VI
de la garnison de Berlin , qui ne re^pw caractère de Tambassadeur de France ^ d riter Napoléon. Il osa oublier, méine af taille de le'na, le respect dû à une jeune heureuse souveraine, et la confondre, vengeance , avec la cour insolente qui 1' avec le gouvernement perfide qui le tral le traité de Potsdam.
Di^ns le même moment , un favori ine
ropant , long-temps courtisan de Napole'
instrument docile , se trouve , sans le sa^
gé par la destinée , de provoquer la ruin
tre de TËurope. Le prince de la Paix
appelle tout-à-coup aux armes, par uc
mation insensée , la population de TEspa]
proclamation est bientôt désavouée , et :
pagnols vont servir Napoléon sur les i
Baltique ; mais le prince de la Paix a bb
lie naturelle des deux nations. Ubistoin
relie petite cause , devenue une prodig
constance ; car qui oserait affirmer qu<
rtrange incident, Napoléon, obéi qu*i
l'urméc , de la flotte et du gouvernemei
j>agne , eût conçu le projet de TenvahisA
a causé sa cbute , et dont Tefiet ébrai
l'Europe en ce moment? Les provoc
Prussiens ont fern|^nté dans Tâme irrita
poléon , et la perte de la Prusse est jurcc
retomber dans la condition d*un duel
dant , le I er octobre , Ta vantage que Mar
porte sur les Russes , réunis aux Monte'
Castcl-Novo , prés de Raguse , confirme
ce , les intentions hostiles du cabinet de
tersbourg. Egaré loin de sa métropole 9 ce corps d'arme'e n'e'tait que la pierre d'attente d'une quatrième coalition. En effet , l'amiral russe Siniavim avait refuse' de remettre à la France , conformément au dernier traite', les Bouches-du-Cattaro. Force' encore de reprendre les armes , par ces pro- Yocations , Napole'on est à Wurtzbourg le 3 octobre , le 6 à Bamberg , et tous les be'ros d'Austerlitz sont charge's de sa yengeance.
Les affaires de Schleitz, de Hof, de Saalfeld, où le prince Louis de Prusse est tue' , pre'ludent à la grande victoire qui , sept jours après l'ouverture de la campagne , va re'pondre aux manifestes ridicules de la Prusse. Mais le i3 , Napoléon a reçu la proclamation si imprévue du prince de la Paix , et il balance à la veille de son triomphe : il fait plus , il écrit an roi dé. Prusse , i^oxxv prévenir l'effusion du sangf et la perte assurée de la bataille. En effet , l'armée française bordait la Saâle , et tournait le dos à l'Elbe , tandis que l'armée prusâenne a le Rhin derrière elle. Mais l'aveuglement du roi repousse la démarche de l'empereur , et le lendemain 14 9 la monarchie prussienne est détruite à léna 9 avec son armée. La bataille était double : à le'na 9 elle est gagnée par Lannes , Lefebvre , Souli 9 Ney et Augereau. A six lieues d'Iéna , à Auerstaedt 9 avec 3o,ooo hontes 9 Davoustse bat contre le roi en personne , et contre 80,000 hommes , l'élite de l'armée prussienne ; celle-ci est la belle bataille. Davoust aura le nom d'Auerstacdt , mais léna donnera le sien à la victoire. Les Prussiens perdent 4O9OOO hommes- tués ou pris , a6o bouches à feu 9 tous leurs magasins. Les vieux com-
pagnons d*arincs du grand Frédéric, 1
Brunswick , le maréchal de Moellendorf
tenaut-géne'ral de Sclimetten , sont blés
reusemcnt , et ne survivront pas à cet a
ment de Ja gloire militaire de leur patrie.
Henri de Prusse et le général Ruchel ,
blessés. L'armée française , au centrai]
sur ses deux champs de bataille que la.
mes hors de combat , et elle ne regrette
uéral et cinq colonels. Deux jours après
Prusse sans armée , demande un armistic
est justement refusé. Le même jour, au <
Greussen , le maréchal Soult écrase le yi
chai Kalkreuth, autre grand soldat du g
déric, et le poursuit jusqu'à Magdeboi
le fugitif royal du champ de bataille d'Â
Le même jour aussi, 16 octobre , £rfurt
par capitulation; 1 4,000 Prussiens soi
niers de guerre ; de ce nombre sont le m
Moellendorf, mortellement blessé ù léna
d'Orange , aujourd'hui roi des Pays-Ba
tre généraux. Cent pièces d*artiUerie et
ses magasins complètent , indépcndamm
vuntage delà position militaire d*£rfurt
sa capitulation. L'occupation de Leipsic
herstat, de Postdam, de Brandebourg, de
de Berlin, indique la marche victorieuse
de l'armée française jusqu'au 25 octobre.
