‹ Vie de NapoléonChapitre 10 sur 10 · J21 VIE · texte numérisé non relu

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rieurs conLrëei , et uotimmeal par celle de la capitule maritime, la ville de Cadix. lie 37 auui , en oppositioD au conseit deCaatitle qui a offert la cau- ToiiDe 3 Joieph, se forine à Séville une junte provinciale. L'esprit de cette /uweeit celui de la nalion qui n'a reconnu que la première abdication d« Ckarlea If, et qui veut être gouveriiée au nom de Ferdinand. Malgré l'iiiviiaion du Portugal et de tuute la frontière espagoole , malgré l'occupatian de la capilïte et la présence de deux armées françaises, la noble junte de Se ville déclare à l'Europe la royaatd de Ferdinand , et k la France la guerre de l'Espagne. Elle fut luia de songer alors que la

que par les Fiançais qui allaienl la combattre.

De nombreuses juntes s'organisent dam lei pr^ , viucea à rcxcuiple de celle de Séiille. Pendant que le sentiment d'une résistance courageuse préparait celle Bulrc guerre de le^r-a ni , qui devait Taire donner alors i l'Espagne le beau surnom A'aHoigDE,uue autre junte , suusle nom de grande janie d'état, dont les i5o membres ont été choisit J Madrid , par Murât , dans les trois ordres , se raiaemblail à Bayonne par les ordres du uouveau roi que le décret impérial du 6 juin vient de proclamer. Il résulte de celte situation la nécessité de la conquête de l'Espagne. La prise de la datte française par les insurge» dans le port de Cadil , ne laisse plus aucun doulesurles périls dont la royauté de Joseph est eulourée. U peut regretter le trdaïf paisible et voluptueux de l'heureuse Partbenope, et Mnrat devra regretter encore davantage l'abdication de Charles IV. La faibletie de ce vieux iod'

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verain a précipite son royaume dans un abîme de vicissitudes depuis i5 années. Son trône était à Oïdix, où toute une armée nationale Teiît conservé comme elle a conservé le trône de son fils absent.

Le i6 juin , les Portugais ont imité les Espagnols. Le cri de Tindépendance les appelle tous à la plus sainte des insurrections , et les provinces du Nord sont abandonnées par les Français. Les Espagnols et les Portugais donnent à TEurope le beau spectacle de deux peuples ennemis , se réunissant tout-à-coup pour défendre en commun leur droit domestique , cette indépendance de famille qui est la grande propriété de toute nation , comme la terre est celle du laboureur. Les Espagnols sont battus le la juillet à Médina del Rio Sec^ co , par le maréchal Bessiéres ; mais au lieu de gagner, le i6 , la bataille de Baylen , le général Dupont signe le aa la capitulation d*Andujar , à la tôte de i3,ooo français et au moment de faire, avec le général Vedel, une jonction qui mettait entre deux feux l'armée espagnole. » Ce sont nos fourches caudines , i> dit Napoléon en apprenant la honteuse capitulation d*Andujar. Exemple inouï dans toute la guerre d'Espagne ! Il est vrai que les Espagnols avaient 40,000 hommes; mais à léna, Davoust n'en avait que 3o,ooo contre 100,000 Prussiens , alors les premières troupes de l'Europe. Le général Dupont, en vingt occasions glorieuses, avait illustré de sa personne le nom français. D'immenses bagages honteusement qualifiés retardèrent , dit-on , sa marche sur Baylen , et le décidèrent à capituler ! Il fut jugé par l'indignation française et l'exaltation espagnole. La \imte mé-

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prisa aussi la capitulation elle-même. La haine de r invasion de TEspagne repondait aussi à la perfidie par une autre perfidie , et i3,ooo officiers et soldats français, au lieu d'être conduits à Rochefort, furent traînes aux pontons de Cadix , cachots pestilentiels sortis des ports delà philantropique Angleterre pour faire envier aux valeureux captifs de la guerre les hagnes de l'esclavage et ceux da crime. Cette capitulation qui , par elle-même, est un crime militaire contre l'honneur de rarmée, devient bientôt un crime politique contre la France elle-même. Elle a rallié les dissidens, a encouragé les faibles, a fanatise' dans toute l'Espagne les amis de l'indépendance. Elle a brisé le prestige de l'invincibilité française , et a rendu le trône de Joseph une simple position militaire qui doit être assiégée et emportée par l'opiniâtreté d'une armée.

£)n effet , Joseph , frappé du nom d* usurpateur par la justice nationale de l'Espagne, fait son entrée le 20 juillet à Madrid, au milieu d'une foule silencieuse. Huit jours après, il doit craindre sa capitale , et va se réfugier à Vittoria. La haine des Espagnols , comme une étincelle électrique , va tout-à-coup à 800 lieues des Pyrénées avertir La Romana et ses 25,000 hommes desmauxet des périls de la patrie. La conjuration espagnole a un camp sur les bords de la mer Baltique au miliea de l'armée que commande Bernadette. Le 3i est une grande époque : c'est celle du débarquement eu Portugal d'une armée anglaise sous les ordres de sir Arthur fVelleslej-; c'est Wellington. Un a^ mistice est le résultat de la bataille de Fimeiro^ donnée le ai août, où Junot, à la tétc de 10,000

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)mmes seulement contre a6,ooo , laisse la victoire 1 moins indécise. La valeur de l'armée française >U8 rintre'pide Junot lui donne , huit jours aprèt, glorieuse capitulation de Cintra, Cette armée est pas de ao,ooo hommes , et , en présence d'une mëe de 80,000 combattans , soutenus par toutes nsurrection portugaise , elle quitte le Portugal >mme après une victoire.

Cependant Napoléon était revenu de Bayonne Paris le 14 août ^ chargé de la haine de l'Espale. Le mauvais état des affaires dans la péninsu- , l'impérieuse nécessité de rappeler les armées î la Prusse pour les envoyer contre les Espagnols, difficulté de faire cette grande opération , quand 1 n'était pas encore bien sûr de la Russie , et quand Autriche menaçait déjà : ces importantes consifrations décidèrent à faire démander et négocier mtrevue d'Erfurt , par l'ambassadeur Caulain- »urt. Chaque jour il istimulait la cour de Péters- )urg contre celle de Londres , chaque jour il afrmissait par toutes les ressources de son caracre loyal et conciliateur les bonnes relations qu'il lit su établir , malgré nos embarras dEspale et malgré la gêne ruineuse que faisait éprou- ;r à Ja Kussie la suspension de son commerce, idée de l'entrevue d'Erfurt entre Napoléon et lexandre , était donc de la plus haute politique. Ile devait étonner l'Europe , ce qui était beau- >up , et briser 1 attention qu'elle portait avecavité sur la guerre d'Espagne. En e0et, toujours lèle à elle-même et à elle seule , l'Espagne a de >uveau proclamé Ferdinand VII. Il n'y a d'abns de sa capitale que ses deux rois. La volonté'

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de ta nation espagnole occupe le triinc : il est loin d'élrc ïacant ; mais Napoléon a oublié le droit de! peuples pour le droit des conquêtes. 11 signe peu de jours après à Paris, la convention duSteptemdre, qui écrase la Pruseesoiia l'exécution du traité deTilsitt,et quiimprime aussi àce royaume une Laine nationale. La France trace dans la Prune si'pt routes militai ires, et y laisse une armée d'occupation. En Espagne ellecambat, et i6o,aoa conscrits des classes de 180G à 1810 sont appelés au drapeau. La junte (uprêmeet centrale qui se raSEemble à Aranjuex au nom de Ferdinand, oppose sa dictature a l'usurpation de Joseph. Au milieu de e» circonstances qui placent la Fraiice entre la vengeance future de la Prus.se , et la vengeance actuelle de l'Espagne , Erfurt voit arriver le a^ septembre, Alexandre, Napoléon et ses vassaux couronnés, napoléon est chez lui à Erfurt : il est égulentent l'empereur des Français et l'empereur des Allemands; c'estàsonban que se sont rendus ses alliés; il exerce envers eux , dans toute sa splendeur, san impériale hospitalité. Un seoln'y est point appelé; c'est l'empereur d'Autriche. Cette exclusion proove à ce prince que la destinée de l'Europe doit ic

tinental est entre Napoléon et Alexandre. La destinée fera sortir de cette injure un contrat alun bien inattendu ; un lien de i'amille ! Mais le sauf des deux peuples doit rougir auparavant tes champi d'Esslinget de Wagram.

Un théâtre français avait été établi à Errort; ce fut à une de ses représentations qu'eut iita cette scène sentimentale, dont le st

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u presque ridicule : à ce beau yers de la tragéie d'Œdipe,

L'amitié d'un grand bomme ett un bienfait det Dieul.

sandre saisit et serra fortement la main de lole'on. Ce mouvement d'enthousiasme fut alors ïrsement interpre'te'. U reste au moins comme cdote de position. Mais Napoléon attachait à .e entrevue, placée sur le théâtre de sa gloire, un t autre intérêt que celui d'une affection privée idmirative. Sa grande affaire, le but constant la politique , de ses victoires , de son ambition , ses usurpations elles-mêmes, et notamment de e de l'Espagne , était la paix avec l'Angleterre. 3 lettre fut écrite d'Erfurt par les deux empers au roi d'Angleterre , pour l'inviter à admetune négociation pour la paix.u Beaucoup d'é- Xa ont été bouleversés , disait cette lettre ; de 'us grands changemens encore peuvent avoir eu , et tous contraires à la politique anglaise. » répondit : u Le roi d'Angleterre ayant pris des igagemens avec les rois de Portugal , de Sicile ; de Suéde , et avec le gouvernement espagnol otuel^ il doit leur être permis de prendre part la négociation à laquelle S. M. B a été invie. n Mais une fatalité toute- puissante attachait poléonaux funestes royautés de Naples et d'Es- ;ne, et la négociation fut rompue. Le comte nanzoff , chef du cabinet russe , était venu à îs , et y passa deux mois pour suivre ou pour her de nouer des négociations avec l'Angleterre. I but était d'éviter par une paix générale Temisement nouveau de l'Europe , dont on était

menace parle inécOiitcDtem»Dt<{iie l'AutricIi? ne cherchait pas ï diuimulcr. Le congrès d'Erfurt

que leurs cabinets, plus indécis que jamais snr leurs nlliflBcea et sur lïura loterêU. Quant à N»polcon , il n'avait qu'un champ de bataille pour combattre une armée anglaise : c'elait l'Espagne; et à l'ombre des engagemeus si précaires d'Erfurt, il se précipita, avec sa ccinUance ordinaire , dïiu U double guerre de la péninsule.

De retour à Paria , l'empereur Ct , le 36 octobM, l'ouverture du corps-législatif. Ce fut a cette oMmouïc solennelle qu'il dit : h L'empereur Aleini- " dre et moi nous nous sommet vua à Erfurt :

a nous sommes d'accord, eC invariablement amij Il pour la paix comme pour la guerre... Bientôt vo H aigles planeront sur les tours de Lisbonue. ■ Huit jours après Napoléon est en Espagne, En politique consomme, lia voulu auparavant, par une Labile concessLOo faîte à la Prusse , pt>r 11 remise de 30 millions sur sa dette de guerre, A par révacuation de la plus grande partie du territoire prussien , pouvoir disposer de So,ooo vieul soldats, avec lesquels il veut décider du sort de l'Espagne. Cette formidable arme'e est en marcbe, I.a prl9»de Burgos par le maréchal Soult , la victoire d'EspinosB , due au mare'cbal Victor > «D( de Tudcla , due au maréchal Lanncs, ces grasib succès i^ui coûtent à l'ennemi prés de 40,000 hommes et i5o pièces de canon , ouvrent ù Napoléon la route de Madrid, et laveiilc do jour où les Fran- <;ais ont consenlitàèvacucr Berlin, le 4 décembre, au moment d'un assaut général , Madrid se rend

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à Napoléon. Les grands faits d'armes du ge'ne'ral Ooayion-Saint-Cyr terminent brillamment, par la prise de Roses , et par deux, beaux, combats , non loin de Barcelonne , les opérations militaires de Parme'e d'Espagne 1809 ; et la campagne de Catalogne prend place parmi les plus mémorables de la gloire française.

La pre'sence de Napoléon sur le sol ennemi e'ta- Uit l'empire de la conquête et y jette aussi les fondations d'an nouvel ordre politique , qui honore le grand peuple qu'il peut vaincre , et qu'il ne peut pas soumettre. Cependant si c'est comme vainqueur qa'il est reçu à Madrid , il y entre aussi comme le'gislateur : il apporte aux vaincus tous les élémens d*une inde'pendance future , et toutes les garanties d'one liberté' le'gale. Il détruit l'aristocratie du conseil de Gastille , il abolit l'exécrable inquisition , il prononce la réduction des couvens, l'anéantisse- ■itat de la féodalité des moines et des nobles. Ces beaux souvenirs de la révolution française sont deyenns les principes conservateurs et organiques des monarchies , et n'ont d'autres ennemis en Europe que quelques individus à préjugés. Il est intéressant d'observer que le despote conquérant ne reconnaît pas d'armes plus puissantes contre une nation qui le repousse , que celles qui ont fait tomber en France le despotisme , et qui ont triomphé des coalitions. Ainsi , il disait aux Espagnols , dans sa proclamation du 7 décembre : u Tout ce qui u s'opposait à votre prospérité et à votre grandeur, u je l'ai détruit : les entraves qui pesaient sur le u peuple 9 je les ai brisées ; une constitution /i6étf raie yous donne , au lieu d'une monarchie ahso"

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isait-on, de la propre main de l'empereur : y» ars de nos journaux ont imprime' que rimpe'ratrice , dans sa réponse à la dépn- . du corps-législatif, avait dit qu'elle était lise de voir que le premier sentiment de sreur aidait été pour le corps^égislatifre^ itant la nation. S. M. l'impératrice n'a pas )a : elle connaît trop bien nos constitutions; lit trop bien que le premier représentant nation c'est l'empereur ; car tout pouvoir de Dieu et de la nation. Dans Tordre de nos lutions, après l'empereur est le sénat , après lat est le conseil-d'état , après le conseil- . est le corps-législatif, après le corps-légisennent chaque tribunal et fonctionnaire c dans l'ordre de ses attributions. Car s'il y dans nos constitutions un corps repréaenla nation , ce corps serait souverain : les s corps 'ne seraient rien, et ses volontés ;nt tout. La convention , même le corps-léif, ont été représentans. Telles étaient nos itutions alors; aussi le président disputa-t-il teuil au roi , se fondant sur ce principe , que sideut de l'assemblée de la nation était avant torités de la nation. Nos malheurs sont ve- Q partie de cette exagératioii d'idées. Ce seune prétention chimérique et même crimique de vouloir représenter la nation avant tereur. Le corps-législatif , improprement lé de ce nom , devrait être nommé conseillatif, parce qu'il n'a pas la faculté de faire is , n'en ayant pas la proposition. Le conégislatif est donc la réunion des mandataires

II des collèges eleciornui. On les appelle dp'putci 11 lies deparleiaenB , parce cpi'îlB sont ooniinés pir u les depBrtcmens , dans l'ordre de notre hiérarchie >i cooslitatioDIieUei te premier repréicnlant de la Il nation eit Vempertur et tes miniitres , orgaaii « de sel diciiionsj la seconde autorite repreicD- ■> tante est le scnat , la troisième , le conseil-d'état, Il ijuia de vèritabtei attribationi tigisLatives ; le Il consell'législalif a le quatrième rang. Tootren- 11 Iremit dans le désordre si d'autres idées consli- II tutionnellcs venaient pervertir Us têtes de dm II constitutions moDarcliiques. n La sévérité de la réprimande et la singularité de la doctrine , furent également remarquées et désapprouvées, et durent jeter un doute peu favorable sur l'esprit constitutionnelle qui semblait inspirer alors Napoléon pour la régénération espagnole.

Pendant le séjour de Napoléon en Espagne. I< victoire ne quitte point ses drapeaux; mais aprci lui , la guerre reste plus implacable que jamai). Une armée anglaise est entrée en Espagne le 39 oc-

l'Angleterre et les peuples qu'on appelle les insargésd'Espajjne, est notiËée à l'Europe par un traité. Les Amériques portugaise et espagnole repoodeut au cri de guerre de leurs métropolGS , et coninii; elles, elles s'unissent contre l'ennemi comninn. Les déserlsdela Guyane françaisesontenvahis, cl l'importante colonie de Cayenne tombe a<i pouïoir des héritiers de Cortes et de Pizarre. Cependant le maréchal Soult poursuit doublement va

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socccsy et c'est à Prieras qu'il atteint et qu'il bat pour la première fois les Anglais re'unis aux Espagnols. A la Corogne , du i6 au 19 janvier , ses opexaiions ont un grand re'sultat : le général en chef, Afoore , est tue ; Baird , ge'ne'ral en second 9 est blesse dangereusement : tout ce qui n'est pas <!^ truit du corps anglais doit se rembarquer prëcipi' -tamment. Gironne capitule, et quelques jours après 'le F'erroU De véritables conquêtes caractérisent cette campagne du maréchal Soult , qui enlève aux ennemis de Napoléon leurs places et leurs ports les plus importans. Il marche en Portugal ; et après la prise de Châtias , il livre une grande bataille sous les murs à*Oporto , détruit l'armée portugaise , et s'empare de la place la plus riche et la plus anglaise de ce royaume après Lisbonne. Les pertes que les Espagnols et les Portugais ont éprouvées par les armes du maréchal Soult , dans les mois de janvier et de mars, en munitions et en matériel de tout genre, sont incalculables. Depuis le combat de Tarracone , le i3 janvier , les succès du maréchal Victor avaient eu aussi une marche progressive. Le a8 mars, il avait battu complètement les Espagnols à Medelerij et il menaçait Badajoz ; le a i février , la prise delà grande et forte ville de Sarra gosse, où fut déployé, du côté des assiégés, tout ce que le fanatisme de l'indépendance peut produire de plus énergique et de plus barbare , étonne au même degré les vainqueurs et les vaincus. Attaquée par la bravoure , défendue par le désespoir , cette cité supporte a8 jours de tranchée ouverte , après huit mois d'attaque , et elle se défend encore pendant a3 jours de rue en rue, de maison en maison;

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chaque habitation , chaque monastère 9 duqoe église 9 est une citadelle sacre'e , qu'aucune capitolation ne peut livrer. Tous les habitans , hommei, femmes , enfans , prêtres , moines , tout combat, tout périt 9 et les vainqueurs prennent possession «dipleurant de cette vaste enceinte de ruines fumantes et ensanglantées , où fut Sarragosse. Cette florissante et antique cité n*est plus que la ville da morts. Plus de 409O00 habitans de tout sexe ^ M tout âge, tués pour la défendre, repiplissent sa places , ses avenues ; ceux qui survivent appartiennent àrhumanité du vainqueur. Le plus brave de tous les Français , le maréchal Lannes , se charge d*acquiter cette grande dette de la victoire. Ceux qui restent de Saragosse ne Toublieront jamais, et s'ils ne furent pas soumis , ils furent reconnaissans. Une vertu antique et inexorable se retrempa en* core sur les débris de Sarragosse.

