CHAPITRE VII
défenseur de la noblesse, Cazalès; l’éloquent avocat de l’ Église , Maury; deux hommes qui avaient soutenu tant de luttes honorables quoique vaines , contre les envahisseincns de la révolution , étaient réduits au silence ou à la fuite. Les faibles débris de leur parti avaient passé dans les rangs des Constitutionnels, qui voulaient la monarchie autant qu’elle faisait partie de leur système favori , et pas davantage. La Fayette était toujours à leur tète. Sous la même bannière étaient Duport, Barnave et Lameth. Ces derniers s’étaient long-temps efforcés de marcher de front avec les impétueux propagateurs de la révolution , pour leur tenir tête ; mais dépassés sur la route par les champions plus hardis de la cause populaire , ils s’étaient réunis à ceux qui soutenaient que la conslitution renfermait tous les élémens de liberté avec tous les principes de bonne administration désirables, et qu’elle excluait virtuellement , pour l’avenir, toute autre mesure révolu donnai re .
Ces admirateurs de la constitution avaient en face deux partis redoutables , inégaux en nombre, en force et en influence. L’un prétendait que la chute de la monarcliie pouvait seule mettre un terme à la révolution : l’autre portait plus loin encore les idées d’innovation ; il
3o4 VIE DE NAPOLÉON BUON APARTE, voulait fonder, sur les débris de l’ordre civil , un gouvernement de terreur et de violence , régi par les démagogues qui osaient former ces abominables projets. Ces deux partis existaient dans l’Assemblée Constituante , et nous les y avons signalés ; mais dans l’Assemblée Législative ils prirent un caractère plus décidé, et parurent se réunir pour le but commun , qui était l’abolition de la monarchie , sachant bien d’ailleurs qu’ils ne s’entendraient plus sur ce qu’il y aurait à faire après la victoire. Comme l’a dit Shakespeare , ils étaient déterminés
To lay t/us Angiers even with the ground Thcn afler, fight who should be fdrtg ofit.
A renverser Angers de fond en comble, sauf à se battre ensuite pour savoir qui en serait roi.
La première de ces factions prit sa dénomination la plus commune de la Gironde , département qui fournit beaucoup de membres à la Convention. Le savant Condorcet en faisait partie; on l’appelait souvent aussi du nom de Brissot, l’un de ses principaux chefs. Ses membres les plus distingués étaient des avocats du midi de la France, à qui des louanges réciproques et des fréquentations habituelles avaient donné une forte dose de cet amour-propre qu’on remarque fréquemment dans les petites