général Bli'icher, fuyant avec une troupe
aux périls d'Auerstaedt , est arrêté à W
par le général de cavalerie Klein , à qui i
guer l'existence d'un armistice sur sa pan
neur, et il trompe ainsi déloyalemcnt la
du gênerai français. Ce parjure militaire est denonce à toute l'Europe ; mais la monarchie prussienne doit être tout entière prisonnière de la guerre qu'elle a de'clarëe. Le 28, Preutzcn doit son illustration au combat où le maréchal Murut et le géne'ral Belliard , à la tête de 10,000 chevaux font mettre bas les armes à 16,000 hommes d*clite de la garde royale de Prusse , que commande le prince de Hohenlohe. Le 29 , 5ooo Prussiens se rendent, par capitulation, aune cplonne de i,5oo chevaux, sous les ordres du général Miihaud; la forte ville de Stettin capitule le même jour, avec une garnison de 5ooo hommes , entre les mains du gênerai Lasalle , qui n*a que 1200 chevaux. A Andlaw, 4000 Prussiens se rendent au général de cavalerie Becker. Le même jour, 1er novembre , Kustrin, défendue par 4000 hommes et 90 pièces de canon , se rend au maréchal Davoust. L'électorat de -Hesse-Cassel, et sa capitale , sont envahis et pris par le maréchal Mortier. Les maréchaux Murat , Soult et Bernadette , atteignent enfin à Lubeck , le fuyard Blûcher. La bataille dure le 6 et le 7 novembre. Elle a lieu hors de la ville et dans la ville. Son résultat est en faveur des Français , 4ooo prisonniers , sans compter, les capitules de Hatkau , en tout 20,000 hommes , y compris le commandant en chef BliJcher, le duc de Brunswick-Oëls, 10 généraux et5i8 officiers ; plus, 60 drapeaux, 4 à 5ooo chevaux , et tout le matériel échappée à la journée d'Auerstaedt. Le lendemain 8 , la nouvelle de la capitulation inattendue de Magdebourg, apportée en tout hâte par le bjaron de Saint-Aignan , aide-de-camp du maréchal Berthier , empêche d*être signée la paix né^Qcv^^
o—- - •«= guerre. En '««te la Prusse est occu
fcerg la SiJésie, et les d
gne. Le maréchal Mortie
P««a pos.e«io„ do H.n,
«rtime et de. duché, de
^-quéte ne f„t pl„. «,»
**. "P^ration* de la Pol,
P'"e de 1, ville et d„ g^:
,"*"''*«"•«'» «ont sortis, *M garde, nationales de Fr "ffon de, cohorte. Je, «h »?'tpo«rle«,„,-eedern,^ ^•^'-«'•CeHein.titntr
«fn««i,l. France est mena P»"qne,.i elle ne doit nn
-»ee d'invasion. iCr/d
leon. La commotion que produit dans toute l'Eu* pe le décret du conquérant de la Prusse est in* Iciitable. On regarde d'abord comme un grand te de Tiolence , ou comme une grande bére'sie litique cette e'tonnante disposition : mais Napo- >n sait bien qu'il a frappe' juste , et sans la guerre Sspagne , et surtout celle de Russie , peu d'an- 68 de ce blocus de'truisaient peut-être la puisice britannique. Elle seule aussi en Europe a Bipris tout son danger , surtout quand elle a vu ites les villes anse'atiques au pouvoir des Franis 9 et c'est peut-être de ce jour qu'elle a jure' à ipole'on une guerre à mort. Toutefois , et avec ison 9 elle est loin de penser que si Napole'on suctnbe 9 il poussera l'égarement jusqu'à croire à la nérosite' de ce cabinet envers un ennemi de'sar- ; qui lui demande l'hospitalité' , lui qui aura mis Angleterre pendant huit ans sous le se'questre eupe'en« La mort pre'maturée du célèbre Fox avait place' tout-à-coup au pouvoir le parti anti-frania. Son effet immédiat avait été le rappel de lord luderdale , qui , le 11 octobre , avait demande I passeports. La perte de ce grand homme det fut un des événemens les plus importans de cette •oque ; elle changea la face des choses , et donna I appui formidable aux vengeances continentales , ns l'action renaissante de la rivalité britannique i* Cependant la victoire signalait partout la mare des armées françaises. Sur le Weser , la forte Ile de Hameln venait de se rendre : il ne reste us rien à prendre des états de Brunswick. l)es ats de Prusse , il n'y a plus à conquérir que la Icsic y une partie' de la Poméranie , et le premier
icfi VIE
partage de la Pologne. La Russie , qui n'a pa croire que la Prusse serait conquise en 6 semaines , pcDN arriver à temps sur ce dernier the'âlre , et le la novembre ses drapeaux ont paru à Warsoyie ; mais, le a8, Murât est entre' dans cette ville. TJn Qae corpi d'armée , formé des contingens de la confe'défttion , envahit la Silésie avec une division française , et le a décembre , le général Vandamme a reçu la capitulation de Glogaw , où il trouve aoo piètti d'artillerie. Thorn est occupé. Dayoust a force 1( passage du Bog, 80,000 conscrits sont levés ; Ifs* poléon est à Posen ; il veut montrer à l'empereor Alexandre le vainqueur d*Iéna. Il signe dans cette ville un traité d'alliance avec l'électeur de Sate, dont les troupes avaient combattu à le'na avec lef Prussiens. Ce prince accède à la confédération do Rhin y avec toutes les branches de sa maison , et reçoit le titre de roi. Cet avantage est immeoM pour le conquérant de l'Allemagne du nord , el pour sa campagne de Silésie : l'excellente cavalerie saxonne sera nommée par lui brave et loyale, jo» qu'à la journée de Lcipsick, et la richesse despro vinces de la Saxe offrira de grandes ressources; SCS armées dans les temps difiicilcs. NapoléoD '» placé avec plaisir la couronne sur la tétc du patriar chc des souverains allemands. L'effet moral et poli tique de cette élévation attire sur lui une partit du respect dès long-temps attaché aux vertus deo vieux prince. Le système de la confédération rhé nane , ou plutôt germanique, se trouve ainsi coni' plet pour les desseins actuels ou futurs de ce graD( politique. Mais, avant de rentrer en Allemagm pour combattre la Prusse révoltée, Napoléons
DE NAiPOLÉON. 199