Une révolution qui eût fait la fortune d*un df siècles de Thistoire moderne , sans le despotiso de la révolution française sur tous les événeme contemporains , vint tout-à-coup apprendre à Vt rope Tabdication du roi de Suède. C'était peu chose sans doute , après celles de Charles IV , d cette abdication eut un autre caractère : elle nationale. Ce jeune roi, si imprudemment voué Anglais, auxquels il ne cessa de sacriGer la moc fortune de sa couronne , se rend odieux le i3 ? par un acte de violence, qui lui fait tourne cpée contre des conseillers courageux , pat et fidèles. On Je désarme , et on lui dit : a u épée vous a été donnée pour la patrie , < u contre elle, v Le duc de Sudcrmanie , or

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roi , prend les rênes du goarernement , et le 29 ui^rs , Pabdication de Gustave Adolphe IV , est publie'e à Stockholm. Cet e'ye'nement n'est grand que pour la Suède ; la guerre d'Espagne , et la 5>tte coalition continentale , entre lesquelles s'est passée la révolution de Suéde , comme une simple affaire domestique , remuent et absorbent au premier degré tous les intérêts et toutes les hautes 'passions de l'Europe. Napoléon est épris de tous ces xlangers , qui le corrompent , comme s'ils étaient des faveurs de la fortune.

Profondément blessée du droit-nouveau que Napoléon s'était arrogé sur l'Allemagne, depuis la paix de Tilsitt et l'établissement de la confédération du Rhin ; ulcérée également de n'avoir pas été appelée , et de n'avoir pas même été représentée aux conférences d'Erfurt; environnée de tous les dangers que multipliaient autour d'elle , soit les alliances armées , soit les occupations prolongées , soit les incorporations récentes de la France , la maison d'Autriche se préparait silencieusement à une rupture , depuis la fin de l'année 1808. L'abdication forcée de Bayonne , Pusurpation de la couronne d'Espagne par la famille Bonaparte , usurpation d'autant plus sensible peut-être à la maison d'Autriche, que le vœu de plusieurs juntes avait offert cette couronne à l'archiduc Charles , les intelligences actives pratiquées avec le cabinet de Londres , les subsides qui en étaient le résultat , la supériorité numérique des armées autrichiennes, et enfin la nécessité pour Napoléon de laisser en Espagne une grande partie, de ses forces , ces causes matérielles et les précédentes , décidèrent

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l'Autriche à reprendre les armes contre la France dans les premiers \oari d'avril. Cette puissance s'y préparait silencieusement , depuis le mois de juillet de raooée 1808. L'empereur François Cl une proclamatianà aon peuple, et l'archiduc Charles, gciicr^lissime , eu lit une !t aoa armée ; elle était de 55o,ouo hommes, y compris la landwehc. Napole'on n'a pas ïoOjOoocombattaus à leur opposer, soit en Allcmaene , soit ea Italie , mais ce sont les Frui' çais d'Austerlitz , d'Iéna et de Friediand. Sous les ordres de l'arcliiduc Charles , sont les archidnei Louis, Jean , Ferdinand, Joseph , les gcnérial Kienmayer, Hiller, Jean de Lichteuslein, Baddig. Le g avril l'Ino e^t passée, et la Bavière est eavaLic pour la seconde fois , sans dcclaralion de guerre , par les troupes autrichiennes. Kappele d'Espagne à Paris , le 4 février , par les preparatifi de ÏAutriche, Napoléon avait demande' raison i cette puissance, qui lui avait fièrement répandu. Pour la première fois elle e'tait prête avant lui, et elle l'était sur tous les points. Napoléon part de Paris le i3 avril, traverse Strasbourg le lâ , est le ij II Dooawerlh , et le 30, son armée mautruvrait selon l'aocieDue tactique d'Italie, pour couper ti ligoe d'opérations aulriehienncs ; elle y réussit le 19, premier jour des hostilités, à Taunu, à41icuei de Ralinbouue. C'est le maréchal Davoust qui esl lu héros de l'ouverture de cette mémorutile campagne, où les troupes de la confédération se mesurent pour la première fois avec les troupes de leur ancien empereur. Les succès brilluns des Bavarois et des Wurtembergeois, prouvent à la maison d'Autriche, que son joug est hriié ,ct donnent une gtaiidu

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faveur morale à celai sous lequel ils sont victorieux; le succès de Davoust prépare à Napole'on , la victoire d*Abensberg , qui a lieu le lendemain. Le jour suivant, ai , le combat de Landshut continue Ja fortune française , qui le aa gagne la bataille d'Eckmiihl, dont le nom doit illustrer Davoust. Jje 23, Napole'on se conBant à la loyauté' et à la bravoure des confe'dére's de la Bavière et de Wurtem- ]>erg, est venu à la tête d'une faible escorte des . dragons de sa garde , livrer à Tarchiduc Charles la grande bataille qui lui ouvre les portes de Ratisbonne , et la route de Vienne. Cette glorieuse journe'e , dont tout l'honneur appartient à la valeur des allie's , et au caractère de Napoléon , rend la ■ Bavière à son prince, et re'pand une jusie popularité dans toutes les troupes de la confédération , sur le dominateur qui a vaincu par leurs armes l'ancien chef de l'empire germanique. Le aS, l'armée française a passé l'Inn , et trois jours après , par le passage de la Saltza à Burghausen , elle s*est emparée de la rive droite du Danube , en rejetant fennemi dans les défila de la Bohême. Le 4 mai , le sanglant combat d'Ëbersberg , où l'intrépidité française rappela ces combats de géans de la république , enlève aux Autrichiens une forte position , et le 10 mai , jour de l'évacuation du Portugal par le maréchal Soult y Napoléon est aux portes de Vienne. Un bombardement de trente-six. heures , lui donne cette capitale , où son armée entre le i3. L'armée d'Italie rivalisait de gloire et de succès avec l'armée d'Allemagne. Le prince Eugène qui la commande , avait battu l'archiduc Jean , le ag avrils au combat de Caldiero , et le 8 mai , il avait passé

la Piave , après avoir défait entièrement le coips d'armée de ce prince. Dans toute celte campagne, un teul avantage, devenu bientôt inutile psi la déclaration de guerre de la Russie i lu cour de Vienne , le 3 mai , et pir l'invasion de la GallicJei avait honoré le drapeau autrichien : c'était la capitulation de Waraovie, L'armée polonaise aval* dû se retirer au-delà de la Vistule ; maig la politique avait servi Napoléon anssi bien que ses armei. Le duc de Vicence était parvenu k décider la Rinsie k de'clarerta guerre à l'Autriche , et même ïli faire comballre pour délivrer la capitale de la Pologne, Warsovîe ) où les Autrichiens étaient entres le 31 airil. On vit , cliose inouïe que l'époque seule peut eipliquer , 40,000 Russes sous le princE Gsllitzin, agir de concert avec une armée polonaise, pour conquérir la Gallicie 1 Alors Napoléon par un art magique avait changé toutes les volontn et métamorphosé tous les intérêts.

Le séjour de Napoléon k Vienne est marqué le 17 mat , par un grand acte de suprématie européenne qui lui permet l'abaissement de la maison tl'Aulricbe. C'est de cette capitale, qui vit partir en pénitent l'empereur Henri, pour aller baiser les pieds du pontife de Rome, qu'est daté le décret qui réunit à l'empire français les Stats Riy maios. Cet événement si extraordinaire ne fait pas plus d'eflet en Europe , que le détrônemcnt de Gustave IV et de sa poslérilc par les états de Suéde, le lomai, tant les temps sont changes'Il en est de même de l'excommunication jadis si redoutable, que le pape Pie VII lança contre N»poléon , août l'anneau du pécheur, troi« tenuiset

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après. Rome elle-même y est indifférente, parce qa'elle ne voit dans cette fulmination, que la re'pre'saille d*une vengeance temporelle.

Le aa mai , le village d*£sling donne son nom aa maréchal Masse'na, et à une bataille sanglante gui fait chanter le Te Deum aux deux armées. Le gênerai Bertrand avait fait des miracles de coneeption et Taudace en élevant trois ponts sur le Danube ; mais ils furent subitement de'truits par une crue extraordinaire du fleuve. Cet e've'nement qui fait dire à Napoléon , que le général Danube est le meilleur officier de V Autriche , enleva toutà-coup aux Français , la communication des deux rives et les résultats de la journée. Cette terrible affaire , illustré par Masséna , duc de Rivoli , est trutement célèbre pour Napoléon et pour l'armée , par la perte du maréchal Lannes, duc de Montebello , le plus courageux ami de la gloire de Napoléon et de celle de la France. Ses adieux à l'empereur furent aussi ceux d'un grand citoyen. Dans cette journée, Napoléon s'exposa avec la témérité d'un soldat, et au fort de Faction le général Walther , commandant les grenadiers à cheval de la garde , lui cria : u Retirez-^ous , sire^ ou je i& uous fais enlever par mes grenadiers, i*

Cependant, Trieste, Inspruck, I^bach, Leoben , sont au pouvoir des armées françaises , qui occupent le pays de Saltzbourg, le Voralberg, le Tyrol , la Carinthie, la Carniole , le Frioul et l'istrie : l'armée de Dalmatie sous les ordres du maréchal Marmo^t , est arrivée à Fiume ; et le a6 mai, les armées françaises d'Allemagne et d'Italie , opèrent leur jonction à Bruch en Styrie , à trente

lieupa de Vienne. Le i" iHin, l'archidiic Fcrdi- Dîna CïBCue Warsoïic i le i4 , U balanie de Raab en Hongrie, gagnée par le prince Eugène , rpjoltt l'archiduc Jean de l'outre cote du Danube, et assure les commua icatioDS de l'armée d'Italie aiec la ^Tande-aimtc; le 33, la place de Raab capitubi le 5 juillet , la bataille d'Enïeradof met fin à l'ot>scrvalion dans Ia([uel]e sont resiée» les deux armée», icpareea par le Danabe depuis la journée d'tlsliug. Les Français établis dans rde de ludcr- Lobau , passent le bras seplenlrional du Beave et préludent par celte bataille à la bataille déciiiTC de Wagram, qui a liea le lendenuin. Napoléon k gagne complètement par Faudace et l'babileté dï

legquellen le conquérant de l'Italie a^ait quinieam

c'est encore l'archiduc Charges qui fuit devant le général Bonaparte. LesFranraia et les Autrichien semblent dans tontes les guerres de nutre époque, avoir contracté des habitudes de bataille, ceui-ci par des atlBijuca de flanc, ceux-là par desallaques sur le rentre. Celte tradition fut encore morldie à Wagram pour la maison d'Autriche, qui pour la SiS" fois demanda la paix an vainqueur d'Arcol». quoiqu'elle At encore une armée, el cefut l'eiii- (ence de celle armée ainii que la mensce d» «ipéditions anglaises qui décida Napoléon à faire b paix. La journée de Wagram fut illustre pour la généraux Oudioot , Marmont et Macdonald ; iStJ reçurent )c bâton de maréchal. Fran^^îs II ra invoquer encore la générosité du triomphateur <l> Wagram. Sa demande sera accueillie cominc aprta

DE NAPOLÉON. a4 1

Aiisterlitz, comme à Leoben. La fierté de la cour de Vienne , forcée le la juillet à la l'armistice de Znaïn,deyra marchander son existence, et elle l'obtiendra par la paix du 4 octobre , au prix de sa rnpture totale ayec l'Angleterre , de la perte , au profit de la France, de tous les pays situe's à la droite de la Save , des TÎUes de Goritz , Montcfalcone, Trieste, Willach , et de la re'union proclamée le même jour par le de'cret daté de Schœnbrun, de tous les pays cédés ainsi que de la Dalmatie, sous la dénomination àeprx^vinces Illjrrienne^, Enfin cette paix honteuse sera achetée aussi par la reconnaissance de tous les changemens que la volonté' de Napoléon a opérés ou se réserve d'opérer k l'avenir , dans les gouvernemens des deux péninsules espagnole et italienne. La cour de Vienne passe facilement de l'état de l'aggression à celui de la défaite, et doit encore appeler un bienfait l'excès de son humiliation. Elle souscrit avec joie au traité qui la rend la fenda taire de la politique antibritannique et autocrate de Napoléon. Plus tard elle va aller au-devant d'un autre contrat , qui s'emblera être un des articles secrets du traitjs de Wagram , et qui sera loin d'être un jour une garantie pour Napoléon contre le traité de Fontainebleau. Cependant au palais impérial de Schœnbrunn , quartier-général de Napoléon , le 1 5 août , jour de sa fête , il institue pour les mutilés des champs de bataille , l'ordre des trois^toisons que l'on nomme plaisamment l'ordre du sépulcre f en raison des conditions exigées pour en faire partie , soit par le nombre des batailles , soit par celui des blessures. La création de cette nouvelle noblesseide la mort ,

3^a VIE

.lemblc appartenir à l'hcroïsme barbare Jci ruis Scandinave». Aussi dispa tut-elle comme étrangère ^u siècle , aÎDsi que les de'erets qui declariiient ijuc la maison de Habsbourg, que Celle de Piusse , que celle de Bourbon avaient cessé de régner, ain» que Itii anathênies mortels lancés contre l'Aaglelerrc , ta BuMie, le Portugal et l'iadépendance espagnole. Le but vérilable de l'iaslitution de l'ardre des troin-t oisons , était la destruction de celui de la loisDu-d'or , dont une partie était à la cddronne d'Espagne, une autre à celle des Pay>-Bas, et la trobiéme à celle d'Autcicbe ; Napoléon , qui avait les Paj's-Bas, et qui tenait l'Espagne, voulait humilier l'Autriche vaincue , en créant l'prdre des trois-toisons , la France , l'Eapagne et les Pays-Bas au Lrichiens. A chaque pas on retrouve dans celle période la pcniée gigantesque dclasouverainelé européenne.

Le soir de l'armistice de Znaim , une contribulion d'environ aoo millions de francs , est frappée par le vainqueur sur les états conquis. Le i4 juillet, par \ei mouvemens de l'année russe , qni est entrée en Gallicie le 3 mai, les Autricbient rendent Cracovieauï tronpcs polonaises. Le même jour les Anglais , a qui s'est rendue la ville de Santo-Domjngo, s'emparent de toui les établbae* mens français an Sénégal. Le mois de juillet, qni voit capituler l'alliée de )■ Grande-Bretagne sur les bords du Danube, est partout Tavorable à lei armes. Le a8 , le roi Joseph perd contre Wellisg' ton , la bataille de Talaveyra. Le lendemain l'Eicaut est farce par une armée anglaise , qui s'empare tie Middelbourg, de Terver , du fort de Bati,et

arche sur Flessingue. Quinze jours après cette

ace forte et importante , mal défendue , ouvre

s portes aux Anglais : Anvers est menacée.

Ici trouve sa place , l'anecdote si connue , qui

jla le mare'chal Bemadotte du champ de bataille

î Wagram. Bemadotte avait publie' un ordre du

ur , dans lequel il vantait les Saxons qui servaient

lUS ses ordres ; cependant les Saxons s'étaient si

al conduits la veille , qu'il avait cru devoir écrire

i-méme à l'empereur , et aussi lui faire dire pen-

mt l'action , qu'il ne pouvait rien faire avec les

ixons , et que S. M. ne devait pas compter sur lui.

3n ordre du jour , où il tranchait étrangement

u maître , piqua l'empereur jusqu'au vif, et ame-

a une explication, où Bemadotte osa lui dire,

ue « V armée française n'était plus celle de 1795.

A/o/i armée, lui répondit Napoléon, est toujours

la même , il n'y a de changé que quelques

hommes que je ne reconnais plus ; » et Bernaotte partit pour Paris. Mais l'invasion de l'armée

Dglaise , qui menaça tout-à-cotip la Hollande et la

elgique, fixa à Paris toute l'attention du conseil

es ministres. Fouché y rëiinissait deux porte-

;uilles , celui de l'intérieur et celui de la police.

.nciennement lié avec Bemadotte , et peut-être

ans le désir de le venger de la sévérité de Napo-

*on , ce ministre le proposa au conseil pour aller

.éfendre Anvers, et son choix fut approuvé avec

.'autant plus de raison , que toutes les grandes no*

abilités militaires étaient aux armées d'Allemagne

t d'Espagne , et que ce commandement supérieur

[ans d'aussi graves circonstances , ne pouvait être

-.onfié qu'à un des premiers généraux de l'empire.

