‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 150 sur 204 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

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France et pour le sien, l’Assemblée Constituante avait rendu deux décrets aussi funestes aux intérêts politiques de ses membres , que le lut aux Presbytériens la fameuse ordonnance du long parlement sur le self-denying ( abnégation personnelle) \ Le premier de ces décrets interdisait l’éligibilité, pour la législature suivante, aux membres de l’Assemblée. Aux termes du second , ils ne pouvaient exercer les fonctions de ministres du Roi que deux ans après la dissolution de la chambre. Cette exclusion fut prononcée , conformément à ce principe absurde d’égalité, premier moteur de la révolution, et qui tendait à détruire jusqu’à l’aristocratie naturelle du talent. « Où sont ces membres distingués dont parle l’orateur? dit un député jacobin , véritablement imbu de cet esprit d’égalité imaginaire. L’Assemblée n’a point de membres plus distingués que les autres en talent et en savoir-, pas plus qu’en naissance et en dignité. Nous sommes tous x'igaux. » Assertion curieuse assurément, et flatteuse sans doute pour une grande portion de l’Assemblée.

1 Voyez Y Histoire d‘ Angleterre par Hume, ou celle du docteur Lingard , règne de Charles Ier , année 1644. Ce fut Cromwell qui fit la motion de cet acte par lequel tout membre des deux chambres législatives devait être exclu de tout emploi civil ou militaire. ( Édit ,)

Par malheur, il n’est pas au pouvoir d’un décret législatif de donner la raison à un fou, ni la science à un ignorant. Tout au plus celui-ci pouvait-il empêcher quelques hommes sages et habiles d’êtres appelés au service de l’Etat. Le Roi , comme le peuple , furent nécessairement obligés de mettre leur confiance en des hommes inaccoutumés aux affaires , dont les actes pouvaient se ressentir de la témérité, compagne ordinaire de l’inexpérience. L’Assemblée Constituante possédant l’élite des talens de la France, celle qui devait la suivre ne pouvait que lui être inféi’ieure sous ce rapport. L’Assemblée Législative compta néanmoins beaucoup d’hommes d’une habileté peu commune, et quelques uns d’une énergie remarquable de caractère. Un coup d’œil sur les partis qui la divisaient va montrer de quel faible poids la couronne était alors dans la balance politique.

Les Royalistes, à bien dire, ne formaient plus un parti. Les hommes dévoués à l’ancienne monarchie s’étaient presque tous exilés. Il ne restait plus guère que ces Royalistes plus modérés et plus raisonnables, qui voulaient établir une constitution libérale sur les bases d’une monarchie réelle assez forte pour protéger les lois contre la licence , mais soumise ellemême à l’empire de la loi. Le chevaleresque

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