songe à punir la Russie d'avoir refuse l'armistice d'Auterlilz; et, le 19 de'cembre , au moment où il va porter dans la Prusse ducale , et dans les provinces de'membrëes de Tancienne Pologne , tout l'efTort de ses armes , le divan déclare la guerre h la Russie. Cette puissante diversion est une des plus belles conceptions militaires de Napoléon, qui connaît les immenses ressources que possède la Russie pour enfanter des armées. Celle qu'elle a envoyée en Pologne est de 160,000 combattans, et ses frontières touchent le théâtre de la seconde campagne; le fer est déjà engagé entre les Français et les Russes. Les combats de Czernovo et de Mohrungcn font honneur au général Morand et au maréchal Bernadotte, qui, avec des forces très-inférieures, ont culbuté l'ennemi. Au combat de Pultusk , entre le maréchal Lannes et le général Benningsen , l'action est vive , et les Russes profitent de la nuit pour se retirer. Le même jour a6 décembre , à Golymyn , le général Buxhooden est repoussé par les maréchaux Augereau et Murât. Ces deux aiTaircs terminent la campagne de 1806, une des plus merveilleuses sans doute dont l'histoire fasse mention. Elle ne peut trouver de comparaison que dans les temps anciens , où le roi de Macédoine , iila tétc des phalanges grecques , anéantissait la puissance colossale de Darius, où les armées romaines allaient conquérir les royaumes de l'Asie. Mais alors toute ' la science militaire était du côté des vainqueurs , et devant une légion grecque ou romaine se dissipaient au premier choc les phalanges des despotes efleminés du Gange et de l'Euphrale. A cette cpo' que , il n'y avait aussi que les Grecs et les Romains
qui eussent de Tinfanterie de ligne disciplinée, manœurrant et bien arme'e, et c'était avec cette infanterie qu'ils de'traisaient l'innombrable caralerie de leurs ennemis. Napoléon , au contraire » avait trouvé toute la Prusse armée sur sa frontière , et plutôt en attitude d'invasion qu'en attitude de défense. Les forces de la Prusse , dont l'infanterie et la cavalerie sont encore aujourd'hui les meilleures troupes de toute l'Allemagne , étaient au moins de a5o,ooo hommes , avec une exceUente et nombreuse artillerie , avec les souvenirs et les beaux débris du grand Frédéric.
Au sein de tant de gloire, Napoléon a le bonheur de pouvoir se reposer de ses émotions de conquérant par des actions généreuses qui légitiment ses nouvelles prospérités, même aux yeox de ceux qui en sont les victimes. Le lendemain de la bataille d'Iéna , le vainqueur s'arrête à Weymar, où il fut reçu par la duchesse régnante , dont le mari commandait une division prussienne : u ymu <( auez sautée votre mari , madame , lui dit l'emu percur, vous Pavez sauvé , en restant chez vous <( et en ayant confiance en moi; je lui pardonne 'ec à cause de vous. ^^ Napoléon avait eu aussi une autre raison, celle d'être agréable à la princesse héréditaire de Saxe-Weymar, sœur de l'empercnr Alexandre , dont il ne voulait ni ne pouvait être toujours l'ennemi. L'alliance contractée depuis à Posen , avec l'clcctcur assura la tranquillité de toutes les branches de la maison de Saxe. £n arrivant à Berlin , Napoléon saisit encore l'occasion (l'iiuc semblable générosité : il descendit au palais uù la princesse héréditaire de Hcsse-Casscl était aa
DE NAPOLÉON. ùof
f accoucher , et se trouvait par Yeffét des ices dans un ëtat de dénuement absolu, ne la ?it point ; mais il chargea le duc de le la tranquilliser et de lui remettre mille lui assigna un traitement mensuel pour {u'elle voudrait rester au palais. Maïs un de clémence les plus mémorables peut- 'histoire, signala encore, peu de {ours séjour de Napoléon à Berlin. Il avait commandement civil de la capitale an Hatzfeld , à présent membre du corps di* je de Prusse. Une lettre interceptée et Napoléon , lui apprit que le prince ins- } roi de Prusse des mouyemens de Fariçaise. Le crime avéré, et la trahison une commission militaire allait juger le , quand la princesse de Hatzfeld vint se . genoux de Napoléon , et lui protester aari était incapable d'une telle perûdie ; naissez son écriture , lui dit Napoléon en ntla lettre du prince,yii^ez-/e uous-méme.
esse lut et s'évanouit. L'état de grossesse )iî elle était, ajoutait encore au malheur lation , qui avait déjà vivement ému Tem- % force de secours elle revint à elle : Te»
JamCf lui dit Napoléon, cette lettre est ireuye que j aie contre uotre mari; jeteZ" . Aipsi fut sauvé le prince de Hatzfeld. Dans i capitale,et dans une circonstance pareille, naturel que Napoléon eût pardonné à un qui Teût trahi. Il a montré pendant tout le et ju8qu*au dernier moment une sorte renée généreuse aux conspirateurs et aux
ao2 VIE
traîtres ; mais devenu , par la victoire seule, après une guerre de provocation, maître d'an grand e'tat , où la conduite du roi , et celle toute rëcente du ge'ne'ralBliJ cher, devaient porter son irritation au plus haut degré' , où par conse'quent l'exemple de la plus juste seVe'rite' sur un grand seigneur prussien , pouvait être au moins d'une politique nécessaire, Napole'on, par cette action vraiment sublime , a fourni à l'histoire une de ses plus belles pages , et à la peinture une de ses plus belles productions. Les grands caractères ont de grands secrets, qu'eux seuls peuvent re've'ler.
L'année i8o5 s'appellera encore long -temps dans nos fastes l'année d'Austerlitz , l'année 1806 celle d'Iéna, Tannée 1807 va recevoir le nom de Friedland, et 1809 aura celui de Wagram. L'Autriche, la Prusse et la Russie, se sont chargées de l'illustration de nos armes , jusqu'à ce que l'abus de la gloire les fasse tomber avec celui qui pendant vingt années les a rendues victorieuses.