-j44 vie

Il DE retira aucune gloire de celle mi&sion, malgré le liuccùa éclatant (ju'clle parut avoir : ce furent la lentenr des AuglaÎB, la rapidité' des secours envoyas de France, l'activité du miniftlére , et U fièvre , cjui en méritent tout rLonneur. £n moins Je suïvurilc jours, lord Cliatam et son armce avaient évacue le pays, e tia Qotte anglaise ayant abandonne aussi sesBlations, était de retour en Angleterre. Ce grand échec qu'éprouvent l'orgueil et la puii- Eance de l'Angleterre, ajoute à Infortune de napoléon un éclat européen; car cette puitiance a armé ;oo vuilea dont lou vaisseaux de guerre , sa flotle portuit 8a,ooa hoDimea pour combattre sur terre t'L sur mer , et elle ue retira de cette ruineuse et furuiidable expédition que la honte d'avoir dé' miili les arsenaux et les cbanliers de Flessingue i[u'eliB a dû évacuer, et celle de n'avoir produit aucune diversion , ni en faveur de l'Aotriclie , ni en faveur de l'Espagne. Mécontent du choix do maréchal fiernadottte , l'empereur envoya le marchai Beaaières pour le remplacer, et retira à Fauche le ministère de l'intérieur. On voulut attribuer dans le temps cette conduite de Napoléon ,à l'ïa- (juiétude que pourraient lui faire concevoir , soit l'intelligence qui unissait le prince de PoDt-Corvo avec le duc d'Otrante , soit l'emploi que ce ministre avait pu faire de ses deux ministère» pour faire ■ubitement lever, organiser, armer et marcbn les gardes nationales de la Flandre , de la Hollande et de la Belgique. Ce pouvoir d'improviser unear-

mécontent, devait naturellement porter ombrafe au chef de l'état; d'ailleurs l'arenir ne le justifier*

DE NAPOLÉON. a^â

que trop en 1814 et en i8i5, de cette sevoritë envers celui qui sera prince royal de Suéde , envers le géne'ràlissime de Tarmée du nord contre la France, envers le sénateur chargé de la mission de Naples , et surtout envers le ministre des cent jours.

Pendant que lesprodiges de Tart militaire s'opèrent en Autriche , une scène singulière occupe ritalie. Le décret de Vienne, du 17 mai , a réuni les états romains à Tempire français et assigné au pape deux millions de revenu , avec la faculté de continuer de résider à Rome. Le 10 juin , ce décret a été promulgué dam la capitale du monde chré« tien ; le lendemain , le pape a répondu à ce décret temporel par une bulle d'excommunication contre Napoléon et les coopérateurs de la spoliation du saint-siége. Le 6 juillet , le roi de Naples prend sur lui de terminer cette guerre des deux pouvoirs par Penlévement du souverain-pontife, qui gagne à cette impolitique et odieuse violation la couronne du martyre. La tiare prisonnière n*en est que plus sacrée : persécutée, elle devient menaçante. Le bruit de la gloire et de la puissance de Napoléon étouiTe la plainte du captif de Savone ; mais le vieillard qui refuse constamment dans cette ville les honneurs , le faste et la table du palais impérial , attire les regards par sa résignation courageuse et sa vie monacale. Une autre particularité caracté rise cette époque. Au milieu des plus brillans triomphes de tous les arts de la civilisation et de l^ascendant irrésistible qu'exercent sur les esprits l'empire de la fortune et celui du génie d'un gvan<i. homme , la foi est rendue aux nviracles et l'oratoire de Savonne à sa puissance. Une propagande secrète et

l'iG VIE

HctivL- a filtré au travers des pompes et dea trophées <lu grand empire ; elle trouve ssilc dans aae de ses métropolss, à Lyon, où la trahison introduit la vcDgcuuce du sainl-siéfie. La tcèae (lu Taoyea âge est complète : il y a violence , eicommunicatiou , captivité , miradeE , traliiioo. Le joor m^me où le pape était enlevé du paUis Quirinal, Kapoléon tenait le fondre de Wagram , et il n'apprit que quelques jours après cet exploit obscur de son beaufrcre , que sa politique ce lui permit pas de déia-

Cependant l'armée française poursuit ses succù en Espagne, Le S août, trois armées sous les maréchaux duc de Dalmatie, de Trévise, et d'Ekhiogen , se réunirent pour passer le Tagc , au coup de la diaue de midi , au-dessus du pont de rArzobisbo,

heureuse valeur par le général de cavalerie Caulaincourl , ùla létc de d,eux régimens de drsgoni, avec lesquels il passe le Tage à la nage sous la mitraille et les boulets de l'ennemi , livre aux Fran- ^ eaislepontdc l'ArzoLisbo , défendu par 3o,ooo Espagnols. Le chocavait été terrible. Les carabiniers et lu cavalerie espagnole sous les ordres du duc d'AI' buquerque accoururent vainement au secours de •ou infanterie i iU durent céder àl'haliitctc et au bogillant courage du général Csulaincourt , qat, trois années plus tard , devait trouver une mort ^^loriense dans une action aussi meurtrière et ntm moins importante pour les armes françaises. Le' 19 novembi^, le maréchal Mortier détruit k OciDi, prés Aranjueï, avec aS.ooo Français, une armée de âo,ooo Espagnols. L'Andalousie est envahie par

DE NAPOLÉON. a4;

roccupation de la Sierra-Morena. Le a3 , à Alba de Tonnes , le gênerai Kellermann , à présent duc de Valml , remporte une victoire complète sur un corps nombreux d'insurgés; le lo décembre , après cinq mois de siège , la forte place de Gironne , où on trouve aoo pièces de canon , se rend au maréchal Augereau.

Mil huit cent neuf est une autre année de prodiges pour la France et pour Napoléon , le 30 novembre , après trois ans d'absence , le roi de Prusse vient reprendre à Berlin ce faible trône que le traité de Tilsitt lui a laissé. Il rentre dans sa capitale comme un vassal amnistié. Vienne et Berlin , encore frappées de stupeur, Londres humiliée , Paris dans l'ivresse des fêtes de la victoire et de la paix , présentent un contraste que l'histoire s'empresse de saisir , tant l'inconstance de la fortune lui est connue. Les rois de l'Allemagne et de l'Italie , les grands vasseaux de Napoléon , se sont rendus dans la capitale. Les souverains de la Saxe , de la Bavière , du Wurtemberg, de la Westpfaalie , de la Hollande , de Naples , y ont été appelés pour y paraître comme les trophées de la paix , qui vient de donner à Napoléon la domination de l'Europe , depuis les frontières de la Russie et de la Turquie jusqu'à la Méditerranée. Ces rois sont destinés aussi h être les témoins d'un grand acte politique, que leur adulation ou leur intérêt va sanctionner. Le sénat vient de prononcer la dissolution du mariage si heureux de Joséphine et de Bonaparte ; mais Napoléon veut un fils qu'il puisse élever à conserver l'immense héritage d^ç^iis ^ttsv^'^x et i\eux princesses imper iale8ba\aiicCTi\.%oi3k.<^3^W5w\

a^3 VIE

Ainsi le veut l'inUrét de u dynastie, crealiannuuvclJe, mail toute puissante, puisqu'elle réside en lui seul. La Fraacc , qui aime Joséphine , et pour qui Napoléon n'a pas eu besoin d'aïeux , tout en apprauïiDt une udïod de bquelle vont dépendre bcoutinuatioQet la garantie de sa fortune, s'alDige un moment au bruit de celte mesaïUance , qui va briser ion lien de famille avec son héros tl ton emperenr.

Rome TCnsït d't'lre la the'âlre d'une scène du moyen âge , Paris eat celui d'une repreaenlatioli de l'empire romain. Parmi les courtiiana de Napoléon , la capitale du grand peuple compte six niDnarques escortés des ^lus gi-ands seigneurs de teuri états. Elle distingue A peine une troupe de petils (ouverains d'Allemagne . qai , fiers de faire partie delà confédération rhénane , viennent attester le rasselage de l'orgueil germanique. l'Europe tout «atiérc est repre'sentée par les plus brillante* am- 1 bassades , sauf l'Angleterre , dont l'absence b>- Unce à elle seule tout l'éclat qui environne le trdne .impérial de France. Celte lacune immense , qui laisse à découvert une partie de sa puissance, n'échappe point à napoléon ; il ne négligera aucan moyen de la remplir par tout le poids de son sjs-

Dans la foule des princes convoque'* aux fétrs de la Paix , de la Victoire et de l'Hjmen , se cache le vainqueur de Raab , le fils adoptif du maître du monde. 11 cherche à se dérober aux grandeurs, aui hommages dont il est l'objet; ut, cbtirgé d'une

mission déchirante pour son coeur , mais non pour sa gloire, il est forcé d'être, après Napoléon, le personnage sur lequel doivent s'attacher tous les regards. Vice-roi de cette belle Italie, que sa valeur vient d'arracher à l'invasion autrichienne, et dont la couronne lui est assurée si Napoléon meurt sans postérité ; fils de l'impératrice Joséphine , le prince Eugène est chargé de la disposer à briser le nœud nuptial auquel tant de gloire a été donnée et de contribuer à se dépouiller lui-même du bel héritage que lui assure la continuation du bonheur de sa mère. Napoléon avait bien choisi son interprète ; jamais l'héroïsme de la reconnaissance ne fut porté plus haut, ni contraint à une plus fatale ejpreuve. Le dévouement dut triompher de la nature elle-même, et en perdant deux couronnes Joséphine et Eugène donnèrent au monde l'exemple du plus noble sacrifice. Cependant Joséphine avait paru craindre cette révolution dans sa desli* née, lorsqu'étant devenue impératrice, inquiète du simple contrat civil qui l'avait unie au général Bonaparte en mars 1796 , elle fit consentir l'empereur à recevoir secrètement , avec elle la bénédic« tion nuptiale de la main du cardinal Fesch. Ce fut aussi parce qu'elle était constamment obsédée de la crainte d'un divorce , qu'elie-travailla et parvint enfin à obtenir de Napoléon d'être couronnée au sacre du pape : ce dont l'empereur n'avait nulle envie. Il fallu donc soumettre à l'ofilcialité de Paris la validité de ce mariage religieux , pour en obtenir la rupture. Le 14 janvier 1810 il fut déclaré nul par la disposition du concile de Trente \

H Que tout mariage est nul y du niomeat i\ii v.V

n'est point fait en présence du curé

deux parties contractantes , ou de

assisté de deux témoins, -n £t Tempe

damné , par TofEcialite' , à une amendt

envers les pauvres. Il en fut si irrité

lite' me'tropolitaine le releva «le la ix

Les pauvres n*y perdirent point ; Vég

ou avait cru faire son devoir en proE

nullité , et Napoléon se trouva canoi

hre de contracter un nouveau mariag

On parla , mais peu sérieusement d's

princesse de Saxe. La dignité d*emp<

dait un lien plus élevé. Le choix de

donc partagé entre deux princesseï

une grandc-Kluchesse de Russie et i

chesse d'Autriche. L'empereur se

la grande-duchesse ; l'ambassadeur i

la demander , et la demande fut ace

l'empereur Alexandre demandait q

de délai , à cause de la grande jeunes:

cesse , et aussi pour avoir le temps de

tira ce mariage l'impératrice-mére-.

au changement de laquelle on ne co:

était déjà un grand obstacle. Les chos

là quand , inquiète et jalouse de ce p^

soupçonna , la maison d'Autriche o

son enfant chérie ; telle fut l'expret

tards de la Russie , les diOicultés pou

que Napoléon aurait pu aplanir, <

dans sou intérieur la liberté des cull

saisir avec empressement l'ofire de

Vienne. C'est un grand tort dans le

faircs , de ne pas admettre le tei

DE NAPOLÉON. aSi

moyens. Napoléon fut toujours presse de vivre et pressé de jouir de ce qu'il désirait. Dans la même journée , un conseil fut assemblé ; on j lut les dépêches du duc de Vicence. Les avis furent partages ; mais Napoléon se décida pour rAutriche. Le soir même l'arrangement fut conclu par le prince Eugène avec le prince de Schwarzenberg. Le fil? adoptif de Napoléon fut encore condamné à signer Pacte politique qui déshérita sa mère ; et le prince de Wagram partit J)our Vienne. Ainsi Marie- Louise fut offerte par son père , et acceptée par la France , et le prince de Wagram, qui devait ce titre à la dernière humiliation de la cour de Vienne , demanda la main de l'archiduchesse. Il l'épousa solennellement au nom de l'empereur Napoléon , à Vienne, le ii mars. Le i3, la nouvelle impératrice partit pour la France ; la cour se rendit le' ao à Compiégne, où tout fut préparé pour la réception de la princesse. Le a8 , jour de son arrivée , Napoléon alla au-devant d'elle dans la forêt , monta dans, sa voiture et revint au palais de Compiégne avec sa nouvelle éponse. Le So, toute la cour fut réunie à Saint-Clond , où le mariage civil fut contracté le ler avril. Le lendemain, l'empereur et l'impératrice firent leur entrée solennelle dans Paris. Ib reçurent la bénédiction nuptiale du grand - aumônier de France , le cardinal Fesch , dans une salle de la galerie du Louvre , qui avait été disposée en chapelle , avec des tribunes pour les rois , les autres souverains et le corps diplomatique. Les rois , Teines, et princesses de la famille impériale assistèrent l'empereur et l'impératrice a cette majestueuse et brillante cérémonie, qui eut

a.a ■ VIE

pour lêmoÏDs Ici membres du saGre'Colk'ge,eiceplc' quelques cardinaux, qui e'abitiiircnt de paraître . et qui furent éloignéa ; tous tes corp» de l'étal, toutes les dignitea civiles et militaires , etenBotout ce que la cour de France el le: cours étrangères pouvaic^Dt, ÏD de pen damaient de la cupitale, offrir de plus distingué. Jamais plus de luie ne fat déployé qu'à cette fête, à laquelleil ne manqua que d'être nationale. Le louvenir fatal 'des fétet du mariage de Vu rehi duchesse Marie- Antoinette, \e SDUTCDÎr plus fatal encore de sa lin déplorable, étaient préseua à toutes lei générations. Le premier fut cruellement renouvelé trois mois après,

coup la maison où le prince de Scliwarzenberg . ambassadeur d'Autriche , donnait un bni à )a fille de son souverain. Les vieillards prédirent uae issue funeste à celte nouvelle alliance avec la maison d'Autriche 1 et leur prsphétie s'est accomplir. Cette alliance fut contractée dans les remparts de Vienne, de'trults par napoléon i elle sera diisaule à jamais , quatre ans plus tard , dans les murs de Paris, envahis par François II.

Napoléon, épris de sa nouvelle épouse , veul 11 inoiilrer dans la capitale des étots conquis sur Ij maison d'Autriche. Le 37 avril il part avec-ellc puar Bruielles , et le 3o il arrive au château impérial de Lacken, Quelques jours sont donncsàce voya^r en Belgique, dont les habitans saluent avec ivrcsiC Ij fille de leur ancien Souverain , et l'épouse de celui qui lut a élevés à toutes les prospérités de la France. Apres un séjour à Bruxelles , le retour àa «ii^uslcs Tojagcurià Paria, b lieu par Dunlurqu^t

DE NAPOLÉON. a53

Lille , lefiayre etHouen. Partout le cri de la paix se mêle aux bénédictions des peuples. Ce yœu de la patrie ne sera pas entendu. L'Angleterre manquait aux fêtes de la capitale : Napole'on ne Toublie pas , en parcourant les côtes septentrionales de son empire , et le système continental va recevoir de sa politique une nouvelle puissance. Dès le 6 janvier, la Suède avait di\ y accéder , et la restitution de la Poméranie l'avait récompensée de sa soumission. Désormais les traités n'auront plus d'autre base , les ruptures d'autres motifs, les alliances d'autre lien. L'année 1810 présente le système continental comme une guerre 'à outrance faite à la commerçante Angleterre ; c'est aussi la seule que la France puisse entreprendre contre les Anglais avec ses infidèles alliés du continent, pour lesquels son amitié, sous ce rapport, doit être une tyrannie véritable , mais nécessaire. Cette terrible raison d'état plane sur l'Europe entière , à qui elle est imposée comme une loi , et aucune considération ne pourra y soustraire ; celui qui l'impose, seul pourra la violer , et le trafic honteux des licences ne sera que le monopole du dominateur.La Hollande, terre commerciale, où règne depuis quatre ans Louis Bonaparte, attire les regards inquiets de Napoléon; le 24 janvier , ses ports sont déclarés suspects , et le 16 mars, il se fait céder , par son frère , le Brabant hollandais , la Zélande , et une partie de la Gueldre , qui prennent le nom de départemens des Bouches-du-Rhin et des Bouches-dc-l'Escaut. Une armée de 18,000 hommes, dont 13,000 mille Français , doit soutenir en Hollande , la ^uctt^ ^xx. %^^ tème contre r Angleterre. A l'arrivée ^e te% iQTç.t'&%

tri<ilii|w à b «ioleâce ttiHt *m c

etati , ^UiiqM le ■« joillel en braBC de Mtt U.

U a|>picDil •Ion qa'cUe ttut li nuulîtKui de b

t de tel anôauia riiiiJes, det repDt)li4im de Venue et de Gàmi rcdiiitei canuBe elle â Tétat de proTinoes.

