, non à cause de Jésus seulement, mais pour voir Lazare, qu’il avait ressuscité d’entre les morts. Les princes des prêtres songèrent donc à faire mourir Lazare lui-même, parce que beaucoup d’entre les Juifs se retiraient d'eux à cause de lui, et croyaient

en Jésus.

XIV.—BETHPHAGÉ, ENTRÉE TRIOMPHANTE DE JESUS DANS JÉRUSALEM (Marr., XXI—Manc., XI—Luc., XIX.).

Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem et qu’ils furent venus à Bethphagé, près du mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples, etil leur dit : Allez à ce village

qui est devant vous ; et dès que vous y serez entrés,

vous trouverez une ânesse attachée, et avec elle son Ânon, sur lequél aucun homme ne s’est encore assis ;

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déliez-les et amenez-les-moi, Et si quelqu'un vous demande : Que faites-vous ? dites que le Seigneur en a besoin, et aussitôt il les laissera amener ici. Or, tout cela fut fait afin que s’accomplit la parole du prophète 1, disant : Dites à la fille de Sion: Voici que votre Roi vient à vous plein de douceur, monté sur une Ânesse

et sur l’ânon de celle qui est sous le joug.

S'en étant done allés, ils trouvèrent l’Ânon lié dehors, devant la porte, entre deux chemins (avec sa mère) ?, et ils Le délièrent. Et quelques-uns de ceux quiétaient là, leur disaient : Que faites-vous, déliant cet non ? Ils leur répondirent comme Jésusle leur avait commandé, et on le leur laissa Ils amenèrent l’ânesse et l’ânon, mirent dessus leurs vêtements et l’y firent asseoir, La plus grande partie du peuple étendit ses vêtements le long de la route, d’autres coupaient des branches d’arbres et en jonchaient le chemin. Or, la foule qui précédait et celle qui suivait criaient, disant : Hosanna au fils de David : béni celui qui vient au nom du Scigneur ! Hosanna au plus haut des cieux * !

1—Cette citation paraît être empruntée d’Isaïe (LXIT, 11) et de Zacharie (IX, 6), mais surtout de ce dernier, Nous devons faire observer que l’évangéliste donne le sens du texte, sans en rapporter les propres termes.

2—+ Saint Marc et saint Luc ne parlent que de l'ânon: mais

saint Matthieu mentionne toujours l’ânesse ct son ânon avec elle.

3—+ Le texte desaint Marc porte : “ Béni le règne qui arrive de notre père David; hosanna...(Marc., XT. 10.).

—Hosanna est un mot formé de l’hébreu, signifiant : Sauvez,

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LE MÊME RÉCIT D'APRÈS L'EVANGÉLISTE SAINTJEA N—(Joax,,XIT.)

Le lendemain, une foule nombreuse qui était venue pour la fête, ayant appris que Jésus venait à Jérusalem, prit des rameaux de palmiers, et alla au-devant de lui, criant : Hosanna, béni celui qui vient au nom du Seigneur, comme roi d'Israël! Et Jésus trouvt un Ânon., et s’assit dessus, comme il est écrit: Ne craignez point, fille de Sion, voici votre roi qui vient, aussi sur le petit d’une ânesse. Ses disciples ne comprirent point ceci d’abord; mais quand Jésus fut entré dans sa gloire, alors ils se souvinrent que ces choses étaient écrites de lui, et qu’ils les lui avaient appliquées. Or, c’est ainsi que rendait témoignage la multitude qui était avec lui lorsqu'il appela Lazare du tombeau et le ressuscita d’entre les morts. C’est pour cela ausis que la foule vint au-devant de lui, parce qu’ils avaient appris qu'il avait fait ce miracle. Les pharisiens se dirent donc entre eux : Voyez-vous que nous ne

gagnons rien ? voilà que tout le monde court après lui.

XV.—JÉSUS, EN VOYANT JÉRUSALEM, PLEURE SUR CETTE VILLE ET LUI ANNONCE SA RUINE. ENTRÉE DE JÉ3US DANS LE TEMPLE.—(Marr., XXI.-—Manc., XI.-- Luc., XIX.).

Et comme Jésus approchait de la descente du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, pleine de joie,

. . , ie vous prie, et renfermant, comme le latin vivat, non seulement le souhait d’une longue vie, mais d'une vie accompagnée de prospérité et de gloire.

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