Cependant la conquête de la Silésie se poursoi' vait, et fircslaw, sa capitale, se rendait après a5 jours de siège. Les places fortes de Brigg et de Schweidnitz étaient au pouvoir des Français , dont la grande armée occupe la position , devenue si fameuse , de Preussich Eylau. C'est là que Is grande armée russe vient chercher son ennemi, le 6 février. Elle compte 70,000 combattans, qu'aucune fatigue, aucun revers, n'a encore éprouvés. La neige qui couvre la terre ajoute une horrear
DE NAPOLÉON. ao3
particaliére à la sanglante bataille, qui au bout de 12 heures a couvert le sol de 3o,ooo cadavres. Jamais, peut-être, journée plus meurtrière dans les temps modernes , n*a souille les annales de la guerre : car la victoire est inde'cise , et si le Te Deum est chanté des deux, côtés , il n*est qu*un hommage rendu au dieu de la destruction des hommes , à la lueur des torches funèbres. Le peintre Gros a le courage de transmettre à la postérité le tableau de cette scène de carnage. Ce massacre ne peut être regardé par les Français comme une yictoire ; trop de regrets se mêlent pour eux aux miracles des intrépides lieutenans de Napoléon , et les noms de Murât , de Lannes , de Soult d'Augereau, de Ney , de Davoust, appartiennent à des faits d*armcs d'une plus belle gloire. Le lieutenant-général d'HautpouIt fut blessé à ïbort à £ylau , et mourut le lendemain ; il avait fait, à la tète de ses cuirassiers , cette fameuse charge qui avait traversé toute V armée russe. Un décret lui décerna une statue , qui devait être placée sur la place des victoires. La restauration reste chargée de payer cette dette vraiment nationale.
La seconde capitale delà Prusse , Kœnigsberg,la grande ville de FAllemagne septentrionale , manque à la conquête du royaume de Prusse , et le doute de la victoire d'Eylau doit être vengé par un triomphe plus certain. Cette ville n'échappa aux Français qu*à cause de l'incertitude de la journée d*£ylau ; Beningscn l'avait évacuée dans les premiers momens, et on y attendait l'armée française. Mais l'orgueil de l'armée russe ne pourra croire long-temps à l'égalité de sa fortune militaire
2o4 VIE
avec Tarmëe française. Si cette armée parait aïoir oublie' Austerlitz , toute l'activité, tout le génie de Napole'oD, toute la valeur de ses soldats , vont être mis en œuvre, pour lui donner d'autres loavenirs. D'ailleurs, par sa position. Napoléons conserve l'ofiensive , et les plus hautes combinaisons de la tactique, les plus brillantes inspiralions de la guerre , vont encore montrer à l'Europe l'arbitre de sa destinée? Toutefois , les Russes se montrent jusqu'à leur dernier échec, les dignes ennemis des Français. Dans cette campagne, depuis léna , tout ce qui est Prussien capitule : tout ce qui est Busse combat. Le 16 février 1807 , la victoire d'Ostrolenka, long-temps disputée, est enfin arrachée au général Essen , par Sayary , Sucbet et Oudinot. Ce fut à l'occasion de cette victoire , que le général Savary reçut le grand - cordon , et 20,000 francs de pension sur la légion- d* honneur. A Braunsberg, c'est Bernadottc, et ce sont auisi los Busses, ils sont repoussés : devant Dantzik, r'cst le maréchal Lcfcvre , dans la ville ce sont les Prussiens. Le vénérable général Kalkreuth, après ri eux mois de résistance , et 5i jours de tranchée ouverte , où son vieux courage a défendu la mé' moire de la Prusse guerrière de Frédéric, capitule, et livre aux Français le grand port militaire (le la Baltique. Lefèvre est duc de Dantzik. Le 36 mai cette ville devient française , et le 1 «» juin Napoléon y fait son entrée. La journée de SpandoWi où Bernadottc est blessé , celle de Guttstadt , celle si meurtrière d'Heilsberg, le 10 juin , qui vit finir le combat aux pieds des retranchemens que b L-randc-armée russr cvacue la nuit , précèdent 1*
DE NAPOLÉON- ao5
fameuse bataille de Friedland , où Napoléon de'ploya toute la puissance de son génie militaire : où 9 tranquille au milieu de ao,ooo hommes de sa i;arde , qu'il condamne à être témoin immobile de la yictoire , il fait détruire la valeureuse garde et la grande-arme'e de l'empereur Alexandre, par les bataillons de la ligne , et par la cavalerie française et saxonne ; 3o à 4o mille Rua<:es , tues , blettes ou prisonniers, 70 drapeaux , et la grandeur du nom moskovite , anéantie par ses armes , sous les yeux d^Alexandre et des grands ducs , et sous le commandement des plus habiles ge'ne'raux de l'empire , portent , le 14 juin , jour des plus glorieux anniversaires, la gloire de Napole'on et la puissance française , au plus haut degré d'élévation politique et militaire où jamais peuple et conquérant soient parvenus. Ce fut alors, et sur le champ de bataille de Friedland , dont l'étonnante victoire ouvre au maréchal Soult, deux jours après, les portes de Kœnigsberg, et que suit immédiatement la conquête de toute la Silésie ; ce fut alors , et alors seulement , que Napoléon , selon son expression , si vainement reproduite depuis , pouvait partager le monde en deux. C'est à Tilsitt , dont le traité n'est devenu pour lui qu'un procès, qu'il ira perdre à Moskou, c'est a Tilsitt que le vainqueur d'Austerlitz^ d'Iéna et de Friedland pouvait proclamer la division de l'Europe , et peut-être celle du monde, en deux empires. Là il pouvait , et ce fut aussi plus que sa pensée , renouveler avec Alexandre le traité fait avec Paul 1er , pour la destraction de l'empire européen du croissant, et la conquête au travers de la Perse et de l'Asie , de
ao6 VIE
l'empire anglais clans l'Inde. Là il pouvi
tant une grande idée europe'enne , fond
Pologne tout entière, et de yastes d
mens de la Prusse , une immense mena:
eût à jamais isole l'empire russe des
germaniques de Tempire français, et
ainsi au-delà du Caucase les populations
•es de la Scythie d'Europe, qui obe'iss€
ou au sultan. Là il fondait un empire j
de la Franee , et le plus grand crime d*e'
rhistoire fasse mention, l'abandon de
chre'tienne , eût ëtë épargné à tous le;
de l'Europe, et depuis i5 ans la langue
la mère de toute civilisation , eût repri
parmi les idiomes législateurs du monde;
Ou a prétendu qu'à Tilsitt le vœu de l'ai
de livrer une autre bataille au-delà du Ni
d'établir le royaume de Pologne. Il est
que cette idée eût été politique pour l'av
tout; mais, à cette époque, l'armée en
mandait la paix , et elle se souvenait de
vos pendant l'hiver qu'elle avait passé en
De plus l'Autriche était aux aguets , c
certainement fait alors ce qu'elle fit en i
poléon n'ignorait pas la possibilité d't
obstacle , au projet qu'il aurait pu form
sitt, de porter ses armes victorieuses au s
Russie. II était loin de sa capitale : dep
mois il était absent, et il devait se rappr
l'Espagne dont l'attitude avait été menaçai
mée était àTilsitt, ce qu'elle fut constamn
l'aigle impériale , soumise, infatigable, y
se , et jamais délibérante.