Kou5 iiTOD* du , et avec ration , que NapakM ne poutiit faire d'uiti-e goerre qoe celle de an ■j'ileme cootioeiilal k cette ADglelerre, qui cilla inêiDe année , s'emparer de TIsle^e-France , ci 4]ui iTétait ai tjranuiqueiiieDt adjugé l'odieux dmi> de vUite aur tous les vaisseaax de r£urop«. Dut cette position où tout était eitrême entre le* deia colosses qui se partageûeut le monde , tout dcv(uait légitime , même l'usurpation d'un étal de f>millo , doDt les iatéiéts naturels étaient ceux i' rennemi mortel du grand empire. Napoléon, penélré qu'il était de la puissance de son sjstémE continental , s'était trompé en donnant laHolluile à son frère , le S juin 1 809. 11 eût mieux fait d'r gréger alors à son empire cette ancienne mccursak du commei'ce anglais : il se fût épargné la créstioi d'un troue inutile, nuisible peut-être, et la dotruclion de son propre ouvrage. La première mesure eut été toute politique ; la seconde futodieuiCi parce qu'elle détruisait l'indépendance d'un peuple. Xaul que ce peuple ne fut que conquis, u

DE NAPOLÉON. a55

réunion à la France pouvait être un bienfait pour lui , parce qu'elle le faisait sortir de l'état violent de Toccupation ; mais une fois rendu à lui-même , et reconstitue' en corps politique , l'incorporation du peuple batave au peuple français , était un coup d*état dans toute Tacception de ce mot. Napoléon ne le jugea pas autrement ; il voulut enlever à l'Angleterre un allié ancien et unami secret. Il côuh mençait d'ailleurs à se désintéresser des royautés de ses frères qui avaient eu une place trop marquée dans le système de sa grandeur personnelle, mais qui h'en avait conservé aucune dans celui de sa politique. La même nécessité émanant du même principe , se présenta à la fin de cette année , où après avoir , par déerel du- 17 août , ordonné le brûlement de toutes les marchandises anglaises en France , et dans tous les états de- la confédération, où 9 après avoir donné au douanes des cours prévôtales , sans recours en cassation , il réunit , par le sénatus-consulte du i3 décembre les villes anseatiques et les rivages de la Baltique à l'empire français. La France compta alors 3o départemens maritimes , et TAngleterre n'avait plus d'asile en Europe que le Portugal, où se battait contre elle une armée française. Tel fut le résultat du système continental pendant l'année 1810. Cet état était violent pour l'Europe , mais il était mortel pour l^Angleterre , et l'impossibilité de le supporter plus long-temps , forma , deux ans après , la ligue du Nord , qui termina d'une manière si tragique ce long duel entre Napoléon et la Grande- Bretagne.

Pendant l'année 1810, la guerre ^^«^«^^^ ^""^

356 VIP.

heureuse pour la France, si une guerre pareille pouvait Vôtre ; le a février la résidence du gouvernement , que l'on appelait alors iniurrectioDuel , lie ta juate suprême, l'iniportaiite ville de Sevilic, fut occupée par le inare'ahal Soult. A celte e*pO(]iie des victoire* du maréchal Soult , il n'j eut que In villes d'Alicaule, de Cartfangéne et de Cadix, tt la fameuse Ue de Léon, où n'eussent pas pënelrif les urmées françaises. Le s3 avril ,1e général O'Donnel, depuis comte de TAbiabal . perdait, conire b maréchal Suchet, la bataille de LeVida, qui est pHieapree i5 jours de tranchée ouverte. Le 6 mai, le général Junot enlevaii: d'assaut la ville d'Asterga; et le 36 du même mois , 6oo Français, presque tous olllciers , prisonniers de la honteuse capitulation de Bavien, sur les pontons pestiférù de Cadix, parle coup le plus audacieux, s'empirent d'un mauvais navire sans agris, traversent la escadres anglaises et espagnoles, sous le feu dci chaloupes canonnières et des batteries , et ahoident le rivage oà le maréchal Victor les reçoit dani ses rangs. Cette guerre fut remarquable danatastes ses phases par la foule d'actions héroïques qii> ne cessa d'illustrer les deui armées. Cependant, tandis que le continent espagnol de l'Europe k débattait contre l'invasion tyranniqae des Français, le 19 avril, le continent espagnol de l'Amérique , déjà trop vieui pour n'être plus qae 1> province d'une métropole d'outre-mer , jetait Iti bases de son indépendance future , en formant lu gouvemement fédératif de Venezuela. Exempte dont la séduction puissante, inspirée par la prospérité toujours- croissante des États-Unis , doit ga-

insensiblement les royaumes américains de gne et du Portugal ! Cette immense réyoluqui donne une nouvelle face au monde poe 9 est une des plus grandes époques du règne ipole'on; elle aura tous les périls qui font pher les nations e'prises de leur indépendance . >ire des armes sanctionnera , dans une guerre Itre de plusieurs années, le serment d'être jure' par le peuple ame'ricain , contre ce mé- !uple espagnol , à qui il doit le grand exem- 3 son courage et de sa vertu. Les triomphes rançais se succèdent dans la péninsule ; le 8 la forte ville de> Me'quinenza , au confluent Dbre et du Sègre , se rend au mare'chal Su- Le 10 juillet , aprrà 35 jours de tranchée ou- , le mare'chal Nej entre dans Ciudad-Ro- . £n Portugal , le 27 août , Alme'ida est prise ) mare'chal Masse'na , qui , le 27 septemibre , la bataille sanglante de Busaco , force le ge'ne'- /cUington à se retirer dans la position de ès-Vedras : mais la Cuite du ge'néral anglais nt une campagne de défense. Tels furent les ïmeus principaux, de la guerre d'Espagne et de ]gal en 18 10.

révolution de Suède , préparée par les évé- ;us du i3 mars , du )0 mai et du 6 juin 1809, &ée , le a I août 1810 , par Vadoption que le Charles XIII fait du maréchal fiernadotte, ;c de Ponte-Corvo , et par Télection que les .généraux , assemblés eu diète extraordinaire , de ce prince pour être Théritier de la coue. Napoléon, n*a point contribué à Vé\^^^> âe BeraaâottCf à qui il eût prélêtt , ^^>«

l'jS VIE

occuper le tràae êe Suéde , son fili ailoptifle prince Eugène ; miils te rice-roi , k qui la couronne d'IUlie doit échapper par le second mariage de l'empereur, refoaB, dit-on , la puissante intervention de ce prince auprès du goiwernetnenl suédois. Napoléon ne s'est point opposé h l'cleelion du prince de Porte-CorTD, quelu Suéde demande ù la France, Il est au moins de sa gloire dfi l'approuver ; au«i donne-t-ii géoéreuiement à ce prince les mo^'ent de paraître avec éclat ï la cour de Suéde i toutefois il résulte d'un événement , presque tonjouis si heureux pour les nations qui le provoquent, que si la France perd un de ses plus illustres défenseurs, Napoléon ne perd pas un ennemi.

Le mois de décembre iflio est le mois fatal pour la France , dont le nom Végare depuis le de'troit de Charybde jusqu'au détroit du Sund , soit par b réunion , soit par les Tassalités des peuples. L'incorporation du Valais a été décrétée le même joui que celle des villes anséatiques, aBn que toute trace républicaine soit effacée du nouveau sol français ; aussi la carte de cette partie du monde, qo' va s'appeler Fbiitce , présente a4 degrés de longitude sur 7 de latitude , habités par 4^ millions de sujets, divisés entre eus. par quatre idiomes d autant de religions; mais la domination dli'eclede Napoléon et de sa famiHe- s'étend sur &5,5oo,o(io sujets , qui , réunis aux 16,000,000 d'hommessouindirecte , oflrent II masse ef-

frayante do plus de cent millions d'Européens qui lui obéissent.

Paris est la capitale de rEurojfc vaincue ; Londres est celle de l'Europe irritée. L'une reçoit 1»

DE NAPOLÉON. aSg

iges de la soumission , Vautre les vœux de la nce. Tout espoir de paix est détruit entre X rivales par la rupture des négociations fes avec lord Laoderdale ; 160,000 hoïnmcs ?s armées de terre et de mer sont décrétés sénat us-consulte du i3 décembre : le même 'ait réuni la Baltique et le Valais au grand !. L'esprit s^ffraie justement , eni8a3,'de >uissance multiplie de la volonté d*un homliy dans le même moment, ordonnait aux irçans d'une mer du Nord , aux pasteurs des Juliennes , et à 160,000 soldats de prendre armi les sujets et les instrumens de sa for- \u milieu dp ces grandes spoliations de la été des peuples , le 19 et 29 décembre des itions de détail frappent- particulièrement tion de la France : Tune rétablit l'institujamais odieuse de la censure sur les producle la pensée; l'autre remet généreusement aigres les successions dévolues à l'état pour ées : ce deux actes sont au profit du pouvoir ; I haine des écrivains et la reconnaissance des )s seront également silencieuses.

opérations militaires de la guerre d*Espat de celle de Portugal sont les seules qui oct la France pendant Tannée 181 1 ; cette an- >ra son dernier repos sous Napoléon , car ireille guerre , malgré l'opiniâtreté de la rcce et la eoopération de l'Angleterre .^ rk^ %a^^.• T^cter les destins de la graude iiaA\oxk, «v.'^^^"

liée encore lu France n'avait pas d'iu- .1 que rindcpeodaiice de la pénintule et l'nppoMLÏon de ses cortèe. Douze anne'en plu)

100,000 Français franchissaient la Bidasaoa. Sam doute on n'a pu lea croire legatairiïs d'une dernière vnlontc de Napoléon ; maii si en rapprochant ks , moLifa de cea deux guerres , elles paraissent à l'hitto rien également déplorables aou« te rapport de l'indépendance desnniions , h plus forte raison 3-4il le droit de penser rpie, les Français va in quenn. ils n'auront point à n'applaudir du triomphe, it que , les Espagnole Taincus , ils n'aarant point à rougir de la déFaite. U en fut ainsi pendant tout^ cette année iSii, où leî, maréchaux Soult et Mortier, où les généraux Suchet et Clauiel , ajoutèrent aux armes françaises tant de lauriers inutikti où le maréchal Masséna ne gâta point sa gloire eo évacuant le Portugal devant l'armée anglo-portO' gaise. Le récit de ces opérations appartient à l'biitoire militaire propremeiit dite de Napoléon. le tahleau de sa vie, rapidement tracé par son bii>graphe , ne permet que l'eiactitude des faits et ne prescrit que la série de leurs dates ; ainsi nous nous bornons à présenter cesfBÎtsmilitairesdansl'ordie où ils ont eu lieu. La gloire de ces grands capitsi' nés n'a pas besoin de commentaires , elle était depuis Ion g- temps noblement consacrée par de véritables services rendus à la patrie ou à son héros, R ne s'agit ici que d.c ceux rendus à la dictature impériale, et , si on en excepte l'immortelle campagne de iSi^ , l'histoire n'en a plus d'autres à recueillir jusqu'à l'abdication.

DE NAPOLÉON. a6i

inyier, après i3 jours de tranchée ouverte , de Tortoseserend au général Sucfaet. Du I , Oporto et Olivenza , en Portugal , sont s par le mare'clial Masse'na ; mais le 4 mars , 'importance de cette occupation, Wellingtifié depuis cinq mois dans la position inexe de Torrès-Vedras , re'pare en quelque ir la retraite à laquelle sa nombreuse armée ; de'bris de celle de Massena , les revers qui Qtre' si souvent , depuis le commencement terre, les troupes de sa nation fuyant de- Français à Dunkerque , à Toulon , au Hel- Flessingne ; deux mois après , Tevacuation ugal est comple'tée par celle de la ville d'Al- Le 5 mars, k Ghiclana, Varmee anglo-es- , qui veut faire lever le blocus de Cadix , ee par le mare'chal Victor dans Tile de Lëon, déjà un asile où le duc de Bellune n'ose la Le 10 , après plus de 5o jours de siège , Bacapitale de l'Êstramadure , ouvre ses pormaréchal Mortier. Ce grand succès a été : le 19 février paphi bataille de la Gebora , arécfaal Soult a défait une armée espagnole

au secours de Badajoz ; mais les troupes spagnoles, au^i ordres du général Béresford,

reprendre cette ville ; attaquées vigourcupar le maréchal Soult au combat de TA!-

elles restent maîtresses du terrain après )rouvé des pertes considérables. Cependant ellington apprend la jonction des forces du al M arment avec celles du maréchal Soult , int compromettre la fortune qu'il a obteitrc le maréchal Bf&sséna, le 18 mai, il lève

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prc ci pila m ment le siège de Badajoi et se retire en Portugal. Enfin , après deux mois de siège et cinij HEsaulb , où toute bravuure fut déployée dci deui côtCB, la ville deTarragooe, encore dcfeuduepir io,ooa hommes, se rend le aS juin au général Sii' chct, qui trouve dans ses remparts son bâton de tnureuhul. La plus brillante illustration attend la armes du nouïcau mare'chal. Le ag Octobre , la bitaille de Sagunte ou de Murvierdro, qu'il gagnt sur les généraux Bloke et O'Donnel, lui donne le lendemain la forte ville de Sagunle, dont lapontion, defendoepar la nature , parles Romaini,pD les Maures et par des çonstractioiu récentet, k rend mailredesroutfsde Valence, de BarcelonDe< de SarrafTOsse, et assure son établissement dansl'Ht de la péninude. Le passage du Guadalaviar le 16 décembre, obtenu par k prise du camp retranche de Quarte, facilite à ce maréchal l'iDvestisscment déjà commencé de la grande ville de Valence. Quinze jours après , cette vaste cité , jadi» capitale d'un beau royaume, devenue le dépit général Je toutes les forces et de tous les approvisionnemeiu des insurgés , est réduite à se rendre avec une garnison de 18,000 hommes commandés par lo géuérauK , et goo officiera., «t défendue par 400 piéen de canon.

Tel était l'état de la guerre dans la pénînaule r elle continuait la gloire , ou plutâlelle prouvait li force de nos armes. Mais , pas une fatalité' attachée aux guerres contre l'indépendance desuations, la Eipagnols s'armaient de leura revers, et leur patriotisme sortait toujours victorieux des bataillH qu'ils avaient perdues. I.e temps allait venir où,

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'yant plus dans leur vaste patrie que Cadix et ^ de Léon , ils s'applaudiraient de n*étre plus K^ferme's dans des morailles , et d'avoir pour fortesses , pour campemens , pour champs de baâUe , les montagnes , les forêts , les fleuves et les ^rts de leur patrie. Toute la terre espagnole inspire, quand Napole'on, maitre de toutes ses tes 9 la croit vaincue, désarme'e , asservie. Gepenint deux peuples protégés par la nature aux deux trémités de r£urope , séparés Tun de Tautre par uie la civilisation, vont, par Timpubion de la us terrible gravitation , presser du Nord au Midi

colosse aux cent bras qui veut renverser leurs tels domestiques. Tous deux , sous Vempire d'un aatisme religieux que leur prêtres armeront »ur leur indépendance , poussés par la même 'cessité, ils sembleront s'entendre de l'Ëbre à

Newa pour écraser le géant de la {domination li les a tant de fois vaincus , et ils devront à son nbition Thonneur de prendre rang parmi les •uples généreux à qui la haine de la tyrannie a >nné un grand nom dans l'histoire. Les Ëspalols ont de vieux souvenirs ; ils descendent de ïux qui ont vu mourir les Carthaginois et les omains , ils sont aussi les enfans de ces hommes j Nord qui ont chassé les califes. Quant aux usses, ils n'ont .point d'aïeux, et tous leurs sousnirs sont récens ou barbares; mais ils ont vu . Suisse et l'Italie. Ils son devenus Européens et onquérans , et ils ont l'exemple des héroïques spagnols.

Cependant , Napoléon parait oublier que cette ation neuve veut occuper un rang sur le terrain

politique où ses traite's Font placée. Il est en paix en alliance ayec elle, en amitié' avec son souTerain. La me'moire de Tilsit et d'Erfurt est encore toate fraiche : il en recueille tous les fruits. Le blocus contre l'Angleterre , quelque nuisible qu'il soit aux intérêts matériels de la Russie , est rigoureusement exerce dans tous ses ports. Cependant le profit illicite des licences aveugla : on crut pouToir jouir de cette infraction aux engagemens de Tilsit et d'Erfurt , sans que la Russie osât s'en fâcher ou s'en prëyaloir , pour se relâcher de son côté de ses mesures sévères envers les neutres qui servaient de masque aux Anglais. On fit plus : le i8 fe'vrier ( 1811 ), pour compléter l'interdit de la Baltique, Napoléon a pris possession du duché d'Oldenbourg, et il s'est peu inquiété de dépouiller le beau-frère d'Alexandre , de son allié le plus puissant et le plus dévoué. De tous les états de l'Europe, TAngleterrc est le seul qui doive se réjouir de cette impolitique violation ; aussi saura-t-elle se servir avec avantage de ce nouveau grief pour miner l'imperturbable fidélité d'Alexandre envers Napoléon.

Mais , trois semaines après le ao mars , un fils est né aux maitre de l'Europe , l'hérédité du pouvoir absolu consacre sa dynastie , et tout l'orgueil (le la félicité humaine est entré dans son âme. Comme père et souverain , il doit sentir d'autant plus vivement ce bonheur qu'il a pu lui échapper. Le plus grand danger a menacé l'impératrice au moment de mettre au monde ce fils si désiré ; mais Napoléon oublie en un moment qu'il est empereur , et n'est plus qu'un père tendre , qu'un

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malheureux. Les jours de Timpenitrice et enfant sont e'galement en pe'ril, ib depen- 'une opération cruelle et douteuse.Le chirur- )uboi8 vient consulter Napole'on. Ne pensez la mère , lui dit^il, et traitez l'impératrice ne une bourgeoise de la rue Saint-'Denis, i»

md de suite auprès du lit de Marie-Louise , sole , la soutient , Tencourage par sa preet, après a6 minutes- d'ua travail doulou- Tenfant est mis an monde par le secours des lais il reste pendant j autres minutes prive ite espèce de sentiment. Le temps parut long à Bonaparte, disputant Tempire à la le 18 brumaire , à la séance de Saint-Cloud.

