Vie de Napoléon
Oiv s mtéresse toujours très vivement aux récits des événemens du règne à jamais mémorable de Napoléon , et on continuera de s'en occuper jusque dans les siècles les plus reculés , parce que ce règne est sans contredit un des plus fertiles en instructions utiles , pour qui veut se donner la peine de réfléchir sur les causes des grands succès et des grands revers. Dans une courte période de vingtcinq années , en y comprenant les phases de la révolution , on trouveLpre.$que tout ce qui peut éclairer sur Télévation et la chute des empires , tant les passions ont^été actives, lesvcaractères variés, et les changemens de scènes multipUés. Au milieu des nombreux mémoires de tout genre que nous avons déjà vu neutre , et de$ yives contestations qui se sont élevées entre les écrivains , sur la dis-
Ti INTRODUCTION,
tributlon du hlâme et des éloges , si ( à répartir avpc une juste mcsiite par c temporains , dans le conflit de tant d'c opposées , les articles de la Biograpb bliéc par MM. Aruaull , Jay , Jouj vins, etc. , aui lettres Bonaparte e lÉok , se sont fait particulier etnent querpar la sagesse , le calme . l'iinp; et le patriotisme éclairé qui ont présid rédaction. Nous présumons que la p ratifiera presque sans restriction \i: ju que ces honorables écrivains nous c sente sur le grand homme , qui , con météore brillant , a inondé notre hor lumière , et a rempli l'univers d'adn et d'épouvante. C'est donc rendre au public , et surtout à la jeunesse stu que de détacher ces deux articles imp pour en former isolément la Vie de léon , en attendant qu'un Plutarque s pare , pour l'encadrer avec celles de magne , de Frédéric ii , et autres d illustres personnages de l'histoire m<
INTRODUCTION. vu
Quelle vie en effet plus remplie et plus instructive que céWe-là ? Guerriers , magistrats, législateurs , philosophes, tous y trouveront d'amples sujets de méditation. Pour les guerriers , quel magnifique tableau de savantes manœuvi*es , d'expéditions gigantesques , de victoires éclatantes dans trois parties du monde , le règne de cet homme déroule à leurs yeui( l Combien de fois ses ennemis ne durent-ils pas s'écrier comme le roi de Lacédémone , en voyant Epaininondas s'avancer contre les Spartiates , à la tête de ses intrépides soldats , et traversant lui-même un des premiers TËurotas à la nage : i/uel homme!
Il est kidubitable que le vainqueur de Marengo et d' Austerlitz prendra son rang dans l'histoire auprès du vainqueur du Granique et d'Arbelle ; ses glorieuses campagnes feront l'étude la plus assidue de ceux qui aspi^ Feront à se distinguer à la guerre , et ses proclamations et ses bulletins seront lus avec autant de curiosité, et peut-être plus de profit, que les commeùtaires de César et les mémoi-
Ti.i INTllODTICTION
res de Turenne. D ent la profonde tactiqu de ce dernier , e1 de plus te grand art dot Frédéric donna le premier l'exemple , à JiiircnioiU'Otr de grandes masses acecautar d'ordre et d'agilité qu'un simple balaillot On doit reconnaître qu'il posséda au plvi haut dcgi'é les vastes connaûsances dont s compose l'art militaire , el que jamais un plus habile pral/ijuo ne fut appliquée à un plus savante théorie. Ce fut hii qui perfct tionna l'usage de l'aitillerie à un tel point que c'est maintenant de cette arme rcdouti ble que dépend le gain de la plupart des grai des batailles. C'est lui qui a organisé on corj de troupes régulières les soldats du train , qi auparavant n'étaient que des charretiers qi jetaient souvent le désordre dans les ai mées; c'est lui encore quiimagina ce servit A' estafettes , qui rend la communication ei trctous les corps d'armée si rapide, et faciiît singulièrement la coïncidence de leurs opi rations. Il disait lui-mi^me qu'au moyen de ( service, il gouvernait Haples avec autant c
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ladlité qu'il gouvernait Lyon avant la création de ce genre de correspondance. Si on ajoute à ses travaux militaires tous ceux d'un autre genre , qui contribuaient à faire ré»
gner Tordre partout ou à embellir les provinces et les villes de son vaste empire , et qui , pour me servir d'une expression poétique de Kacine , deviendront V étemel entretien des siècles à uenir .- d'abord, ce code admirable , destiné à remplacer le code Justinien, et à combler le vuide que celui-ci laissait dans nos institutions , laborieux ouvrage des plus savans jurisconsultes , fruit précieux de leurs veilles , dans lequel les meilleures lois sont venues se fondre d'une manière appropriée aux lumières du siècle et aux besoins des peuples , et sont rédigées en termes aussi clairs et aussi précis qu'il soit permis à la raison humaine de s'exprimer 9 ce qui empêchera que les lois civiles puissent retomber dans le cahos où elles furent si long - temps plongées ; ensuite la religion raffermie sur ses bases par un
ï INTaODDCTION.
concordat qui doit servir de modèle aux piinces qui ont assez de profondeui' de vues et assez de fermeté dp caractèie pouimaintenir dam ses bornes la puissance ultra montaiiie , puissance essentiellement euvahissantp sous des formes différentes , mais non moinsambiticuscs que celles des conquérans ; des édifices nonibreun d'une architecture noble , imposante , et pour des destinations plus utiles que vaniteuses ; des routes magnifiques réparées ou consti'uitesdans toutes les directions, même à travers les montagnes les plus escarpées ; des télégraphes élevés partout à grands frais ; des ponts d'une difficulté et d'une gràndeui- extraordinaire, jetés sur les rivières les plus profondes ; descanauxnavigablesdelaplus grande utihté , combinés pour faciliter le commerce intérieur ; des fêtes somptueuses données au peuple -roi, dans lesquelles les beaux arts déployaient toutes leurs richesses ; car son règne fut aussi , comme ceux d'Alexandre et d'Auguste, le règne des arts; tant