Le Niémen ya donner son nom à une grande scène ; un radeau a reçu l'empereur victorieux et l'empereur vaincu ; ils se donnent la main. La moi- tië deTilsiU est neutralisée. Alexandre y est reçu par Napole'on. Derrière Alexandre est un roi suppliant , à qui Tilsitt appartenait la veille , à qui Memmel seule , sur la frontière russe , appartient encore. Il n'a plus d'autre royaume , et c'est avec cette faible couronne qu'il marche à la suite des deux empereurs ; il voudrait se confondre , mais il n'est jamais confondu dans la foule des ge'ne'raux et des courtisans de Napoléon. Cependant , fidèle à Talliance dont le malheur a fait une courageuse amitié, Alexandre ne perd pas de vue le prince dont il est la sauve-garde , et il parvient à le faire admettre. devant le souverain qu'il a si injustement provoqué. Six ans après, sur les bords du même fleuve , et au sein de l'infortunede celui qui va pardonner à la Prusse , la trahison d'un général prussien punira Napoléon de sa générosité. Mais Napoléon est en dehors de tout sentiment d' une ad- Tersité possible , et également au-dessus de foute reconnaissance et de toute crainte. Il aime à accorder aux prières d'Alexandre l'amnistie de Fréde'ric , et le traité de Tilsitt est conclu. Doté de la la moitié de ses états , le roi de Prusse reprend une place parmi les rois. Cette magnanimité est impolitique en ce qu'elle est impardonnable pour le donataire lui-même , qui ne voudra se souvenir que de la haute intercession à qui il doit ce spectre de rojauté. Sans doute il n'échappe pas à Napoléon «ju'il vient de faire du roi de Prusse un faux ami 9 ou même un ennemi caché ; mais Alexandre rccon*
naît let trois couronnes de Louis, d
celle de Jérôme , pour lequel un royau
phalie , forme des e'tats de Hesse^Caeee
lie de ceux de la Prusse , de ceux Bn
Paderborn,de Fulde, d'une partie c
de Hanovre , vient d'être improvise. '.
faiblesse que de vanité' dans Fe'lévaiîc
de Napoléon. Cet homme si terrible e
armées , «oumet sa politique et son a
qu'il appelle des devoirs de famille. £i
sont rois : Alexandre les a reconnus. I!
il a reconnu le roi de Saxe 9 grand-du
vie , et Napoléon protecteur de la c(
du Rhin. Ces deux grands souverains
tous deux sur leur politique et sur le i
alliance. La condition du blocus ce
est le plus important article. C'est h
légitime contre ^Angleterre , c'est à c
singulière pour sa famiUe que Napoh
les grands intérêts de la société europ
cette seule fois il a pu être l'arbitre.
renaît morcelée et vassale de trois coi
n'a d'autre rang en Europe que celui «
nité pour un traité futur, et la poi
n'est point fermée. La Prusse reste la
du traité ; au sein de la paix , elle pou
la guerre. L'Europe entière , sauf 1
demeure humiliée : la chaîne du bloc
ne 9 et l'épée de Brennus est sur sa tl
Le 9 juillet, après trois semaines
)Oonialières, les trois souverains s<
Tilsitt; eette séparation est une gra
Le 999 Napoléon est de retour à Par
10 décerne àeUe*même les honneurs du triomphe et de la souveraineté européenne. Elle se croit la re'publique romaine , dont le dernier cito jen marehait régal des rois allies Mais le.se'natus-consulta Ju 19 août, qui supprime le tribunat, Tayeriit |a*elle n*e8t qu'un empire , et que c'est la gloire leole d'un maître qu'elle vient de ce'le'brer avec tant d'enthousiasme. Condamnée au silence, la liberté comme une religion raincue, se dérobe lax regards du conquérant , et ya cacher son culte clans des exils domestiques. De religion dominante^ elle est devenue une secte malheureuse , mais elltf reparaîtra en suppliante au deuil de la France, dont elle a conservé inutilement le palladium.