à force de soins Tenfant respire 9 il vit , il Transporté , hors de lui-même , Tempereur ipite à la porte du salon , où la France et l>e attendent leurs destinées , il Touvre et s'é- . C'est un roi de Borne ! )> Cent un coups de annoncèrent à la capitale que Napoléon II :. L'ivresse fut générale. A l'Hôtel-de -Ville', lart et les membres du conseil , qui proclat, en 1814 f la déchéance de Napoléon, quand encore de l'autre côté de la Loire i5o,ooo îs pour repousser l'étranger, votèrent lo^ooo de rentes au premier page qui vint leur :er la naissance de Napoléon II. Ce fut la re fois qu'un même sentiment de bonheur tla France et Napoléon. La nature n'avait t qu'à regret cet enfant sur lequel se conmt les vœux des deux plus grandes monarle l'Europe. Il avait fallu le lui arracher , intemplant le berceau impérial , qui , après

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une anxiété Bi cruelle vient de recevoir son liU, Napoléon dut s'applaudir de ce que sa forluce Irioniphait aussi de la nature elle-même.

Cependant la guerre continuait entre le papB et Napoléon , et elle ne cens de présenter un caractère tingulier, qui sert à donuer la preuve du déplacement des IntérËU européens , à celle époque : Napoléon et Pie VII avnicnt échaDgé leurs râles. L'empereur militoit pour son église, le pape pour ses étuti. L'empereur dem'jndall vainement an pape l'institution canonique dei évéquea de France , que le saiot-siége aurait itil provoquer , et le pape la refusait , parce qu'il avait perdu sa souveraineté temporelle. Le aaintpere confondait la thiare et la couronne , l'anDeau du pécheur et le sceptre ; le sacre de Napoléoi était même un mauvais argument en faveur di souverain-pontife. Toutefois l'empereur , press< de compléter son système monarchique , coma qua le m juin, un concile à Palis , composé di cent évêques français , allemands et italiens : f concile fut appelé national, comme il l'était ci effet, et il décréta sa compétence pourstatuersu l'institution des évoques. £n vertu du concordat le pape devait ordonner celle institution ; et m son refus, celle du métropolitain serait suffisante tel fut le décret du concile. Le ao septembre, li pape confirma ce décret par un bref de Savone mais )a terre l'emportera encore sur le ciel. L cour pontificale refusera ce qu'elle a solennelle ment promis , et jusqu'à la flu de 1819 , cinq an après la chute de Napoléon , et pendant les citH premières années de la restauration) la France

presque sans ëvéques, pourra croire que' son roi n'est plus le fils aine de l'e'glise. Toutefois le père de Tarriére-petit-fils de Marie-The'rèse aura satisfait aux droits de sa couronne , aux lois de son concordat , et à cette étiquette spirituelle qui consacre les relations des trônes catholiques ayec la chaire de Saint-Pierre. 11 fallait que tous les âges de l'histoire eussent des pepre'sentans dans Thistoire de Napole'on , et qu'il conroquât aussi des conciles ! Si à cet égard, il ne s'est pas mis en rapport arec son siècle , du moins il s'est mis en règle avec les usages et les {passions monarchiques qui avaient pris sur lui tant d'empire. £t en effet, après avoir , le 3 septemhre , rendu un décret en prorogation de l'amnistie accordée aux émigrés , ]e i3 octobre un nouveau décret anéantira la loi organique des constitutions françaises , la grande loi de nos droits politiques , celle de la liberté de la presse. La nature , les titres , et jusqu'au nombre des feuilles périodiques, et même le nom des villes où elles pourront paraître , sont irrévocablement fixés et déterminés. Une censure inquiète , soupçonneuse , minutieuse , hostile , sous la responsabilité des autorités locales , sera l'argus de cette illusoire périodicité. Napoléon aurait-il été , à l'insu de l'univers, dont il était le spectacle, le juge craintif de sa toute-puissance , en la soumettant aux terreurs de la presse et à ces indignes précautions qui caractérisent ou les gouvernemens faibles , ou les gouyernemens révolutionnaires et passagers?

Les opérations politiques qui terminent l'année 181 1 , consolident l'œuvre de la réunion du royau-

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me de Hollande au grand empire. Ses de'partemens reçoivent le i •' et le a noYembre leur circonscription définitive, et rorganisation française. L'Espagne est conquise ou occupée ; tout le continent est en paix ou soumis. On se demande pourquoi un se'natus-consulte appelle tout-à-coup aux armes, le 21 décembre, 120,000 conscrits de la classe de 181 2. La France a atteint la plénitude de la prospérité. L^irmée elle-même déclare qu'elle est rassasiée de gloire , et l'année 181 1 expire dans le malaise de cette baute fortune , qui ne peut plus que descendre , parce qu'elle ne peut pfais monter.

Cependant un homme seul balance et fait taire les terribles oracles de la félicité de l^empire. La suprématie européenne était aux mains de la France ; mab Napoléon a rêvé pour lui la domination universelle , et l'Europe , loin de faire un vœu contre l'audacieuse entreprise qui menace la Russie, et doit de nouveau peser sur. elle-même, se livre tout entière avec une sorte dtenthousiasme (le servitude , à l'espoir de voir triompher Napoléon de cet ennemi lointain qu'il s'est choisi. L'Europe n'avait qu'un orgueil d'esclave ; elle souhaitait plus de puissance à son maftre. Il est vrai qu'alors elle n'avait pas d'autre condition que l'obéissance ; et le peu de fierté qui lui restait ne consistait qu'à vouloir placer sous le même joug la seule puissance continentale qui fût restée libre, et dont l'indépendance l'effrayait.

La Prusse n'est pas libre : Berlin seul a été év^

eue par les Français; maïs cette capitale peut craindre le sort d'Amsterdam; le mare'chal Oudinôt commande l^irmée d'occupation. D'ailleurs une masse ënorme de contributions imposées par le traité de Tilsit pèse sur la Prusse , et dans la position malheureuse où se trouve son gouvernement entre sa dette envers la France et la présence d*une de ses armées , il doit aller au-devant de tous les moyens qui peuvent conjurer la fortune en sa faveur. De plus roccupation du rivage de la Baltique vient d'être consommée le 26 janvier, par l'occupation de la forte ville de Stralsund , et la Poméranie suédoise obéit au corps d'armée que commande le général Priant. Ainsi , pressé de toutes parts, le ministre prussien va chercher dans le traité de Paris du ^4 février suivant un asile pour ce qui reste de la monarchie prussienne : il y renouvelle le pacte du blocus continental. Dans le cas d'une guerre entre la France et son ancien allié de Pétersbourg y c'est-à-dire dans la certitude de cette guerre très-prochaine , il s'engage à fournir un contingent de 40,000 hommes avec 60 pièces de canon ; m ais aussi la France consent à réduire à 6a millions les contributions arriérées de la Prusse. La Prusse saura faire valoir à la Russie la nécessité qui lui a fait signer ce traité , et Napoléon se repentira trop tard de sa générosité, qui , après les injustes provocations delà Prusse en 1806, après son anéantissement à léna et à Lubeck, laissa encore à Tilsit un débris de couronne au roi Frédéric-Guillaume. La monarchie prussienne devait être entièrement détruite à Tilsit , ou plus grandement reconstituée. La politique, qui était

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la justice du vaioqucur , le vaulaît aiiui. Dans le dernier cil), lu Prusse eût e te pour la France uninii ou un enucmi ; mais GOmaie elle eût été' UD grand ctjt iotcrmedinlie cotre l'Europe et la Hiutiit IVapoléon n'aurait jamais Eu l'idée de la campagne (le Moskou , et la Prusse n'aursît pas trahi son imprudent bieufaiieur. La positiun de l'Autiidu ctait toute ^ÎBerentc. Elle n'avait pas elë appelée aux rameuies confcrences d'Erfurt. Elle aviit alors n^rW tic reconnaître Joseph , roi d'Espagne, et elle avait profité desembarrai ijue l'oppositicn de la péninBule donnait ï Napoléon pour lui faire brusquement une guerre d'invaiioD en iSog. Lu victoires de Landshutjd'Eckmiilh, de Ratisbonne, d'Ebersberg, la prise de Vïcuue viti^t jours apréi l'auverlure Je Ih campagne , les bataille? de Raab, d'Enzeradorf, eolin celle de Wagram, avaient force cette puissance à lecourir , eomme la Prusse , i 11 pitié' du vainqueur. Le honteux armistice de ZnaM, tout-à-coup sollicité par l'Autriche, ag moment où toutes les populations de la patrie al' lemande allaient se lever pour sa défense , où le Piémont, où la Prusse elle-même >e disposaient de'jà à leur affranchissement , avait amène cette paix de Vienne si différente de la dernière. Cepen- .dant l'institution moitié mystique, moitié politique du lien de la vertu, du Tugeitd-iund ^ qui doit jouer un si grand rote un an plus tard, avait étendu du sein delà Prusse où te patriotisme l'avait enfantée, ses ramifications papulairea dans toutes les universités de i'AlIeijiagne , dans celles même qui appartenaient aux états que Napoléon s'était plu ù doter sur la rive droite du Rhin. Cette cotth

piratîon morale avait été dénoncée à ce prince qui la de'daigna , comme il avait refuse' quelques anne'es 3 lus tôt de se mettre à la tête de la re'formation politique de la Germanie protestante. Le rôle de Luther lui convenait aussi peu que sa- doctrine. Al lors aussi il régnait dans le même palais impérial lu plus puissante prince de la Germanie, et il méprisait jusqu'au poignard du jeune fanatique qui Y avait pe'nëtré pour immoler l'oppresseur de sa rtatrie. Mais l'Autriche ne s'était pas contentée de l'avoir pas le courage de survivre à la bataille de ^agram , quand une seule victoire , quand la seule 3rolongation de la lutte si loin de la France , et lans l'état d'exaspération où étaient les esprits, pouvaient effacer pour elle tous les triomphes de »on ennemi ; elle s*^etait précipitée au-devant d'une illiance de famille , tant elle fut jalouse d^enlever lUX autres couronnes le nouvel hymen que se pro- >osait Napoléon. Toute Faetivité de sa diplomatie (e déploya pour obtenir cette grande préférence , *t le sang de Marie-Thérèse devint le gage nouveau , que la superbe cour de Vienne offrit instamnent au général de vendémiaire. Napoléon qui tvait pris l'histoire de la monarchie française pour a sienne , voulut la continuer ; il accepta cette aliance, el. cimenta ainsi, en quelque sorte , la vasalité de l'Autriche , qui alors y vit son salut. L'aliance du 4 mars i8ia fut bien aussi pour elle une nécessité nouvelle , que lui imposa la guerre de iiussie. Menacée qu'elle était du rétablissement le la Pologne , la maison d'Autriche voulut se mélager une indemnité dans le cas où elle perdrait a Gallicie , et celte indemnité qu'elle convoitait

ï;i vie

ctait la pouessioa de l'Illyrie , qui oSraît k hd commerce Ica deboacbe's maritimes , dont «He manquait abaolument ; par le traite d*aUisiice ôpê ù Pariii , cette puissance stipula ua lecoun netpi'oque de 3o,ooo hommes et de 6d pièces da a- DUD. La cause de la Frnoce et de l'Autriche est devenue commune, identique, inséparable, tfnt UDe caube de famille, et l'objet de ce dernier pacte est si peu douteux, qu'au y garantit mutuelle ment l'intégralité' en Europe de l'empire tuic, alors eu guerre avec la Rutsie. Cette garantie matuelle de l'intégralité de l'empire ùttoman n'avait d'autre motif que d'empËcher Is Porte de signer la paîi qu'elle négociait avec la Russie , ce qu'elleGt quelques moisuprés à l'insu de Napoléon. Aiiiïi l'Autriche toujoura forte et puissante malgré la prépoBde'ra nue effrayante de la France, Bllait au-derint d'un lieu qui plaçait ses drapeaux et sa poliliqnt tous la fortune de napoléon. Ce prince a pour allie toute l'Allemagne, tonte l'Italie , la Pologne, la Suide et la Hollande , et il devait compter pour ■niiliaire la Porte ottomane , ai la crainte de démasquer ses projet* contre ta Russie s'avait nia dans cette circonstance la diplomatie française ta défaut , à Constantinople et à StocLholm. Z^ Russie a pour elle le général français qui gouverne U Suéde et qui a oublié sa première patrie ; elle s pour auxiliaires la haine anglaise , et l'insurrection espagnole. Ses défenseurs naturels sont la flamme qui dévorera ses cités , et les frimaa qui anéantiront ses ennemis. Le 3 mai , son altitude guerriers devient plus imposantepar l'accession de l'Angle-terre au traité que la Suéde a signé le a4 mars.

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laes deux empereurg ont quitte leurs capitales , Alesandre le 34 ayril, Napoléon le 9 mai. Il ne •'agit plus entre einde fixer les limites deTempire d'Orient et de l'empire d'Occident. Les intérêts deTikit n^ayaient pas tout-à-fait disparu à Erfurt, loais ils avaient été modifiées , et sans doute afiai- Iblis par les événemens. de l'Espagne et du Fortuit , et par les diverses réunions de la France. Il iTagit à présent de l'empire de l'Europe partagée en de grands, vassaux. Cette ambitieuse pensée est toute de Napoléon , à qui elle sera fatale. Alexandre héritera de cette grande prépondérance , qu'il abdiquera bientôt. Hercule pouvait succomber, mais sa massue n'était point un héritage.

IjO 26 mai , Napoléon est à Dresde , où sont abjorëes les conférences d^Erfurt , en présence de plusieurs souverains de l'Allemagne. L'empereur et l'impératrice d'Autriche , de leur plein gré , par la plus éclatante démarche , ont quitté Vienne , sont arrivés dans la capitale de la Saxe , et donnent au milieu et en présence de l'Europe , une sanction authentique k la guerre gallo -germanique que leur gendre va porter en Russie. Le roi de Prusse et tous les souverains du Rhin à la Baltique , conaacrent également cette guerre par leur présence , et ils prennent àl'envi leur part de complicité dans les vœux et dans les moyens qu'ils rassemblent pour l'asservissement généval de l'Europe. L'abaissement commun de tous ces princes , a produit un nouveau droit public au profit du dominateur , tant qu^l sera victorieux. Mais si la fortune l'abandonne , la conspiration seraumNex%^<& ^^KstsssA. l'était la jod mission.

aji VIE

Au moment où NapolcoQ fait coBsacrer ïDresJe, par sa cour de rois , les arrcla (ju'ii vient de porter coQlre 1b Rnsiie, au traite secret poar une paix défiai ti ye , et fatale à son entreprise, êtiil "signce a Bucbarest, entre les Russes et les Ottomuus. Cette Dégociatlan est doe à l'Angleterre, qui ne peut servir plus habilement u propre haine et son allié de Pétei'sbourg. L'étoile de Napoléon a pâli le 38 mai , jour de la si)^aturc de ce traite qu'il ignore; sa conclusion fut brusquée. Entufiow, charge' de la oégociatian et du commU' dément de l'armée contre les Turcs , ayant appti) qu'il Etait rappelé et remplacé par Tchitobagoir, qui arait ardre de terminer, à quelque prix qae M fût , prit sur lui de signer la paix , afin de n'en pis laisser l'honneur à son successeur. Napoléon ne Sut pas le seul trompé par ce traita, le uiltaaleiiit anssi , et quand il apprit l'invasion de Napoléon en Russie^ il refusa de le ratifier , et ne s'y décidt encore que par l'influence de l'Angleterre. Ce re* tard à la. ratification ne permit à l'armée russe de Moldavie , de s'ébranler que dans le mois d'octobre, La guerre qne les Etats-Unis d'Amérique déclarent à l'Angleterre, le 18 juin, est loin ie remplacer, pour Napole'on , l'importance de la diversion otlomane, et de l'alliance de la Suéde, «t n'ajoute aucune chance aux intérêts de Iji guerre purement continentale qu'il va commencer. Chacune de cei.quatre puissances a son motif de goeire particulier.. L'Amérique se bat pour la liberté du commerce, la Russie pour se soustraire au blocus continental et pour ne pas perdre ses provinces polonaises, l'Angleterre pour aliattre NapoliNQ»

DE NAPOLÉON. a^S

t Napoléon , pour régner sar tout ce qui 8*ap- «11e Europe.