I<a Suède avait signé un armistice- le 18. avril ; son prince l'avait rompu subitement après la paix de Tilsitt , comme avait fait le roi de Prusse après celle d'Austerlitz, et sans dout& jaloux de ressusciter Charles XII , seul il avait reprb les armes contre le vainqueur de la Russie et le dominateur de l'Allemagne. Le maréchal Brune est chargé de châtier ce prince imprudent. La prise importante de la forte ville de Stralsund , et de IHle de Rugen complète les conquêtes de la France sur*la mer 6«lr tiqne. La Suéde a perd a la Poméranie , et Gustave perd Taffection et la confiance de ses sujets ; il avait follement compté surlesarmemensde l'Angleterre, dont il est le plus fidèle allié ; mais cette puissance aime mieux frapper un prince voisin qui a refusé sa dangeureuse amitié, que de servir , de secourir même celui qui ne l'a jamais abandonné. Sans déclaration de guerre, le 7 septembre elle va brûler Copenhague. La flotte danoise et l'arsenal maritime
2ie VIE
sont la proiâ de la capitulation diclëe par ramiral anglais. Le roi de Danemark troave ^ dans cette agression vraiment barbare , la justification da blocus continental que la France impose à ses allie's ; il s'empresse d*y adhérer , ordonne la saisie de toutes les propriétés britanniques dans sesétatSi l'arrestation de tous les Anglais , interdit tout commerce quelconque avec l'Angleterre , et k i6 octobre il signe avec la France un traité offensif et défensif. Indigné de la violence commise par TAngletcrre sur la capitale du Danemark, Tcmpereur Alexandre proclame hautement, psr l'ukase du 3i octobre , les principes de neutralité armée que lui a légués la politique de Catherine' la-Gtxinde, et il proscrit toute communication entre les deux états jusqu'à ce que le Danemark soit satisfait, et jusqu'à la paix entre la France et la Grande-Bretagne. Le lo novembre il fait plus, il accède entièrement à toutes les conditions du sj'stème continential , et fait exécuter dans tous ses états les mesures rigoureuses de ce pacte contre les sujets , les propriétés et le commerce de TAnglelcrre; Jamais alliance entre deux états puissans ne fut cimentée par de plus grands engagemcns. Telles sont les dispositions du plus puissant prince de l'Europe après Napoléon. Par la simple exécution du traité de Tilsitt , Napoléon faisait à l'Angleterre une guerre mortelle. 11 n'avait plus qu'à attendre sur le trône continental la chute du trône insulaire. Sans doute l'année 1807 n suffisamment , avec les deux précédentes , illustre Vcre impériale ; mais le vainqueur des trois grandes couronnes du Nord se souvient de la procLimation
DE NAPOLÉON. an
insensée da favori de la reine d*£spagne , et l'année qui a commencé par la plus noble gloire des armes , doit finir parle plus inexcusable de tous les attentats politiques , attentat sans gloire , où la force se fait Tinstrument de la perfidie , où la confiance est le principal moyen de la trahison , où la plus violente et la plus impolitique usurpation va donner à la sécurité et à Tamitié d'un peuple les armes du désespoir et les droits de la vengeance.
Les acteurs de ce drame détestable sont au plus haut rang des grandeurs humaines. C'est Charles IV, Ferdinand et Napoléon. Bientôt il n'y aura plus entre eux d'intermédiaires ; ceux qui ont préparé la scène , Murât et Godoï , seront rentres dans la foule des spectateurs.
Le 37 octobre , un traité secret avait été conclu k Fontainebleau entre la France et l'Fspagne. L'invasion du Portugal, alors colonie britannique , en était le prétexte , et une armée française devait , par ce traité, entrer en Espagne pour marcher )ur Lisbonne. Il en résultait aussi la cession du royaume d'Etrurie , en faveur de la France, qui t'engageait à donner en échange le royaume delà LusUanie septentrionale. On sait qu'il n'y a eu i'exécuice que la première partie de cette conven- :ion n et il était au moins singulier de disposer ainsi le la moitié d'un état (du Portugal) que l'on n'avait pas encore conquis. Une souveraineté , également prise sur cette conquête future , était affectce au prince de la Paix , qui eût pris le titre le prince des Jlgatves, Le roi d'Espagne était reconnu suzerain de ces deux états , et empereur Jes deux Amériques. L'invasion du Portugal n'est
qu'une partie du plan de Napoléon ; son but esl d*ôter à la famille de Bourbon son dernier trône, et de réaliser autrement , par la réunion à la France des provinces septentrionales de la péninsule, k vœu de Louis XIV : // riy a plus de Pyrénhi Pour y parvenir, la désunion entre le roi et 1< prince royale était nécessaire. Godoï en est Tins trument naturel. Il est l'ancien , rirréconcilîabk ennemi de Ferdinand , et il est le favori. Le 3c octobre , le pripce des Asturies est arrêté comn» chef d'un complot tendant à détrôner son père. \a 5 novembre , une lettre dictée , dib-on , à Ferdinand , est publiée à Madrid. Ce prince avouait i son pérc le projet dont on Taccusait , dénonçai' SCS complices, témoignait son repentir, et sei remettait à la clémence du roi. Une autre lettre de la même nature , parut aussi du même prioo à la reine sa mère, Godoï triomphait. Le roi pai donna à son fils , chargea le conseil de Castill de proce'der contre les autres coupables, et, comm on devait s'y attendre , leur innocence fut pro clamée.
Cependant Tarmée française du Portugal étai déjà le 39 novembre à ao lieues de Lisbonne, Abrantés, dont le général en chef Junot doi prendre le nom. Le prince Jean apprend la veille par le Moniteur du i3, que la maison de Bra gance a cessé de régner , et le même jour, press (ju*il se croit d'obéir au décret de Napoléon, i embarque sa famille, son palais, son trône sa 8 vaisseaujc, et fait voile pour le Brésil avec un mauvaise flotte. Il n'y a rien de comparable dao riiisloire à cette émigration subite d'une monar
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cbie devant un général ennemi. Junot, qui n*a fait que la campagne des éperons , fait le 3o son entrée à Libonne , et y remplace tout le pouvoir fugitif. Du 1 7 octobre au 3o novembre , a8,ooo Français ont franchi les aoo lieues qui séparent Bajonne de Lisbonne, et pendant que la flotte royale arbore sur le port le pavillon du départ , les vaisseatjix que le roi a oubliés , arborent à sa vue le pavillon de Tinvasion. Le régent du Portugal n'a au que la veille de leur entrée à Libonne l'arrivée des. Français dans ses états. Une contribution de cent millions apprend également au royaume , non qu^il a été conquis , mais qu'il est occupé.
Le comte Tolstoy , ambassadeur de Russie , arriva dans les premiers jours de novembre à Fon« tainebleau, où il fut plus qu'étonné d*lipprendre ce qui venait de se passer en Espagne. Le 1 6 , le général Caulaincourt , grand-écuyer , partit, pour Fambassade de Pétersbourg; , et Napoléon pour Venise et Milan , pà il alla attendre le résultat des affaires de la péninsule espagnole. Le ii du même mois, un traité avait été signé à Paris entre la France et la Hollande , qui lui cédait le ter< ritoire et la. ville de Flessingue. Sous toutes les formes se poursuit le système des réunions, soit politiques,. 'soit territoriales. Le ler décembre, le roi de Prusse se réunit plus fortement au sjrs" tente continental, par une déclaration qui interdit toute communication entre Ijes Prussiens et les Anglais , jusqu'à la paix entre la France et l'Angleterre. Le 8 , Jérôme prend possession du royaume de Westphalie. Le lo , la reine d'Etrurie renonce à la couronne pour son fils , et les trou-
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commerce , va voir la France se précipiter diDi I malheurs de l'Espagne comme daoa un goaffre is fond qui aspire et attire violemment dam mu ime toute la France et tout Napoléon.
Le se'nat qui publie les oracles de l'empereur m-
1 la Fra
villes de Wescl , de Cassel , de Kebl el de Flessiague , avec leur teiritoïie. Le Rliin tout entier Ht (Irclai'ê français. Le sa, un autre sénat us-consulLir appelle 80,000 conscrits au drapeau. Cependaiil. l'Europe entière est en paix., sauf l'Angleterrt, depuis que le Portugal est occupe' ; et, le a; an méms mois , tant les vents ont été favorables à 1> fortune de Napoléon, il apprend l'arrivée à RiC' Janeiro de ta famille de Braguuce. Une proracniilE militaire conduit à Rome un corps franeaii. C'est. une ueture de haute police politique contre iirt ïnlrigues étrangères qui se croient inattaqiiabln
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l'abri de la chaire de Saint-Pierre. Cependant , I apprend subitement la prise de Pampeliine et Ile de Barcelonne par l'armée française ; cette me'e , destinée pour le Portugal et pour une exfdition contre Gibraltar, reçoit tout-à-coup ]*attnde d'une armée d'invasion. Surprise dans la cnritë du traité qui a placé'cn Danemark 30,000 istiilans sous les aigles de Napoléon , l'Espagne ! sort de la stupeur qui la saisit qu'au bruit des oubles qui soudainement agitent sa capitale. Elle voit placée en un moment entre la guerre qui .'late au palais et celle qui envahit sa frontière, iguières et Saint-Sébastien ont eu le sort de Pamslune et de Barcelonne. Murât , général en chef, mduit l'expédition. Une campagne savante a lieu 1 pays ami.
La véritable guerre était à Aranjuez , où trois irtis sont en présence. Le plus fort, le plus odieux, ;t celui de la reine et du favori. On accuse leur line commune d'un horrible complot contre l'hélier de la couronne. D'autres imputent au jeune rince un parricide politique , le projet de détrô- 3r son père. Le parti du roi , faible et vieux come lui , aveuglé par le danger , plus familiarise' aux imbats de la cour qu'à ceux de la guerre , ne voit ne l'armée française , et séduit par le contagieux cemple du prince Jean de Portugal , n'a qu'une >ix pour le plus lâche de tous les partis , pour i'éligration de la famille royale en Amérique. Le suple , qui ne se trompe jamais quand il se dirige li-méme , ne prend point le change sur ses senmens , et court poursuivre et atteindre de sa ven« ïance l'indigne favori , à qui il reproche justement
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l'aviliuemeiit Je l'Espagne , la désunion de la fs' mille royale, et peut-être la trahison françaiie. La fureur populaire dcVaste le palais de Godûi. Pour apaiser te peuple, Charles IV de'clare que le favori a déposé tous ses tîLreB , toutes set clai^ gea : ce sont les premières du ro^'aume. Cet honae incapable accumulait loutea les grandeurs buoiiînés. Indépendamment de son mariage avec vue princesse de Bourbon , oiéce du roi , il était premier ministre , généralissime , grand-amiral , capi' laine- généra]. Sa fortune dépassait une râleur de 100 millions, et la somptuosité' des«9 palais, l'ontrageante représentation de son luxe , la ve'rilililii souveraineté de son pouvoir, faisaient assez connaître depuis long -temps J l'Espagne à quel maître elle obéissait. La haine pour le favori devint poai les Espagnols de l'amour pour Ferdinand. Cependant , Charles IV, presque arrêté danssa faite à Séville , se croit obligé de déclarer , outre la di>grâce du prince de la Paix , qu'il ne quitte point le royaume , et que l'armée de ton cher allié ItapoLèon traverse l Es/iagne avec des lenlimeni dt paix el d'amilié.Toulefo'is, le ig février, ce prince abdique en faveur de Ferdinand , et rien ne peut exprimer avec plus d'énergie la terreur qui s'eit emparée du vieux monarque qu'une telle détermination. Le lo, par ordre du nouveau roi, GoJn est arrêté et ses biens conBjiqués. Celte conduite de Ferdinand envers l'ami de Charles IV devrait faire craindre à la nation que l'héritage n'ait été cooGé i des mains imprudentes. Celte circonstance, qnî satisfait momentanément la réprobation publique pour le FivnFi[ , ne doit ^Irc ni honorable , ni utile