ITn demi-million d'hommes , et plus de mille boules à feu , sont réunis déjà dans la Prusse orientale, le a juin , Napoléon est à Thorn ; le aa , de son aartier-impérial de Wiilkoswiski , il adresse à ses rmées la proclamation suivante :

e Soldats , la seconde guerre de Pologne est commencée. La première s*est terminée à Friedland et à Tilsit. La Russie a juré éternelle alliance à la France et guerre à l'Angleterre^ elle viole aujourd'hui ses sermens. Elle ne veut donner aucune explication de cette étrange conduite , que les aigles françaises n'aient repassé le Rhin , laissant par-là nos alliés à «a discrétion. La Russie est entraînée par la fatalité : ses destins dowent s* accomplir. Noas croit-elle donc dégénérés? ne serions-nous plus les soldats d'Austerlitz! Elle oous place entre le déshonneur et la guerre : le choix ne saurait être douteux. Marchons donc en ayant; passons le Niémen ; portons la guerre sur son territoire : la seconde guerre de la Pologne sera glorieuse aux armées françaises , comme la première; mais la paix que nous conclurons por^ tera avec elle sa garantie , et mettra un terme à la funeste influence que la Russie a exercé^ depuis 5o ans sur les affîiires de l'Europe, n Le a4 juin fie Niémen a revu Napoléon. Cette ^rrible limite est dépassé aux applaudissemens de I malheureuse et ûdèle Pologne. Le a8 juin, l'empereur est à Wilna , capitale de la Lithuanie ; ce luché se réunit à la Pologne , dont la diète proilame le même jour, à Warsbvic, la trompeuse

^r^ VIE . ^j^ietéft*

.v-«" '..dit»'"- L»'"^"'"-;^»»

portion de son territoire polonais , et à laqaeHe il sacrifiait le rétablissement si politique du royaume de Pologne , devait , quelques mois après , par une défection subite, livrer la Pologne entière à la Russie , contre laquelle , à Dresde , elle e'tait venue solliciter la faveur de faire cause commune avec la France ! La paix de Bucharest , l'alliance de la Russie avec la Suède , et le refus de Wilna , furent les auspices malheureux de la campagne de 181 a.

L'arme'e impe'riale française e'tait composée de dix corps d*infanterie , aux ordres des maréchaux Davoust , Oudinot , Ney, Victor , Macdonald , du prince Eugène , du prince Poniatowski , et des ge'nëraux Saint-Cyr , Régnier et Junot.

lia vieille garde était commandée par le maréchal Lefèvre ; la jeune par le maréchal Mortier ; la cavalerie de la garde par le maréchal Bessiéres ; la reserve de la cavalerie formait les quatre corps de Nansouty , Montbrun , Grouchy et La Tour- Maubourg ; elle était sous les ordres du roi de Napies ; le corps autrichien était sous les ordres du prince de Schwarzenberg ; le corps prussien sous ceux du général d' Yorck : la force de Tarmée française , y compris ses renforts et les garnisons 9'était de ^'i^'^00 hommes.

La grande-armée rosse était divisée en première et seconde armée d'occident, sous les généraux Barclay-de-Tolly et Bagration , et en armée de réserve sous le général Tormasow; le corps d'observation était commandé par le général Hertel , et l'armée de Moldavie par l'amiral Tchitchagow. A celte époque le gouvernement russe fit par«iV\.Te \wv ^\aX. ^^ ses forces f qui , y compris ses inW\ce% «V. ^'^ ^tov-

soas, et «am compler ses paysaGS armés; prfitn- Eail 936,370 hommes , et S,5ç}3 pièces d'arlillerio de campagne.

Lie nouvelles alliances emliraaMiit et prDtcgenl puissammeat la cause de la Itiu^ : le iS juillet, l'Angleterre aigne un traite avec la Suéde, cl le I" août elle aigne à Pétcrshnurg un trailc' de ptli et d'union. Le ao juillet le cabinet de Pétersbpurg avait habilement place' la France entre deux grandi pci'ils, par le traité de Welikylou&kiaveclaregeD» de Cadix. Oa ne nommait pas alors rehellei m cortéa de Cadbt : o& traitait avec elles. Cette coiopiration des deux extrcmitéa de l'Europe cddIt^ Wapoléon, a quelque chose de gigaiitcs(]ue , qui appartient parlieulicremcnt à eoa hiâtoire. £ili' prouve la grandeur du péril, cominG celle ile\' haine , et relève merveilleusement l'ennemi Ji> voué k h vengeance combinée du Nord et du Midi. Ce traité est signe en Russie, le ao juillc't, rt le 93 commence en Espagne, par la bataille des Aropiles, gagnée par Wellington sur le maréchal Marmont, la décadence des armes françaises dans h péninsule. L'importance de cette victoire est telle, que ai elle eût été remportée par les Français, la certes faisaient leur soumissioii au roi Joseph; lo contraire, cette victoire détrône ce prince, ettt 13 août suivant WeUington est à Madrid. La redoutable union de l'Angleterre, de l'Espagne 'et de la Rusgie , forme un triangle dont la France est

. Cependant Napoléon poursuit sa marche en Rus- ■sie, et voit dans l'abaissement prochain de cetemn de toute l'Espagne. Tout est

ixtraordinaire dans sa destinée actuelle , soit l'imuense espoir dont son âme est remplie , soit Ten- ;ouragement dont la fortune se plait à fortifier une elle espérance, £n effet, tous les pas de T armée rançaise sur le territoire russe, sont marqués par rimportans succès , qui sont autant de perfidies le la destinée , dont la gloire de Napoléon est devenue la complice. Le a3 juillet Bagration est défait à Mohilow ,par le maréchal Davoust ;'le 28 les Français sont à Witepsk, le ler août la forte 3lace de Dunabourg est évacuée à l'approche du naréchal Macdonald ; le même jour Wittgenstein, 3âttu par le maréchal Oudinot , à Obaïavszma, tur la Drissa , perd 7,000 hommes , et une partie Je son artillerie ) le 17, après quelques affaires i'avant-postes , les Russes abandonuent Timpor- ;ante ville de Smolensk, après y avoir mis le feu. [Is avaient , en manœuvrant de l'autre côté du leuve , évité la grande bataille que Napoléon vouuit leur livrer , avant d'entrer à Smolensk. Cette Trande ville , le seul boulevart de l*empire russe iur la frontière de Pologne , fortifiée par des ounrages redoutables, et défendue par une nombreuse armée , pourrait arrêter long-temps et dipiser les forces de Napoléon; mais une tactique barbare a remplacé chez les Ruses les nobles conception» de la guerre. La défaite , la honte de leurs armées , l'embrasement de leurs villes par leurs propres mains , la ruine , le désespoir des ha bilans, sont les combinaisons que la politique de leur gouvernement a adoptées pour attirer les Français dtins le cœur de son empire s ce long suicide est le premier élément de sa vengeance.

■i&o VIE

On aours que plusieurs chefs de l'armée (ruçaiae cngugÈrsuinupaléiiaktermiiier Ea campagne il Smolemk. Mail il avait prii Milan , Vienne , Berlin, Madrid, et l'argucil d'eiilrer aussi à Moskon, dans la ville uiate du Nord, l'emporta aur ca cOQsi-ils à'aae baute prudence. Lcsltusscs dés-lon purent aussi dire de lui : Napoléon est entroiai par lajatatité ! <jue les destins t'aecomplUieiU! et en eifet la victoire qui le suit va précipite ïincompliiseiiient. D'autres aiËrmcpt que Napoléon voulait rester à Satoleosli., comme il avait touId s'arrêter à Vilepik , mais (ju'auparavant il Touliit gagner cette grande bataille que lea Russes refilèrent : et quel'capoir seul de les rencontrer enfin» une ON deux marcher, en Ira !nu celle sur Moskou; il était d'ailleurs amorcé chaque jour par des SDCces qu'il devait regarder comme d'heureux preta^i de la victoire de'eîsive quTil ïoulait remporter an cœur de l'empire russe. A près Smolensk , eut lieu le beau combat de Valentina, où fut tué le bran ^néral Gudic. Le iSaoùt, après uae vigonreiM affaire donnée la veille sous les murs de PolotsL, le g^Déral Gouviou-Saint-Cyr gagne K>a bâton de maréchal à la grande bataille qu'il livre au général Wittgcnstein ; le 19, à Walutina-Gora , 1« maréchal Ney battît l'arriére-garde de la grandA^rmée rusie, qui était en retraite depuii trois jouriileigi l'armée franfaise, di^a 35 lieues de Smolensk, entre 1 Wiazma , que les Busses ont brûlée en Fc- TaciuDt. Le même jour le général Kutusow , vena de l'armée d« Moldavie, après avoir négocié la paix de Jim; avec la Porte, arrivait i la grande-armée eo qualité d« généralissime. La Eaction de* bojrtrds de

DE NAPOLÉON. a8i

Moskou le fit nommer , dit-on , en remplacement de Barclay-de-Tolly, et l'empereur Alexandre parut recevoir à cette occasion , la loi de la vieille noblesse de son onpire. Enfin le 17 septembre a lieu cette fameoie bataille de la Moskowa sur le plateau qui domine Borodino , position formidable , hérissée de redoutes et de canons , où les Russes, animes par les prédictions du vieux général Kutusow , et par une image miraculeuse de la Vierge , ont juré de fermer aux Français la route de Moskou. Kutusow prophétise ainsi : u Dieu va u. combattre son ennemi avec Vépée de Sainte tt Michel y et avant quele soleil de demain ait disa paru, vous aurez écrit votre Joi et votre fidé^ u lité dans les champs de votre patrie avec le a sang de l'agresseur et de ses légions. » Napoléon a parle autrement à son arintée : Soldats , dit'il , Il voici la bataille que vous avez tant désirée ; ti désormais la victoire dépend de vous, elle vous (c donnera de bons quartiers d'hiver et un prompt (1 retour dans la patrie ! Conduisez^vous comme fc à AusteHitz , à Friedland, à Fitepsk et à Smo~ (1 lensk , et que là postérité la plus reculée cite 41 avec orgueil votre conduite dans cette journée; u que ton dise de chacun de vous : Il était à cette u grande bataille sous les murs de Moskou, »

3o,ooo Russes et 40 de leurs généraux , payèrent de leur sang ou de leur liberté la prédiction fanatique de Kutusow , et l'exhortation guerrière de Napoléon ; 30,000 Français qu'aucune victoire ne pouvait remplacer , eurent le même sort , ainsi que huit généraux; dcuv périrent ai VaXV*^^ ^'^ ia fameuse redoute par les cuirassiers \ \^ \iv>*»xva ^-^

Caulainecwrt en le ftitalhonneiir dte T«iai|d4eer le général Montbnm « tué an eomiaakeeiamntàsfd' faire , et tomba d*nn coup de feo, an mifieo et Riexpugnable (brliflcatlon , qn^jiAtoaiOaBte valew venait d'ontem : celte MlIaBtActioii dëddàk bataille et causa de jostei regrett à l*aniiée. Irailaque det redontet par la grone c a va l erie eAvm conception farticuliére à N apolêon^ à qai eBeafiil si bien^féonl aux balaillet d^ÈasKag et de Wagnâk Le dcÀ courrait let deux campt , mait par mm fourberie contre le eiél tai-mène et eontre famés russe, le Tt Deum de la Tictoire retentit daM toutes les églises de la Rassie « et le grade de leUmarécbat fat donné à Katosow. Ainsi la cirilisatiaB raffinait encore sur la barbarie en ehangeant k deuil en tropbée, et en déoémant la paUne aa ▼aincM t c'était à la fois oorron^pre la religion et rhonneur. Tel est l^ennemi qnepouraoit Napoléon; sept jours après , le 14 septembre , l>urBiée firançaiis entra à Moskou.

Elle se souvient avee ivresse de la prondamatifu propbétiqne de Napoléon , avant la bataille de 1 ModLowa , qui lui donne la ville des czara. Lii est repos, et la récompense de tant de travaux, de ta de victoire» ; là au sein de rabondance , et soi* par les applandisseraens de la patrie , elle atteo' noblement le signal de la paix la plu» glorieuse p retourner en France, honorée et triompha Elle aura porté le nom Français au-dessus du de tous les peuples modernes , comme son d porté le sien au-des&us de celui des plus graor pi ta ines ; dcsorm»»» Vo-pm^i^ \T^ivt^«v%^ ^^«^ vont marcher de Y^^r ^î^^*^^ ^^%\âx\V^^^

DE NAPOLÉON. a83

il l'avait annonce à ses soldats , chacun d'eux à son retour en France entendra dire ; « Il était à cette tt grande bataille sous les murs de Moskou ! «

Le gouverneur Rostopchin avait raçsemble' chez liii , dans la matine'e du i4 9 tous les agens de la police , à c^ui il donna des ordres. Napole'on arriva vers'onze heures du matin en vue de Moskou : il approuva l'armistice que demandait Tarriére-garde russe pour traverser la ville. On ne sut que vers 2 heures» que les de'putations des autorite's de Moskou, qui furent de'sirëes et attendues, ne viendrs^ient pas : on apprit en même temps que les palais de cette vaste cite' étaient déserts , et qu'elle n'avait plus pour habitans que les blesse's, les malades , et la plus basse population. Cependant , cette ville de 3oo mille habitans , aussi vaste que Paris , renferme dimmenses magasins , et va pourvoir encore mieux p^r le départ de sa population à tous les besoins de Tarmée. Napoléon n'y perdra pas même son triomphe, qui aura pour témoins tousses braves et le palais des fondateurs de l'empire russe. Il ira donc le lendemain planter son aigle sur les minarets du Kremlin , et s'^asseoir sur le trône dé Pierre-le-Grand. La. prudence ordonne ce retard : des déserteurs de la milice restés à Moskou , ainsi que des cosaques à l'arsenal , causaient de grands désordres. Le général Durosnel , envoyé comme gouverneur et chargé de veiller à la conservation de la ville et à la tranquillité publique engagea l'empereur à n'entrer que le lendemain, il fallait au moins le reste de la journée pour établir l'ordre , et pour connaître cette vaste cité , ce que la disuja.rition de tous les habitans rendaSX. 'wsv^^?»^^

uSi VIE

CepentliDl Kipoleon Iravena lea f«iibour|« ctb rivière , fit travailler aa pont qui e'Laît <letmit,ct revînt coucher dans une d«°raiiiie« auberge) ia faubourg. 1^ Undemaïu il se rendit au Kremlin, où il o'eut d'aulrei téinoïiu , <]ue le silence 6t ce Tiste moDument de l'antique puiwance des cisn, et le deuil triomphal de soQ arujc'e ; car dim eetle njit du 14 ou iS qu'il Tenait de passer daas un faubourg , le s^&tenic barbarn qui avait rëdoît eu cendres les tiUcb de Smolensli. , de Dorigobui- Wiaania ; Ghiat , etc. , incendia le bazards prà lie la bourse , où sont 10,000 boutiques , et qudquel maisons d'uu faubourg éloigne'. lit géoùil Durosnel et le duc de Trérise qui comoiandait Ici troupes, employèrent tous Ic! moyens qui elaienl en leur pouvoir pour arrêter l'incendie. Maisdèi ce moment, si an ose le dire, commença la OB' plicite' de la nature avec U politiquç russe, â !•■ quelle elle dévoua tous ses Seaux. A 9 teures du loir un vent terrible de nord-ouest propagea H' bitement l'incendie , et 1 lO heures la flamme ■'^ leva sur toute la ville. L'empereur, fatigue' deb journe'e précédente, s'était couché à 8 heures. Twl le palais fut réveillé par les cris de Tarmée el b bruit de la destruction des édifices ; la journée di t6 fut employée à sauver l'arsenal , le Kremlin «I plusieurs palais, Vers S heures du soir l'iaceii' dio entourait tellement le palais impérial, qai Napoléon craignant que ce grand désastre ne Hl combiné avec une surprise de nuit de la part d( l'armée russe, donna l'ordre du départ, et fil obligé de traverser les flamines pour se rendre si ehiteande Pétrofltki. Moskou expira dans nnoe^ de fou ; de 4iOO* maison! bâtie* «n pierre , iw

DE NAPOLÉON. a85

seulement furent épargnées; de 8,000 bâties en bois 9 5oo ; et de 1600 églises , la moitié seulement demeura intacte. Les toits de la plupart des habitations construits en tôle 9 8*échaufierent et fomentèrent eux-mêmes dans tous les édifices l'action du feu 9 que des mains mercenaires avaient allumé par l'ordre du gouverneur Rostopchin, dernier exécuteur du fîrman incendiaire sur la route de l'armée française. La flamme qui dévorait Moskou, éclaira la marche de Napoléon à PetrofTski. Rien n'avait été oublié par l'ordonnateur de cette grande destruction : toutes les pompes avaient été détruites ; les soldats et les agens de police, d'après les ordres de Rostopchin , avaient tout préparé dans les maisons, et y mettaient tranquillement le feu ; plusieurs furent pris sur le fait : interrogées par l'empereur lui-même, ib furent renvoyés aux tribunaux militaires, qui en firent exécuter sept ou huit : les autres restèrent dans les prisons, parce que Napoléon se convainquit par lui-même que ces misérables étaient les victimes de leur obéissance aux ordres d'un chef despotique , et non comme on a voulu le dire depuis, des fanatiques qui brûlaient la ville sainte pour qu'elle ne fût pas profanée par les Français ; les plus afireux désordres se mêlèrent à cette horrible scène. Le reste de la populace , que l'on estime à près de 5o,ooo âmes , se livra au pillage , et acheva la ruine des immenses ressources que renfermaient les magasins de Moskou . Cependant , les soldats français, parles efforts que peut seul inspirer la nécessité , parvinrent à sauver du sein des décombres em\>ta«4% xxxw^ Q^vD^ô^^ assez conaidérMe de provisioiA euX.^^iX^^'ox^ «>^^

aoi fot»***. fttt •a»'^- "Lee aou»«f««»*» '

DE jSfAPOLÉON. aS;

d*abord à l'entretien d*un hôpital de i5,ooo blesses russes, qui, ainsi que les nombreux habitans des hospices de Moskou , avaient été' dëvout:» aux flammes par leurs barbares compatriotes ; mais , grâce aux soins infatigables du duc de Trévise et de Tintendant Lesseps, Tincendie ne put arriver au quartier des hôpitaux. Lesblesse's , les malades , sauve's de la flamme que leurs compatriotes avaient allumée 9 furent tous soignés par les médecins de l'armée française ,les mêmes peut-être qui, deux ans après, dans la capitale de la France, soignér/ent aussi les blessés russes ave«le plus rare dévouement. Ce fut la France qui veilla à Moskou sur les Russes. Une administration aussi régulière que pouvait le permettre la situation de l'armée française , préleva pour les hospices , sur les besoins urgens qui déjà se faisaient sentir au milieu d'elle, la dime d'une religieuse humanité , et le surnom de grand fut sans doute donné à ^Napoléon parles malades , les blessés et les orphelins de Moskou. Cel^endant le courrier envoyé à Pétersbourg pour porter le rapport de M. de Toutolmin et des propositions pour la paix, revint sans réponse. Si le nom du gouverneur Rostopchin , incendiaire de Moskou , doit passer à la postérité f celui de l'hospitalier Toutolmin j conseiller de la paix , dolc présenter à l'histoire une douce compensation.

Le crime de Moskou était consommé; les neuf dixièmes de cette vaste cité , delà grande ville impériale, de l'antique Sion des Slaves, étaient détruits. Le ministère de Castelreagh eut , dit-on , un représentant dans le conseil secret qui avait pronoQcé l'arrêt de Moskou ; il se xioxnm^SX^Oei\sA!^ ^

i88 VIE

Ir^babile irtîfider. Celle bonne »™t pie (11bh, àè» le moi' «le îoUIrt précèdent , mr tirante de Kalug'^ ^KU 1c chitfAii dr Woromoff'. oà il »iil Taii l'eiecrablcenaî d'oïl biUon incciNlLuTe; Buii celle inTeafîoii a'ajaat p>i renaû , ïl j fabriqm cette foule detorcbei , de mèches, de ToKeielilc malitreii embrasanlei qtii pwtêrent de sei luiiu daus celle* dei crîmineli de Hmkou. Du umtr également que les 300,000 li*re) (terlinfs notco par le parlement d'Anglelerre ponr les incendici de Uoskon , reçarent une lotre deitîmIÎODl Cependant , à la tatate époque où Schmïdt trarnUât à ta défeaie de II Ruade parFineendie de aa Cipitale , r empereur A leiindre , qui preiidait , le a;, dans cette ville l'assemblée i^énératc des marchands, leur avait te'moi^o sa haule satisfaction et sa rtcoa naissance pour le rare el nnanime dévouemeDt avec lequel , pour leulutetla défense de leur pitrie, ils s'étaient empresses de lui offrir )e> pini ge'néreux sacHGces- Jleat donc a bsolutnent impossible de croire , non-seulement que l'emperear Alexandre ait pu coniicnlir à la destruction de Hoi- Ilou, mail même qiie ce prince eût eu connaissance de ce détestable projet. L'histurienn'Est-il pas alon entraîné ipre'sumer que la même fiction oligarchique qui aurait fait nommer Kutusow généra lisrioie, avait eonçii et exécuté à ellestulele dessein d'incendier la Tille où elle dominait depuis roriciot de l'empire russe 7 Le fait est qoe, le t3 septembre, un conseil de guerre fut tenu à une demi-Heae de Moskou : il y fut agité si on livrerait Doe deroière bataille sous les murs de la capitale, nu s! . n« pouvant la défendre , on la délmirait. Quarante-huit

heures après MosLou ëtait en feu; or , Fempereur Alexandre était à Pe'tersbourg, à cent lieues de Moskou.

Cependant deux armées russes, éloignées du principal théâtre de la guerre , allaient entrer dans les opérations du généralissime Kutuzow : c'était ]*armée de réserve, commandée par Tormazow, et Tarmée de Moldavie, par Tamiral TchitscbagolT. Ces deux armées réunies , fortes d'environ 60,000 honunes opérèrent leur jonction derrière la Styr, du i5 au 18 septembre. Le prince de Schwarzenberg , commandant le contingent autrichien , ne leur opposait qu'environ 4^,000 hommes, dont Bo^ooo Autrichiens, et le reste Saxons et Polonais. Il avait déjà facilement battu le général Tormazow ; mais la réunion du général Tchitschagoff le décida à se retirer sur le Bug, pour couvrir la Gallicie. Dès ce moment commença la singulière inaction du prince de Schwarzenberg , qui parut 8*étre imposé de ne plus jouer que le rôle de témoin des destinées françaises en Russie. Le négociateur anglais, Horace Walpole, envoyé à Vienne, parait n'avoir pas été étranger au nouveau système de coopération , qu'adopta tout-à-coup le général autrichien. Cette allégation , qui fut hasardée alors , trouvera peut - être son témoignage dans la conduite de ce prince en janvier iSiS, et dans celle de son cabinet.

L'Angleterre, qui joue un si grand rôle dans les affaires de cette mémorable époque, et dont l'influence active avait fait rejeter à Pétersbourg les propositions de paix , jointes au rapport de M. de Toutolmin , s'était opposée également à l'admis-

■if,iy VIE

aioD du gênerai Lanrîatoii, porteur d'une lettre lie l'empereur Napoléon à l'empereur Alexandre. Co genci'ui fut envoyé deux fois an qoartier-géneril de Kutuîow, où, Bpr*a avoir perdu , dam la vhIdc attente d'iineauiliencedc l'empereur Alexandre, las trois semaines qui devaienl être si fatalïi à l'armée frunçsise, il n'eut , dit-on , dn geneNl russe que eette réponse : « foui nous affni It .1 pair ; nmnguerre va commencer. » 11 n'yaviil plus d'espérance de paix, et il ne restait à Nipoléon de Ions les tropbêes conquis pour obtenir rbumiliatioD delà Russie, que les cendres de quelques villu hiccndiéei par les vaincus , et la mecace de l'hiver; ainsi le sol russe lui devenait inhosplt^ier pour la pnix couime pour la guerre. Il fjllul donc opérer la retraite avec tous les insignes de h victoire. L'ormée conquérante dut se dérober is^ propre conquête , et le nom de la pairie retentit avec une acclamation presque séditieuse dins les rangs de vingt peuples, qui avaient suivi àMo«- Ilou la terrible iortuoe de Napoléon. Frappes ilu refus de la paix comme d'un arrêt du ciel, et subitement de'unte'rewe'a de l'honnetir de irârg'iran et du prix de leur travaux , ils aspiraiétat tumol' tueusement à reprendre la route de tant d'exploits inutiles ; et b francbir , k marchei forcée* , TeipiM immense qui les séparait de la patrie européenne. On était au milieu d'octobre. Dne premièreévi' cnation de blesse'* avait déjà en lien sons le commandement du général Namooty. Trente jonn aprèa l'entrée i MosLou , commença l'évacuation gene'rale dei li6pitaXix sur Smolensk et inr Hojiisk ; le 1 9 , l'armée fut mise

't fut accélère de a4 ligures par la malheureuse e de WoroDOvro, en avant-de^oskou , où le i Naples se laissa surprendre , et perdit toute 'tillerie et ses équipages. 11 fallait venger cet it, et ne pas.donner au mouvement de la re- ! Ui couleur d'une fuite devant Tennemi , en quence Napole'on ordonna de marcher surKur. Depuis ce moment, la victoire resta fidèle mée; le même jour, à Polotsk, le mare'chal ion>Saint-Cyr repousse et met en déroute le *al Wittgenstein ; le lendemain 30, à plus lille lieues de Moskou , le gênerai Dubreton , ird*hui pair de France, immortalisait i,5oo ais, avec lesquels, après trente-cinq jours d'ati de Tarmee anglaise commandée par Welr }n , et après cinq assauts , il faisait lever le sie'ge urgos ; grand fait d'armes ^ auquel toute l'in^ ;e de la guerre d'Espagne n'imprime aucune (, parce que la rivalité' de la France et de l'Ânrre le rendait tout national pour nos armes 1 rendant la fortune de Napoléon, et malheureunt celle de la France, était cernée par trois pé- 'une égale fatalité, la conjuration physique et le de la Russie , la guerre à outrance de 1 '£se, et une autre conspiration dans le sein même capitale de la France. L'empereur avait quitte .ou le 33. Ses adieux ressemblèrent à des imitions qui devait retomber sur lui-même. Le lu moment même où par ses ordres, sautait neux Kremlin , trois prisonniers, les généraux t , Lahorie et Guidai , tentèrent de renver- I Paris le trône de Napoléon , de lui fermer retour dans sa patrie » et de le dévouer à la

proscriptions de l'Earopc. Saisis par les audaeîeui coiiapirateurs; le iniiiistre et le préfet de la police aontjetcsdunsteB prisons. Le CDaimancIiint de Parie ecliappe au pistolet de Hiilet,ijui soudain eitarrétï avec ses daui complices, et le a;, iUsont fudlk» sur lu plaioe de Greoelle. Ces ex-gëae'raui e'iBÏenl rcpublicaiiia , de l'ecoli! du ge'néra) Morean , dont ils voulurent ressusciter la conspiration ; elle m.inqua , parce que Paris clait uu trop graud Iheàlre pour d'uussi petits acteurs. Hors de Paris , peul-étre méuie hors des quartiers habites par ie» autorités attaquces par Ualel,wia entreprise eût e'te presque inconnue. Arilie pw Finsauciance ge:nc'nle, elle u'eiU pas eu même l'inquiétude des citojen! pour garant de leur soumUsiao.

Napoléon e'tait absent , peut-être il était prisonnier, peut-être il n'était plus; Malet affirmait sa mort dans sa proclamation. Hais Pfapoleon avait laiueàParis, outre le poids de son nom , et la gloire d'être entre k Hoskou , rimpe'ratrice , un bérîtiet etuD gouvernement légal, un ponvoirde fait protège par toutes les habitudes , comme par toai les intérêts d'une population Eub)ugée depui* tS ans par son génie. Malet svait conspiré seul i il avait été plusieurs fois gracié par l'empereur, et entre autres foi) à l'époque du couronnement. Mais ses intrigues obligèrent Napoléon i> le faire arrêter de nouveau. Ce généraln'était sûrement pas un homme ordinaire , il eût été peut-être un grand homme (lana une petite république, niais, en 1813, en France, il ne pouvait-être qu'un aventurier , etsa conspiration retombait dans la criminalité d'un simple complot conlr« l'ordre public. Toutefois

deux opinions rivales furent reVeille'es par cette tentative extraordinaire : les vieux royalistes et les vieux re'publicains donnèrent des regrets aux conspirateurs du q3 octobre.

Cependant la malheureuse arme'e était en marche et toujours victorieuse , elle fuyait avec honneur la terre de la destruction. Le 24 octobre, le prince Eugène gagnait, à 3o lieues de Moscou , la bataille de Malojeroslawetz sur le général Kutuzow , après i5 heures de combat , et vengeait la surprise de Woronowo, comme s*ii était déjà destiné à réparer les fautes du roi de Naples. Ce furent les Italiens qui décidèrent cette belle victoire. Le 3 novembre à Wiazma , à 56 lieues de Moscou , Tarrière-garde française battait l'ennemi. Le 149 Tarmée a fait cent lieues ; elle est à SmolensL au sein de l'abondance. Mais dès le 6 , la guerre de Thiver a commencé , et elle efface par ses fléaux la guerre de toute la population. Le 7 novembre le thermomètre de Réaumur descend à 18 degrés. Les chemin s sont devenus subitement impraticables. Tout délai cependant est mortel pour la marche de Tarmée , et elle doit quitter SmolensL le 16, sans pouvoir emporter avec elle les subsistances amassées pour elle dans cette grande ville. Plus de 3o,ooo chevaux avaient péri, dont 10,000 dans la marche sur Borisow; la cavalerie, Tartillerie^les transports étaient presque généralement démontés. Ce ne fut pas seulement la gelée qui fit périr les hommes et surtout les chevaux; ce fut la soif, tourment affreux sur une mer de glace ! Asphyxiés par le froid, les hommes mouraient en marchant; quelquefois la mort s'annonçait sur leurs visages a\i&\jè.Ye& '^«c X^*^ <£.Qiw-

3Ç>i VIE

minions d'un rire sardouiquc, et Icrmiasit leur ïie par celles du désc^oir lu plu» sombre. Elle waiblût obéir à des lois inconnues de Unalure ponr aneaiitir les heroi de la Moikona. Tout fut nouieiu dans cette griade calamité' , (uiqu'ï la mort elk-

Dnns les i5 prnmicrs jours de la retraite, il ne reliait déjà plus que des débri» des ioo,oao hommes qui avaient tu brûler Moakou , et ce fut dans la marche sur Smolenak, que Napole'on apprit la conspiration Malet \ '. Telle fut k disiraction qne lii fortune devenue impUcible oITrit à sa peuiée. Dans l'âme de Napoléon, un tel éve'oemeDt dut combat Ire pui^isamment tons le!i maux delà retrille deHosLou. « L'ennemi e'tait aussi à Paris ; le fojer II impérial sTsit été envahi; pent-^tre était-ilenMrc <i menacé. i> Après avotr tu te conquérant Tainca par les élémens , rEi»n>|te' aurait pu Toir le dominateur détrôné par trois de tes sujets !... Qu'était-il aune armée mourante et fugitiTC7 II n'y aTaitptui de place , à sa léle ou dam ses rangs . ni pour Hipolèon, ni pour Bonaparte... An mitiendetet débris, proscrit aTecelle, il n'existait plat' ni pour

(Europe, ni pour la France H croyait alon

qu'il était desadestine'ede pérîr dans une tempête, et non dans l'agonie d'une longue infortune. Une ponrait reTivre qu'à Paris , d'où seulement il pouvait parler encore au monde et à ses sujets. Telles sontles pensées qui peut-être fermentent dansl'ime ulcérée de Nafroléon. Cependant tandis qa'il peut, frappé par tant d'infortunes, nourrir de sombresinquiétudeaiur lesort de la France «t sur le sien, la France toujours fidèle n'espère qu'en lui;

DE NAPOLÉON. agj

elle fait son devoir; il fait le sien. Le retour dans la capitale est de'cidé.

Cependant Tennemi , maître de Minsk , malheureusement e'yacue'e par nos troupes, s*est place' entre le Nicfmen et notre armée. Kutusow , à la téta de 70,000 combattans, a pressé sa marche, et le 19 à Krasnoï il veut coupée Tarriére-garde française. Le nomade la Be'résina va devenir immortel ! Poursuivis par tous les fléaux , 26,000 Français se font jour au travers de la nombreuse armée du vieux satrape. On ne sait ce qu*est devenu le maréchal Ney et son corps d'armée. Mais il lui reste son invincible courage et 6,000 braves. A leur tête, il affronte les 3o,ooo Russes de Miloradowitsch , les enfonce, et tout-à-coup, arrêté par d'insurmontables obstacles, la nuit il affronte aussi le Dnieper, le passe sur la glace à peine formée, échappe ainsi au général russe qui croyait recevoir le lendemain répée du brave des braves, et rejoint à Orcba aux acclamations de l'armée. En vain les généraux français-russe, Lambert et Langeron, se sont emparés de Borisow pour fermer le passage de la Bérésina : le a3 un fi^abourg de cette ville est repris par le maréchal Oiidinot, qui s'empare <le tous les équipages des généraux Tchitschagofi'et Lambert. Cependant , la situation de l'armée française est des plus critiques, depuis que la ligne de la Duina a été forcée et que l'auxiliaire Schwarzenberg s'est retiré derrière le Bug. Resserrée dans une ligne étroite , seul passage qui reste à sa fuite, pressée sur sa droite par Witt- ^enstein , sur sa gauche par Tchitschagoff , pous. «ée, décimée par tous les fléaux de la nature et de la guerre , elle n'a plus d'autre condition que.

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celle de vaîaci'e ou de mourir toulentiere. Il Ivul arrivera Wiioa , où seront lerepa» et l'alioDdBnre; elle n'enest plus séparée que par quatre luarclies. Déjfi depuii UoscDU , elle h laisse derrière eile i8o lieues de frimas et5o,aoo de les cnmbattaDS. Elle n'en rampte plua que 8o,aoo ioiilenus par les corpi du murechalOuilinotet du maréchal Victor. Celui' ci vient d'être alTaibli encore par la perte d'nDC division que le général Partouaeaux a égarée et quiest prisonnière. Sansla capitulation decegénC' rsl , plui fatale que celle de Dupont à Baylen , l'dtoiinant pauage de la Bérésina m serait opérf: udi perdre un homme. TcbitschagoB*, appelé" £ur un uuLre poiutpar Kutusow, laissa établir deux ponts à We»elowo. Un passage a e'te' heureusement leeonnu troi« jours avant par l'audace du génénl Corbineau , qui , détaohe prés du corps bavaroil, avaitordre de rejoindre le duc de Reggio. Ce général trouvant Borisow occupé, et Bentaat l'impor. tance depasserlarivièreàtoutpriK, osa la traverMf à la DBge, à minuit, ii la tète de sa brigade, pour donner de» nouvelles! Le génie de la guerre est resté avec Napoléon. Le généralissime. Kittuion s'est laissé surprendre trois marches ; il croit que les Français ne prendront d'autre route que le pont de Boriso* ; et il a été trompé par l'aotioa inouïe du général Coibineau. A 4 lieues de cette ville , su village de Sludziaoca en face de Weselowo > maigre l'affreuse détresse où sont réduits tous les services de l'armée, les ponts furent jetés miraculeusement sur les oSo toises de glaçons que charrie la Bérésias, bordée d'ailleurs d'impraticables marécages auxi]uel» l'intensité du froid lui-même n'a pu donner

de 'solidité. Les 26 et 27 novembre , s'effectue ce fameux passage. Le mare'chal Oudinot à l'avantgarde, est blessé en repoussant Tarmée de Moldavie; mais l'intrépide , l'illustre maréchal Ney , a réuni à son corps celui du maréchal et celui du prince PoniatowsLi , ' et met hors de combat l'armée de Tchitschagoff. A la tête des4'»e et 5me de cuirassiers, le brave général Doumerc enfonce six carrés d'infanterie , bouleverse la cavalerie russe et fait 1,800 prisonniers. Avec ia,ooo hommes seulement le maréchal Victor , qui était resté de l'autre côté du fleuve pour attendre le général Partouneaux , contient les 40,000 que commande Wittgenstein. La perte des Russes fut considérable en hommes tués ou pris. Enfin la Bérésina est franchie. Il reviendra des braves de Moskou; ils marchent sur Wilna . Une population nombreuse de fuyards de Moskou , d'étrangers , de femmes , d'enfans , pressée « foulée au milieu du choc des deux armées, renversée sous les fourgons , sous les caissons de l'artillerie , dépouillée par les cosaques, expirant sur la neige dans les angoisses de la mort la plus douloureuse , couvrait la pleine de Weselowo. Beaucoup d'équipages et une partie seulement de l'artillerie du maréchal Victor, restèrent au pouvoir des Russes , ainsi que beaucoup de prisonniers fait dans l'action, ou tombés entre les mains de l'ennemi païf l'encombrement qui leur rendit impossible le passage des ponts. L'artillerie des autres corps avait passé avec eux sans le moindre embarras. L'infortune et la gloire des armes françaises sont égales. Les témoins de la grande armée' qui n'est plus, viennent de frajasKvc la Bérésiaa. Ils sont les seuls héritiers ^^% Vc\oxk^«î^

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de StDolciuk , de Polotak et de la Moskowi. Li France fa l'apprendre en lisant lc« pageimorlUiirïs (lu 19* bufietindilédeMolodetscholc 3 déccmbni le ï8c , date de Smolenïk, était dn la novembre. Depuis ce jour, la France et ta alLîëi ignoraient le tort d'un demi-million deioldals.