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'dinand, qui s'est trop pressé de re'gner.if'ne pas ce qui se passe au-delà des Pyrénées , il ne )rend pas ce qui se passe dans le camp fran- Il ne connaît ni la valeur des intérêts qu'il ; de blesser dans la personne du prince de la , ni rinfluence prochaine que cet outrage, fait 1 père , peut avoir sur sa propre destinée, ifin , Madrid est occupé par le général Murât n armée. Le premier soin de ce général , et linand dut le remarquer , est de faire rendre la 'té au prince de la Paix après s*étre laissé solsr par la reine-mère. Il résulte de cette cirtance que le vieux roi , décidé par Murât , spent de son abdication, et proteste en secret mars. Témoin et acteur principal du grand ;ès de la famille d'Espagne , le général en chef at est à Madrid le mandataire de Napoléon , va se déclarer juge entre le père et le fils. Le unal est à Bayonne; le i5 avril, l'empereur transporté dans cette ville. Cest là qu'il veut indre les membres de la famille royale , dont depuis quelques mois, prononcé l'arrêt. Une pas difficile d'attirer à Bayonne le confiant ries IV , la reine et le prince de la Paix. Le ur de l'Espagne est dangereux pour cette vieille r. Il est moins aisé d'y taire aller Ferdinand , a tout à craindre , rien à espérer. Cependant , général envoyé par Tempereur lui persuade son titre est reconnu , et qu'il s'agit d'untrai- Malgré ses hésitations , le jeune prince ^ entrafpar sa destinée , se met «» route , et , le ivril , arrive à Bajroune. En arrivant , il n'y est 1 que comme prince des Asturies. La révoca-
lion Je r^Liiic-t devenu Ircoph^I à Napoléon. Dix j U reine et le prin Jjeletuleuiain i"
oa A" l^^rc, rlont Murât eUit . n'était sans doute paî inconnue ura aprcs, le 3o avril, Cliai les IV, ce de la Pan, sont à Ba^ronne.
Lumbicment à lo L'usage que oe vie
ae impulaiou Bupcrieure , remet n péfH U couronne d'Espagne.
u> roi doit faire de cette reititu-
tiou Cil piévu, mais n'en cat pas laoim élraDge. Son fUi lui est tellementodieuxainsi qu'à la reine, par leur aveugle loumiuion à la Tolunté méprisable et despotique du }iriDce de la Phîx, que le 5 mai|Char' les IV a signe l'acte de la spoliation de toute sa famille, afin que son iils aine ne règne pas sur les Espagnes. C'est cet acte inouï par sa nature, par sa foroH:. par ses causes, qui s'appelle le Trailède Bajronne. C'eat ainsi que bC termine la Tengeance du père sur le lils , du lils sur le favori , du favori lurle prince héréditaire, et celle delà reiuc plusimplaicableeiicorcparcequ'cllca oublié depuis loDg-lemp«qu'elle est la femme de Cliarlea IV et la mérc de Ferdintadi Ce drame odieux , où a été sacrifié tout ce qu'il y a de plus saint parmi les hummei , la foi de Usa* lessermcns, les droits delà nature, la religion de la patrie, celle des traites, est frappé juslement par la France, par l'Espagne, par l'Europe, d'un anathâmc menaçant, dont la seule Ëspaglie va Hlsir la foudre. Les signataires de ce traité , où !• bassesse égale la periidie , en sont les prisonnjcn paturels. Leur aspect doit importuner le dumio^ tcur qui l'a dinlé. Le 1 1 mai , Ferdinand , son frcre don Carlos , son oncle don Antonio, sont Iranspgrlésau cliiiti;jn duValcnçoJ.Le i3, CliarlcslV,
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la reine et le prince de la Paix sont partis pour Compiègne. Rien ne manqae , rien n'a e'té oublié dans TœuTre de ce complot inouï dans l'hisloire. Les princes espagnols, ayant de quitter Bajonne « s'empressent de rendre hommage à ]a violence qaî leur est faite. Ils envoient au gouvernement provisoire de Biadrid , dont Murât exerce la re'gence , non-seulement leur adhésion au traité du 5 mai , mais encore une exhortation toute paternelle aux Espagnols de s'y conformer , et une déclaration qui les relève du serment de fidélité. Les Espagnols n'avaient pas attendu l'autorisation de Ferdinand. La désertion de la famille royale n'avait plus laissé de sujets en Espagne que ce petit nombre d'hommes qui va se grouper autour du trône de Joseph, soit par ambition . soit par mépris pour la dynastie fugitive, soit enfin par amour pour leur patrie , à laquelle ils croient pouvoir donner une heureuse destinée. La masse de la nation est toute implaca- - ble ; tous les intérêts tous les rangs , tous les ordres, se confondent en armée de vengeance et d'extermination. Le peuple espagnol seul ne s'est point trompé , tandis que Napoléon , malgré toute la sagacité dont la doué la nature , est tombé dans un abîme dont il ne connaîtra la profondeur qu'à l'heure de sa propre perte. Sa proclamation aux peuples de l'Espagne se terminait par ces paroles remarquables : ic f^otre monarchie est vieille , ma tt mission est de la rejeunir. . . Je 'veux que vos «c derniers neveux conservent mon souvenir, et tt disent II est le kégéhérateur de hotee patrie !! » Trois jour& après , le 27 mai , la fête de Saint- /^erdinand est célébrée par l'insurrection de plu-