Deiu jours apréa , au qnartier-genëral de Smarj^ony. Napoléon Dosvoqua le roi de PJaples, ]( vice-roi d'ItalîeelBetmnréchaui, remit en learpiv- »encË le coamandemeiit général au roi de Naplei, et partit pour Paris dans un traîneau , accompagae du duc de Vicence, tous le nom duqDelilTojageail. Le choii du roi de Naples déplut à l'armée, qui eût préféré le vice-roi. Les événemcns de td retrailt le prouvèrent bientôt. Le départ de Napoléon jette l'armée dans une inquiétode profonde, malgré In promesses de fortune et même de gloire qn'il mêle

Il hommei , et iioui dicteront encore det loii à it l'Europe. > Napoléon eût (!te plus. grand, plal ttigne de cette armée et de ta France , s'il avait dit t n Je vais à Paris préparer la paix de l'Eurspe, et <i donner pour toujours le repos aux braves de Il HosLou. » Qu'était-il besoin de parler de gloire a cette armée qui ne périssait que par le froid et parla faim, et quiue cessa jamais un seul moment de- vaincre dans sa retraite comme elle l'avait fait dans SB marche sur MosLou 1 Aussi les peuples de la Russie dirent depuis : Ce n'eit point le général JCututow qui < détruit let Français, c'ett le général Morotaw (la gelée).

L'armée s'est traînée sur la route de Wiloa , oà elle se précipite le 10 décembre ; U , elle trouve

la plus grande abondance et sa dernière destruction. D'immenses magasins sont ouverts à l'avidité funeste du soldat ; ils reçoivent dans les maisons la fatale hospitalitcf d'une race barbare. Ils ont contre eux la faim, la soif, Te'puisement , les vivres, les secours , le repos et l'implacable cupidité' des juifs, qui forment une grande partie de la population. .Ceux-ci les reçoivent, les dépouillent , et les rejettent nus dans les rues-, où le froid achève le crime de l'avarice, u Si on entend un de ceux qui furent it 4 Wilna se louer de son hôte , dit le géne'ral . ic Guillaume de Vaudon court , on peut hardiment «& assurer que cet hôte fut un Polonais. » Il avait dit avant : u Les plus modérés de leurs bourreaux se « contentèrent de les jeter dans la rue , où bientôt u ils avaient cesse' d'exister. Le plus grand nombre « les assassine et les dépouille auparavant. Les juifs (i surtout se signalèrent par cette lâche cruauté , «c dont on trouve tant d'exemples dans leurs annate les. » Tous les peuples, et surtout tous les malheureux , sont-ils encore pour les juifs étrangers à la France , des Madianites et des AmalécitesT Gonstantinople les a vus, en 1823, massacrer les Grecs pour les dépouiller , saisir de leurs mains sanglantes les nobles filles de leurs victimes , et exercer dans un infâme bazar, à marché ouvert, le trafic de la prostitution de ces orphelines infortunées!

Le désordre fut à son comble à Wilna ainsi que le malheur. Le lieutenant de l'empereur sembla avoir oublié le prix du dépôt qu'il lui avait confié. Aucun ordre pour les distributions , aucun acte de la moindre discipline militaire; ce fut biew^vt^^ quand le lendemain il fallut éNac^CT'SN*'^iv^- Kx^kq»?

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police ne preiida ni an pasmge dei troopci , ni i li marche de ce qui rcttait encore d'équipagei militaires de toDie oalnre. Pr» de la porte occidentilc de Wilna , l'élerail une montagne de glace, cdie de PoDary, où «'encombrèrent les équipages , tant pouvoir la francbir. Une stiople garde eût sulEt pour faire marcher successÏTement tontea ces voitant' Elle ne fut point ordonnée , et tant les bagagesi tout ce qui restait encore d'artillerie , de cainoui, de charrioti pour le transport des malades el id lilesses , devint la proie det comqnet. Enfin le froid rigoureoit &t qu'on ne se garda pas. Si le roi de Htplcs iyt lea généraux se fussent mis i l'arrière-gardti tout aurait passé s«n; perte ni pe*ril. Mais tout le monde se chauffait, et les cosaqnei tirèrent parti de celle insurmontable nécessité. Enfin, ce qoi échappe a l'boipitalite' deWilna , an pillage desco. saques, aux IléauK de la nature, arrive à Eaimo, dernière ville russe qu'il faut évacuer le i6 décembre. Cependant il reste à protéger le départ <le l'armée , et c'est les armes à la main que les Fraaçats doivent quitter le sol qui les dévore. Mais où sont des soldais pour se battre encore 7 Ney, qu'on retrouve toujours , Kcj parait armé d'un fusil <ii"i que Belliard ! A la vue du plus grand homme àe guerre de l'Europe , du héros d'Elchingen et delà MosLowa , du plus illustre niarcchnl de l'empire tirant en soldat âiirleisolduts russes, une trouperfe bravo prendaussi le fii=ii cl se rangea ses eûtes; l'ennemi est repousse ,et les flammes de Ko\<no , seule lille brillee par l'armée française dans cette campagne que l'incendie de tant de villes et de villages leur a ouverte , el que l'hiver seul vient de leur fermer,

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annoncent à Varmée russe 4u'il n*y a plus de Français sur leur territoire, que ceux qui sont morts et ceux qui sont prisonniers. Peu après Tëvacuation de la Russie , la gazette de Pétersbourg publia ainsi le fatal dénombrement de nos pertes : officiers prisonniers, 6,noo: soldats prisonniers , i3o,ooo ; cadavres brule's dans les districts de Moskou , Smolensk, Witepsk, Mohilow, Wilna, 3o8,ooo. — 900 pièces de canon , 100,000 fusils, 25,ooo charriotset caissons laisse's en Russie , complètent le tableau de nos désastres.

Le maréchal Macdonald , qui commandait , lors de rentrée en Russie , l'extrême gauche de l'armée , avait pénétré en Livonie , et menaçait Riga , quand il apprit la retraite de Moskou. Il avait spus ses ordres le contingent prussien du général York^ 11 dut quitter Mittau,le 19 décembre, pour reprendre la route de Tilsitt , et se mit en marche avec une division française ,12 pièces d'artillerie , et la cavalerie prussienne du général Massenbach. Le général York eut ordre de 1« suivre à une journée de distance. Auprès de Tibitt,un corps russe aux ordres du général Laskom , voulut inquiéter la marche du maréchal , mais il fat écrasé par le général Bachelu : auant au général de Massenbach , il perdit une partie de son artillerie , et deux de ses régimens mirent bas les armes. Le 39 , le maréchal passa le Niémen, se croyant suivi par le général York ; mais le 3o décembre , ce général capitulait au moulin de Poschernu , prés Tauroggen, tant en son nom qu'en celui du général de cavalerie Massenbach , avec le major russe de Diébitsch , pour le

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conlingpnt prujslcii. Cette derpction inallendue livra (otit-à-coQp aux Russes , la riïe droile de li Vistule ; au^j le roi de Naples se ïiuU force' lie transporter briHquement son quartier-gc lierai de Kœnigîberg àVarioïio, et delà à Posen. Damk temps où celte ne'gocinlion se Iramaii , uuu eulre Je roi de Pmsse et reropereur Ale.iiindre , mais entre le commandant russe et le ge'ae'ral York , mauilataire du 7\igen<i-band jtTuasiea ., l'inaction singulïcrp fiontle conlingont sutricbieD avait été' frappé j l'époque de la reunion de l'armée de Moldavie i lu réserve de Tormaiow, prit la couleur d'une TFritable neutralité, qui continua à enchaîner les mou- Temen» dit géncrsl Rpgnicr , comme la .léfectioti pruasienne avait annulé lea opérations dEfenriTM An ourecfaal Macdonald, Le prince de SchwarzeO' berg rentra dan) la Galiieie autrichienne , et le giaértl Régnier , abandonne' taut-4-coup à sei propres forces , se retira sur le Bug avec ses braves et fid^ea Saxons. Ainsi, ee fut entre deux de'fectîons, <toDt une de famille, qne les glorieux restei del'arittëe française reparurentaur le territoire de l'Europe alliée ; ainsi , la fortune te plaisait i prendre les (brines les plus monttrueuses pour accabler lei n^Açais. Bclisppés aux fléaux de la nature, ik étaUfoU, attendu* par ceux de la politique.

A cette htaic époque , l'arme'e française préseD' tait encere un état nomérique de i45,oao hommes, d»at 6S,9oo formèrent les garnitons de Oantzîcli, deTbom.de Modlin, deZamosc,deCxentoLaa, de Stcttia , de Cnstrin , de Glogau et de Spandau. H nerestah donc de troupes de bilaiHe que 77>OW

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es, dont 13,000 Français sous le prince Eu* 10,000 Saxons sous le gene'ral Régnier , et ) Polonais sous le prince Poniatowski : en tout } hommes. Les ao,ooo Prussiens du général et les a5,ooo Autrichiens du prince de Schwarrg , alliés et auKiliaires si empressés de Tarmée lise à son départ pour la Russie, lui avaient i 4^000 combattans , avec lesquels elle aurait nscnrer la ligne de la Vistule , dont elle oct toutes les forteresses. Ainsi le drapeau fran- 3 comptait que ia,ooo nationaux en campagne, par toutes les forces de l'empire nitse, sur ;rre infidèle ou déjà ennemie I *ut, comme nousTavons dit, pendant la route iskou à Smolensk que Napoléon avait pris le (le revenir en France. Il s'en était ouvert au } de Neuchâtel , et aux ducs de Frioul et de ce , avec qui et sous le nom duquel il déclara ir voyager^ Je pèserai plus , lui dit-il , sur mon ^ aux Tuileries , i^u'à la tête de l'armée. Au iSjj'e ne quitterai tarmée que quand elle aura \t ses renforts , que ses subsistances seront ées , et qu^elie n^aura plus de chances, à couf^ apoléon partit donc le 5 décembre de Smor- ( où le général Rôgendorp , gouverneur de I , s'était rendu ) , après qn^l se fut bien asnirë ts communications et les subsistances de ]*ar- •taient assurées dans cette dernière ville , et serait le terme de la retraite. Arrivé dans la Oclismiana , petite ville occupée par une réde 10,000 hommes venue de Kœni^ber^^iL iiot peu qu'il ne coarûLVe "^Vs» ^vcA^xm?» ,

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La gamUoD s'était laiiu! Eurpreodre par les cou- (|ucs , qui avaient pénétré cur la place de la yHk, \ lis vcuaient se ulentent d'être repouisc (jaand Sif^ i liion y entra. Il s'arrêta dans le faubourg de Wil») oii il vit le due de Baaaano, son ministre des iel>lioiis extérieures, et nii il eut la certitude du bon t'tat lies magasins de cette place pour les subùttanccji de l'armée. A Warsavie , il vigile les îoitiiicationsdu Caubourg de Praga , si tristement Caniem par le massacre que les Russea y Qrent des habituu sous le régne de Catherine II. Le 14 décembre, il était a Dresde , où il vit le roi de Saxe; de là il pu^ lit pour Erfurt, où il quitta son tratneau pouc prendre la voiture du baron de Saint- Aign an, ton ministre à Wejmar. tl traversa Mayence, et le igà minuit, après un téte-à-téte de quatorze jours et quatorze nuits, le duc de Vicence déposa l'empO' reur au palais des Tuileïîes, le lendemain de h publiealion dans la capitale du fatal 3g> buUetin. L'impératrice venait de se mettre au lit , et la col>' signe du palait en rendait les approches diffidletà la modeste voiture qui renfermait l'empereur et le duc de Vicence. Cependant les grilles s'ouvrirent, St Napoléon, rendu àia femme et kson fils, dut re>- ■elitir un de ces momeni de félicité extraordiiuire, inique] il semble qu'aucune ame humaine ne puiM suffire. Ce souvenir si tendre fut sans dout« , peiv dant les six années de Sainte -Hélène , le plua cruel tourment de sa csptivité.

Le lendemain, la salve accoutumée BunonçasDa retour à la capitale. Il avait dérobé à l'Europe quatorie ioursdesa vie, dont les deniiét«* heure» v*-

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Hiieiit d'être données tout^ntières àses plus tendra ifiecUons ; il rentra le ao de'cembre dans le domaine Le l'histoire. Le lever fut nombreux ; tout Paris y ourut demander des nouvelles de l'arme'e. Les hattngues du sénat , du conseil-d'état , des cours judiâaires , des corps administratifs , de l'université , «prirent , ce jour et les suivans, ce protocole obligé Le félicitations et de flatteries qui , dans les circonsa&ces critiques où l'empereur se trouvait précipité, ne lui montrèrent que plus grands les périls qui le menaçaient. Napoléon sentait bien que le partage de la fortune devenait égal entre la nation et lui , et )u*il plaidait , devant la France , la caufus du salut public. Il savait aussi que si le malheur était général 9 il n'y avait que lui pour le combattre.

Aussi jamais son génie , comme s'il venait d'être uibitement rajeuni par l'adversité , ne développa-til de plus vastes puissances. La connaissance approfondie qu'il se plut à prendre de tous les moyens et de tous les détails de la conspiration Malet , ne eontribua pas peu à retremper cette activité dévorante , source de tant de créations. Rien en effet , même à la tête des naufragés de Moskou , et voyageant sur leurs débris , rien ne devait produire sur un homme aussi passionné pour le pouvoir, une impression plus profonde et plus tyrannique , que le complot de Malet. Il l'examina , en s'en fit rendre compte dans les plus minutieux détails. Ce qui le fi*appa beaucoup plus que l'audace de Malet , fut ce qu'il appela si improprement la trahison du préfet de la Seine , dont la conduite fut l'effet de la plus déplorable crédaliié. K ^a. -i^^^mvet^ ^««^^'

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tion qui lui fut faite lu nom de Malet, ce n trst sTnit fait préparer la lalle dei cooferescnl l'hâtcl de la PréfFctnre , un) faire la moindre oh- ■ervalioD. Vainemeat on fit valoir et la probïlért les services du préfet, et le saisisiemeut dont le ■urcés de l'cDlreprisedeMalet l'avait soudaineineDt frappe. Napoléon ordonna une instruetion, eteligea uD vote individuel des roenibres de son copicil- | d'état. Ils ne purent absoudre leur collègue . il 'ut eondamneparleconteii; mabriapole'onïccoDttBti ' de l'éloigner deiaflaires , el n'eut pas BCulemeDlli pensée de lui applifjuer la peine des traîtres. Cependant il le rousidérait comme tel , en pensnnt '[ue le préfet de la capitale t'était fait Hibitement , et sana oppoiilion, l'agent d'une révolution, plul6t que d'aller le ranger prés du fiti et de la f%mme de ton aonveraiii , i qui il avait pr<té «ennent. Il rap pela à cette oceaaioli la conduite de Mathieu Mole, en d'intrea circonatanees , et rien n'échappa i Nb> poléon dans cette enquête, qu'il fit anasi contre loi' mêiM. Il vit que la révolution n'était pag morte , et que «adjnaatie n'avait pai prit ratioe, mémaptr' mi let membrei de ton conteil. 11 le sentit done Mesté au cceur par les délaila de cette misérable flBtreprise, et il prit k Uchc d« dompter par de aouveaux. efforts , par des travaBx surhumaiiia , la conspiration européenne, que l'Angleterre conduiwit contre lui dans le nord et dans le midi de l'Europe. Il coDDaisaait tonte la profondeur de l'abîme où la destinée voulait le précipiter. Peutêtre même , par le secret que lui seul avait de son caractirs, aavail-U qu'il aitccombernt et élait-4l

résigne à sa perte. Mais il avait trop occupe onde , pour ne pas chercher à lui donner avant lute la repre'sentation d'un grand duel entre rope et lui : drame terrible dont la France sele théâtre , et la retraite de Moskou l'avant-

FIN DU PRBMI.EA VOItVMB.

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